Réformer Aujourd'hui

"Changement important, radical en vue d'une amélioration", il convient de redonner à la "réforme" son véritable sens politique...

6 février 2009

Nicolas Sarkozy, fossoyeur de la politique d’indépendance nationale de la France

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Après avoir liquidé dans le dos des Français le référendum du 29 mai 2005, qui avait rejeté un traité affirmant pour la première fois une compatibilité totale entre la défense européenne naissante et l’OTAN, Nicolas Sarkozy tombe le masque en réalisant - selon le quotidien Le Monde daté du 5 février - la réincorporation unilatérale de la France dans le commandement militaire intégré de l’Alliance atlantique.

La preuve est ainsi faite que le renforcement, l’année dernière, de nos troupes en Afghanistan et leur incorporation dans les unités combattantes de la coalition internationale (contrairement aux promesses d’entre-deux-tours faites par le candidat Sarkozy aux Français), étaient bel et bien des gages d’alignement donnés aux Etats-Unis, en grande difficulté sur place à cause de leur propre aveuglement stratégique et politique.

Nicolas Sarkozy devra assumer devant l’histoire le rôle de fossoyeur d’un symbole fort de l’identité française : la politique d’indépendance nationale instaurée par le général de Gaulle il y a plus d’un demi siècle. Même François Mitterrand, adversaire personnel du Général et président socialiste issu d’un parti très atlantiste, n’avait pas osé remette en cause cet élément majeur du consensus national !

Quant aux raisons et aux soi-disant contreparties censées justifier cette honteuse politique d’alignement, elles paraissent bien faibles, pour ne pas dire virtuelles :

- La France ne sera pas plus forte face aux Etats-Unis et à ses partenaires européens en étant à l’intérieur de l’OTAN plutôt qu’en dehors. Au contraire, comme le soulignait Charles de Gaulle et comme aurait dû s’en souvenir Nicolas Sarkozy : « La politique la plus coûteuse, la plus ruineuse, c’est d’être petit ... » ;

- Notre pays n’a à cet égard obtenu pour prix de sa soumission que deux petits commandements sans intérêt réel, de l’aveu même des spécialistes ;

- Cette réintégration va coûter très cher aux finances publiques, qui devront assumer l’entretien d’un millier de cadres de l’armée dans les structures otaniennes ;

- La promesse d’un soutien des Etats-Unis à la mise sur pied d’une Europe de la Défense, dont le bien-fondé peut être discutable selon la forme qu’elle prend, n’est qu’une vague promesse, qui n’engage que ceux qui veulent y croire ;

- L’invocation de valeurs communes à la France et aux Etats-Unis pour justifier cet alignement laisse beaucoup d’incertitude et d’inquiétude : de quelle Amérique s’agit-il, celle de l’invasion de l’Irak, de la provocation délibérée de la Russie lors de la crise géorgienne, de la mise au pas des pays d’Amérique latine qui rejettent la mainmise des « Gringos » sur leurs richesses et leur gouvernement ?

Cette réintégration française dans l’OTAN, gratuite, contreproductive pour les intérêts français et contraire au vœu majoritaire de nos concitoyens, est une faute historique d’une gravité incalculable qui fera rentrer la France dans le rang du bloc occidentaliste, ruinera son crédit et son aura auprès des nations libres et dévalorisera sa dignité.


Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne
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Photo : US-Army par Mateus (http://www.flickr.com/photos/mateus27_24-25/)




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1 février 2009

Démocratie ! Démocratie ! ou l’indignation sélective du PS…

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Réunis le 20 janvier 2009, à l'Assemblée nationale, pour l'examen d'une loi organique visant à "encadrer" les relations entre le parlement et le gouvernement, les députés socialistes ont crié "démocratie, démocratie", entonné la Marseillaise et hurlé contre la limitation de leur rôle en rappelant qu'ils étaient les représentants du peuple…

Ces vifs incidents mettent en évidence l'extrême gravité pour la démocratie du projet de loi modifiant le droit d'amendement. Il s'agit ni plus ni moins que de verrouiller la procédure parlementaire et d'empêcher l'opposition de s'opposer.

Avec la limitation arbitraire du temps de parole, les députés seront obligés de se taire plutôt que d'exprimer les attentes, impatiences, colères et aspirations du peuple dont ils sont les représentants. C'est l'une des conséquences pratiques de la révision constitutionnelle de juillet 2008 qui était censée revaloriser le rôle du parlement.

