10 janvier 2009

Qu'attend-t-on pour supprimer les départements et conseils généraux ?

Départements ardoisiers
Départements ardoisiers.
La commission pour la libération de la croissance, dite " commission Attali ", a fait 316 propositions, en début d'année 2008, concernant les relations sociales, l’emploi, la fiscalité ou la protection sociale. 

Les propositions de ses membres (43 personnalités dont 17 PDG ou anciens PDG...) reprennent largement tous les poncifs du libéralisme économique et aucune d'entre elles ne concerne véritablement la lutte contre la précarité du travail ou l’amélioration du pouvoir d’achat des salariés. Ce qui a fait dire à Jean-Luc Mélenchon qu’il ne faut garder de ce catalogue que " le papier pour le recycler "... 


Mais quelques rares mesures sont cependant tout à fait justifiées comme celle qui consiste à faire disparaître progressivement l’échelon départemental pour éviter des gaspillages financiers énormes et améliorer l’efficacité de la gestion publique.

Le département est devenu en effet aujourd’hui complètement inutile car pris en étau entre le développement des structures intercommunales et la région. Et cette dernière devrait, depuis longtemps, se voir dévolue toutes les compétences exercées par le conseil général…

Le département est une division administrative, mise en place sous la Révolution française et qui date du 15 janvier 1790. L'objectif était à l'époque de remplacer les provinces liées à l'Ancien régime et de casser tout provincialisme. Afin que l’autorité administrative soit rapidement informée de ce qui se passait à l’autre bout du département, un émissaire à cheval devait pouvoir atteindre n’importe quelle zone du territoire en une seule «journée de voyage». C'est ainsi qu'aujourd'hui, les superficies de chaque département sont très proches.

Depuis 1985 et la loi de décentralisation, le département est également une collectivité locale dirigée par un conseil général renouvelé par moitié tous les trois ans.. Les transferts de compétences de l’Etat aux départements se sont multipliés au fil des ans avec notamment le 1er décembre 1988 la prise en charge d’une partie de la politique du RMI puis de nouveaux transferts organisés par la loi d’août 2004. Ses compétences s'exercent aujourd’hui sur les collèges, les routes et sur de nombreuses aides sociales comme l’APA.

On compte 96 départements en métropole et 4 à l'outre-mer (DOM) et il existe par ailleurs 26 régions, 36.000 communes et 18.000 groupements intercommunaux (communautés de communes ou d'agglomérations) et de près de 2 500 établissements publics de coopération intercommunale (EPCI).

La question de la suppression des départements souvent abordée mais jamais traitée...

Cette question «trotte» dans les esprits depuis longtemps mais aucune majorité politique n’a jamais vraiment tenté de supprimer cet échelon administratif.

En 1906, Clemenceau prononça un discours à Draguignan, dans le département du Var, où il préconisait d’adapter la carte des collectivités locales en tenant compte de l’évolution des réalités économiques et sociales.

En 1947, Michel Debré proposa de créer 47 grands départements.

Valéry Giscard d’Estaing porta un bon diagnostic en indiquant qu’«un jour il faudrait choisir entre la région et le département car il ne saurait y avoir entre l’Etat et la commune deux collectivités intermédiaires».

En 1982, lors du lancement de la décentralisation, Pierre Mauroy et Gaston Defferre auraient volontiers envisagé la suppression des départements mais François Mitterrand s’y est fermement opposé.

En 1995, la loi Pasqua a introduit la notion de « pays », bassin de vie et d'activité plus réaliste que le département technocratique mais le pays n'a gagné aucune compétence juridique et les départements ont été conservés.

En 2002, Jean-Pierre Raffarin initia «l’acte II de la décentralisation» et commença par esquisser l’idée que l’armature territoriale française devait reposer sur le couple Etat-Région, développant ainsi les propos tenus par Jacques Chirac dans un discours prononcé à Rennes, discours d’où il ressortait qu’il y avait trop de niveau de collectivités locales en France.

