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2 avril 2017

Autopsie d'un quinquennat 2012-2017

Le palais de l'Elysée est la résidence officielle du président de la République Le quinquennat de François Hollande s'achève. Il aura été marqué par l'impossibilité ou un refus d’engager de véritables réformes dans plusieurs domaines essentiels et sur fond de nombreux revirements et maladresses en tout genre. Entre un chômage de masse installé, une fiscalité injuste, un colossal millefeuille administratif, une politique environnementale édulcorée, un européisme béat et une ouverture des frontières à une mondialisation sauvage, le président de la République n'a pas été au rendez-vous du vrai changement.

Finalement, tirant les leçons de son impopularité dans l’opinion, François Hollande annonçait, le 2 décembre 2016, sa décision de ne pas solliciter un second mandat présidentiel. Une situation unique depuis le début de la 5ème République en 1958 !

 

23 décembre 2016

Christine Lagarde : responsable mais pas coupable...

La justice est un idéal jugé fondamental pour la vie sociale et la civilisation
Christine Lagarde a été mis en examen en juillet 2014 à propos de l’affaire Tapie - Crédit lyonnais et renvoyée devant la Cour de justice de la République le 17 décembre 2015, pour « négligence d’une personne dépositaire de l’autorité publique ».

Le 19 décembre 2016, le verdict tombait : Christine Lagarde est condamnée mais dispensée de peine. Un jugement qui fait polémique et le sentiment qu’il y a deux poids deux mesures selon que l’on est puissant ou misérable. Un verdict toutefois qui n’est pas surprenant de la part d’une cour d’exemption qui a toujours été clémente envers les personnalités politiques jugées…

12 septembre 2016

Lettre ouverte à Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Education nationale

L'éducation est considérée comme un élément important du développement des personnes
Cette rentrée scolaire 2016 a été marquée par une grève le 8 septembre dernier, à l’appel du SNES-FSU, SNEP-FSU, CGT, Sud et FO, pour protester contre la réforme des collèges. 

Cette réforme va toujours dans le même sens : le laxisme, au prétexte de l’ouverture et du suivi personnalisé des élèves. Elle diminue les horaires des disciplines pour promouvoir des enseignements pratiques interdisciplinaires. Or, il n’y a de véritable interdisciplinarité que sur la base de savoirs disciplinaires maîtrisés. Le bilan est donc globalement négatif et va encore accroitre les inégalités, déjà très grandes. 

Elle se double en outre d’un mépris de la profession à qui l’on demande de mettre en place les nouveaux programmes des quatre années du collège, simultanément et sans financer le renouvellement de la totalité des manuels scolaires.  

Devant cette situation, jamais vue sous la République, un professeur certifié de lettres classiques a adressé un courrier admirable à Madame Najat Vallaud-Belkacem mais celui-ci est resté sans réponse à ce jour...  

20 juin 2016

Primaire de la gauche : François Hollande se présentera-t-il ?

François Gérard Georges Nicolas Hollande naît le 12 août 1954 à Rouen
Au lendemain de la décision du Parti socialiste d’organiser une primaire les 22 et 29 janvier 2017, François Hollande compris, le patron du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis et le Premier ministre, Manuel Valls, ont défendu une «  innovation démocratique ».
 
Ce qui était qualifié hier d’hypothèse fantaisiste par le Parti socialiste est aujourd’hui présenté comme une solution exemplaire…

10 décembre 2015

110 ans après la loi du 9 décembre 1905, beaucoup reste à faire…

La laïcité est le « principe de séparation dans l'État de la société civile et de la société religieuse »
Il y a cent dix ans, le président de la République, Emile Loubet, proclamait la nouvelle loi sur les fondements de la laïcité et son titre 2 notamment : “La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte”.

Ce principe représentait une véritable révolution dans une France où l’influence de l’Église catholique sur la vie politique était très prégnante. Mais année après année,
gouvernement après gouvernement, le discours laïque est devenu incohérent… 


15 février 2015

Présidence de l'UMP et conférences grassement payées : l'indécence de Nicolas Sarkozy...

Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa, dit Nicolas Sarkozy, né le 28 janvier 1955 à Paris (XVIIe)
Début février, Nicolas Sarkozy était à Abou Dhabi, aux Émirats Arabes Unis, pour faire une nouvelle conférence privée, payée autour de cent mille dollars, comme l’a révélé l’hebdomadaire Marianne. 