Mais la réaction du PS arrive un peu tard ! Il suffit de se rappeler par exemple ce qui s’est passé le 4 février 2008 lors du congrès de Versailles. Ce jour-là, la majorité des députés socialistes s'est pudiquement accommodé du traité de Lisbonne, texte largement similaire au traité constitutionnel, rejeté par les Français le 29 mai 2005.

Jean-Marc Ayrault, président du groupe à l'assemblée nationale, ne s'est pas opposé à la ratification parlementaire du traité, Il s'est abstenu ! Et l’abstention revenait à laisser passer la ratification sans référendum. Seul le «Non», s’il avait été voté par les deux cinquièmes des parlementaires, aurait eu pour résultat d’obtenir un référendum.

Autre personnalité socialiste, Manuel Valls s’est exprimé récemment sur France Inter en accusant le gouvernement et sa majorité parlementaire de vouloir réduire la démocratie. C’est vrai, mais Manuel Valls a fait pire que Jean-Marc Ayrault, il ne s'est même pas abstenu le 4 février 2008, il a voté Oui !

Quant à Martine Aubry, elle a confirmé lors de ses vœux à la presse que la ligne du PS pour les européennes sera celle du très pro-traité de Lisbonne "manifesto" adopté par le PSE à Madrid le 2 décembre dernier... Comme pour le président de la République, il n’est pas question pour elle de remettre en cause les statuts de la Banque centrale européenne ou l’idéologie du libre-échange intégral, qui est à la source de la stagnation des revenus du travail en Europe depuis près de trente ans !

Et les députés PS semblent ainsi donc découvrir tout à coup combien la démocratie laisse à désirer dans les institutions de la 5ème République. Mais jamais, ils ne remettent en cause ces institutions, dans lesquelles le ver de l'exclusion était présent, en son cœur, dès 1958. Et si François Mitterrand publia Le Coup d'Etat permanent, aux Editions Plon en 1964, il s'est néanmoins glissé confortablement dans les velours de la 5ème République une fois devenu président de la République et ce pendant deux mandats consécutifs.

La personnalisation de la vie politique sous la 5ème République a toujours dépolitisé les personnes, produit largement des députés et sénateurs plutôt «godillots» et c’est pourquoi il faut diminuer les pouvoirs du président de la république et les transférer au gouvernement et au parlement pour que la France devienne enfin une démocratie moderne.

Le Premier ministre et le gouvernement doivent être responsables devant le Parlement dont il faut renforcer les pouvoirs afin de contrôler l’exécutif, avec une place nouvelle accordée aux citoyens.

Pour cela, Il convient d’introduire notamment une forte dose de proportionnelle à l’assemblée nationale, une proportionnelle intégrale au sénat, le non-cumul des mandats dans le nombre et dans le temps, le droit de vote aux élections locales pour les résidents étrangers installés depuis 5 ans et la parité femmes-hommes qui permet au plus grand nombre de s’investir dans la vie politique.

Les écueils et dérives du cumul des mandats sont connus : accaparement des responsabilités, des pouvoirs et des décisions par un petit nombre de personnes, constitution de véritables fiefs, fonctionnement en castes, guerre des clans, délégation de pouvoir, tous dysfonctionnements qui n’ont plus rien à voir avec la démocratie.

Cette nouvelle République doit être également laïque, notamment par l’abrogation du statut concordataire d’Alsace-Moselle, véritable anachronisme au sein de la République française.

D’autres formes de décentralisation démocratique et de déconcentration des pouvoirs doivent être mises en œuvre également, toutes respectueuses des droits des collectivités comme des citoyens. A ce titre, la fiscalité locale, fiscalité indirecte de plus en plus lourde et frappant indistinctement les personnes très aisées comme les plus modestes doit être intégrée urgemment à l’impôt progressif républicain.

Aujourd’hui, cette nouvelle affaire de limitation du droit d'amendements à l’assemblée nationale par l’UMP, pour inadmissible qu'elle soit, ne change rien à l’essence anti-démocratique de la 5ème République. Ce dont nous avons besoin maintenant, c'est de la mettre à bas et d’aller vers une 6ème République...


Les 30 propositions de la Convention pour la 6ème République :

http://www.c6r.org/article.php3?id_article=23


Photo Flickr-cc : Séance à l'Assemblée nationale par David Reverchon (http://www.flickr.com/photos/david_reverchon/)


Cet article a été publié sur AgoraVox mais a également été repris par Yahoo Actualités et vous pourrez prochainement le lire sur : http://fr.news.yahoo.com/opinions.html



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