Affichage des articles dont le libellé est politique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est politique. Afficher tous les articles

25 février 2018

Défendre les agriculteurs et non les accords de libre-échange…

2018
Le 55ème salon International de l’Agriculture, qui s'est ouvert à Paris le 24 février dernier, a vu le passage, dès le premier jour, du Président de la République visitant tous les stands et dégustant les spécialités régionales devant l'ensemble des micros et caméras.  

Emmanuel Macron a battu le record de présence avec plus de 12H30 passées au salon, record détenu précédemment par François Hollande avec 12H00, mais les questions essentielles n’ont reçu de sa part que des réponses évasives...  

2 avril 2017

Autopsie d'un quinquennat 2012-2017

Le palais de l'Elysée est la résidence officielle du président de la République Le quinquennat de François Hollande s'achève. Il aura été marqué par l'impossibilité ou un refus d’engager de véritables réformes dans plusieurs domaines essentiels et sur fond de nombreux revirements et maladresses en tout genre. Entre un chômage de masse installé, une fiscalité injuste, un colossal millefeuille administratif, une politique environnementale édulcorée, un européisme béat et une ouverture des frontières à une mondialisation sauvage, le président de la République n'a pas été au rendez-vous du vrai changement.

Finalement, tirant les leçons de son impopularité dans l’opinion, François Hollande annonçait, le 2 décembre 2016, sa décision de ne pas solliciter un second mandat présidentiel. Une situation unique depuis le début de la 5ème République en 1958 !

 

25 mars 2017

60ème anniversaire du traité de Rome : toujours le même discours...

En 1992, l’UE a pris la suite de la CEE qui avait été créée en 1957
Le 25 mars 2017 était célébré le 60ème anniversaire de la signature du traité de Rome donnant naissance à la communauté économique européenne (CEE), devenue l’Union européenne (UE) le 1er novembre 1993.

A cette occasion, les chefs d’Etat, réunis  dans la capitale italienne pour rappeler leur vision commune du projet européen, se sont montrés globalement satisfaits du bilan. En fait, c’est toujours le même message angélique qui est délivré depuis 1957 mais ce 60ème anniversaire devrait être plutôt un jour de deuil européen, tant les méfaits de ce système sont désormais évidents, le « cas » grec en étant une preuve tragique...


6 mars 2017

Le drame paysan, grand absent du salon de l’agriculture...

De 1954 à 2005, les agriculteurs sont passés de 26,7 % à 2,6 % de la population active
Le 54ème salon International de l’Agriculture, qui vient de s’achever porte de Versailles, a vu le passage de la plupart des candidats à la prochaine élection présidentielle des 23 avril et 7 mai prochains.

Mais si le salon a tenu lieu d’arène politique aux différents postulants, la crise agricole et les nombreux suicides de paysans qu’elle entraîne n’ont pas pour autant été au cœur des débats…

18 octobre 2016

Les 110 erreurs de François Hollande : Un quinquennat inutile 2012-2107

François Hollande a été président de la République du 15 mai 2012 au 14 mai 2017
Il faut " réformer " la France, aura clamé François Hollande tout au long de son quinquennat, en chœur avec ses différents Premiers ministres, ministres et secrétaires d’Etat successifs.

Mais mis à part quelques réformes " sociétales ", la plupart des dispositions législatives ou administratives prises ont été le plus souvent des changements en pire, des mesures purement comptables se terminant presque toujours par un recul des droits des citoyens et/ou une baisse du pouvoir d’achat des salariés et retraités…

23 avril 2016

Nuit Debout : des espoirs mais des limites

Nuit debout est un ensemble de manifestations sur des places publiques, principalement en France
Le mouvement Nuit Debout, à Paris et dans d’autres villes françaises, a pour ambition de débattre, de partager expériences et savoir-faire en vue de construire des solutions communes pour lutter contre la précarité, le diktat des marchés financiers, la destruction de l'environnement, les guerres et la dégradation de nos conditions de vie. 

Mais si le débat est important, le risque existe qu'un mouvement sans structuration se disperse avec le temps. Comment concilier horizontalité des discussions et efficacité politique ? La question reste pour l'instant sans réponse...




