Réformer aujourd'hui

"Changement important, radical en vue d'une amélioration", il convient de redonner à la "réforme" son sens politique initial car le mot est galvaudé depuis bien longtemps...

21 novembre 2008

Suite et fin du feuilleton socialiste : Martine Aubry à la tête d’une coalition illisible et contestée...

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Après 18 mois sans boussole depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, après le congrès de Reims, les adhérents socialistes viennent de désigner Martine Aubry au poste de premier secrétaire du PS mais par un écart annoncé de seulement 42 voix.

Ségolène Royal a immédiatement contesté le résultat en réclamant un nouveau vote. Une inversion des voix dans une section de Moselle lui donnerait 24 voix supplémentaires. En Nouvelle-Calédonie, dont les résultats n'ont pas été pris en compte dans le calcul national, Ségolène Royal emporterait environ 20 voix, etc..

Mais ces "magouilles" dans la nuit du 21 au 22 novembre, au profit de Martine Aubry, ne sont ni surprenantes ni les seules et Ségolène Royal a tendance à oublier un peu vite les tripotages internes en sa faveur, notamment dans certaines fédérations socialistes du Sud de la France.

Ce spectacle misérable n’est pas fait pour lever le doute, loin s'en faut, sur la capacité future du PS à s'opposer à la droite et définir ce que pourrait être un socialisme du XXIème siècle...


Depuis des années, les haines accumulées et les plans de carrière des uns et des autres ont remplacé tout débat sur une alternative crédible à la politique de la majorité présidentielle UMP-Nouveau Centre et à la réparation des méfaits de la mondialisation libérale...

Au plan des idées il n’existe pas de réels clivages entre Martine Aubry, Bertrand Delanoë et Ségolène Royal. Et il n’a jamais existé, comme ils l’ont prétendu, une différence stratégique dont le Modem serait la pomme d’achoppement.

Cette divergence sur les alliances mise en avant par le maire de Paris et celui de Lille ainsi que par Benoît Hamon relevait plus du prétexte que de la réalité. On a d’ailleurs pu constater, lors des dernières municipales, qu’aussi bien des partisans de Bertrand Delanoë que des partisans de Martine Aubry n’ont pas hésité à s’allier avec le Modem pour conquérir des municipalités !

Ce qui est serait valable dans les municipalités dont Lille, ne serait donc pas valable au plan national ! Drôle de raisonnement politique tout de même et François Bayrou, sur ce point, a parfaitement raison quand il dit que si les socialistes avaient tous le nez de Pinocchio, ils ne pourraient même plus rentrer dans une pièce tant leur nez toucherait les quatre côtés de la pièce en question !

Car à la vérité, tous les socialistes sont d’accord et répètent qu’il faut un parti fort puis une gauche rassemblée et que c’est seulement si ses conditions sont réalisées que pourra être envisagée, notamment à l’occasion du deuxième tour d’une présidentielle, une ouverture aux électeurs du Modem qui seuls pourraient assurer une majorité au candidat de la gauche en 2012.

Concernant l’Europe, Martine Aubry et Ségolène Royal, tout comme Bertrand Delanoë et François Bayrou, ont voté OUI au TCE en mai 2005 mais semblent découvrir aujourd’hui seulement, à la faveur de la crise financière la plus grave depuis 1929, les méfaits du libéralisme en Europe et dans le monde…

Pour mieux obscurcir le tableau, Martine Aubry compte dans ses rangs Laurent Fabius et ses amis, tous partisans du NON au TCE et Ségolène Royal veut faire de Vincent Peillon, jadis partisan également du Non au TCE, son 1er secrétaire national délégué !

Quant à Benoît Hamon et l’aile gauche du PS, ils sont capables de se situer socialement d’une manière plus radicale et ont une vraie vision du capitalisme financier et de ses méfaits. Mais ils sont souvent réduits à se vendre au plus offrant pour quelques postes de sénateurs ou de députés nationaux et européens. Certains observateurs trouvent même curieux que la gauche du PS soit menée par un «jeune» qui a débuté rocardien, a fait toute sa carrière dans les cabinets ministériels, chez Lionel Jospin ou Martine Aubry…Et cette gauche nous expliquera demain que Martine Aubry, pur produit d’un certain patronat et du social-catholicisme est un moindre mal face à Ségolène et la Droite.

Ne pouvant plus continuer à entendre ces «salades», Jean Luc Mélenchon, sénateur et Marc Dolez, député, viennent de quitter le PS en appelant à la construction d’un nouveau parti et à la constitution d’un front de forces de gauche pour les prochaines élections européennes notamment.

C’est l’occasion de refonder un projet de transformation et d’émancipation qui tire les leçons des échecs historiques, notamment de la social-démocratie européenne et qui prenne à bras le corps les nouveaux défis de la mondialisation capitaliste à la menace environnementale.

Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez ne partent pas de rien et s’inscrivent dans une longue tradition : l’héritage des Lumières et de la Révolution française, les combats républicains, les luttes du mouvement ouvrier et du socialisme historique, le programme du Conseil National de la Résistance…

C’est à un projet de République sociale et démocratique et de nouveau type de développement économique, social, environnemental qu’ils vont travailler.