L’ancien président de la République, qui voulait « faire de l’argent » après avoir été défait à la dernière élection présidentielle en 2012, ne semble plus se rendre compte de son indécence…


Au prix moyen de cent mille dollars par conférence (88 500 euros), que ce soit pour Goldman Sachs ou le fond souverain d’une pétromonarchie du golfe persique, l’argent n’a pas d’odeur pour Nicolas Sarkozy. Pour cette somme, Il a prononcé aux Emirats un discours axé sur la politique étrangère devant une quinzaine de personnes avant d'être reçu dans le palais du prince pour une grande réception.

Un voyage qui fait polémique puisqu'il est intervenu au lendemain à peine du premier tour de l'élection législative partielle dans le Doubs. Le président de l'UMP n'a aucun conflit d'agenda entre  ses conférences à l'étranger et  la gestion quotidienne de son parti. 

A l'occasion de cette élection partielle, sa motion de synthèse à la mode Hollande qui appelait à s’abstenir, voter blanc ou PS et ainsi jouer la conciliation avec le courant juppéiste n'a pas obtenue la majorité au sein du bureau politique de l'UMP.  Le Ni-Ni l’a finalement remporté semant une cacophonie telle que le doute s’installe maintenant au sein de l'UMP sur les capacités de l’ancien président à simplement gérer un parti politique.

Résultat, une séquence qui donnerait presque l’impression que François Hollande est un bon président de la République et un bon gestionnaire. Dire que Nicolas Sarkozy disait vouloir revenir en politique par devoir ! Ce devoir semble peser moins lourd que les pétrodollars…

Et quand on se rappelle que sa campagne présidentielle 2012 a coûté entre 32 et 38 millions d’euros, contre 21 pour le plafond légal et qu’elle a été couverte par des fausses factures, cela pose la question de sa capacité à gérer une équipe, qui, « sans qu’il s’en rende compte », a dépensé 50 à 80% de plus que ce qui est permis par la loi. 

Dans tous les cas, il est disqualifié pour la suite mais ses conférences à l’étranger posent une autre question préoccupante : comment faire confiance demain à un possible futur président de la République, ancien conférencier, pour prendre des décisions politiques qui concerneraient éventuellement ses anciens et généreux employeurs ?

Enfin, se pose la question du financement par l’Etat de son activité d’ancien président qui coûte la bagatelle d’environ deux millions d’euros par an ! Pour un ancien président retraité, c’est déjà très excessif mais pour un possible nouveau président de la République en 2017, cela ressemble plutôt à un détournement de fonds publics. Et ce, d’autant plus qu’on ne peut guère lui faire confiance pour limiter strictement l’activité des personnes employées par l’Etat à sa seule activité d’ancien président. Etant donné son statut de futur candidat, il devrait logiquement renoncer à ces avantages qui ne cadrent pas avec un rôle partisan.

Mais plus le temps passe et plus les dossiers encombrants s’accumulent au sujet de Nicolas Sarkozy, ce qui pourrait réserver à terme encore quelques surprises et finalement profiter à son rival Alain Juppé en vue de la primaire 2016…



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11 octobre 2014

Pour une fusion du Sénat avec le Conseil économique, social et environnemental au sein d'une nouvelle assemblée restreinte

Le Sénat constitue la chambre haute du Parlement français selon le système du bicamérisme
Les dernières élections sénatoriales, fin septembre, ont remis sous le feu des projecteurs le débat sur le bien-fondé de la deuxième chambre du parlement.

Après un court passage de la majorité à gauche, le Sénat repasse à droite tout en restant la chambre parlementaire la plus archaïque du monde occidental. Son mode d'élection notamment est la cause d’un grave déficit de légitimité démocratique et de l’avènement d’une chambre structurellement à droite depuis 1858…



La plupart des états dans le Monde connaissent ou ont connu l’existence d’une seconde chambre parlementaire, le plus souvent liée à leur histoire nationale. Généralement, cette deuxième chambre était créée à l’origine pour préserver les intérêts de catégories sociales devenues minoritaires dans la société. Elle s’est maintenue, au cas par cas selon les pays et son existence a été justifiée, par ses initiateurs, par de nouvelles fonctionnalités constitutionnelles ou politiques, souvent très discutables.
La France n'a pas fait exception à cette règle historique. Dans les lois constitutionnelles de 1875, le Sénat avec ses 300 membres formait la chambre haute et partageait le pouvoir législatif avec la chambre des députés. La constitution de 1946 lui substitua le Conseil de la République, dont le rôle politique et législatif était réduit. 
Réintroduit à l’article 24 de la constitution de la 5ème République, il assure aujourd’hui la représentation des collectivités territoriales et perpétue ainsi une longue tradition française.

