3 octobre 2006

Jospin, le retrait 2

Lionel Jospin
Lionel Jospin.
Après son retrait de la vie politique en 2002, Lionel Jospin met aujourd’hui un terme à l'insoutenable suspens de sa candidature à la candidature et à un exercice qui risquait de tourner au ridicule.
Il était bien le seul, avec quelques amis, à croire à son retour possible.

Faute d'avoir été clair dès le début et à force d'avoir attendu un appel à sa personne, Lionel Jospin a déprécié son statut d'homme d'expérience. Cette période, finalement improvisée et pleine de tergiversation, risque d'atténuer la portée de son message et la force du soutien légitime qu'il pouvait espérer apporter aux socialistes.

Les candidatures à l'investiture socialiste doivent être déposées entre samedi 30 septembre et mardi 3 octobre. Un premier tour de scrutin aura lieu le 16 novembre et un second tour, le cas échéant, une semaine plus tard.


Lionel Jospin a officiellement renoncé jeudi 28 septembre à briguer l’investiture socialiste à la présidentielle, tout en marquant son hostilité à la candidature de Ségolène Royal, la favorite des sondages. "Faute de pouvoir rassembler, je ne veux pas diviser, je ne veux pas fractionner", a-t-il déclaré pour justifier sa décision.

Sont aujourd’hui candidats déclarés, outre Mme Royal, Laurent Fabius, Jack Lang et Dominique Strauss-Kahn. "J’ai besoin d’entendre ceux qui seront les acteurs de la campagne interne. C’est en fonction de ce qu’ils diront, de ce qu’ils défendront, que je me déterminerai le moment venu", a encore affirmé l’ancien Premier ministre.

Lionel Jospin avait déjà reproché à la députée des Deux-Sèvres sa "démagogie", en estimant que "les citoyens ne sont pas faits pour être flattés parce qu’ils sont intelligents, avisés et attentifs".

Il a ajouté aussi "ne pas avoir aimé les pressions ou les tentatives d’intimidation qui se sont opérées ces derniers jours et qui témoignent d’ailleurs d’une curieuse nervosité".

"Si la vie politique, ce sont les postes, les honneurs, les responsabilités de parti, alors oui le retrait est définitif", a-t-il expliqué. Toutefois, "si la vie politique, c’est le débat citoyen, les problèmes du pays, les idées les valeurs, les principes auxquels je crois depuis toujours alors je suis moins que jamais à la retraite et moins que jamais en retrait", a prévenu l’ancien Premier ministre aujourd’hui âgé de 69 ans.

"J’ai été guidé par un double sentiment de responsabilité à l’égard de mon pays d’abord et à l’égard de mon parti". Jugeant la victoire de la gauche "possible" mais "pas assurée", il a promis de ne pas "dire quoi que ce soit qui puisse être négatif pour un des candidats et pour le ou la candidate socialiste".

Aux yeux des partisans de Ségolène Royal, le renoncement de Lionel Jospin ouvre la voie à la désignation de celle qui est plus que jamais grande favorite. "C’est une très bonne nouvelle" et "un pas décisif vers le rassemblement des socialistes", a déclaré Arnaud Montebourg, un de ses porte-parole. Une candidature de Lionel Jospin était l’hypothèse la plus redoutée par les amis de Ségolène Royal, qui avaient multiplié les initiatives ces derniers jours pour tenter de le décourager.

"C’était déjà jouable, ça l’est encore plus aujourd’hui" puisque le nombre de candidats potentiels se réduit, a déclaré le député de Paris Jean-Christophe Cambadélis, proche de Dominique Strauss-Kahn.

François Hollande a salué la "décision sage et empreinte de responsabilité" de Lionel Jospin. Il a demandé à "chacun, à la veille du dépôt des candidatures", de "n’avoir à l’esprit que le seul objectif" du "rassemblement pour la victoire de la gauche en 2007".

Pour le député européen Pierre Moscovici, le retrait de la candidature de Lionel Jospin est synonyme d’un débat plus ouvert. "C’est simplement quelque chose qui vient éclairer d’un regard nouveau cette primaire qui n’aurait évidemment pas été la même si Lionel Jospin avait été présent", a souligné sur RTL l’ancien ministre délégué aux Affaires européennes. "Ca va changer pour tout le monde. A partir de mardi on connaîtra les candidatures non plus virtuelles (...) mais bien réelles", a-t-il ajouté.

Les amis de Lionel Jospin, quant à eux, ont décidé collectivement qu’il n’y aurait pas de ralliements individuels dans l’immédiat à l’un ou l’autre des candidats à l’investiture PS pour la présidentielle, a indiqué le député de la Drôme Eric Besson. "Lionel Jospin nous a demandé de rester unis et groupés" lors d’une réunion qui s’est tenue dans le bureau du député-maire du XVIIIe arrondissement Daniel Vaillant", a affirmé le secrétaire national du PS à l’économie et la fiscalité.

Certains de ses proches croient que ce nouveau retrait n'est que provisoire. Qu'il se prépare, qu'il est prêt maintenant pour un autre scénario. Le parti élit un(e) candidat(e). Si c'est Ségolène, Lionel Jospin table sur un effondrement et espère, en se plaçant au-dessus de la mêlée, être, dans ce cas enfin, le recours.

Ce n’est qu’après la désignation de Ségolène Royal par les adhérents du PS et au début de l’année 2007 que l’on pourra juger éventuellement de la vraisemblance de ce nouveau scénario… 




6 commentaires:

Aimé a dit…

Est-ce que Lionel fera campagne en faveur de Ségolène si celle-ci est désignée par les militants candidate officielle du PS ?

Clarisse a dit…

Ouf ! une chose est sûre au moins, nous n’aurons pas un vieux socialiste aux manettes !

Henri a dit…

Comment tant de socialistes ou de Français peuvent-ils apprécier un homme, qui en 5 ans de pouvoir, n’a fait aucune réforme importante (on attend toujours une vraie réforme fiscale depuis 1981…), tout juste une loi sur les 35 heures mais, dans la plupart des cas, avec une perte de salaire. Les bobos étaient peut-être satisfaits, pas ceux qui gagnent environ le SMIC !

Antoine a dit…

Lionel mais aussi Dominique et Laurent, vous avez eu dans le passé des ministères importants, soit 1er Ministre, soit Ministre des Finances et on a pu apprécier vos capacités à ne pas faire grand chose, alors de grâce, déchirez-vous, mais en silence !

Rolande a dit…

Son retrait, c’est ce qu’il a fait de mieux jusqu’à présent.

Place maintenant au débat entre les trois prétendants si toutefois Ségolène ne trouve pas une nouvelle excuse pour s’y soustraire…

Jules a dit…

A plusieurs égards, on ne peut que se réjouir de ce retrait.

A 69 ans et après avoir renié son annonce de départ présentée comme définitif le 21 avril 2002, Lionel fonçait droit dans le mur s’il avait maintenu sa candidature.