Le mouvement tire son origine d'une rencontre publique organisée à la bourse du travail de Paris le 23 février 2016, notamment par François Ruffin, rédacteur en chef du journal de critique sociale Fakir et réalisateur du film Merci Patron ! Après la mobilisation contre la « Loi Travail » et la manifestation du 31 mars, la décision a été prise d’occuper la place de la République.  
Le collectif de pilotage comprend une quinzaine de personnes, dont Johanna Silva du journal Fakir, Loïc Canitrot, intermittent de la compagnie Jolie Môme, Leila Chaibi du Collectif Jeudi noir, une syndicaliste d’Air France, un membre de l'association Les Engraineurs, ou encore un étudiant à Sciences Po, l’économiste atterré Thomas Coutrot et Nicolas Galepides de Sud-PTT.
A la compétition et l’égoïsme, ce mouvement entend répondre par la solidarité, la réflexion et l'action collective. La politique étant l’affaire de tous, divers sujets sont débattus :
- la politique économique et sociale (salaire à vie, revenu de base, assurance chômage, baisse des hauts revenus, plein emploi, lutte contre le plafonnement des indemnités aux prud'hommes, etc.)
- le développement de l'agriculture biologique,
- la meilleure reconnaissance des minorités,
- la démocratie par tirage au sort,
- le meilleur engagement de l'État pour l'enseignement scolaire, notamment en banlieue,
- l'accueil des réfugiés et la régularisation des sans-papiers,
- le partenariat transatlantique de commerce et d'investissement, 
Mais si ce débat est une bonne chose, il a cependant des limites. Peut-il y avoir ensuite un réel débouché sans organisation politique structurée ?
Cette manifestation nocturne peut-elle accueillir tous ceux qui souffrent de la situation actuelle ? Les salariés, en particulier qui sortent d’une journée de travail et qui doivent se lever tôt le lendemain matin, peuvent-ils participer pleinement ?
Emmanuel Todd apporte un début de réponse dans un entretien au journal Fakir… 

Fakir : C’est un petit truc, Nuit debout…
Emmanuel Todd : Il ne faut pas dire ça. D’abord, c’est peut-être une petite chose mais au milieu de rien. Et ça, le fait que les médias s’intéressent à cette petite chose, c’est aussi un signe du grand vide. Les journalistes, qui certes appartiennent à des grands groupes, liés à l’argent, qui certes ne remettront jamais en cause ni l’euro ni l’Europe ni le libre-échange, mais qui sont des gens diplômés, pas toujours bêtes, ils sentent ce grand vide. Ils savent qu’ils donnent la parole à des hommes politiques méprisables, inexistants, tellement creux. Eh bien, ce qui se dit, ce qui se passe place de la République, et sur les places de province, parce qu’il faut regarder l’ouest de la France, Rennes, Nantes, Toulouse, la jeunesse des villes universitaires, ce qui se dit sur ces places, pour aussi farfelus que ce soit, ça vaut toujours mieux que ce grand vide. Et il ne s’agit pas seulement de remplir des pages, de vendre du papier…

Fakir : Ça remplit l’âme ? C’est l’indice d’une crise métaphysique ?
E.T. : Presque ! Et puis, pour aussi petit que ce soit, c’est peut-être un signe avant-coureur. Regardez Occupy Wall Street. Quelques mois après, je regardais les sondages qui paraissaient aux Etats-Unis, les jeunes devenaient favorables à l’Etat, à du protectionnisme. Et aujourd’hui, certes Bernie Sanders a perdu contre Hilary Clinton, mais il s’est revendiqué du « socialisme » aux Etats-Unis, et ses thèmes font maintenant partie de la campagne.

Fakir : Donc ça pourrait mener à un basculement ?
E.T. : C’est sans doute une étape dans la maturation des esprits. Déjà, si ça pouvait conduire à un engagement simple, chez les jeunes : « Plus jamais nous ne voterons PS ! » Je me porte beaucoup mieux, c’est une libération spirituelle, depuis que j’ai fait ce serment pour moi-même. Je rêverais de la mise à mort du PS. C’est peut-être ce que va nous apporter Hollande, il y a là une ouverture pour se débarrasser du parti socialiste. Et il existe désormais un boulevard à gauche.

Fakir : Mais ce sont des bobos qui se réunissent ?
E.T. : C’est facile de dire ça. Les jeunes diplômés du supérieur, c’est désormais 40 % d’une tranche d’âge. Ce n’est plus une minorité privilégiée, c’est la masse. Il y a donc un énorme potentiel d’extension du bobo. Et surtout, il faut comprendre, faire comprendre, que les stages à répétition, les boulots pourris dans les bureaux, les sous-paies pour des surqualifications, c’est la même chose que la fermeture des usines, que la succession d’intérim pour les jeunes de milieu populaires. La baisse du niveau de vie, c’est pour toute une génération.