Une chambre dont l‘existence est très discutable

Le Sénat est renouvelable par moitié depuis 2011, après avoir été renouvelable par tiers tous les trois ans, à partir de 1958. Les sénateurs, au nombre de 348, sont élus pour six ans au niveau départemental par un scrutin soit proportionnel (dans 52 % des cas), soit uninominal à deux tours (dans 48 % des cas) par un collège composé de 150 000 grands électeurs : députés, conseillers généraux, conseillers régionaux et délégués des conseils municipaux. 
L’ensemble de ces grands électeurs ne représente que 0,25 % de la population ! Le poids écrasant des délégués des conseils municipaux (95% du collège), accentué par le fait que 98% des communes françaises comptent moins de 9 000 habitants, contribue à faire du Sénat une chambre vouée à la défense quasi exclusive des intérêts ruraux au détriment de l’intérêt général.
Les textes doivent être votés dans des termes identiques par les deux chambres. Si aucun accord n’est trouvé, le gouvernement peut convoquer une Commission Mixte Paritaire (CMP) chargée de trouver un compromis. Si le travail de la CMP n’aboutit pas à un texte de consensus ou si le texte n’est pas voté par l’une des chambres, le gouvernement peut alors débloquer le processus législatif en demandant à l’assemblée nationale de statuer en dernier ressort.
Le président du Sénat dispose en outre de pouvoirs politiques importants : il assure la présidence de la République en cas de vacance du pouvoir ou d’empêchement constaté et nomme un tiers des membres du Conseil Constitutionnel.
Historiquement, le Sénat n’a eu de cesse de s’opposer aux réformes modernisatrices, comme le PACS, la parité ou encore l’indépendance de la justice. Pendant la première alternance, de 1981 à 1986, 42% seulement des lois ont été adoptées d’un commun accord entre les deux chambres, contre 95% lors des législatures précédentes. Dans 40% des cas, le blocage exercé par le Sénat a été tel que le gouvernement s’est vu dans l’obligation de demander à l’assemblée nationale de statuer en dernier ressort.

Une réforme indispensable et urgente

«Le Sénat a un privilège exorbitant et imparable, celui de tout bloquer» indiquait le Général De Gaulle qui a tenté d’en faire une sorte de super Conseil économique et social composé de représentants de tous les intérêts de la société. La nécessité d’une seconde chambre consultative représentant les collectivités territoriales et les organisations économiques, familiales, intellectuelles avait été énoncée dans son discours de Bayeux le 16 juin 1946. L’échec du référendum du 27 avril 1969 où le Non l’a emporté par 52,41% des suffrages, a vu la fin de ce projet.
En 1998, Lionel Jospin, alors premier ministre, avait bien qualifié le Sénat d’« anomalie démocratique » mais par cette formule, il critiquait non pas le principe d’une deuxième chambre mais essentiellement son mode de scrutin. 
Avec un peu d’ambition et de courage, on pourrait à nouveau aujourd’hui proposer de fusionner le Sénat et le Conseil économique, social et environnemental (CESE) au sein d’une nouvelle chambre exerçant une fonction consultative et ne disposant d’aucun pouvoir de blocage. 
- L’intérim du président de la République serait exercé par le premier ministre et non plus par le président du Sénat. 
- La nouvelle assemblée n’aurait plus l’initiative des lois.
- Les projets et propositions de révision constitutionnelle seraient adoptés à la majorité absolue des députés puis soumis au référendum et non plus par le congrès (Assemblée nationale + Sénat)
La composition de cette nouvelle assemblée pourrait être la suivante :
- Réduction drastique du nombre de représentants à 300 (actuellement 348 sénateurs + 233 membres du CESE = 581) 
- 150 membres représentant les collectivités territoriales de métropole et d’outre-mer élus à la proportionnelle intégrale dans le cadre des circonscriptions régionales.
- 150 autres représentant les activités économiques, sociales et culturelles, désignés par des organismes représentatifs (salariés, agriculteurs, entreprises, familles, professions libérales, enseignement supérieur et la recherche, activités sociales et culturelles).
Mais aujourd’hui, l’UMP et l’UDI sont hostiles à toute réforme qui mettrait en péril la domination séculaire de la droite. Et le PS, après avoir réalisé l’extension du mode de scrutin proportionnel à partir de 3 sièges de sénateurs dans les départements, ne propose plus rien d’autre.
Un bien triste constat car Il serait temps de changer réellement nos institutions et d’aller vers une 6ème République au lieu de bricoler constamment la 5ème...