Plus récemment, l’ancien Premier ministre Edouard Balladur et l'actuel chef de gouvernement François Fillon se sont aussi prononcés pour la suppression du département mais n’ont pris aucune initiative politique fixant notamment un calendrier et des modalités concrètes.

S’il n’est pas étonnant que la droite fasse preuve de conservatisme, il est plus surprenant que la gauche soit autant timide dans ce domaine. Ainsi, Claudy Lebreton, président de l'assemblée des départements de France et président (PS) du Conseil général des Côtes d'Armor, pointe bien du doigt certaines anomalies mais sans aller jusqu’à remettre en cause cet échelon administratif. «Et si l'on supprime le département, qui va assurer ses fonctions actuelles et comment va-t-on transférer le personnel qui y travaille?», s’interroge-t-il. Selon lui, l'urgence n’est pas de supprimer le département mais de mieux clarifier les compétences entre les collectivités locales !

Pour Jean-Pierre Chevènement, la suppression du département est une «fausse bonne idée». Il fait valoir que dans certains autres pays européens, comme l'Allemagne ou l'Italie, il y a au moins trois niveaux de collectivités locales. L'ancien ministre de l'Intérieur loue également «la relative proximité du département, enraciné dans la tradition républicaine». «Les besoins sociaux - RMI, personnes âgées, enfance - sont mieux traités au niveau du département qu’ils ne le seraient à celui des régions» conclut-il.

Quant à Arnaud Montebourg, jadis partisan de la fusion des départements et régions mais n'étant pas à une contradiction près (porte-parole de Ségolène Royal au cours de la dernière campagne présidentielle, il a soutenu Martine Aubry lors du dernier congrès de Reims...), il est devenu depuis peu Président du Conseil Général de Saône-et-Loire... Ah, qu’il est loin le combat pour la VI ème République et le non-cumul des mandats !

Au cours de la dernière campagne présidentielle, seul François Bayrou s’était prononcé clairement pour leur suppression, précisant en outre à juste titre que le personnel des conseils généraux devait être intégré au personnel de la région.

Six niveaux de pouvoirs publics : une véritable aberration administrative

Si chaque collectivité locale est censée avoir des domaines d'action spécifiques, de nombreux doublons existent entre collectivités locales en matière de développement économique, sport, culture, tourisme et jeunesse ainsi qu’entre départements et Etat dans les affaires culturelles ou l'action sociale et sanitaire. Et même, il arrive que chaque collectivité intervienne dans des domaines qui relèvent en principe d'autres échelons administratifs. De surcroît, il n'y a pas de hiérarchie entre ces différents échelons.

La carte territoriale française offre ainsi trop de niveaux institutionnels et, dans chacun de ces niveaux, trop de collectivités. Elle n’offre pas non plus, sur le territoire, des entités politiques et administratives suffisamment puissantes pour qu’on leur affecte de manière efficace des compétences de gestion des politiques publiques transférées vers elles en provenance de l’Etat.

Trop d'intermédiaires entre le citoyen et la puissance publique renchérissent fortement les budgets de fonctionnement mais induisent aussi une difficulté de compréhension du système par les Français.

Est-il pertinent de maintenir par exemple le département du Rhône, intégré géographiquement, dans la communauté urbaine de Lyon ?

Est-il fonctionnel de découper la gestion publique de l’île de Beauté entre deux départements, chapeautée par une région pour faire plaisir aux seuls élus locaux au détriment de l’intérêt collectif ?

Le problème de la fiscalité locale

Une telle organisation des pouvoirs publics à six niveaux suffirait à elle seule à justifier la suppression des départements mais les modalités actuelles de la fiscalité locale plaident aussi en faveur de la disparition de l’échelon départemental.

Les collectivités territoriales financent aujourd’hui 72% des investissements publics de la Nation et les départements représentent plus du tiers de cette part. Ils pèsent 56 milliards d’euros par an d’investissements et de fonctionnement dans les politiques publiques.

