15 février 2014

Le Grand Marché Transatlantique ou l’extraordinaire naïveté de François Hollande…

TAFTA
"François" et "Barack" sont les meilleurs amis du monde. S'appelant par leur prénom, ils se sont attachés, tout au long de la visite d’Etat à Washington, à souligner l'alliance ancienne et durable entre les deux pays. 

Une entente qui a même permis de passer l'éponge sur la question des écoutes de la NSA après les révélations sur le programme d'espionnage américain par Edward Snowden.

La confiance mutuelle a été "restaurée", selon François Hollande. "Faisons plus de choses ensemble", s'est écrié Barack Obama. Parmi celles-ci, il y a notamment le Grand Marché Transatlantique mais qui n'est rien d'autre que la mainmise des multinationales américaines sur le continent européen…


A Washington, le président de la République a assuré vouloir aller vite pour mettre en œuvre le traité de libre échange transatlantique. Une déclaration plutôt curieuse car les conditions dans lesquelles les négociations ont été lancées entre l’Europe et les Etats-Unis, sans publicité ni débat préalable, auraient mérité de suspendre toutes les discussions en cours. Il est vrai que dans un autre domaine aussi, celui d’une intervention militaire éventuelle en Syrie, on avait déjà vu un François Hollande plus impatient que Barack  Obama lui-même !    

Ce projet d'accord pose des questions d’ordre démocratique, politique, éthique et social qui ne sont pas sans rappeler d’autres accords antérieurs comme l’accord multilatéral sur les Investissements (AMI) négocié depuis 1995, en secret, au sein de l’OCDE et qui avait échoué dès que l’opinion publique en avait pris connaissance ou la directive services appelée aussi «directive Bolkestein», votée une première fois en 2003, mais qui fit, elle aussi, l’objet de vives protestations.
Selon le credo officiel, si les barrières non tarifaires au commerce tombent, l’expansion des affaires qui en résulterait serait tout bénéfice pour les entreprises et les consommateurs, tout en protégeant nos industries face à leurs concurrents étrangers. Mais l’actualité dément avec une intensité croissante les bienfaits à attendre du «libre-échange»…

Outre le fait de vouloir nous faire manger des OGM, du poulet javellisé ou du saumon transgénique, les multinationales ont surtout gagné le droit de mettre en concurrence les législations sociales et fiscales des différents pays. Elles ont abusé de la situation pour obtenir des rabais fiscaux et se mettre en quête de zones de production à bas salaires. Dans leur soif de délocalisations, elles ont fait croître le chômage, précarisé l’emploi restant et aggravé l’ampleur du problème climatique, vu les milliers de kilomètres de transport que les entreprises font parcourir à leurs produits.

Aujourd’hui, si cette négociation aboutit, le traité qui en résultera provoquera un bouleversement total du modèle de société qui prévaut dans les nations européennes. Ces négociations ont commencé sans que les peuples d’Europe aient donné à leur gouvernement le moindre mandat pour procéder à un tel bouleversement, à un reniement de nos valeurs fondamentales et des orientations profondes auxquelles nous sommes attachés.

Face à la plus grande menace non militaire à laquelle la France n’ait jamais été confrontée, il convient surtout de renforcer les politiques de solidarité et de mettre en place un encadrement beaucoup plus strict des activités des multinationales plutôt que se lancer dans une fuite en avant vers des accords de « libre-échange » visant à accroître la compétitivité mondiale et renforcer les libertés des firmes multinationales échappant au contrôle démocratique…


Le Docteur en Science Politique, Raoul Marc Jennar explique clairement la génèse de ce traité discuté dans le plus grand secret avec la complicité des dirigeants et membres de la commission Européenne.

Dans une première conférence, le docteur Jennar explique l’histoire et le fonctionnement de l’OMC.







Dans une seconde partie de la conférence, il rentre dans le détail de l’accord GMT et les impacts pour les Français et tous les Européens.






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