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18 octobre 2012

30 ème anniversaire de la mort de Pierre Mendès France

PMF est le surnom commun de Pierre Mendès France (1907-1982), homme politique français

Le 18 octobre 1982 mourait Pierre Mendès France. En concevant la République comme un combat historique et démocratique et non comme un pouvoir à conserver ou à isoler de la société, PMF, comme Jaurès, a toujours sauvé en quelque sorte l’honneur de la gauche.
 
Il a laissé, en une phrase, un véritable testament aux générations futures : «Ceux qui veulent conjuguer l’égalité et la liberté, construire le socialisme à visage humain, doivent toujours mettre et remettre au premier plan le souci et l’exigence de la démocratie politique»…


Dès 9 juillet 1936, PMF fait déjà entendre une autre voix. La gauche (PCF compris) s'abstenant lors du vote à propos de la participation française aux Jeux olympiques de Berlin, organisés par le régime nazi, il est le seul député de gauche à voter contre, soutenant ainsi les Olympiades populaires organisées par le Front populaire espagnol.

PMF élabore ensuite avec le directeur de cabinet de Léon Blum, Georges Boris, un projet de réforme économique audacieux, axé sur le contrôle des actifs et sur le soutien à l'investissement dont l'exposé des motifs se réclame pour la première fois en France de préceptes keynésiens.
En décembre 1936, PMF organise les premières élections au suffrage universel complet (avec les femmes) à Louviers dans l’Eure où il était maire. Six conseillères adjointes furent élues, jusqu’à ce que le gouvernement Vichy mette brutalement fin à l’expérience. Il faudra attendre huit ans pour que les femmes puissent finalement voter. 
Après une première tentative infructueuse pour former un gouvernement, PMF est finalement investi président du Conseil avec une forte majorité le 18 juin 1954, quelques semaines après la défaite française à la bataille de Dien Bien Phu, pour faire la paix en Indochine. Il ne dirigera le Gouvernement que pendant sept mois et demi (jusqu’au 5 février 1955), mais son passage aux affaires sera l'un des temps forts de l'histoire institutionnelle de la quatrième République.
PMF avait promis de faire cesser la guerre en Indochine et le 20 juillet 1954, il signait l’accord de paix de Genève mettant fin au conflit. Après son départ du pouvoir en 1955 puis la chute du gouvernement Edgar Faure en janvier 1956, la SFIO de l’époque et Guy Mollet allaient commencer une autre guerre en Algérie...
Ses idées et ses discours ont toujours été particulièrement marquants et prémonitoires dans plusieurs domaines importants comme les conditions de mise en œuvre des réformes, les institutions, la fiscalité ou la construction de l’Europe.
 

Les institutions de la 5ème République

 
Opposé aux conditions dans lesquelles le général de Gaulle prend le pouvoir en 1958, il mène vigoureusement campagne pour le Non au référendum du 28 septembre 1958, qui se soldera malheureusement par l'adoption du projet et la rapide promulgation de la Constitution du 4 octobre 1958, à caractère monarchique accordant trop de pouvoir à un seul homme en la personne du président de la République.
 
"Ce n'est pas parce que je me suis élevé contre le désordre et l'impuissance et la stérilité de la IVe République que je vais me ruer dans l'extrême opposé, c'est-à-dire, dans un système où tous les pouvoirs seront donnés à seul homme. Je prétends qu'il n'est pas vrai, contrairement à ce qu'affirme la propagande officielle, que nous n'ayons le choix qu'entre, d'une part un parlementarisme dévoyé, désordonné, impuissant comme celui que nous avons eu pendant un temps ; et d'autre part, la monarchie absolue comme nous l'avons aujourd'hui !" (La République Moderne, 1962). 
 
