27 novembre 2010

Laissons le pétrole sous terre dans le parc naturel Yasuni !

jungle
Jungle.
L’Equateur est un pays pauvre doté d’une immense biodiversité mais en même temps dépendant des ressources générées par l’exploitation pétrolière. 

Avec le projet ITT, ce petit Etat est en train de faire appel au reste du monde afin d’avoir l’appui de pays et de citoyens responsables pour réussir la transition vers un modèle de développement plus soutenable et une économie post-pétrolière.

Voulant lutter contre le réchauffement climatique, le gouvernement équatorien ne veut pas exploiter quelque 850 millions de barils de pétrole situés dans le Parc Yasuní, une réserve naturelle unique au monde…


Nous, citoyens, militants pour l’environnement, collectifs et organisations écologistes, associations, partis politiques et syndicats, dénonçons l’échec du Sommet de Copenhague et appelons le gouvernement français et l’Union européenne à soutenir l’initiative Yasuni-ITT en Equateur. 

Le projet ITT (sigle venant du nom des trois forages d’exploration qui se trouvent dans la zone : Ishpingo-Tambococha-Tiputini), porté par des mouvements sociaux, est une des initiatives proposée par gouvernement équatorien afin de lutter contre le réchauffement climatique global. Il s’agit de ne pas exploiter quelque 850 millions de barils de pétrole situés dans le Parc Yasuní, une réserve naturelle qui contient une des plus importantes biodiversité dans le monde et qui est habitée par des communautés indigènes d’Amazonie, les Tagaeri, les Taromenane et les Oñamenane (des peuples indigènes qui vivent en isolement volontaire et qui font partie de la nationalité Waorani).

L’Équateur possède une économie basée principalement sur la rente du pétrole qui représente 22,2% du PIB, 63,1% des exportations et 46,6% du Budget Général de l’État, pour l’année 2008. Les réserves de l’ITT représentent environ 20% des réserves totales connues dans le pays. C’est donc une manne financière dont un pays aussi pauvre que l’Equateur ne peut se passer. Pourtant, la proposition du gouvernement équatorien est de ne pas exploiter ces réserves d’énergie fossile, alors que l’exploitation de ce pétrole lourd, pourrait rapporter à l’État entre 5 et 6 milliards de dollars (avec un prix d’environ 70 dollars le baril).

En échange, l’Équateur, partant du principe onusien de responsabilité commune mais différenciée pour les problèmes environnementaux globaux, demande à la communauté internationale une contribution à hauteur de 50% de la manne financière dont il pourrait disposer s’il exploitait ce pétrole. En effet, éviter les émissions d’environ 410 millions de tonnes de CO2, favoriser la conservation de la biodiversité en Amazonie, éviter la déforestation, respecter les droits des peuples indigènes qui habitent cette terre, apportent des bénéfices à l’humanité dans son ensemble. C’est un pas vers la reconnaissance du climat comme bien public mondial et de la dette écologique des pays les plus pollueurs.

L’échec du Sommet mondial de Copenhague qui devait aboutir à un accord contraignant sur la réduction des gaz à effet de serre, afin de prolonger le Protocole de Kyoto pour la période après 2012, nous conduit à mettre nos gouvernements devant leurs responsabilités, notamment pour qu’ils s’engagent à appuyer des initiatives existantes. Le projet ITT représente en effet une amorce de transition écologique pour aller vers un modèle alternatif de développement non productiviste et respectueux de la «Madre Tierra», de la nature, pour l’Equateur et le reste du monde.

Il ne s’agit plus de faire des discours d’intention sur les impacts du réchauffement global et du changement climatique. Le monde a besoin d’actions concrètes et de la mise en place de véritables politiques publiques en matière d’écologie, appuyées sur les mouvements sociaux et les peuples concernés. Le projet ITT, menacé aujourd’hui par l’absence d’engagements qui conforte ceux qui s’y opposent, est une des premières initiatives qui va dans ce sens-là ; il représente un exemple pour que l’économie post-pétrolière et la justice climatique deviennent réalité. 

Nous appelons le gouvernement français ainsi que l’Union européenne à suivre l’exemple de l’Allemagne (qui s’est engagée à financer ce projet à hauteur de 50 millions d’euros par an, pendant 13 ans) et à apporter leur contribution, financière afin que l’Initiative Yasuni-ITT puisse se réaliser. Nous appelons aussi le gouvernement équatorien à poursuivre son projet, en lien avec les mouvements sociaux qui le portent. 

