15 octobre 2009

L’ancien petit chanteur à la Croix de Bois n’aime pas Robespierre…


Robespierre
Robespierre.
Aucune rue de Paris ne porte le nom de Robespierre. Afin d'y remédier, Georges Sarre et Michel Charzat ont proposé au Conseil de Paris de donner ce nom à une rue de la capitale.

Mais une courte majorité de conseillers UMP et PS a rejeté cette initiative, le Maire ayant demandé un avis défavorable de l'exécutif. Pas de rue Robespierre à Paris sous Jacques Chirac, pas de rue Robespierre non plus sous Bertrand Delanoë...



En 2006, un des lieux les plus prestigieux de Paris, le parvis de Notre-Dame, au cœur de l’île de la cité, changeait de nom et devenait " Parvis Notre-Dame - Place Jean Paul II ".

En décidant d'honorer ainsi l'ancien pape, Karol Wojtyla, Bertrand Delanoë faisait un choix arbitraire, soutenu par une majorité inhabituelle d'élus municipaux parisiens : socialistes et UMP auxquels s’étaient joints les UDF de l’époque.

Il dérogeait ainsi à une règle qui s’impose d’ordinaire : attendre 5 ans entre le décès d’un personnage illustre et le fait de donner son nom à une rue ou une place parisienne. Tous les autres partis de la majorité municipale de gauche (Verts, PCF, MRC, PRG) avaient voté contre cette décision.

Aujourd’hui, la même alliance UMP-PS resurgit à propos d’une proposition de Georges Sarre et Michel Charzat, faite au Conseil de Paris avec le soutien des groupes MRC, PC, PG ainsi que quelques élus socialistes et verts, de donner le nom de Robespierre à une rue de la capitale.

Une courte majorité a rejeté cette initiative, après l'hostilité affichée du Maire de Paris et une intervention d'une rare mauvaise foi de M. Bournazel pour l'UMP.

Bertrand Delanoë, homme prétendument de gauche et socialiste «libéral» a visiblement un problème avec la Révolution française de 1789 car il est absolument anormal que le Paris des Lumières n’ait toujours pas une rue Robespierre.

On savait déjà que l’ancien petit chanteur à la Croix de Bois avait un faible pour le pape et le Vatican, Etat dans lequel il est interdit d’être non-catholique, d’être syndiqué, de faire grève et dans lequel il n’y a jamais eu d’élections démocratiques.

Mais de là à imaginer que le Maire de Paris considérerait, comme l’UMP et la vieille France catholique, que Robespierre n’est qu’un vulgaire bourreau sanguinaire, il y avait un pas, sans doute, à ne pas franchir. Bertrand Delanoë devrait relire l’histoire de France et celle de la papauté romaine car le plus criminel des personnages n’est pas forcément celui qu’on croit.

Robespierre fut l’un des rares défenseurs du suffrage universel et de l'égalité des droits, défendant le droit de vote des comédiens et des juifs. Il participa à l’élaboration de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen ainsi qu’à la première constitution française de 1791. Il défendit l'abolition de l'esclavage et le droit de vote des gens de couleur et les Sociétés populaires.

Jean Paul II a toujours mené une campagne acharnée contre les plus élémentaires libertés démocratiques que sont la contraception et l’IVG, sans parler de la lutte criminelle contre le port du préservatif, seul moyen de masse pour enrayer la pandémie du SIDA, ce qui causa (et cause encore) la mort de millions de gens, particulièrement en Afrique…

Comme disent les turfistes, Y'a pas photo…





Intervention de Georges SARRE au Conseil de Paris

"Chers collègues,

Clemenceau avait l’habitude de dire « la Révolution forme un bloc ». Oui, toutes ces femmes et ces hommes méritent d’être respectés et honorés.

J’ai observé qu’aucune rue de Paris ne porte le nom de Robespierre. Ce n’est pas un oubli. C’est un choix. Mais pourquoi ?

Qui est Robespierre ? La caricature du bourreau sanguinaire à laquelle seuls les piètres connaisseurs de la Révolution peuvent encore croire ?

Non ! Robespierre, c’est d’abord un révolutionnaire pétri des idéaux de la philosophie des Lumières.