Fakir : Donc la réunion des deux jeunesses est en vue ?
E.T. : Avec un marxisme simpliste, on dirait que oui, ça doit bien se passer, les intérêts objectifs sont les mêmes. Mais le système scolaire, notamment, opère une stratification, il sépare tellement les destins, trie, évalue, que la jonction ne va pas de soi. Et on voit que la jeunesse populaire se tourne massivement vers le Front national…

Fakir : A cause, donc, d’habitudes culturelles différentes ? La techno contre Manu Chao ?
E.T. : Je ne sais pas ça, moi. Il ne vous aura pas échappé que je ne suis pas jeune !
C’est d’ailleurs une chose très positive : voilà quelque chose qui appartient aux jeunes. Enfin ! La société française est sous la coupe des vieux et des banques. Non seulement pour les richesses, mais pour le pouvoir surtout : le suffrage universel devient un mode d’oppression des jeunes par les vieux, qui décident d’un avenir qu’ils n’auront pas à habiter. Je milite pour la mise à mort de ma génération. Donc, l’idée d’un territoire libéré, à la fois des vieux et des banques, ça ne me déplait pas. C’est pour cette raison que l’éviction de Finkielkraut m’est apparu comme une bonne nouvelle. Jusqu’ici, je trouvais les jeunes trop gentils, au vu de la domination qu’ils subissaient.


Fakir : Mais dans ce mouvement, il y a comme un refus de l’organisation…
E.T. : C’est le drame de cette jeunesse : c’est nous, en pire. Les soixante-huitards ont découvert les joies de l’individualisme, mais ils avaient derrière eux, dans leur famille, une solide formation dans des collectifs : le Parti communiste, l’Eglise, les syndicats. Là, ces générations sont nées individualistes, ce sont des soixante-huitards au carré, quasiment ontologiques. Il n’y a même pas le souvenir de ces collectifs forts. Et la volonté de ne pas s’organiser est presque élevée au rang de religion.
Mais c’est terrible parce que s’ils savaient, s’ils savaient à quel point les mecs en face d’eux, les patrons, l’Etat, le Parti socialiste, les banques sont organisés. Ce sont des machines. Et moi qui suis plutôt modéré, keynésien, pour un capitalisme apprivoisé, je me souviens de la leçon de Lénine : « Pas de révolution sans organisation » !

> Fakir, c'est ICI

Photo Creative commons par Wikipédia 

Lire toutes les infos du blog : 
> Les 25 derniers articles
> Tous les articles  
 

 

25 août 2015

La France doit ressortir de l’OTAN !

L’Organisation du traité de l'Atlantique nord est l'organisation politico-militaire mise en place par les pays signataires du traité de l'Atlantique nord
La réintégration de la France dans l’Organisation du traité de l’Atlantique nord par Nicolas Sarkozy en mars 2009 a mis fin à un choix stratégique décidé en 1966 par le Général De Gaulle et maintenu jusqu’en 2009 par tous les présidents de la République. 

Depuis 2012, François Hollande, fidèle à la stratégie pro-états-unienne de la social-démocratie européenne, a confirmé le choix de l'ancien président de la République. Aujourd’hui, un appel pluraliste a été lancé pour la dénonciation par la France de l’OTAN et le retrait de ses armées du commandement intégré...


15 février 2015

Présidence de l'UMP et conférences grassement payées : l'indécence de Nicolas Sarkozy...

Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa, dit Nicolas Sarkozy, né le 28 janvier 1955 à Paris (XVIIe)
Début février, Nicolas Sarkozy était à Abou Dhabi, aux Émirats Arabes Unis, pour faire une nouvelle conférence privée, payée autour de cent mille dollars, comme l’a révélé l’hebdomadaire Marianne. 

L’ancien président de la République, qui voulait « faire de l’argent » après avoir été défait à la dernière élection présidentielle en 2012, ne semble plus se rendre compte de son indécence…


Au prix moyen de cent mille dollars par conférence (88 500 euros), que ce soit pour Goldman Sachs ou le fond souverain d’une pétromonarchie du golfe persique, l’argent n’a pas d’odeur pour Nicolas Sarkozy. Pour cette somme, Il a prononcé aux Emirats un discours axé sur la politique étrangère devant une quinzaine de personnes avant d'être reçu dans le palais du prince pour une grande réception.

Un voyage qui fait polémique puisqu'il est intervenu au lendemain à peine du premier tour de l'élection législative partielle dans le Doubs. Le président de l'UMP n'a aucun conflit d'agenda entre  ses conférences à l'étranger et  la gestion quotidienne de son parti. 

A l'occasion de cette élection partielle, sa motion de synthèse à la mode Hollande qui appelait à s’abstenir, voter blanc ou PS et ainsi jouer la conciliation avec le courant juppéiste n'a pas obtenue la majorité au sein du bureau politique de l'UMP.  Le Ni-Ni l’a finalement remporté semant une cacophonie telle que le doute s’installe maintenant au sein de l'UMP sur les capacités de l’ancien président à simplement gérer un parti politique.