Les élections européennes du printemps 2009 offriront l’occasion de bousculer le consensus libéral dominant et seront ainsi les premiers travaux pratiques pour le nouveau parti de gauche et sa politique unitaire.

Le référendum du 29 mai 2005 à propos du TCE l’a bien montré : il y a une majorité à gauche et dans le pays pour refuser les politiques libérales et des forces politiques et sociales sont disponibles aujourd'hui pour s’engager dans une telle alternative…



Appel pour la création d’un parti de gauche

Nous soutenons l’appel à la construction d’un nouveau parti de gauche lancé par Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez. En effet nous ne trouvons pas notre compte avec la gauche telle qu’elle est aujourd’hui. La crise du capitalisme éclate sous nos yeux. Mais la gauche n’apparaît pas comme une alternative. Elle échoue à s’opposer efficacement à la droite. Elle y renonce même parfois ! Dans plusieurs pays européens, les partis majoritaires à gauche gouvernent avec la droite. Nous ne voulons pas perdre notre temps et notre énergie à attendre qu’ils se ressaisissent. C’est maintenant qu’il faut agir pour un nouvel horizon pour le futur de l’Humanité. Rien de moins.

C’est pourquoi la construction de ce nouveau parti de gauche est une bonne nouvelle. Tourner la page du capitalisme quand il nous replonge dans les débâcles qui ont déjà fait les désastres du passé, c’est si difficile. Mais c’est l’urgence ! Transformer le système et le contenu de la production pour éviter la catastrophe écologique qui s’avance, cela parait une tâche tellement hors de portée. Mais c’est vital ! Changer la répartition des richesses pour que le plus grand nombre vive enfin dignement, cela semble ardu. Mais pouvons-nous accepter l’enrichissement colossal d’une petite minorité pendant que la misère s’étend ? Refonder la République et redonner le pouvoir aux citoyens en toutes choses, c’est devenu presque utopique. Mais sinon quel moyen pour changer le monde ? Faire vivre une laïcité intransigeante, c’est désormais un engagement souvent vilipendé. Mais sans cela, quelle société laisserait-on s’imposer ? Construire une Europe enfin démocratique et sociale, cela heurte de front le Traité de Lisbonne ? Mais la solidarité des peuples vaut mieux que leur concurrence !

Tout cela il faut oser le vouloir, ici et maintenant, en faire un programme de gouvernement, un projet de rassemblement majoritaire de notre peuple. Pour cela il faut bousculer les conformismes, les opportunismes, les sectarismes, la résignation. Die Linke en Allemagne a montré que cette ambition pouvait faire son chemin. En France, nous le pouvons aussi. Nous savons de quelle magnifique et longue histoire nous pouvons être les héritiers. Nous pouvons reconstruire une gauche digne de ce nom, sans complexe face à la droite et au capitalisme. C’est pour cela que nous soutenons la création du nouveau parti de gauche.

http://www.lepartidegauche.fr/



Photo : Martine Aubry à la manifestation du 19 octobre 2008 pour l'Education Nationale par Benoit Degiovani (http ://www.flickr.com/photos/benoit-degiovani/)

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13 Comments:

  • At 11:31:00 PM, Anonymous jo said…

    Et si on parlait des chantages aux votes dans le Bouches du Rhône ?

    Il vaut mieux que le PS disparaisse, que Segolène s'en aille et fonde un nouveau parti populiste et que JLM fonde un vrai parti socialiste.

    De toute façon elle est incapable de gouverner les 50% qui lui manque. C'est une femme agée et disqualifiée par ses comportements.

    Il faut choisir entre le show biz, l'ordre du temple solaire ou la politique...

     
  • At 11:33:00 PM, Anonymous robert said…

    Je quitte le PS.

    Je suis simple salarié, je paye 150 euros de cotisations pour voir ce spectacle.

    Je quitte ce parti d'égoistes en 2009 pour ne plus croire en l'espèce humaine. Nul, nul nul !

     
  • At 11:51:00 PM, Anonymous serge said…

    Lamentable et consternant...

    Quand on est électeur de gauche, et antisarkosyste vicéral, on se sent désormais totalement orphelin.

    Et maintenant ? Le facteur ou Jean-Luc ?

     
  • At 11:52:00 PM, Blogger Albert said…

    Et maintenant ?

    Le parti de gauche !

     
  • At 12:05:00 AM, Anonymous Anonyme said…

    Je trouve que le résultat du vote a au moins un effet positif : il n'y a en effet plus que deux PS alors qu'il y en avait 4 motions précédemment...

    Sarko s'est occupé de la frange la plus à droite et Mélenchon entraine avec lui les plus à gauche.

    Comme quoi la rénovation est en marche...

     
  • At 3:56:00 PM, Anonymous marie said…

    Lamentables tricheurs à l'image de François Mitterrand !

