3 juin 2006

Abolition de l'esclavage : quarante députés UMP se singularisent...

Maison d'esclaves
Maison d'esclaves
Quarante députés UMP ont demandé à Jacques Chirac d'abroger un article de la loi dite "Taubira" sur l'enseignement de l'esclavage qui précise que les «programmes scolaires et les programmes de recherche en histoire et en sciences humaines accorderont à la traite négrière et à l’esclavage la place conséquente qu'ils méritent».
 
En faisant cette demande, ils prétendent agir au titre « d’un parallélisme des formes, et soucis d’égalité de traitement», faisant référence à l’abrogation récente de l’article 4 de la loi du 23 février 2005 «portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés».
 
Apparemment, ces députés, souvent élus dans des circonscriptions où le Front National est fortement implanté, ne «digèrent» pas la suppression de l’article sur les aspects positifs de la colonisation…
 
 
L’esclavage, comme forme d’appropriation d’un individu et de sa force de travail par un autre individu existe depuis l’Antiquité. Des peuples vaincus, qualifiés souvent de "barbares", ou des condamnés pour dette étaient ainsi esclaves des Égyptiens, des Babyloniens, des Perses, des Grecs et des Romains.
 
A partir de 1493, les Espagnols et les Portugais se partagent le Nouveau Monde et désirent mettre en valeur ces contrées.
 
Au siècle suivant, les Anglais se lancent à la course aux colonies américaines, suivis par la plupart des nations européennes et Colbert réglemente l’esclavage en promulguant le premier Code noir en 1685 qui dénie toute personnalité civile et juridique aux esclaves, considérés comme "meubles".
 
En 1848, année de l'abolition définitive de l'esclavage, la France comptait 250 000 esclaves, dont près de 90 000 en Guadeloupe, 75 000 en Martinique, 60 000 à la Réunion et 12 000 en Guyane, fournissant une main-d'oeuvre nombreuse et peu onéreuse aux plantations de canne à sucre, où leur espérance de vie n'excédait pas cinq à six ans après leur arrivée.
 
On estime que les différentes traites négrières ont coûté la liberté à environ 25 à 30 millions de personnes déportées, sans compter les morts sur les navires, lors des guerres et des razzias.
 
Malgré ces événements historiques, il s’est trouvée, à l’UMP, une quarantaine de députés pour demander l’abrogation de l’article 2 de la loi n°2001-434 du 21 mai 2001 dite "Loi Taubira" qui précise que «les programmes scolaires et les programmes de recherche en histoire et en sciences humaines accorderont à la traite négrière et à l’esclavage la place conséquente qu’ils méritent».
 
Au moment de la commémoration de l’abolition de l’esclavage à la date anniversaire du 10 mai et après l’adoption de la loi reconnaissant la traite et l’esclavage comme un crime contre l’humanité, ces nouvelles tentations de révisionnisme historique dénotent en fait une nostalgie de la France coloniale et esclavagiste.
 
La région Paca se distingue particulièrement en comptant pas moins de 19 députés sur les quarante qui s'opposent à ce qu'une loi demande qu'on accorde «à la traite négrière et à l'esclavage la place conséquente qu'ils méritent» !
 
Pour tous les humanistes, il sera désormais difficile de voter pour ces quarante-là !
 
 
Liste complète des quarante députés 
 
Alpes de Haute Provence Daniel SPAGNOU Alpes-Maritimes Jean-Claude GUIBAL Alpes-Maritimes Jérôme RIVIERE Alpes-Maritimes Lionel LUCA Alpes-Maritimes Michèle TABAROT Alpes-Maritimes Muriel MARLAND-MILITELLO Bouches du Rhône Léon VACHET Bouches-du-Rhône Bernard DEFLESSELLES Bouches-du-Rhône Bruno GILLES Bouches-du-Rhône Christian KERT Bouches-du-Rhône Dominique TIAN Bouches-du-Rhône Guy TEISSIER Bouches-du-Rhône Maryse JOISSAINS-MASINI Bouches-du-Rhône Richard MALLIÉ Côte d’Or Jean-Marc NUDANT Gironde Jean-Paul GARRAUD Haute-Saône Maryvonne BRIOT Hauts de Seine Philippe PEMEZEC Hauts-de-Seine Jean-Jacques GUILLET Hérault Jacques DOMERGUE Hérault Paul-Henri CUGNENC Indre et Loire Jean-Jacques DESCAMPS Isère Jacques REMILLER Loire Atlantique Christophe PRIOU Lot Michel ROUMEGOUX Meurthe et Moselle François GUILLAUME Morbihan Loïc BOUVARD Nord Christian VANNESTE Nord Jean-Pierre DECOOL Oise Olivier DASSAULT Pyrénées-Orientales Arlette FRANCO Pyrénées-Orientales Daniel MACH Val de Marne Jacques-Alain BENISTI Val de Marne Patrick BEAUDOUIN Var Geneviève LEVY Var Georges GINESTA Var Josette PONS Var Philippe VITEL Vaucluse Thierry MARIANI Yvelines Jacques MYARD 
 


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1 commentaire:

Sylvain a dit…

Le Président de la République, utilisant encore les mêmes artifices propres au colonisateur d’en temps, a imposé une date de commémoration réfutée par pratiquement l’ensemble des associations Afro caribéenne, créant ainsi une frustration encore plus grande vis-à-vis de la République mais la commémoration du 10 mai est une première dans un pays occidental et nous devons nous en féliciter.
Que dire aussi de ces 40 parlementaires UMP voulant modifier la loi Taubira et enlever l’article consacré à la place de la traite négrière dans les programmes scolaires. Ne laissons pas ces apprentis historiens revenir sur la première loi reconnaissant l’esclavage comme un crime contre l’humanité.