Pierre Mendes France aura toujours considéré que la question institutionnelle était partie intégrante de la question sociale : 
 
"Je mets au défi quelque homme politique que ce soit d'entreprendre demain une authentique démocratisation de l'enseignement, de modifier la répartition du revenu national au profit des classes défavorisées, d'assurer le contrôle par la puissance publique des positions dominantes de l'économie, d'assurer désormais le respect des libertés fondamentales et des droits de l'Homme (...) si les problèmes institutionnels n'ont pas reçu d'abord une solution correcte. Autrement dit, si l'on n'a pas fait choix des leviers qu'il conviendra d'employer"  (La République Moderne, 1962). 
 
Son hostilité constante aux institutions de la 5ème République voulues par le général, maintenues par la gauche au pouvoir et François Mitterrand, l’a finalement conduit, dans la seconde partie de sa vie, à un certain retrait de la vie politique.
 

La mise en œuvre des réformes

 
Concernant les réformes à faire, il réaffirmait notamment au moment de la victoire de la gauche en 1981, le principe selon lequel si les réformes nécessaires au pays ne sont pas engagées dans les six premiers mois qui suivent l'arrivée au pouvoir d'un nouveau gouvernement, elles ne se font jamais.
 
La rareté de vraies réformes administratives, économiques et sociales depuis plusieurs décennies démontre bien la véracité de ses propos.

Et aujourd’hui, on a déjà un petit aperçu du bien fondé de cette affirmation quand on voit François Hollande ou Jean-Marc Ayrault renvoyer à plus tard certaines réformes fondamentales concernant les institutions (proportionnelle, réforme du Sénat, réduction du nombre des échelons administratifs, reconnaissance du vote blanc, 6ème République, etc.), la fiscalité (rétablissement d’une véritable progressivité de l’IR, changement de l’assiette des cotisations de SS, réforme de la fiscalité locale, réduction drastique des niches fiscales, etc.) ou la marche vers l’Europe sociale…

La fiscalité

A propos de la fiscalité, sujet de discussion sensible actuellement, PMF s'inquiétait déjà de la part grandissante de la fiscalité indirecte qu'il convenait de réduire car elle risquait d'entraîner une paupérisation grandissante des salariés.
Cette prévision s’est avérée malheureusement juste avec une pauvreté de masse qui touche aujourd’hui plus de 8 millions de personnes et un budget de l’Etat alimenté à près de 65% par les impôts indirects (TVA, TIPP, taxe d'habitation, taxe foncière, franchises médicales, forfaits hospitaliers, taxes diverses, etc.).  Un record qui fait de notre pays l’un des plus inégalitaires du monde avec seulement 19% des recettes budgétaires de l'Etat alimentées par l’impôt sur le revenu et 16% par l'impôt sur les sociétés ! 
Et cette particularité du budget en France ne choque pas beaucoup les partis traditionnels de gauche ou de droite qui parlent volontiers de stabilité ou de baisse des impôts sur le revenu mais en oubliant de dire que ces derniers ne sont pas les principaux impôts aujourd'hui…
Modifier le rapport entre fiscalité directe et indirecte est donc une réforme essentielle à engager, d'autant plus que les impôts indirects sont particulièrement injustes car ils touchent de la même manière les personnes les plus aisées comme les plus modestes et que l'Etat transfère de plus en plus de compétences aux collectivités territoriales, sans assurer parallèlement tous les financements correspondants.

L’Europe

Le 18 janvier 1957, quelques mois avant la signature des traités de Rome le 25 mars 1987 (CEE et Euratom), PMF exprimait, dans un discours resté célèbre à l'Assemblée nationale, ses doutes sur un marché commun où les pouvoirs de la démocratie sont délégués à une autorité extérieure non élue. 

Il prend position contre la ratification de ces traités en juillet 1957 en raison notamment de l'absence de l'Angleterre, du poids excessif des grandes sociétés capitalistes et du fait que  ces textes ne traitaient que l’aspect économique de la politique européenne et laissait de côté (déjà…) l'harmonisation fiscale et sociale en Europe :
« Le projet du marché commun, tel qu’il nous est présenté, est basé sur le libéralisme classique du XIXe siècle, selon lequel la concurrence pure et simple règle tous les problèmes.

