4 avril 2012

Maroc : l'article de la honte du code pénal toujours en vigueur…


ville de Larache
Ville de Larache.
Amina El Filali, jeune fille de 16 ans, battue, violée et obligée d'épouser son violeur s’est suicidée il y a quelques jours au Maroc à cause du code pénal qui permet aux violeurs d'épouser leur victime lorsque celle-ci est mineure. 

Depuis 2006, le gouvernement marocain n’en finit pas de promettre d'adopter une législation qui stopperait les violences faites aux femmes mais on attend toujours un nouveau texte…



Contrainte d'épouser son violeur, Amina s'est suicidée dans sa ville de Larache, près de Tanger en absorbant de la mort aux rats. Sa mort a provoqué un véritable électrochoc dans tout le pays où se multiplient des appels à la réforme sur la condition des femmes. 

De nombreux Marocains manifestent dans les rues pour faire pression sur le Premier ministre et d'autres ministres qui rédigent et soumettent des projets de loi. Plusieurs centaines de personnes ont organisé notamment un sit-in, à l'appel de la Ligue démocratique pour les droits de la femme, devant le tribunal de Larache où le jugement ratifiant le mariage de l'adolescente a été prononcé. 

Suite à ce viol, la famille d'Amina était allée signaler l'agression à des fonctionnaires de leur ville. Mais au lieu d'engager des poursuites à l'encontre du violeur, le tribunal lui a donné la possibilité d'épouser sa victime. L'article 475 du code pénal marocain permet en effet aux violeurs d'échapper à des poursuites et d'éviter une longue peine de prison en épousant leur victime si elle est mineure ! 

"Il faut étudier d'une manière approfondie cette situation avec la possibilité d'aggraver les peines dans le cadre d'une réforme de l'article du code pénal. Nous ne pouvons pas ignorer ce drame", a précisé Mustapha El Khelfi, porte-parole du gouvernement. 

La ministre de la solidarité, de la femme et de famille Bassima Hakkaoui - unique femme membre du gouvernement marocain - a reconnu un "vrai problème" et préconisé un "débat pour réformer cette loi" sur une chaîne de télévision. Mais elle déclaré peu de temps après : « L’article 475 du code pénal ne risque pas d'être abrogé, du jour au lendemain, sous la pression de l’opinion publique internationale. Parfois le mariage de la violée à son violeur ne lui porte pas un réel préjudice ». 

Cette dernière déclaration a provoqué un véritable tollé sur la toile et a renforcé les avis hostiles à l’égard de la ministre. Sur Facebook, des jeunes se sont mobilisés et affichent leur désaccord. Sur la page "Bassima Hakkaoui, Stop", comme sur celle "Nous sommes tous Aminan Filali", les internautes critiquent les idées de Mme Hakkaoui. Un autre groupe "Appel à démission de Bassima Hakkaoui" réclame carrément la démission de la ministre. 

"C'est un cri de la société. Il faut réformer le code pénal afin de l'adapter à la nouvelle constitution qui interdit la violence contre les femmes et assure l'égalité des sexes", a lancé de son côté l'ex ministre Nouzha Skalli, regrettant "l'absence de protection en faveur des mineurs". 

Aujourd'hui, pour répondre à la vague d'indignation suscitée par cette affaire, le gouvernement a publié une déclaration affirmant que le rapport était consenti, mais cela n'a pas encore été vérifié. 

Dans de nombreuses familles où le poids de la tradition et de la religion est très fort, la perte de la virginité hors du mariage est considérée comme un déshonneur pour la famille. Le Maroc n'est pas hélas le seul pays du Maghreb dans cette situation. En Tunisie et en Algérie également, si la victime épouse son violeur, celui-ci échappe aux poursuites !

Les Marocains ont voté massivement en juillet dernier pour une nouvelle constitution qui prévoit notamment l'égalité des sexes et bannit "toute discrimination". C’est pourquoi, il est grand temps que la législature renonce à cette affreuse tradition et adopte un texte qui protège réellement les femmes.


Signer la pétition ICI



Photo Creative Commons 


Cet article publié sur AgoraVox a été repris par Yahoo France Actualités et vous pourrez prochainement le lire sur : http://fr.news.yahoo.com/agoravox.fr--toutes-les-sections/archive/


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5 commentaires:

morice a dit…

Après Kadhafi, il faudra s’en prendre au système mafieux du Maroc. Pour l’instant c’est tout l’inverse, Mohamled VI n’étant jamais critiqué par ici, riads appartenant à des français obligent....