Enfin, l’échec des négociations de Copenhague a montré qu’il était plus que jamais nécessaire que l’ensemble des mouvements sociaux et les sociétés se réapproprient le débat. C’est pourquoi nous nous engageons à nous mobiliser collectivement pour soutenir l’Initiative Yasuni-ITT et invitons les mouvements sociaux, les mouvements écologistes et plus globalement le mouvement altermondialiste à soutenir cet appel.


> Signer la pétition ICI



Plus d'infos :
http://www.sosyasuni.org/fr/
Premiers signataires :
Acción Ecológica (Equateur) ; Alianza Social Continental ; Association Anciela ; Association A Sud (Italie) ; Association des communistes unitaires (ACU) ; Association France Amérique latine ; ATTAC France ; CADTM Suisse ; Casa del Arbol (Equateur) ; Centre d’Information sur l’Environnement et d’Action pour la Santé ; CONAIE (Confédération des Nationalités Indigènes d’Equateur) ; Confédération paysanne,ENLACE/PSOL Brasil ; Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE) ; Fondation France Libertés, Fundación Pachamama (Equateur) ; ICRA International, Ingenieros sin Fronteras (Espagne) ; Izquierda Anticapitalista (Espagne) ; Les Alternatifs ; Mouvement Utopia, MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples) ; NatureRights, Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) ; Observatorio de la Deuda en la Globalización (Espagne), Oilwatch (Equateur) ; Parti de Gauche ; Parti Socialiste ; Solidaires ; Les Verts ; Alberto Acosta, ex-Président de l’Assemblée constituante et ex-ministre des Mines et de l’Energie en Equateur ; Margarita Aguinaga ; Casa Feminista de Rosa (Equateur) ; François Alfonsi, Député européen Europe Ecologie ; Rosana Alvarado Carrión, Présidente de la Commission de Biodiversité et Ressources Naturelles de l’Assemblée Nationale d’Equateur ; François Autain, sénateur Parti de Gauche de Loire-Atlantique ; Geneviève Azam, ATTAC France ; Sandrine Bélier, Députée européenne Europe Ecologie ; Malika Benarab-Attou, Députée européenne Europe Ecologie ; Jean-Paul Besset, Député européen Europe Ecologie ; Martine Billard, Députée française, Parti de Gauche ; Lothar Bisky, Député européen Die Linke, président du groupe GUE/NGL au Parlement européen et président du PGE ; Jorge Bocanegra, Adjoint au Maire de Toul-Vice-président de la CCT ; José Bové, Député européen Europe Ecologie ; Brigitte Brozio, Collège exécutif des Verts, déléguée à l’international et à l’Europe ; Raul Camargo, Direction national de Izquierda Anticapitalista (Espagne) ; Pascal Canfin, Député européen Europe Ecologie ; Nikolaos Chountis, Député européen grec GUE/NGL pour Syriza ; Daniel Cohn-Bendit, Député européen Europe Ecologie ; Annick Coupé, Porte-parole de Solidaires ; Karima Delli, Députée européenne Europe Ecologie ; Isabelle Durant, Députée européenne et Vice-Présidente du Parlement Européen, Groupe Verts/ALE (Belgique) ; Fander Falconí, Professeur-chercheur à la FLACSO-Ecuador ; Hélène Flautre, Députée européenne Europe Ecologie ; Enith Flores, Cadtm Ecuador ; Judith Flores, Colectivo Feminista (Equateur) ; Franck Gaudichaud, politologue et membre du collectif éditorial www.rebelion.org ; Jérôme Gleizes, responsable de la commission transnationale des Verts français ; Laura Greco, Présidente de l’association A Sud (Italie) ; Natalia Greene, Fundación Pachamama (Equateur); Catherine Grèze, Députée européenne Europe Ecologie ; Takis Hadjigeorgiou, Député européen pour Akel (Chypre) ; Satu Hassi, Députée européenne, Groupe Verts/ALE (Finlande) ; Joe Higgins, Député européen pour le Socialist Party (Irlande) ; Nicole Hugon, Conseillère Municipale de la Ville de Marseille, groupe « Les Verts » ; Yannick Jadot Député européen