[...] L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, soit elle recourt à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit à la délégation de ses pouvoirs à une autorité extérieure laquelle au nom de la technique exercera en réalité la puissance politique, car au nom d’une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement une politique, au sens le plus large du mot, nationale et internationale ».

Qui se souvient encore aujourd'hui de ce discours ? Pas grand monde ! Et plus de 50 ans après la signature du traité de Rome, de nombreuses personnalités politiques, souvent de gauche, ayant voté Oui au traité de Maastricht en 1992 ou au Traité Constitutionnel Européen en 2005 ont le culot de se réclamer de PMF et  continuent à nous expliquer que l’harmonisation sociale, fiscale, la fin des paradis fiscaux en Europe, etc., c’est pour demain… 

Pour mener une action politique efficace ou pour engager de vraies réformes, il ne suffit pas d'avoir de bonnes intentions, il faut encore un projet clair et surtout la volonté et le courage de le mettre en œuvre…



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5 juin 2012

Nomination de faux préfets : le nouveau Président de la République va-t-il dire Stop ?

Le mot préfet vient du latin præfectus et provient donc de la Rome Antique
Le nouveau Président de la république a baissé de 30% les rémunérations du Président et des ministres. Le geste est positif mais largement symbolique car le nombre de ministres dans le gouvernement, parité oblige, reste très élevé (34 et bientôt 38 lors du prochain remaniement prévu le 21 juin prochain). 

Et dans son livre "L’argent de l’Etat" aux Editions du Seuil, René Dosière, député apparenté PS, révèle qu’un ministre coûte en moyenne 17 millions d’euros tout compris avec son personnel et ses locaux. Ce chiffre n’avait jamais été calculé auparavant et il n’est pas idiot de l’avoir en tête quand on forme un nouveau gouvernement de 34 membres.

Mais au-delà des symboles, si l’objectif de François Hollande est bien de réaliser à l’avenir des économies substantielles et de moraliser la vie politique, de nombreux autres gestes sont possibles comme l’arrêt de la nomination de faux préfets…

31 décembre 2011

Que l’année 2012 soit celle du changement !

Bonne année 2012
L’année 2012 qui s’annonce sera très politique. Elle marquera le début réel de la campagne présidentielle pour l’actuel occupant de l’Elysée et ses challengers.

Au terme du quinquennat de Nicolas Sarkozy, la France compte 4,5 millions de chômeurs en incluant les DOM. Depuis 2008, on compte 1 215 000 chômeurs supplémentaires ! A cela, il faut ajouter trois millions de salariés précaires, trois millions de salariés à temps partiel, huit millions de personnes pauvres gagnant moins de 950 € par mois ! 


31 décembre 2009

Bonne année 2010 !

Bonne annéeUne année s'achève et une autre commence. L’année 2010 verra sans doute la suite des «réformes» concoctées par le chanoine d’honneur de Saint-Jean-de-Latran et sa majorité parlementaire au service des familles les plus aisées de France, comme on l’a vu rarement dans l’histoire de la République.

Trop de fausses réformes à usage seulement médiatique ou comptable ne font pas une politique cohérente. Pire, elles continuent de creuser des inégalités qui sont devenues insupportables.

Mais la force de la République réside dans ses principes et la capacité de réaction de ses citoyens. Un conflit durable s'est installé entre le président de la République et les citoyens depuis notamment l’affaire de l’EPAD, celle lamentable de la fiscalisation des indemnités journalières perçues par les salariés à la suite d’un accident du travail ou celle de la taxe carbone, retoquée mardi dernier par les membres du Conseil constitutionnel.

C'est pourquoi, tous les espoirs sont permis pour sortir bientôt l'occupant actuel du Palais de l'Elysée !

A toutes et à tous, meilleurs voeux pour 2010. Santé, succès professionnel et personnel, amour et paix en cette période de crise profonde dans le monde.