En principe, ils sont responsables de la construction et de l'entretien des collèges, de l'action sanitaire et sociale et de la gestion du RMI (sur les 56 milliards d'euros qu'ils ont à gérer, les départements en dépensent près de 28 milliards dans l'action sociale). De même, les conseils généraux ont en charge une grande partie des routes nationales et des personnels techniques de l'éducation nationale.

Pour financer tous ces dispositifs, on fait appel bien sûr à aux impôts locaux qui représentent une part de plus en plus importante du total des impôts payés par les Français : 12 milliards d’euros pour la taxe d’habitation (particuliers), 15 milliards d’euros pour la taxe foncière (particuliers et entreprises) et 22 milliards pour la taxe professionnelle payée par les seules entreprises. Avec la décentralisation et les transferts de compétences de l’Etat vers les collectivités locales, cette pression fiscale va crescendo.

Mais ces impôts indirects sont également très injustes car ils touchent de la même façon les personnes les plus aisées comme les plus modestes. Ils ne sont pas payés en fonction des revenus des contribuables et il n’est pas rare aujourd’hui, pour un salarié de «sortir» un mois de salaire pour payer la taxe foncière ou la taxe d’habitation dont les bases, complètement archaïques, datent respectivement de 1961 et de 1970.

C’est pourquoi, la suppression des départements serait une bonne occasion pour réformer la fiscalité locale en l’intégrant dans l’IRPP puis en reversant une quote-part à chaque collectivité locale. Car la France se distingue par une fiscalité particulièrement injuste avec 83% des recettes de l’État provenant de la fiscalité indirecte et seulement 17% provenant de l’impôt progressif sur les revenus ! Un système d’imposition, pratiquement unique parmi les pays occidentaux et qui accroît considérablement les inégalités sociales.

Mais alors que leur suppression aurait pu être faite facilement en 1982, lors du lancement de la décentralisation, la gauche ne l’a pas voulu et la France s’est retrouvée – la région étant devenue, par la loi du 2 mars 1982 une véritable collectivité locale – dotée d’une organisation des pouvoirs publics à six niveaux.

Aujourd’hui, l'identité régionale vaut bien l'identité départementale et certains élus, notamment de l’Ouest de la France, sont également favorables à une réorganisation des régions. Une grande région «Massif central», une vraie région Alpes, Bretagne, Bassin Méditerranéen ou la réunification de la Basse et de la Haute Normandie (divisée à l’origine pour un vulgaire partage de gâteau électoral entre la majorité et l’opposition…) permettraient d’avoir des régions à dimension européenne et plus conformes à la situation géographique réelle.

Mais jusqu’à présent, trop nombreux sont les élus locaux, parmi les 550 000 au total, qui font de la résistance et bloquent en fait toute évolution. Le lobby des présidents et des conseillers généraux est puissant et dispose de plusieurs relais, notamment au sénat où droite et gauche se sont entendues pour que les conseillers généraux conservent le plus longtemps possible leurs prérogatives et les petits avantages qui vont avec…


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22 commentaires:

farlo a dit…

Je travaille dans un Conseil Général à un poste suffisamment stratégique pour observer les abus et absurdités en tous genres, notamment concernant les élus:
Instauration de véritables baronnies locales, uniformité du profil du conseiller général (homme notable + de 50ans) frais de déplacement abusifs, indemnités au max pour le max de vice-présidents, attribution des subventions aux entreprises, communes ou associations très politiques, clientélisme, démagogie...

Mais aussi doublons avec le conseil régional en matière économique.

Une fusion avec les régions, avec des antennes locales notamment pour le social me parait plutôt une bonne idée...

