9 juillet 2016

L’Etat ne doit pas oublier les salariés d’Ecopla France !

En dépit d’un jugement défavorable du tribunal de commerce de Grenoble, les salariés d’Ecopla, à Saint-Vincent-de-Mercuze dans le département de l'Isère, ne baissent pas les bras pour racheter leur entreprise.

Ils occupent actuellement leur usine et ont reçu le soutien des habitants et de nombreux élus de la région pour empêcher le déménagement en Italie des machines de la dernière unité de production de barquettes en aluminium en France...



L'entreprise Ecopla produit des barquettes et des rouleaux aluminium pour l’industrie agro alimentaire européenne depuis 1960. La qualité de son savoir-faire Made in France est appréciée par les acteurs majeurs industriels de l’agroalimentaire français (qui produisent tartes, brioches, cakes, pizzas, gratins, etc.) et les clients distributeurs (boulangerie-pâtisserie, traiteurs, etc.)

Un groupe de salariés lutte depuis plusieurs années pour reprendre leur entreprise qui est passée entre les mains d'actionnaires financiers étrangers successifs qui ont vidé les comptes de la société, s'appropriant sans motif la trésorerie de l'entreprise. Après la mise en liquidation judiciaire l'entreprise ayant été dépossédée de sa trésorerie, une quarantaine de salariés a monté un projet de Société Coopérative et Participative (Scop) avec le soutien de ses clients, de partenaires financiers et de l’Union régionale des Scop Rhône-Alpes. Avec  2,3 millions d'euros rassemblés, les salariés ont pu proposer une offre de reprise au Tribunal de Commerce de Grenoble.

Mais le 17 juin dernier, le tribunal a rejeté cette offre pour reprendre les actifs de la seule usine d’emboutissage de barquettes en aluminium en France. A l’offre proposée par les salariés, le Tribunal de commerce a préféré celle de 1,5 million d’euros de Cuki Cofresco, un groupe italien en difficulté, laquelle aboutira au déménagement pur et simple des machines et à la perte définitive d’un site industriel et des emplois correspondants dans la région.
Ce jugement est une décision à très courte vue car il privilégie immédiatement les créanciers, qui sont principalement l’Urssaf et l’AGS (Association pour la gestion du régime de Garantie des créances des Salariés), au lieu de maintenir les emplois et un savoir-faire dans la région. Le projet présenté prévoyait la sauvegarde immédiate de 20 emplois, avec la perspective de passer à 50 emplois sur trois ans.

Lors d’une récente conférence de presse sur le site de Saint-Vincent-de-Mercuze pour faire le point sur la situation, outre une présence plus importante qu’à l’accoutumée des habitants de la région, de nombreux maires avaient fait le déplacement. On a noté la présence de Christophe  Engrand,  conseiller  départemental  (LR), Philippe  Langénieux-Villard, conseiller régional (LR), Annie David, sénatrice (PCF), Pierre  Ribeaud (députe PS).

Tous unanimement, demandent une prise de position du procureur de la République qui pourrait casser ce jugement pour permettre le maintien du site industriel. Mais pour l’instant, ce dernier n’a pas bougé. Comme le résume l’avocat des salariés, Pierre Janot, dans une interview auprès de France 3 Alpes, « L’État ne peut être schizophrène, il ne peut pas dire à la fois « nous voulons tout faire pour que les emplois soient préservés sur le plan industriel » et ne pas être capable d’oublier le volet purement financier, du moins créancier de cette affaire. »
Aujourd’hui, les salariés ont fait appel du jugement auprès du procureur, jugement  qui pourrait intervenir à tout moment. Ils ont aussi lancé un appel aux habitants pour qu’ils viennent les aider à maintenir la surveillance de l’usine et à intervenir en cas de besoin « même s’il faut désobéir » comme l’indiquait Annie David, sénatrice PCF de la circonscription. Ils ont écrit à Emmanuel Macron, Ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique, et saisi différentes instances politiques et économiques pour leur demander de réagir à cette décision comme cela a été le cas pour l'entreprise SET, leader mondial dans l'assemblage des capteurs à infrarouge, qui est passée en Scop en 2012. Mais il est vrai qu'à l'époque le ministre délégué à l'économie sociale et solidaire était Benoît Hamon... 

L’union régionale des Scop (Urscop) s’engage aussi fortement pour soutenir les salariés. Son directeur, Michel Rohart, a appelé tous les élus présents à écrire à François Hollande et Manuel Valls pour leur exprimer le désir de voir vivre l’entreprise et lancé une pétition en ligne.

Pour l'instant, François Hollande et Manuel Valls restent sourds, occupés qu'ils sont par l'Euro de football et une victoire éventuelle de l'équipe de France pour essayer " de mettre le pays de bonne humeur " et faire remonter par là même leur côte de popularité...


> Signer la pétition ICI

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