Résultat, une séquence qui donnerait presque l’impression que François Hollande est un bon président de la République et un bon gestionnaire. Dire que Nicolas Sarkozy disait vouloir revenir en politique par devoir ! Ce devoir semble peser moins lourd que les pétrodollars…

Et quand on se rappelle que sa campagne présidentielle 2012 a coûté entre 32 et 38 millions d’euros, contre 21 pour le plafond légal et qu’elle a été couverte par des fausses factures, cela pose la question de sa capacité à gérer une équipe, qui, « sans qu’il s’en rende compte », a dépensé 50 à 80% de plus que ce qui est permis par la loi. 

Dans tous les cas, il est disqualifié pour la suite mais ses conférences à l’étranger posent une autre question préoccupante : comment faire confiance demain à un possible futur président de la République, ancien conférencier, pour prendre des décisions politiques qui concerneraient éventuellement ses anciens et généreux employeurs ?

Enfin, se pose la question du financement par l’Etat de son activité d’ancien président qui coûte la bagatelle d’environ deux millions d’euros par an ! Pour un ancien président retraité, c’est déjà très excessif mais pour un possible nouveau président de la République en 2017, cela ressemble plutôt à un détournement de fonds publics. Et ce, d’autant plus qu’on ne peut guère lui faire confiance pour limiter strictement l’activité des personnes employées par l’Etat à sa seule activité d’ancien président. Etant donné son statut de futur candidat, il devrait logiquement renoncer à ces avantages qui ne cadrent pas avec un rôle partisan.

Mais plus le temps passe et plus les dossiers encombrants s’accumulent au sujet de Nicolas Sarkozy, ce qui pourrait réserver à terme encore quelques surprises et finalement profiter à son rival Alain Juppé en vue de la primaire 2016…



Photo Creative Commons par Yahoo Images



Lire toutes les infos du blog :

 

27 août 2014

Arnaud Montebourg, otage et alibi de François Hollande, finalement remplacé mais libéré

Arnaud Montebourg, ministre de l’Economie, du Redressement productif et du Numérique
Plus de deux années auront donc été nécessaires à Arnaud Montebourg, initialement ministre du Redressement productif puis de l'Économie, du Redressement productif et du Numérique de l'éphémère premier gouvernement de Manuel Valls, pour ne plus supporter les choix économiques de François Hollande.

Arnaud Montebourg répétait souvent à propos du Parti Socialiste : « Il n’y a pas eu de changement, pas d'idées nouvelles ! Tenez, c'est bien simple, c'est comme s'il ne s'était rien passé depuis le 21 avril 2002, rien, nada » mais avant d’accepter un poste de ministre en 2012, il aurait été préférable de se souvenir que son Premier secrétaire, de 1997 à 2008, était un certain François Hollande…

10 juin 2014

Traité de libre-échange transatlantique : les renards dansent autour du poulailler...


Hippolyte et ses amis
L’accord de partenariat transatlantique entre l’Europe et les Etats-Unis est en passe de s’imposer comme un sujet de premier plan dans le débat public mais la désinformation reste forte, les discussions tenues secrètes n’ayant été ébruitées que grâce à des fuites.

Normes de sécurité alimentaires, lois et régulations financières, politiques climatiques, protection de la confidentialité des données, autres politiques non commerciales, la grande majorité des citoyens continue d’être tenue dans l’ignorance de ce coup de force des lobbys, banques et autres multinationales avec la complicité des chefs d’états et de gouvernements européens…



Si l’on vous disait : « Un coup d’état est en cours en Europe », le croiriez- vous?

Si l’on vous disait : « Les normes sanitaires, sociales, environnementales, techniques et phytosanitaires seront désormais imposées par les multinationales », le croiriez- vous?

Si l’on vous disait : « Une commune, un département, une région, un état peuvent désormais être attaqués par une firme privée, sans contrôle public et sans procès démocratique », le croiriez- vous?

Si l’on vous disait : « Un état se réclamant de la démocratie négocie en secret des accords portant sur la totalité des biens et services publics », le croiriez- vous?

C’est pourtant ce que préparent les négociations secrètes en cours entre les Etats-Unis et l’UE, avec la bénédiction de la France !
 

Les déportés du libre échange

 
Le libre-échange est promu par pratiquement tous les gouvernements comme étant la panacée aux problèmes de l’économie car, selon le discours dominant, avec des échanges encore plus libres, moins de règlements, un État amaigri, etc., tout le monde serait gagnant…
 
Mais l’expérience de plus de vingt ans d’accords de libre-échange n’est pas reluisante : crise généralisée, taux de croissance anémiques, inégalités sociales accrues, dégradation de l’environnement, etc.
 