Mais faire sauter autant d’avantages à des conseillers généraux qui sont parfois députés, sénateurs ou qui possèdent des relations ou des réseaux à Paris me parait fort difficile...

foufouille a dit…

@ auteur

"il n’est pas rare aujourd’hui, pour un salarié de « sortir » un mois de salaire pour payer la taxe foncière ou la taxe d’habitation dont les bases, complètement archaïques, datent respectivement de 1961 et de 1970"

je vois mal le smicard payer un smic de taxe d’habitation, il resterait pas longtemps et encore heureux que ça date de 70 le calcul, le type de chauffage deviendrait un luxe taxable ou le nombre d’ampoule actuellement si l’accès du grenier est a l’extérieur ou pas de salle de bains ça coute moins cher
pareil pour le nombre de fenêtre.

Albert a dit…

@ Foufouille

Si vous lisez plus attentivement l’article, vous vous apercevrez que je ne parle pas de smicards mais de salariés dont nombreux sont ceux qui paient jusqu’à un montant équivalent à peu près à un SMIC en impôts locaux. Sachez que ces situations, notamment dans les grandes villes n’ont rien d’exceptionnelles et sont tout à fait courantes, contrairement à ce que vous semblez penser.

Pour des raisons obscures, vous vous gardez bien de souligner que de tels impôts indirects sont non seulement très lourds mais également très injustes. Apparemment, vous préférez farfouiller et vous intéresser à l’accès au grenier par l’extérieur dans une maison !

Albert

serge a dit…

Qu’attend-on ?

La réponse est évidente:
Il faut que Speedy Gonzales se mette enfin au boulot et s’occupe des vrais dossiers (c’est çà dire des dossiers qui font chier et baisser dans les sondage).
Ce qui suppose qu’il arrête de gesticuler partout et à tout instant en faisant mine de s’occuper des dossiers essentiels qui ne sont en réalité que des occasions de se faire mousser, de se faire plaisir (je ne veux pas être vulgaire donc je reste soft), et éventuellement de monter à peu de frais (hors frais de voyages bien entendu, y compris les voyages induits: médias, moutons, etc.), et surtout sans risque, dans les sondages !

A+

cdrhum a dit…

La suppression des départements et des communes participe de la même volonté des capitalistes d’éloigner les citoyens-travailleurs des centres de pouvoirs.

En effet, alors que des études, il a une dizaine d’années, montraient que les institutions politiques auxquelles les Français se sentaient le plus "appartenir" étaient, dans l’ordre : la commune, la nation, le département, des campagnes étaient menées (et continuent) tambour battant pour mettre en avant : les communautés de communes, les régions et l’Europe...

Et ce n’est pas par méconnaissance incurable de ces dernières que les Français ne leur donnent pas priorité, c’est parce qu’ils savent, de manière plus ou moins active, que ce sont des "structures" qui ne leur permettent pas de contrôler ce qui s’y fait et décide.

Par ailleurs, quand on voit le maillage inextricable de ce que l’on appelle les "zonages géographiques" (parcs naturels, appellations contrôlées, zones franches, secteurs sanitaires, zone d’éducation, zone d’emploi...etc - il en existe des centaines) Voir ici un rapport du Conseil Économique et Social d’Aquitaine , on s’aperçoit que face à cette incohérence, les échelons auprès desquels on pourrait le plus se rapprocher pour connecter l’intérêt de ces zones avec les lieux de pouvoirs réels pour les mettre en œuvre sont... les communes et les départements actuels....

De là à dire que la situation actuelle est satisfaisante, que les communes ont les moyens financiers et légaux de répondre aux besoins démocratiques des populations, de même que penser que la "cohabitation", dans les départements, entre l’Etat national (Préfecture, Directions Départementales de l’administration nationale...) et les services dépendant du Conseil Général élu par les habitants du département, sont au top, il y a un pas que je ne franchirai pas.