Albert


Photo Flickr-cc : bonne année par pfala


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19 octobre 2009

EPAD : le Prince Jean des Hauts de Seine doit renoncer…


Jean Sarkozy est né le 1er septembre 1986 à Neuilly-sur-Seine
L'ascension du second fils du président de la République, Jean Sarkozy, candidat à la tête de l'Epad (Etablissement public d'aménagement de La Défense), la vengeance du père dans le procès Clearstream, pour lequel les moyens de la République sont mobilisés afin d'éliminer un rival politique, Dominique de Villepin, montrent que la France devient une république bananière.

Dans l'Europe protestante du Nord, il y a longtemps qu'un tel président serait sur la touche, notamment après avoir annoncé, en janvier 2009, que les enquêtes judiciaires seront désormais toutes dirigées par le Parquet, soumis au pouvoir politique…

1 février 2009

Démocratie ! Démocratie ! ou l’indignation sélective du PS…


L’Assemblée nationale siège au palais Bourbon
Réunis le 20 janvier 2009, à l'Assemblée nationale, pour l'examen d'une loi organique visant à "encadrer" les relations entre le parlement et le gouvernement, les députés socialistes ont crié "démocratie, démocratie", entonné la Marseillaise et hurlé contre la limitation de leur rôle en rappelant qu'ils étaient les représentants du peuple…

22 septembre 2008

A quand un Sénat démocratique ?

Jardin du luxembourg
L’élection du dernier tiers du Sénat, le 21 septembre, avant l'élection par moitié à partir de 2011, remet sous le feu des projecteurs cette deuxième chambre du parlement dont le général de Gaulle disait, après avoir tenté vainement de la réformer : «Le Sénat a un privilège exorbitant et imparable, celui de tout bloquer». 

Réuni dernièrement à Versailles, le congrès a bien voté, grâce aux voix de Jack Lang et de la plupart des 18 Radicaux de gauche, le projet de réforme de la constitution proposé par Nicolas Sarkozy mais on retiendra surtout des maigres modifications adoptées celle permettant au président de la République d’avoir une tribune supplémentaire en venant s'exprimer devant le Parlement.

Rien n’est prévu pour changer le singulier scrutin des élections sénatoriales qui fait du Sénat français la chambre parlementaire la plus archaïque du monde occidental. Son mode d'élection est la cause d’un grave déficit de légitimité démocratique et de l’avènement d’une chambre structurellement à droite depuis 1858…

15 septembre 2008

La République ne doit pas plier devant Benoît XVI

Liberté - Egalité - Fraternité
Après son discours de Latran sur les instituteurs incapables de «transmettre les valeurs de bien et de mal à nos enfants», après son discours exaltant de Riad : «Dieu qui n’asservit pas l’homme mais qui le libère», Nicolas Sarkozy continue de développer une inquiétante conception de la laïcité.

En recevant aujourd’hui le pape Benoît XVI en tant que chef d'Etat, le président de la République, chanoine de Latran, bafoue les principes de la loi de 1905 de séparation de l’église et de l’Etat. Le Vatican, État non membre de l'ONU où il a simplement le statut d'observateur, ne répond pas de plus aux critères démocratiques traditionnels : pas d’élections, pas de parlement, pas de pluripartisme.

Et en écornant ainsi le plus élémentaire devoir de réserve laïque et républicain dans une société plurireligieuse, Nicolas Sarkozy est à nouveau hors de sa mission de chef d’Etat car il ne revient à aucune autorité civile de trancher une question de conscience et de demander indirectement à la religion catholique de fonder la morale du pays…

25 août 2008

Ni Dalaï-Lama, ni pape !

Le Dalaï Lama.
Le pape
Le pape.
Que dit notre Constitution dans son article 1er ? La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. 

Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances...

18 août 2008

Affaire du voile islamique dans les Vosges : Fanny Truchelut doit être relaxée


Un voile est un vêtement qui couvre la tête
Le 6 juillet 2006, Fanny Truchelut, propriétaire d’un gîte de montagne dans les Vosges, accueillait cinq personnes qui avaient réservé leur séjour par Internet. Deux femmes de ce groupe étaient ostensiblement voilées. 

Surprise par un voile aussi patent, Fanny leur a demandé de bien vouloir le retirer dans les parties communes de son gîte, en hôtesse soucieuse de préserver l’harmonie d’un lieu paisible et les convictions de ses autres locataires qu’une tenue symbolisant la soumission des femmes pouvait troubler.