Le meilleur exemple est celui de  l’Accord de Libre Echange Nord-américain (ALENA), entré en vigueur le 1er janvier 1994, entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique et promettant un développement sans précédent des échanges commerciaux entre les trois pays, par l’accroissement du volume des exportations, dont les bénéfices allaient irriguer toute l’économie mexicaine. Seize ans plus tard, le constat est amer. L’ALENA, promesse d’un «bien-être général», a littéralement laminé l’agriculture mexicaine, et notamment les petits paysans (21% de la population active).
 
Il convient de rappeler aussi d’autres accords antérieurs comme l’accord multilatéral sur les Investissements (AMI) négocié depuis 1995, en secret, au sein de l’OCDE et qui avait échoué dès que l’opinion publique en avait pris connaissance ou la directive services appelée «directive Bolkestein», votée une première fois en 2003, mais qui fit, elle aussi, l’objet de vives protestations.
 
Aujourd’hui, ce nouvel accord de libre-échange transatlantique est un projet de longue date du Transatlantic Business Dialogue (TABD), connu sous le nom de Transatlantic Business Council (TBC). Le TBC s’est réuni en 1995 pour établir un dialogue officiel de haut niveau entre les chefs d’entreprise, les secrétaires de cabinets aux États-Unis et les commissaires européens. Il s’agit en fait d’éliminer ce qu’ils appellent les « irritants commerciaux », qui limitent la capacité à échanger tout produit entre les États-Unis et l’UE ou à opérer selon les mêmes règles dans les deux zones sans intervention des gouvernements.
 
Sont visées les politiques considérées comme les politiques fondamentales sur la sécurité alimentaire, environnementale, sanitaire ainsi que toutes les autres politiques qui composent le pacte social. La « convergence réglementaire » est le terme aseptisé utilisé pour imposer aux gouvernements l’obligation d’autoriser les produits et les services qui ne satisfont pas aux normes domestiques, selon un processus appelé « équivalence » et « reconnaissance mutuelle ».
 
Le but est clair : il s’agit d’éliminer ce qu’il y a de meilleur en termes de protection de l’environnement, de la santé et des consommateurs des deux côtés de l’Atlantique et de diminuer les contraintes que la puissance publique peut mettre en place pour réguler leurs activités. Ce qui est promu comme des règles « de haut niveau du 21e siècle » pour l’économie mondiale est en réalité un régime qui ferait reculer beaucoup des progrès obtenus par les mouvements sociaux au cours du 20e siècle.
 
L’adoption de ce traité de libre-échange conduirait aussi à l’ouverture des marchés publics en Europe aux entreprises des Etats-Unis. Les lobbies d'affaires risquent de s'en prendre alors à toutes mesures visant à privilégier les entreprises locales : les collectivités locales devront se plier aux accords et ne pourront plus lancer les appels d’offre aux conditions qui leur conviennent…
 
Les règles de l’accord seraient contraignantes et leur non-respect pourrait entraîner des sanctions. Le pacte donnerait aux transnationales étrangères des possibilités nouvelles de remettre directement en cause, devant des tribunaux extrajudiciaires, des politiques d’intérêt public et de réclamer des compensations financières dont la charge reposerait sur les contribuables. 
Face à la plus grande menace non militaire à laquelle la France n’ait jamais été confrontée, il convient aujourd’hui de mettre en place un encadrement beaucoup plus strict des activités des multinationales plutôt que se lancer dans une fuite en avant vers des accords de « libre-échange » visant à accroître la compétitivité mondiale et renforcer les libertés des firmes multinationales échappant au contrôle démocratique…

Et l’on croit rêver quand le Président de la République affirme, à  Washington dernièrement, qu’il convient d’aller encore plus vite pour mettre en œuvre le traité de libre échange transatlantique. Une déclaration ahurissante qui montre une nouvelle fois la naïveté politique de François Hollande face aux conséquences de la mondialisation libérale…



Lexique des différentes nominations du Grand Marché Transatlantique, voulues pour brouiller davantage la compréhension :

 
GMT : Grand Marché Transatlantique
TAFTA : Trans-Atlantic Free Trade Agreement
TTIP : Transatlantic Trade and Investment Partnership
PTCI, Partenariat Transatlantique de Commerce et d'Investissement
APT, Accord de Partenariat Transatlantique



Photo Creative Commons par Yahoo Images


Plus d'infos :
> Les 25 derniers articles
> Tous les articles

18 octobre 2012

30 ème anniversaire de la mort de Pierre Mendès France

PMF est le surnom commun de Pierre Mendès France (1907-1982), homme politique français

Le 18 octobre 1982 mourait Pierre Mendès France. En concevant la République comme un combat historique et démocratique et non comme un pouvoir à conserver ou à isoler de la société, PMF, comme Jaurès, a toujours sauvé en quelque sorte l’honneur de la gauche.
 
