31 décembre 2012

Retour sur 2012 et bonne année 2013 !

bonne année 2013
L’année 2012 qui s’achève a vu la fin du règne de Nicolas Sarkozy qui a laissé un lourd bilan : explosion du taux de chômage, crise sociale sans précédent, croissance atone, dégradation de la compétitivité, aggravation des injustices, mise à mal des valeurs de la République avec au final une dette de la France qui s'est alourdie de 612 milliards d'euros. 

Une dette d’autant plus menaçante que le remboursement de la charge de ses intérêts est devenu le premier budget du pays devant celui de l’éducation nationale ! 

Dans ce contexte, la victoire présidentielle de François Hollande a suscité tous les espoirs pour apporter des réponses sérieuses et crédibles à la crise et aux difficultés que rencontrent des millions de salariés et leurs familles...



Près de huit mois après l’élection présidentielle, où en sommes-nous ?

Si une série de mesures nouvelles ont été votées ou en passe de l’être comme la gratuité à 100 % de l'interruption volontaire de grossesse, la contraception libre et gratuite pour les mineures de 15 à 18 ans, l'amélioration de la protection sociale des exploitants agricoles, la parité hommes-femmes, le droit de vote des étrangers aux élections locales, le droit au mariage et à l'adoption pour les couples homosexuels, l’organisation de la fin de vie des personnes âgées, le harcèlement sur les lieux de travail, etc, force est de constater que ces réformes sont avant tout des réformes sociétales.

Pour des raisons de sobriété politique ou budgétaire, François Hollande tend à contourner une multitude d’autres dossiers qui touchent à la vie quotidienne des Français. La grande réforme fiscale redistributive notamment, seul moyen de réconcilier les citoyens avec la justice sociale, n’a pas été mise en chantier. La loi de finances 2013 a ainsi enterrée certaines mesures phares autour desquelles devait s’articuler toute réforme fiscale rétablissant un peu de logique dans un système qui s’est construit par empilements successifs de mesures parfois contradictoires…

Certes, le taux marginal de l’IR est passé de 41% à 45 % pour les revenus supérieurs à 150 000 euros, mais sans toucher au reste, cela ne change quasiment rien ! Le système des prélèvements obligatoires restera toujours dégressif pour les plus hauts revenus. 

Mais le rétablissement de treize tranches d’imposition telles qu’elles existaient au début des années 1980, au lieu des cinq tranches actuelles (5,50%, 14%, 30%, 41%, 45%), aurait permis de rétablir une réelle progressivité de l’impôt sur le revenu et de dégager des recettes nouvelles substantielles. En rétablissant simplement les niveaux d'imposition et les sept tranches de l'année 2000, on obtiendrait environ 93 milliards d'euros de recettes au lieu des 51 milliards d'euros que rapporte actuellement l'IR !

La tranche d’imposition à 75% pour les revenus supérieurs à 1 000 000 euros a été annulée par le conseil constitutionnel. Purement symbolique et provisoire, elle ne concernait qu’une infime minorité (1500 à 2000 personnes environ) et aurait généré des recettes fiscales dérisoires (P. Moscovici, lui-même admet qu’elle ne rapporterait que de 400 à 500 millions d’euros au mieux, soit 1% de ce que l’on pourrait gagner en supprimant une grande partie des niches fiscales...) De plus, comme le souligne le Conseil constitutionnel, l’impôt sur le revenu est prélevé «par foyer». Or, avec cette taxation, un ménage, dont chaque membre percevrait un revenu de 900 000 euros, aurait été exempté, tandis qu’un autre, dont un seul membre gagnerait 1,2 million d'euros et l’autre rien, aurait dû l’acquitter !

Tout cela souligne un certain amateurisme de la part du gouvernement et révèle la manière dont les décisions sont prises, ou ne sont pas prises, par le gouvernement. Le scandaleux en l’occurrence n’est pas la censure du Conseil Constitutionnel mais la chaîne d’incompétences qui a permis à ce texte d’arriver en l’état sur la table du Conseil Constitutionnel. Elle en dit long sur le professionnalisme des membres des cabinets ministériels, plus empressés à satisfaire leurs maîtres politiques et à construire leurs carrières qu’à concourir au bien public et à servir l’État.