Dernier point, celui de la comparaison avec d’autres pays européens et, notamment sur la question des Régions : comment comparer des Landers allemands ou des Régions espagnoles, ayant depuis des siècles une gouvernance relativement autonome au sein d’un système fédéral, avec des régions comme elles sont définies en France, c’est à dire de manière tout à fait artificielle et technocratique sans aucune base historique pour la plupart d’entre elles ? En effet, si des régions telles que le Bretagne, la Bourgogne ou l’Auvergne peuvent correspondre à une histoire et une culture propre et reconnue spontanément par leurs habitants (et encore, les "aborigènes" !!!) que dire de l’Aquitaine qui n’a cessé, au fil des siècles de changer de forme (elle est montée jusqu’à Orléans et Bordeaux n’en a pas toujours fait partie !... Quoi de commun entre les Basques et les Périgourdins ?), ou Poitou-Charentes dont le Nord est tourné traditionnellement vers la Touraine et le sud vers l’Aquitaine ? Que dire de la Normandie qui, pour des raisons « curieuses », est séparée en deux régions administratives (Haute et Basse !) ?...

L’enjeu des réformes voulues, favorables au « glissement » des communes vers les communautés de communes, les départements vers les régions et l’état vers l’europe (je ne mets pas de majuscule volontairement au nom de cette "chose") est un enjeu de classe, visant à déposséder le citoyen-travailleur de son pouvoir de contrôle et de décision aux échelons géographiques qu’il peut plus aisément maîtriser.

Chris a dit…

@ l’auteur,

Ne soyez pas si impatient !

Je suis convaincu que Sarkozy en a l’intention et qu’il se réserve de l’annoncer à l’une des prochaines cérémonies de voeux avant la fin de son quinquennat.

Un exemple, la prochaine mise en place des DIRECCTE ( DIrections Régionales des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi) qui va voir les Préfets de département inféodés au Préfet de Région et la politique déconcentrée de l’Etat à terme se voir pilotée à 100% au niveau régional.
C’est une véritable révolution pour l’action de l’Etat sur le terrain et sans doute la première pierre avant la suppression des départements, lesquels deviendront dans un premier temps des unités territoriales.

Les médias n’en parlent pas pour le moment parce qu’ils n’y comprennent rien (ce qui ne les empêche pas de parler de ce qu’ils comprennent très peu...)

Albert a dit…

@ Chris

Ne soyez pas si affirmatif !

La mise en place de préfets régionaux n’empêchera pas le maintien de préfets départementaux et de sous-préfets qui ne servent pas à grand-chose si ce n’est qu’à inaugurer telle ou telle réalisation départementale, communale ou inter-communale.

La disparition des départements et des conseils généraux est une toute autre affaire. Ils deviendront peut-être des unités territoriales (on change le nom…) mais les élus départementaux et les CG en tant que structures politiques risquent forts de demeurer pour le plus grand malheur des contribuables…

Anonyme a dit…

"La suppression des départements et des communes participe de la même volonté des capitalistes d’éloigner les citoyens-travailleurs des centres de pouvoirs."

Oui, peut-être et même certainement mais ce qui fait s’opposer les politiciens à cette mesure c’est les privilèges qu’ils puisent dans les féodalités locales que sont de venues les départements... l’exemple de l’Ariège en est une éclatante confirmation et bien d’autres départements sont dans ce cas.

claude a dit…

...et qui empêche les Ariègeois d’aller demander des comptes à leurs élus ?

Anonyme a dit…

"...et qui empêche les Ariègeois d’aller demander des comptes à leurs élus ?"

La plupart sont tenus par la bêtise, le conservatisme, le clientèle, phénomène général pas propre à l’Ariège mais qui fait que nous ne sommes plus réellement dans une société au fonctionnement démocratique... le département est un fromage pour les féodalités locales c’est pour cela qu’elles s’y opposent !