Europe Ecologie ; Eva Joly, Députée européenne Europe Ecologie ; Claudio Katz, Economistas de Izquierda Argentina ; Pierre Khalfa, Solidaires ; Nicole Kiil-Nielsen, Députée européenne Europe Ecologie ; Jurgen Klute, Député européen GUE/NGL pour Die Linke ; Alain Krivine, NPA ; Patrick Le Hyarick, député européen Front de Gauche ; Matthieu Le Quang, Politiste, chercheur associé à la FLACSO-Ecuador ; Rosa López, Asamblea de Mujeres Diversas y Populares (Equateur) ; Sabine Lösing, Députée européenne GUE/NGL pour Die Linke ; Francisco Louçã, Député pour le Bloco de Esquerda (Portugal) ; Michael Löwy, NPA ; Eduardo Lucita, Economistas de Izquierda Argentina ; Ulrike Lunacek, Députée européenne, Groupe Verts/ALE (Autriche) ; Piero Maestri, Porte-parole de Sinistra Critica (Italie) ; Noel Mamère, Député, Les Verts ; Esperanza Martinez, Oilwatch ; Jonathan Martinez, Député du groupe Alternatiba au Parlement de Bizkaia (Pays Basque) ; Marisa Matias, Députée européenne pour Bloco (Portugal) ; Jean-Luc Mélenchon, Député européen Front de gauche ; Céline Meneses, Présidente de la commission internationale du Parti de Gauche ; Willy Meyer, Député européen GUE/NGL pour Izquierda Unida Espagne ; Laetitia Moreau, Réalisatrice de documentaires ; Corinne Morel Darleux, secrétaire nationale au combat écologique du parti de gauche ; Samanta Novella, Fondation NatureRights ; Patrice Perret, Solidaires ; Stalin Perez Borges, Coordinateur national de la Unión Nacional de Trabajadores UNETE, miembro del Equipo Nacional del Frente Socialista de Trabajadores FST-PSUV (Venezuela) ; Miguel Portas, Député européen pour Bloco (Portugal) ; Franck Pupunat, Porte-parole du Mouvement Utopia ; Michèle Rivasi, Députée européenne Europe Ecologie ; Raul Romeva i Rueda, Député européen, Groupe Verts/ALE (Espagne) ; Laurence Rossignol, secrétaire nationale du Parti Socialiste chargée de l’environnement. Vice-presidente de la région Picardie ; Pierre Rousset, Président d’Europe Solidaire sans Frontières (ESSF) ; Heide Rühle, Députée européenne, Groupe Verts/ALE (Allemagne) ; Catherine Samary, Professeur d’économie à l’Université Paris-Dauphine ; Helmut Scholz, Députée européenne Die Linke, Responsable international de Die Linke ; Bart Staes, Député européen, Groupe Verts/ALE (Belgique) ; Rui Tavares, Député européen pour Bloco (Portugal) ; Eric Toussaint, politologue et président CADTM Belgique ; Stéphanie Treillet, Economiste ; Roseline Vachetta, membre du NPA ; Françoise Verchère, vice-présidente du Conseil Général de Loire-Atlantique ; Marie-Christine Vergiat, députée européenne Front de Gauche ; Esther Vivas, Izquierda anticapitalista (Espagne) ; Sabine Wills, députée européenne Die Linke ; Dr. Jose Luis Yela, Ecólogo, Professeur à la Universidad de Castilla-La Mancha ; Gabi Zimmer, Députée européenne Die Linke




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2 commentaires:

jacky a dit…

"Laisser sous terre le pétrole amazonien du Yasuni, en échange d'une contribution financière des pays industrialisés, estimée à 350 millions de dollars par an pendant dix ans, et correspondant au manque à gagner."

Je n'ai rien contre mais je ne vois pas bien pourquoi les "pays industrialisés" accepteraient de payer pour ne pas avoir de pétrole.

Il y a là comme une contradiction.

Un peu comme si je payais mon boulanger pour qu'il garde son pain ?

Albert a dit…

Cet argent, placé dans un fonds dont les intérêts reviendraient au pays, financerait des activité clés : reforestation et protection de l'Amazonie, développement d'énergies alternatives, soutien aux populations amazoniennes et surtout approfondissement de la connaissance scientifique.

Le jeu en vaut la chandelle...