Quant au quotient familial, il sera maintenu au détriment d’un crédit d’impôt pour toutes les familles, y compris celles non-imposables. Même avec un plafonnement légèrement diminué de 300 euros pour les familles imposables en haut de l’échelle, ce système continuera de subventionner davantage les familles riches que les familles pauvres, la réduction d'impôt étant proportionnelle au revenu déclaré. Un comble pour un gouvernement de gauche !

En 2013, la France restera toujours un pays unique au monde sur le plan fiscal avec notamment des niches fiscales dont le montant total (plus de 70 milliards d'euros) est supérieur au produit même de l'impôt sur le revenu ! Sans compter les impôts indirects qui ont pris une part démesurée dans le budget de l’Etat (65% des recettes fiscales pour le budget 2011) et qui
frappent de la même façon les familles aisées comme les familles modestes !

Pour couronner le tout, le ministre du budget, Jérôme Cahuzac, chargé notamment de la lutte contre la fraude fiscale (évaluée, selon le Syndicat National Unifié des impôts entre 42 et 51 milliards d’euros) est lui-même soupçonné d’avoir détenu en toute illégalité un compte en Suisse puis un autre à Singapour…

Sur le plan européen, le parlement a adopté le traité budgétaire, gauche et droite largement réunies, d'abord à l'assemblée nationale par 477 voix pour et 70 voix contre puis au Sénat par 306 voix pour et 32 contre.

François Hollande s’était engagé à renégocier ce nouveau traité européen, appelé aussi pacte budgétaire, mais il n’en a rien été. Ce traité constitue le mauvais héritage de la présidence Sarkozy et a pour seul but d’organiser la rigueur en Europe. Ses procédures méprisent la démocratie délibérative comme la souveraineté budgétaire du Parlement et ses objectifs sont dangereux pour les économies européennes.

Le temps est décidément bien loin où des personnalités politiques comme Pierre Mendès France, critiquait, dès 1957, le traité de Rome au motif que celui-ci faisait la part trop belle à l’économique au détriment du social et exprimait devant l'Assemblée nationale ses doutes sur un marché commun où les pouvoirs de la démocratie sont délégués à une autorité extérieure...

Du côté de l’opposition, le spectacle donné par l’UMP en cette fin d’année a été surréaliste. N’ayant comme seul objectif que leur ambition personnelle, Jean-François Copé et François Fillon se sont trompés de calendrier en s’affrontant dans une espèce de primaire avant l’heure en vue de la présidentielle 2017. Mais c’est sans doute Jean-François Copé, en nommant deux de ses fidèles à la tête de commissions très contestées, qui va sans doute en payer le prix le plus fort.

Patrice Gélard, à la tête de la COCOE, a proclamé les résultats après avoir « oublié »  de décompter certains votes. Quant à Yannick Paternotte, à la tête de la CONARE, la commission nationale des recours de l'UMP, il vient d'écoper de 15 mois de prison avec sursis, 10000 euros d'amende et 2 ans d'inéligibilité pour abus de faiblesse. Ce très "respectable" notable umpiste s'était fait donner, en 2004, le tiers d'une propriété par une vieille dame de 91 ans à Sannois, la ville dont il est maire.

Comme un malheur n’arrive jamais seul, en cette fin d’année 2012, la commission des comptes de campagne a rejeté les comptes de Nicolas Sarkozy pour la présidentielle, jugeant que des dépenses liées à certains déplacements présidentiels devaient être imputées au candidat. L’UMP a décidément beaucoup de problèmes quand il s’agit de compter !