Robespierre, c’est un député du Tiers Etat, qui se bat pour le suffrage universel, le droit de vote des juifs et des gens de couleur, l’abolition de l’esclavage !


Robespierre, c’est l’un des principaux rédacteurs de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen !

Alors que lui reproche-t-on ? D’avoir agi face à la contre-révolution, d’avoir encouragé l’insurrection populaire ?

D’avoir soutenu des mesures d’exception quand la République était menacée, en particulier par le soulèvement de Vendée ou de Lyon ?

Je n’ai pas le temps d’aller plus loin, chers collègues. Mais de grâce, ne m’opposez pas les poncifs qui circulent : il est établi désormais que Robespierre n’était pas le dictateur qu’on caricature pour mieux jeter l’opprobre sur les idéaux révolutionnaires et républicains qu’il portait.

J’en veux pour preuve qu’il refusa, à la veille de sa mort, de mobiliser les sections, lorsqu’il était détenu à l’Hôtel de Ville, car il refusait de « sortir de la légalité ».

Jean Jaurès, dans son Histoire Socialiste de la Révolution française, écrit, devant le tribunal de l'Histoire : "je suis avec Robespierre et je vais m'asseoir avec les  Jacobins".
 
Je conclurai en vous exprimant par avance ma surprise, si d’aventure notre Conseil récusait Robespierre, alors que nous avons donné le nom de Jean-Paul II à une place de Paris !

Enfin, et puisque nous parlons des idéaux de la République, je vous rappelle la collecte en faveur des salariés de Continental, qui sera aussi un bon baromètre de la gauche parisienne.

Je vous remercie."



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6 commentaires:

Sauveur a dit…

Merci à Georges Sarre d'avoir porté et soutenu cette proposition, malgré la position anti-républicaine du Maire de Paris et de certains élus socialistes.

jean a dit…

Cela parait incroyable que des socialistes aient voté contre cette proposition : inculture politique ?,opportunisme du "politiquement correct"? captage des voix des électeurs chrétiens ?

Le savent-ils au moins eux-mêmes ou se moquent-ils de la République, ces Oui-Ouistes ?

Christine a dit…

C'est par des votes et des attitudes de ce genre que le PS se déconsidère.

Sur une question pareille, sans grand enjeu politique, mais symboliquement importante c'est à pleurer de constater qu'il n'y a pas de soutien et de rassemblement à gauche.

Salutations républicaines

gus a dit…

Quelle tristesse de constater que des avenues Thiers existent partout en France alors qu'un homme comme Robespierre continue d'être sali par tous ceux qui ne veulent pas de la liberté, de l'égalité et de la fraternité pour le peuple.

Nous aurions pourtant bien besoin d'un tribun comme Robespierre aujourd'hui, pour vivifier le débat politique et sortir de la torpeur une opposition socialiste devenue stérile.

pissefroid a dit…

Je suis stupéfait de l’ignorance du peuple de France devant les évènements de la révolution française.

Il est vrai que Robespierre à fait exécuter des personnes mais l’époque était trouble et dangereuse pour la nation.

Je crois que Thiers (Adolphe de son prénom, prénom prémonitoire) à tué entre 10000 et 100000 parisiens et sa bataille contre les communards avait reçu l’approbation de Bismark au sortir de la guerre de 1870.

Il a des rues à son nom!

Apparemment cela ne trouble pas grand monde.

C’est, après Napoléon (le premier) le plus grand fossoyeur de personnes françaises du 19 ème siècle.

http://www.agoravox.fr/auteur/jacques-roux a dit…

EFFECTIVEMENT, à peu prés autant de morts en une semaine ,"la semaine sanglante" en Mai 1871, que pendant toute le durée de la terreur. Toutes exécutées par les Versaillais de Thiers Adophe et de Jules Ferry. A l’annonce de la fin de la Commune de Paris, les rues pleines du sang des artisans et des ouvriers (hommes et femmes, enfants aussi), l’assemblée Nationale (de gauche à droite) crie comme un seul homme "vive la République !".
Autant d’exécutions sommaires dont il n’est jamais question...Normal, c’était des ouvriers pour la plupart. Des manuels, des pauvres, la "canaille" disait on. La racaille dit on. Des sauvageons quoi !