Il a laissé, en une phrase, un véritable testament aux générations futures : «Ceux qui veulent conjuguer l’égalité et la liberté, construire le socialisme à visage humain, doivent toujours mettre et remettre au premier plan le souci et l’exigence de la démocratie politique»…


Dès 9 juillet 1936, PMF fait déjà entendre une autre voix. La gauche (PCF compris) s'abstenant lors du vote à propos de la participation française aux Jeux olympiques de Berlin, organisés par le régime nazi, il est le seul député de gauche à voter contre, soutenant ainsi les Olympiades populaires organisées par le Front populaire espagnol.

PMF élabore ensuite avec le directeur de cabinet de Léon Blum, Georges Boris, un projet de réforme économique audacieux, axé sur le contrôle des actifs et sur le soutien à l'investissement dont l'exposé des motifs se réclame pour la première fois en France de préceptes keynésiens.
En décembre 1936, PMF organise les premières élections au suffrage universel complet (avec les femmes) à Louviers dans l’Eure où il était maire. Six conseillères adjointes furent élues, jusqu’à ce que le gouvernement Vichy mette brutalement fin à l’expérience. Il faudra attendre huit ans pour que les femmes puissent finalement voter. 
Après une première tentative infructueuse pour former un gouvernement, PMF est finalement investi président du Conseil avec une forte majorité le 18 juin 1954, quelques semaines après la défaite française à la bataille de Dien Bien Phu, pour faire la paix en Indochine. Il ne dirigera le Gouvernement que pendant sept mois et demi (jusqu’au 5 février 1955), mais son passage aux affaires sera l'un des temps forts de l'histoire institutionnelle de la quatrième République.
PMF avait promis de faire cesser la guerre en Indochine et le 20 juillet 1954, il signait l’accord de paix de Genève mettant fin au conflit. Après son départ du pouvoir en 1955 puis la chute du gouvernement Edgar Faure en janvier 1956, la SFIO de l’époque et Guy Mollet allaient commencer une autre guerre en Algérie...
Ses idées et ses discours ont toujours été particulièrement marquants et prémonitoires dans plusieurs domaines importants comme les conditions de mise en œuvre des réformes, les institutions, la fiscalité ou la construction de l’Europe.
 

Les institutions de la 5ème République

 
Opposé aux conditions dans lesquelles le général de Gaulle prend le pouvoir en 1958, il mène vigoureusement campagne pour le Non au référendum du 28 septembre 1958, qui se soldera malheureusement par l'adoption du projet et la rapide promulgation de la Constitution du 4 octobre 1958, à caractère monarchique accordant trop de pouvoir à un seul homme en la personne du président de la République.
 
"Ce n'est pas parce que je me suis élevé contre le désordre et l'impuissance et la stérilité de la IVe République que je vais me ruer dans l'extrême opposé, c'est-à-dire, dans un système où tous les pouvoirs seront donnés à seul homme. Je prétends qu'il n'est pas vrai, contrairement à ce qu'affirme la propagande officielle, que nous n'ayons le choix qu'entre, d'une part un parlementarisme dévoyé, désordonné, impuissant comme celui que nous avons eu pendant un temps ; et d'autre part, la monarchie absolue comme nous l'avons aujourd'hui !" (La République Moderne, 1962). 
 
Pierre Mendes France aura toujours considéré que la question institutionnelle était partie intégrante de la question sociale : 
 
"Je mets au défi quelque homme politique que ce soit d'entreprendre demain une authentique démocratisation de l'enseignement, de modifier la répartition du revenu national au profit des classes défavorisées, d'assurer le contrôle par la puissance publique des positions dominantes de l'économie, d'assurer désormais le respect des libertés fondamentales et des droits de l'Homme (...) si les problèmes institutionnels n'ont pas reçu d'abord une solution correcte. Autrement dit, si l'on n'a pas fait choix des leviers qu'il conviendra d'employer"  (La République Moderne, 1962). 
 
Son hostilité constante aux institutions de la 5ème République voulues par le général, maintenues par la gauche au pouvoir et François Mitterrand, l’a finalement conduit, dans la seconde partie de sa vie, à un certain retrait de la vie politique.
 