Demander des comptes à un élu ? Tu as déjà essayé ? Sinon fais le on en reparlera !

ronchonaire a dit…

Si vous avez un peu de temps, je vous invite à faire un tour sur le site de l’INSEE et à chercher les données relatives aux dépenses publiques par niveau géographique ; c’est assez fantastique: depuis 30 ans, les dépenses de l’Etat central sont restées relativement stables (en gros, elles ont suivi l’évolution de l’activité économique) alors que dans le même temps, les dépenses des collectivités territoriales ont explosé. En d’autres termes, le "transfert de compétences" qu’on nous a vendu en même temps que la décentralisation n’est qu’un leurre: le processus n’a pas transféré les compétences, il a multiplié les postes en doublons entre l’administration centrale et locale.

Personnellement, j’y vois une explication principale: le besoin pour les gouvernements successifs de masquer la réalité du désastre économique, et en particulier le chômage de masse, dans lequel se trouve le pays depuis la fin des années 70 ; autrement dit, on a artificiellement créé des emplois publics inutiles pour masquer le fait que la France compte structurellement largement plus de 3 millions de chômeurs. Etant donné la situation actuelle, la suppression des départements n’est pas pour demain...

luc a dit…

Il y a quelques lointaines vérités, dans cet article, mais on peut en tirer une conclusion opposée : les régions pourraient très bien s’avérer, de par leur taille et les moyens financiers dont elles disposent, des féodalités encore plus difficiles à déloger que les départements.

Albert a dit…

@ Luc

Toutes les structures administratives, politiques ou syndicales ont toujours été, à des degrés divers, plus ou moins des féodalités mais pourquoi vouloir déloger les régions et les départements ?

Le problème est beaucoup plus simple : nous marchons sur la tête en France avec six niveaux de structures différentes et il faut au minimum en supprimer une :

L’Europe ? La France ? La commune ? L’intercommunalité ? La région ?

C’est assurément le département et le CG qui sont en trop sur le plan politique, ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas en conserver la référence sur le plan touristique, comme circonscription électorale, etc.

A+
Albert

Hermès a dit…

Le vrai problème est que les départements servent à notre féodalisme politique : rétribution militante, cotisations politiques via les rémunérations des conseillers, repêchage des battus des communales... bref, tout un système qui s’arrange bien du fait que des milliers d’élus grenouillent aux frais des contribuables et bloquent les projets de proximité (communes) ou stratégiques (régionaux). Bravo pour cet article !!

Albert a dit…

Remarque très judicieuse et fondamentale que celle que vous évoquez concernant le blocage des projets de proximité (commune) et stratégique (région).

A+
Albert

Maud BAZOCHE a dit…

Ce qu’il faut, c’est le courage pour entreprendre les réformes administratives dont la France a besoin.

Céline Ertalif a dit…

Il y a quelques problèmes d’administration publique dans ce pays. Il est notamment très contestable que des élus aient du pouvoir sur d’autres élus, comme si un suffrage universel pouvait être supérieur à un autre, pire dans certains cas les élus sont encore les serviteurs de fonctionnaires.

Suppression des départements, modification du nombre de régions ou du nombre de départements: pour l’instant, ce sont des leurres.

Je pense que ceux qui dénoncent les élus qui veulent absolument garder leurs mandats se trompent. Ce n’est pas faux, mais c’est très secondaire. La question essentielle, c’est plutôt l’organisation des administrations territoriales. Or, aujourd’hui, l’impéritie de l’Etat est une cause majeure du désordre dans l’administration territoriale.

enzo d'aviolo a dit…

je suis évidemment pour la suppression des départements mais attention, pas de la façon dont l'envisage la droite et ce que prépare Balladur qui n'envisage que des regroupements administratifs alors que ce qui coute le plus à la société ce sont les cumulards de la politique. jamais l'échelon politique ne sera supprimé mais par contre on regroupera ou supprimera du fonctionnaire comme on le fait ailleurs ce qui cassera encore un peu plus le lien social dont ont bien besoin tous ceux qui voient dans les campagnes et petites villes disparaitre les postes, les tribunaux, les commerces.
Il faut supprimer l'échelon politique des départements qui est inutile et ne forme que de petits barons locaux, mais surtout pas supprimer les administratifs qui défendent les missions de services publiques locales proches du citoyen.