Et en 2013, que la rigueur soit très légèrement plus douce avec François Hollande comme président qu’avec Nicolas Sarkozy, cela ne changera pas grand-chose aux difficultés financières de la grande majorité des salariés. Plus de 8 millions de personnes vivent toujours au-dessous du seuil de pauvreté avec moins de 954 euros (seuil estimé à 1062 euros par le Secours Populaire…) et plus de 3 millions de salariés sont payées au SMIC (1118 euros depuis le 1er juillet 2012)…

Pour compatir à la douleur sociale, François Hollande a envoyé en mission deux de ses ministres pour le réveillon de Noël : Marisol Touraine (Santé) et Marie-Arlette Carlotti (Lutte contre l'exclusion). La première est passée faire un petit tour en début de soirée au banquet des Petits Frères des Pauvres dans le Xe arrondissement de Paris. La seconde est passée au Samu de l'hôpital de la Timone à Marseille, avant de se rendre dans une unité d'hébergement d'urgence de la cité phocéenne.

Mais la force de la République réside plus dans ses principes et la capacité de réaction de ses citoyens que dans les mises en scène des faits et gestes compassionnels ministériels. 

Redonner des perspectives d’action crédibles à l’ensemble du monde du travail, exiger que la gauche apporte enfin des réponses sérieuses à la crise du capitalisme et à la catastrophe sociale, écologique et démocratique qu’elle entraîne, voilà ce que l’on peut souhaiter de mieux pour l’année qui s’annonce…


A toutes et à tous, meilleurs vœux pour 2013.


Que cette nouvelle année vous apporte bonheur, santé, succès professionnel et personnel, en cette période de crise profonde.


Photo Creative Commons par Yahoo Images


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8 commentaires:

Pierre-Yves Martin a dit…



Vous parlez de terme galvaudé. Il y en a un que votre article, comme de très nombreux autres, galvaude gravement. Vous dites « la gauche » pour le PS plus, si j’ai bien compris ses alliés, puisque les autres ne sont pas au pouvoir. En quoi la majorité du PS, le PRG etc. sont-ils « de gauche » ? Et est-ce que, par hasard, le PCF, le PG ou le NPA ne seraient pas « de gauche » ? Les mots ne sont pas neutres et cette inexactitude extrêmement courante dans la presse a un poids affectif et électoral considérable. Appelons un chat un chat et le PS... le PS. Rien d’autre.

Pour en revenir à 2012, et quelques en soient les conséquences, nous avons quant même échappé à Mr Sarkozy contre Mr Strauss-Kahn, grâce à un succession inimaginable de bévues. C’est toujours cela de pris...

lejules a dit…

Bonne analyse synthétique d’une année et du vrai pouvoir du président. Le président de la république n’a plus aucun pouvoir qui est confisqué par Bruxelles via les consigne du FMI OMC et autre organisation américaine...la France ne peut plus décider de son budget l’Europe y veille. sa politique n’est plus que la gestion de problèmes sociétaux.

je ne peux que souhaiter que la France quitte l’Europe l’euro et l’OTAN pour qu’elle retrouve sa liberté d’action et qu’elle fasse ses choix dans le plus grand intérêt commun.

Bonne année.

Robert GIL a dit…



"En 2013, la France restera toujours un pays unique au monde sur le plan fiscal avec notamment des niches fiscales dont le montant total est supérieur au produit même de l’impôt sur le revenu !"

Déjà en 2010, la cour des comptes avait publié un rapport intitulé « Entreprises, niches fiscales et sociales ».

T. Rex a dit…

à l’auteur,

Je ne pense pas que la tranche à 75 % concernant 2000 personnes rapporterait une misère, donner un chiffre pour voir !

il n’y a pas de petites recettes, il y a celles qui sont bien cuisinées et les autres. Celle-ci était trop épicée et mal présentée puisque le Conseil Constitutionnel ne l’a pas digérée.

Vous dîtes : "Quant au quotient familial, il sera maintenu au détriment d’un crédit d’impôt pour toutes les familles, y compris les non-imposables". Personnellement je suisi contre les crédits d’impôts, passe encore que certains ne participent pas à l’effort national Mais si en plus on doit leur verser une partie des impôts payés par les autres au titre de l’impôt sur le revenu alors là non ! Il existe les services sociaux et la CAF pour redistribuer une partie des richesses créées aux plus démunis.