La mise en œuvre des réformes

 
Concernant les réformes à faire, il réaffirmait notamment au moment de la victoire de la gauche en 1981, le principe selon lequel si les réformes nécessaires au pays ne sont pas engagées dans les six premiers mois qui suivent l'arrivée au pouvoir d'un nouveau gouvernement, elles ne se font jamais.
 
La rareté de vraies réformes administratives, économiques et sociales depuis plusieurs décennies démontre bien la véracité de ses propos.

Et aujourd’hui, on a déjà un petit aperçu du bien fondé de cette affirmation quand on voit François Hollande ou Jean-Marc Ayrault renvoyer à plus tard certaines réformes fondamentales concernant les institutions (proportionnelle, réforme du Sénat, réduction du nombre des échelons administratifs, reconnaissance du vote blanc, 6ème République, etc.), la fiscalité (rétablissement d’une véritable progressivité de l’IR, changement de l’assiette des cotisations de SS, réforme de la fiscalité locale, réduction drastique des niches fiscales, etc.) ou la marche vers l’Europe sociale…

La fiscalité

A propos de la fiscalité, sujet de discussion sensible actuellement, PMF s'inquiétait déjà de la part grandissante de la fiscalité indirecte qu'il convenait de réduire car elle risquait d'entraîner une paupérisation grandissante des salariés.
Cette prévision s’est avérée malheureusement juste avec une pauvreté de masse qui touche aujourd’hui plus de 8 millions de personnes et un budget de l’Etat alimenté à près de 65% par les impôts indirects (TVA, TIPP, taxe d'habitation, taxe foncière, franchises médicales, forfaits hospitaliers, taxes diverses, etc.).  Un record qui fait de notre pays l’un des plus inégalitaires du monde avec seulement 19% des recettes budgétaires de l'Etat alimentées par l’impôt sur le revenu et 16% par l'impôt sur les sociétés ! 
Et cette particularité du budget en France ne choque pas beaucoup les partis traditionnels de gauche ou de droite qui parlent volontiers de stabilité ou de baisse des impôts sur le revenu mais en oubliant de dire que ces derniers ne sont pas les principaux impôts aujourd'hui…
Modifier le rapport entre fiscalité directe et indirecte est donc une réforme essentielle à engager, d'autant plus que les impôts indirects sont particulièrement injustes car ils touchent de la même manière les personnes les plus aisées comme les plus modestes et que l'Etat transfère de plus en plus de compétences aux collectivités territoriales, sans assurer parallèlement tous les financements correspondants.

L’Europe

Le 18 janvier 1957, quelques mois avant la signature des traités de Rome le 25 mars 1987 (CEE et Euratom), PMF exprimait, dans un discours resté célèbre à l'Assemblée nationale, ses doutes sur un marché commun où les pouvoirs de la démocratie sont délégués à une autorité extérieure non élue. 

Il prend position contre la ratification de ces traités en juillet 1957 en raison notamment de l'absence de l'Angleterre, du poids excessif des grandes sociétés capitalistes et du fait que  ces textes ne traitaient que l’aspect économique de la politique européenne et laissait de côté (déjà…) l'harmonisation fiscale et sociale en Europe :
« Le projet du marché commun, tel qu’il nous est présenté, est basé sur le libéralisme classique du XIXe siècle, selon lequel la concurrence pure et simple règle tous les problèmes.

[...] L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, soit elle recourt à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit à la délégation de ses pouvoirs à une autorité extérieure laquelle au nom de la technique exercera en réalité la puissance politique, car au nom d’une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement une politique, au sens le plus large du mot, nationale et internationale ».

Qui se souvient encore aujourd'hui de ce discours ? Pas grand monde ! Et plus de 50 ans après la signature du traité de Rome, de nombreuses personnalités politiques, souvent de gauche, ayant voté Oui au traité de Maastricht en 1992 ou au Traité Constitutionnel Européen en 2005 ont le culot de se réclamer de PMF et  continuent à nous expliquer que l’harmonisation sociale, fiscale, la fin des paradis fiscaux en Europe, etc., c’est pour demain… 

Pour mener une action politique efficace ou pour engager de vraies réformes, il ne suffit pas d'avoir de bonnes intentions, il faut encore un projet clair et surtout la volonté et le courage de le mettre en œuvre…



Photo Creative Commons par Yahoo Images


Lire toutes les infos du blog :
> Les 25 derniers articles
> Tous les articles

 

31 décembre 2011

Que l’année 2012 soit celle du changement !

Bonne année 2012
L’année 2012 qui s’annonce sera très politique. Elle marquera le début réel de la campagne présidentielle pour l’actuel occupant de l’Elysée et ses challengers.