Albert a dit…

Tout à fait d'accord Enzo. Le personnel des CG devrait être intégré au personnel de la région qui devrait posséder des permanences décentralisées dans les départements actuels ou du moins les plus grandes villes de la région.

Mais la gauche étant plus conservatrice que la droite dans ce domaine, c'est pas demain ...
Seul pour l'instant F. Bayrou se prononce clairement pour ce schéma.

Le département actuel pourrait être conservé uniquement en tant qu'entité touristique ou comme circonscription électorale, en particulier dans le cadre d'un retour à des élections à la proportionnelle, par exemple pour le sénat.

Cordialement
Albert

Grasyop a dit…

Comme d’autres, entre la région et le département, je préfère garder le département.

Ce qui m’inquiète particulièrement avec les régions, c’est que plusieurs d’entre elles correspondent à des entités ethniques, linguistiques plus précisément: la Bretagne avec le breton, l’Alsace avec l’alsacien, la Corse avec le corse. Les régions sont le terreau de tensions centrifuges, indépendantistes. Les départements ne présentent pas ce risque: il y a des partis indépendantistes breton, alsacien, mais a-t-on jamais vu un parti indépendantiste finisterrois ou haut-rhinois ?

Voila pourquoi je préfère les départements aux régions.

Absurde a dit…

Totalement d’accord sur l’absurdité du découpage des régions. En Paca, on ne peut pas dire que les intérêts des haut-alpins soient de même nature que ceux des marseillais, des niçois ou des gens du Vaucluse.

Or nous autres haut-alpins, avons vraiment l’impression de subir les décisions des technocrates basés à Marseille et dont beaucoup sont des rejetons de familles politiques des Alpes-Maritimes et du Var connues pour leur clientélisme, leurs accointances mafieuses et leur propension à la magouille jamais sanctionnée.

Mais le département n’est pas non plus la solution. Celle-ci passerait pas un redécoupage des régions en entités voisines dans ce qu’elles ont de réellement en commun. Ainsi, il nous semblerait plus logique, à nous autres haut-alpins, ainsi qu’à nos voisins des Alpes de Haute-Provence, de rejoindre le Dauphiné, territoire montagneux dont les habitants ont des préoccupations plus proches des nôtres que ceux de la côte d’azur ou du Var, de même qu’on conçoit mal ce qu’il peut y avoir de commun entre un Cévenol et un Catalan, ou entre un Nantais et un résident des Côtes du Nord...

Anonyme a dit…

COLERE..

550 OOO élus locaux !!!qui ne veulent pas lâcher leurs sièges.Ils ont peu a peu transformé leur FONCTION en METIER. Et ils transmettent a leurs amis, a leurs enfants. A Rennes,ce fut ainsi aux municipales.Les impôts locaux ont augmenté vertigineusement,car le P.S a des gouts de luxe.Et nous les citoyens? avons nous besoin des "gadgets"qu'ils s'offrent ?On a besoin de travail,de logements.Certes,beaucoup d'assistance si on est -très -pauvre mais il faut s'y retrouver dans le dédale du mille-feuille.c'est là ?c'est pas là ?non c'est là....Alors OUI au "dépoussiérage".Les politiques dans leur ensemble,se mordent la queue en croyant que ça peut durer.Ils ne peuvent plus se contenter d'inaugurer la "rénovation" des quartiers.Ils doivent mettre les mains dans le cambouis comme le peuple qui souffre.PS:je ne connais pas mon conseiller général ni régional-c'est peut-être le même.mais que font ils de leur journée on ne les voit jamais.1tract pour l'élection,3 petits tours et puis s'en vont !jusque a la prochaine; La gauche trahit son idéal quand elle cherche à tout prix a sauvegarder ses pouvoirs régionaux et municipaux au mépris du VRAI changement à opérer.Mais,elle monte la colère. Merci pour votre article