Giordano Bruno a dit…

Peut-être y a-t-il derrière cela un problème sémantique.

Sur wikipédia, j’ai trouvé cette présentation du fameux article 475 :

Quiconque, sans violences, menaces ou fraudes, enlève ou détourne, ou tente d’enlever ou de détourner, un mineur de moins de dix-huit ans, est puni de l’emprisonnement d’un à cinq ans et d’une amende de 200 à 500 dirhams. Lorsqu’une mineure nubile ainsi enlevée ou détournée a épousé son ravisseur, celui-ci ne peut être poursuivi que sur la plainte des personnes ayant qualité pour demander l’annulation du mariage et ne peut être condamné qu’après que cette annulation du mariage a été prononcée.

Le mot "viol" ne figure pas dans l’article. Qu’est-ce qu’un enlèvement ou un détournement sans violences, menaces ou fraudes ?

S’il ’n y a pas de violences ou de menaces peut-on parler de viol ?

De pus, il est question dans l’article d’annulation d’un mariage dont on ne sait ni comment ni pourquoi il aurait été contracté. Je ne vois pas écrite l’obligation de la mineure de se marier à son ravisseur.

Cet article me semble donc reposer sur un nombre important de sous-entendus. Ceux-ci sembleront évidents à une personne qui partage le système de valeurs du législateur, mais pas du tout à une personne d’une culture éloignée (comme un européen type par exemple). Je pense que cette absence de partage des sous-entendus déforme la compréhension qu’ont de cette affaire un bon nombre d’occidentaux.

desperadoprim a dit…

C’est marrant, j’ai été sur les médias marocains, et ils racontent une autre, histoire.

Ossian a dit…

Pour le Maroc, sachez que c’est un pays qui n’a rien à voir avec l’Islam. C’est un pays où on peut voir et pratiquer toutes sortes de débauches, et c’est d’ailleurs pour cette raison que les étrangers l’adorent, et viennent même y finir leurs vieux jours.

Quant à cette femme, personne ne connait réellement le fond de l’histoire. La seule chose que j’ai constaté en tant que personne marocaine, c’est que le violeur est jeune et beau, alors que la jeune femme est loin d’être un canon. Au Maroc comme partout ailleurs, les beaux garçons n’ont pas besoin de violer. Ce que j’ai entendu de source marocaine, c’est que la femme a fréquenté ce garçon et ce qui devait arriver arriva. Leur histoire n’a rien à voir avec un sordide viol d’une jeune vierge innocente. Quand bien même, en raison des coutumes marocaines et non islamiques comme le prétend l’expert en la connerie mentionné ci-dessus, il est plus sage que la femme se marie avec son copain pour ne pas subir le poid de la société.

Quant aux femmes qui subissent un viol réel, il est plus que temps de trouver de vraies solutions à leur calvère, et surtout pour les enfants issus de viol ou conçus en dehors du mariage. Leurs sort est encore plus tragique au Maroc.

Quant à ceux qui s’inquètent sur le sort des marocaines, ne vous en faites-pas ! Bientôt elles vont atteidre et même dépacer en libertinage vos femmes occidentales.

Tahar, coeur de lyon a dit…

Oui Ossian ,tu as totalement raison et les féministes qui ont voulu avoir de force ou de gré leur bouazizi en fabriquant un personnage violé et suicidé se sont lourdement trompées en voulant aller plus vite que la justice. Tout indique que la fille fréquentait le jeune homme et le juge était confronté dans une affaire de relation d'un majeur avec une mineure . qu'ensuite le mec forcé de l'épouser l'ait maltraitée à l'aide sa famille tout à fait fait possible et trop fréquent. La belle mère ne voulait pas de cette fille considérée comme une "trainée" . Donc l'article écrit est tout faux. ensuite parlons de ce suicide. Où sont les preuves du suicide: aucunes . Juste le témoignage d'un gendarme. Pour mort tout porte à croire qu'il y a eu meurtre, la fille ne supportant plus cette belle famille qui la martyrisait , voulait divorcer et en cas de divorce, le mari allait en prison.

On est dans une affaire criminelle et il faut trouver le coupable et aussi en savoir plus sur ce vendeur de poison qui n'a jamais été interrogé.

con pour les féministes qui devraient combattre l'injustice et la violence faite aux femmes de manière plus intelligente et sans exploiter un fait divers en fermant les yeux sur la vérité.

ni violée ' avant mariage) ni suicidée.