    Reconstruire le P.S.avec des vieux chevaux de retour tels DSK, Fabius,Aubry et cie est très médiocre.

    Aubry est essentiellement
    prétentieuse, arrogante et incompétente: ex les 35heures.

     
  • At 9:18:00 PM, Anonymous gérard said…

    Je pense que JLM a bien fait : quand on se bat pour des convictions politiques on ne se bat pas pour une pla-place politique, on œuvre pour le bien de tous.

    Les Français attendent une autre politique, pourvoyeuse d’idées, de propositions, de choses concrètes...

     
  • At 9:53:00 PM, Anonymous super résistant said…

    Ce qui se passe depuis vendredi soir au PS est le niveau 0 de la politique.

    Même si un nom sort, comment voulez vous rassembler tant de courants differents sous une seule et même étiquette.

    Qui pourrait rassembler les modérés défendant un contrôle modéré sur le capitalisme et les opposants plus farouches à tout un système se rapprochant plus de l’extrême gauche que d’un socialisme pur...

    Même des accords de façade ne masqueront pas la forêt de controverses qui gangrènent un parti qui est, je pense, aujourd’hui, au bord de l’implosion totale...

    C’est peut être ce qui peut sauver la gauche pour les années à venir, créer 2 partis de gauche ; l’un moins moderé que l’autre.

    Le parti de Mélenchon, par exemple, serait une alternative existante... Mais malheureusement, on trouve bien trop d’Iznogoud à gauche.

    A gauche on veut partager, mais quand il s’agit de laisser sa place à un seul et unique dirigeant, l’égo de chacun se voit déjà Calife à la place du Calife...

    C’est vraiment navrant et petit....tout petit... !

     
  • At 2:19:00 PM, Anonymous olga said…

    Jacques Généreux quitte aussi le PS et rejoint Mélenchon et Dolez.

     
  • At 11:24:00 PM, Anonymous annie paule said…

    Article qui fait parfaitement le point sur les "arrières cuisines nauséabondes" d’un parti, qui faute d’idées se commet dans des combats d’Ego et se donne en pâture aux médias friands de "viandes faisandées"...

    Bien qu’étant extérieure, je trouve tout ceci de très, très mauvais goût... surtout quand la droite la plus dure (pour la très grande majorité d’entre-nous) manoeuvre les commandes et se repaît de délices qu’elle n’aurait pas même osé espérer !

    Un boulevard s’ouvre devant Sarko II, si aucune lueur d’intelligence ne vient toucher les membres du PS et surtout, tous ceux qui, à sa tête, ont un brin d’influence...

    D’ailleurs, étant donné le triste spectacle offert, il serait bon que nombreux soient les militants qui quittent le navire et, comme JL Mélenchon, M Dolez, J Généreux s’intéressent à l’intérêt général plutôt qu’à leur carrière... Si B Hamon rejoignait JL Mélenchon, ce serait une leçon à ces deux femmes en mal de pouvoir...

    Ce qui vient de se produire est tout bonnement "ubuesque"...

    Il serait temps de se ressaisir ! "Wait and see !"

     
  • At 11:27:00 PM, Anonymous Christine said…

    Albert

    J'espère que tu vas nous donner régulièrement des nouvelles du PdG. Je suis cela avec beaucoup d'intérêt.
    Alors, bonne route et à très bientôt

     
  • At 11:52:00 PM, Blogger Albert said…

    Bonsoir Christine,

    Des nouvelles du PG, bien sûr, j'en donnerai sur mon blog et le tien.

    Mon départ du PS est officiel; Comme tu t'en doutes, depuis le vote sur le TCE le 29 mai 2005, ma décision était pratiquement prise mais j'attendai en fait ce congrès.

    je ne partage plus du tout l'analyse notamment de GF car la gauche du PS est en fait en net recul.

    Dire que le PS conserve avec Martine le cap à gauche est un non sens politque quand on connaît les alliés de Martine, ses affinités avec le Medef ou ses origines catho-social (exactement comme Bayrou...)

    Quant à BH et ses amis, ils ne partiront jamais du PS car "la carrière" est le premier déterminant...

    Voilà, une page se tourne. j'ai connu le PSU puis le PS et je reviens en quelque sorte à mes origines...

    Dès demain, première réunion régionale d'information pour la région Sud-Est à Avignon à l'initiative de Politis...


    A+
    Albert

     
  • At 4:50:00 PM, Anonymous olga said…

    @anny Paule

    C’est évident qu’un nouveau parti de gauche (la vraie) regroupant les militants déçus du PS, ça peut être jouable.

    Après c’est le financement qui est délicat pour faire vivre ce parti et lui permettre d’exister dans des rendez-vous électoraux.

    Mais s’il y a un afflux d’adhérents dès le départ c’est envisageable. Entre les déçus du PS, les déçus des Verts, les frileux envers l’extrême gauche et les gens de gauche qui se sont fait entuber sur le TCE, ça peut faire du monde au final...

    B. Hamon risque de rester au PS si Aubry devient "première secrétaire".

     

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