Au terme du quinquennat de Nicolas Sarkozy, la France compte 4,5 millions de chômeurs en incluant les DOM. Depuis 2008, on compte 1 215 000 chômeurs supplémentaires ! A cela, il faut ajouter trois millions de salariés précaires, trois millions de salariés à temps partiel, huit millions de personnes pauvres gagnant moins de 950 € par mois ! 


5 juin 2011

FMI : se garder de Lagarde, d’Aubry aussi !


Le Fonds monétaire international regroupe 189 pays
Christine Lagarde, soutenue par les Etats du G8, est présentée comme l'une des favorites pour succéder à Dominique Strauss-Kahn comme directrice générale du Fonds monétaire international (FMI).
 
En France, malgré une mise en cause pour abus de pouvoir par un rapport confidentiel de la Cour des comptes sur l'affaire Tapie, sa candidature est appuyée par Nicolas Sarkozy et l’UMP bien sûr mais aussi par Martine Aubry, première secrétaire du Parti Socialiste… 

30 mai 2011

Allo le G20 : ne jouez plus avec notre nourriture !


G20
Aujourd'hui, un milliard de personnes souffrent de la faim dans le monde, soit près d’une personne sur sept, et autant souffrent de malnutrition. 
 
Les petites exploitations produisent encore plus de la moitié de la nourriture mais cette agriculture familiale et paysanne disparaît peu à peu en France, en Europe et dans les pays du Sud. 
 
Cette situation est le résultat direct des politiques menées au cours des trente dernières années par les principales puissances économiques du monde qui ont démantelé les politiques agricoles nationales et régionales au nom du dogme du «libre échange». Les fausses solutions des pays du G20 n'arrêtent pas la spéculation, la disparition des paysans, la confiscation des ressources naturelles, l'accaparement des terres et la crise alimentaire. 
 
Un G20 agricole, prévu fin juin, prétend traiter de la volatilité des prix des matières premières. Une occasion de dire haut et fort qu’il existe d’autres propositions alternatives qui passent par un changement radical des politiques agricoles, des échanges mondiaux et des institutions internationales…

 


Réduire la faim dans le monde et renforcer l’agriculture paysanne et familiale supposent des réformes profondes en matière agricole, remettant radicalement en cause les politiques de libéralisation des marchés, comme celle de l’Union européenne avec la Politique Agricole Commune (PAC). Ces politiques ont provoqué spéculation, dumping social, dégradation de l’environnement et des conditions de vie des paysans et des paysannes au Nord et au Sud. 
 
Ainsi, à l’heure où la France assure la présidence du G20, nous appelons le Président de la République et le Ministre de l’Agriculture à favoriser des politiques, des modes de production et de consommation durables et équitables qui permettent aux Etats d’assurer leur souveraineté alimentaire et le droit à l’alimentation de leur population. Ces politiques doivent :
 
- Soutenir et protéger l’agriculture paysanne et familiale respectueuse de l’environnement, en Europe et dans les pays du Sud
 
- Prendre en compte les besoins spécifiques des paysannes, nombreuses dans les pays du Sud
 
- Rétablir des mécanismes publics de stockage, de stabilisation des prix et de maîtrise de l’offre aux niveaux national et régional, favorisant les exploitations paysannes et familiales et garantissant un revenu stable aux agriculteurs et des prix raisonnables aux consommateurs
 
- S’attaquer à la spéculation sur les produits agricoles
 
- Arrêter les accaparements de terre et le soutien massif aux agro carburants
 
- Renforcer, réformer et démocratiser les Nations unies, afin qu’elles deviennent l’instance principale de décision de ces régulations mondiales, fondées sur la souveraineté alimentaire, la coopération et la solidarité. 


Signer la pétition ---> ICI


Contacts :
Peuples Solidaires/ActionAid : g8g20@peuples-solidaires.org
Confédération paysanne : g20agricole@confederationpaysanne.fr
Artisans du Monde : d.erhart@artisansdumonde.org
Attac : aurelietrouve@yahoo.fr

Liste des organisations signataires :
Artisans du Monde, ATTAC, la Confédération paysanne et Peuples Solidaires/ActionAid. Elle est soutenue par : AITEC, Amis de la Terre, Campagne ‘Mondialisons nos Solidarités », CCFD – Terre Solidaire, Comité français pour la solidarité internationale (CFSI), CRID, Eau Vive, Élevages Sans Frontières, Fédération Syndicale Unitaire (FSU), Frères des Hommes, GRET, Ingénieurs Sans Frontières, Marche Mondiale des Femmes France, Oxfam France, Réseau Foi et Justice Afrique Europe, Ritimo, Solidarité, Terre des Hommes France, Union syndicale Solidaires.



Lire toutes les infos du blog :
> Les 25 derniers articles
> Tous les articles