Son interlocutrice, Horia Demiati, militante active du port du voile - notamment sur les lieux de travail - se montrera intransigeante, repoussant le compromis proposé par la propriétaire. 

Devant cette attitude, et à la demande de la cliente, Fanny Truchelut lui a rendu ses arrhes, pensant ainsi clore le différend par respect mutuel. Mais Horia Demiati est allée aussitôt porter plainte…

8 août 2008

Quelques vérités sur les vrais régimes spéciaux...

La vérité est la correspondance entre une proposition et la réalitéSi les régimes spéciaux de retraite, notamment ceux de la RATP ou la SNCF, malgré leur alignement important sur le régime général de la Sécurité sociale, émeuvent encore certains parlementaires de la majorité présidentielle, les régimes dorés de certains autres régimes comme celui des députés et sénateurs ou des ministres, provoquent nettement moins d’émotion. 

Et pour les députés et sénateurs UMP-Nouveau Centre, il est plus facile de chercher des poux dans la tête des fonctionnaires, cheminots ou autres gaziers que de remettre à plat l'ensemble des inégalités et en finir avec toutes ces «Bastilles» qui vont de l’existence de centaines de niches fiscales (73 milliards d'euros de manque à gagner pour l'Etat permettant aux plus riches de s'affranchir de l'impôt sur le revenu...) à la réforme enterrée des régimes de retraite des parlementaires.
 
Il est vrai que parmi les bénéficiaires potentiels de ces régimes très avantageux, dont on parle peu, figure le Président de la République qui a déjà montré tous ses talents en matière d'opulence seigneuriale, s’octroyant 172% d’augmentation de salaire et triplant le budget de l’Elysée en 2008...
 
On croyait les privilèges abolis en France depuis un certain 4 août 1789. Erreur !
 
Ces dernières années ont vu leur retour triomphal. Pendant ce temps, en Sarkozie, cette "République irréprochable", il n'y a évidemment pas de passe-droits pour le tiers état, les petites gens. Ce sont à eux, et seulement à eux, que l'on demande de faire des efforts, d'accepter de payer des franchises médicales, de travailler plus pour gagner autant, quand ce n'est pas moins... 


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Photo Creative Commons : c'est ça qui est la vérité par Abdallahh



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30 mai 2008

Projet constitutionnel : tout sauf une constitution démocratique !

Désinformation
Le parlement se réunira prochainement à Versailles pour examiner une nouvelle proposition de révision de la Constitution qui a pour objectif officiel de moderniser et rééquilibrer les pouvoirs au sein de la 5ème République, voulue à l’origine par le Général de Gaulle en 1958.

Mais basée essentiellement sur les 77 propositions du rapport Balladur, cette 24ème révision de la constitution, si elle était adoptée, accordera en fait davantage de pouvoir au Président de la République, continuera à mépriser l’assemblée Nationale, devenue simple chambre d’enregistrement et transformera le gouvernement en un vulgaire cabinet présidentiel.

Le PS, qui a la possibilité aujourd’hui de faire barrage à cette ratification, le vote des 3/5 des parlementaires étant nécessaire, viendra-t-il en aide, une nouvelle fois, au Président de la République, comme lors du dernier congrès de Versailles, à propos du traité de Lisbonne ? Déjà, plusieurs personnalités socialistes ont signé un texte en faveur de cette réforme... 

8 février 2008

Le pasteur ou le curé ne pourront jamais remplacer l’instituteur…


Les instituteurs sont incapables de «transmettre les valeurs de bien et de mal à nos enfants» ? Incroyable mais vrai et c’est notre président de la République qui l’a dit dans son discours de Latran au Vatican. Le 14 janvier dernier, il récidivait à Riad en prononçant un autre discours exaltant : « Dieu qui n’asservit pas l’homme mais qui le libère»… 
  
Soutenir en somme que seule la religion ouvrirait sur le sens profond de la vie humaine et qu’elle mériterait ainsi un privilège public est une profession de foi discriminatoire. Sous-entendre que la «laïcité positive», c'est la même chose que la laïcité mais en mieux, c’est vider le concept de laïcité de son sens. 
Le Cardinal Tarcisio Bertone, en fin observateur de cette nouvelle «rupture» de Nicolas Sarkozy, ne s’y est d’ailleurs pas trompé en saluant un «changement d’orientation» de la France…