De plus, En période de réduction des dépenses, le gouvernement ne peut pas se permettre ce genre de largesse. Il serait préférable de supprimer les niches fiscales et de lutter contre l’évasion fiscale.

oncle archibald a dit…



Bonne année aussi et merci d’être « revenu » sur le problème de l’impôt sur le revenu, cet impôt par tranches à taux progressif qui est la matérialisation du mot « fraternité » dans notre slogan républicain ...
Je suis incapable d’accepter qu’au XXI eme siècle à l’heure des ordinateurs et des mathématiciens tout puissants, on ne soit pas foutu de créer un impôt à taux progressif avec de très nombreuses tranches basé sur une courbe mathématique de forme parabolique avec une base très plate, les taux augmentant très peu dans les premières tranches, puis plus sensiblement dans les tranches moyennes, et beaucoup plus dans les tranches hautes et très hautes, avec une branche tendant vers la verticale, c’est à dire un taux tendant vers 100% quand le revenu tend vers l’infini ...

Il serait également possible d’ajuster les taux chaque année en fonction des besoins de l’état de façon à adapter les recettes aux dépenses en aplatissant ou au contraire en redressant la courbe ... Ce serait simple et efficace ... Et personne n’aurait à y redire quoi que ce soit puisque l’impôt est « par tranches » .... Sur les premiers 20 000 euros de son revenu, le mec qui a des revenus à 600 000 euros paie exactement la même chose que celui qui ne dispose que de 20 000 euros ... etc etc ..

Les tranches pourraient être par 1000 euros par exemple .. Aucune raison de ne pas les resserrer et les multiplier, ce sont les ordis qui calculent ... C’est tellement simple, juste et efficace que je me demande toujours pourquoi il n’en est pas ainsi ....

schweizer.ch a dit…


« La victoire de François Hollande a suscité tous les espoirs... »

Qu’un type qui, au long de son existence, s’est attiré les surnoms de Flamby, Fraise Flagada, Guimauve le Conquérant, Fraise des bois, Babar, Pompimou, avant d’être flingué à bout touchant par son ancienne compagne - « Est-ce que les Français peuvent citer une seule chose qu’il (François Hollande) aurait réalisée en trente ans de vie politique ? Une seule ? » - puisse susciter non pas un tout petit espoir bien riquiqui, mais « tous », est un phénomène qui dépasse l’entendement de l’observateur normal !

poutine a dit…

C’est le règne des François ... (ironique dans un pays colonisé)

« La République des François » est une république veau que nous a légué le premier dépeceur du nom… le Dieu décoré de la francisque. Une République où les souchiens céfrancs (ou françois) sont les témoins passifs et atterrés de la déconfiture d’un pays pourtant bourrés d’atouts, mais trahi par la caste des Flamby, Fillon, Copé ... au service de la colonisation mondialiste, financiariste, immigrationiste et pédophyliste

Et Bodruchon est content.

Gaetan de Passage a dit…

La dette de l’état n’a guère d’importance, puisque c’est le plus puissant générateur d’activité économique qui soit.
Encore faut-il être le maître de sa propre planche à billets comme le sont les anglo-saxons.

Pas comme ces nigauds d’européens qui ont cru que les les germains allaient aimer les latins d’amour tendre parce qu’un jour on avait décidé qu’il en serait ainsi.
C’est un peu oublier qu’à l’époque, l’économie ronronnait bien. Aujourd’hui, avec la crise, les masques tombent : Deutschland über alles !

Heil Merckel !

Et Hollande en nouveau Pétain.

Si la teutonne est réélue en octobre, ce sera l’enfer.
A moins que d’ici là le 4e Reich récessionne suffisamment que pour comprendre qu’une vraie solidarité intra-européenne est indispensable pour tous, y compris le Reich.