14 novembre 2017

Radio France condamnée pour le licenciement de Daniel Mermet !

Journaliste, animateur et producteur de radio
La Cour d'appel de Paris vient de donner raison à l'animateur de l'émission " Là-bas si j'y suis ", Daniel Mermet, limogé de France Inter en 2014.

Radio France a été condamnée pour licenciement abusif, «  sans cause réelle ni sérieuse » et devra lui verser 300 000 euros au titre d'indemnités de licenciement, de dommages et intérêts, de préavis et de requalification... 


Le 26 juin 2014, la voix gouailleuse de Daniel Mermet sonnait pour la dernière fois au micro de France Inter dans l'émission LBSJS, qu'il animait depuis vingt-cinq ans. L’animateur était alors contraint de plier bagages suite à une décision de Laurence Bloch, la directrice de la station, prétextant notamment une baisse des audiences.
Déjà en 2006, refusant tout dialogue et toute proposition, la direction de France Inter avait imposé le déplacement de LBSJS de 17 heures à 15 heures, ce qui revenait à amputer cette émission de plus de la moitié de ses auditeurs, la tranche de 15 heures étant traditionnellement beaucoup moins écoutée, quelle que soit la radio considérée.
L'animateur indiquait à l'époque : « Lorsque nous avons été placés sur cet horaire en 2006, l'audience de cette tranche était de 150 000 auditeurs. Aujourd'hui elle est à 450 000 auditeurs, donc LBSJS a amené au moins 300 000 auditeurs à France Inter : c'est la plus grosse audience sur cette tranche dans l'histoire de la station. S'il y a eu un léger tassement cette dernière année, c'est parce qu'ils ont amputé eux-mêmes l'émission d'une heure le vendredi, et de dix minutes à la fin de chaque émission.»
La direction de France Inter invoquait également une " envie de renouvellement ". Il est vrai que le baroudeur des ondes n'était plus tout jeune (72 ans). Mais, là encore, l'argument ne tenait pas: " On veut rajeunir l'antenne ? Très bien ! Des jeunes, il y en a ! Son équipe est très jeune... On veut juste tirer le rideau de fer, et que la boutique n'existe plus, ce n'est pas la même chose ", remarquait alors Frédéric Lordon.

Selon Daniel Mermet, la direction de France Inter s'est donc égarée : " Elle trahit les potentialités de cette maison, et sa vocation à être un haut lieu de l'éducation populaire. "
Finalement, condamnée le 7 novembre dernier, la station devra payer des indemnités à hauteur de 300 000 euros au journaliste, qui dirige désormais le site de LBSJS sur internet. Selon Daniel Mermet, cette condamnation inhabituelle lève le voile sur le statut précaire des journalistes de Radio France.
LBSJS apportait un vent frais à France Inter
L’émission parcourait les contrées de France et hors de France, à la recherche du non-dit, de l'événement qui ne parvenait pas à percer la chape de plomb médiatique. Elle débusquait l'idée dissidente au libéralisme dominant, le mouvement social qui, quand bien même il était sectoriel, n'en méritait pas moins d'être relaté, la lutte qui, mise bout à bout avec les autres, pourrait enfin faire basculer le rapport de force en faveur des damnés de la terre. Elle tendait son micro tantôt aux plus grands penseurs de la gauche critique (Noam Chomsky, Eric Hobsbawm, Frédéric Lordon, Daniel Bensaïd...), tantôt à la multitude des anonymes investis dans les combats les plus variés.
Au départ pourtant, la dimension politique de l'émission n'était pas explicite. Il s'agissait d'un projet de reportages au long cours. Mais, en ces années 90 de plans d'ajustements structurels successifs, Daniel Mermet se rapproche de l'équipe du Monde diplomatique, et LBSJS devient le lieu où s'invente quotidiennement un monde alternatif, le point vers lequel converge tout ce que la France compte d'utopistes, de réfractaires et de militants de l'idée égalitaire.
C'est ainsi que, presque par accident, l'émission devient une anomalie dans le paysage radiophonique, selon l'expression de François Ruffin, rédacteur en chef de Fakir, et reporter de LBSJS entre 2005 et 2012. " Il fallait bien qu'au bout d'un moment une tentative réussisse ", constate amèrement de son côté l'économiste Frédéric Lordon, journaliste au Monde diplomatique et invité récurrent de l'émission.
Dès l'annonce de la suppression, l'équipe de Daniel Mermet a travaillé à l'élaboration d'une nouvelle émission fidèle à l'écriture et à l'esprit de l'émission disparue. Cela aboutira au lancement de l'émission " Comme un bruit qui court ", diffusée le samedi de 16 h à 17 h à partir de la rentrée 2014.
Le 21 janvier 2015 sera diffusée sur internet uniquement la nouvelle formule hebdomadaire, diffusée en direct tous les jeudis et qui dure deux heures.  Depuis, le site s'est diversifié. On y trouve désormais plusieurs émissions, entretiens, différentes chroniques (certaines en accès libre, la plupart réservées aux abonnées). L'équipe continue à pencher sur la création d'un " 7/9 neuf " quotidien mais n'a pas encore les moyens de le réaliser, faute d'un nombre suffisant d'abonnées... 
 

" On a gagné. Ils sont condamnés pour licenciement sans cause sérieuse et pour 38 ans de CDD, dont plusieurs sans contrat de travail écrit. C'était du Macron avant Macron ! "

Daniel Mermet

 

> LBSJS sur internet ICI

 

Photo Creative Commons   
 

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6 novembre 2017

Guyane : Emmanuel Macron soutient la « Montagne d’or » !

Avec environ 8 millions d'hectares, la forêt guyanaise couvre l'essentiel de la Guyane
La ruée vers l’or déchaîne les passions en Guyane. Dans cette région gangrenée par l’orpaillage sauvage, un projet de mine industrielle géante est porté par un consortium international (détenu à 55 % par le russe Nordgold et à 45 % par le canadien Colombus Gold), rebaptisé la Montagne d’or.
 
Ce projet est contesté par les défenseurs de l’environnement mais Emmanuel Macron s’est dit favorable au dossier dans un entretien accordé à France Télévisions Guyane le 27 octobre dernier… 

30 octobre 2017

Jacques Sauvageot restera dans la mémoire de Mai 68

De gauche à droite Alain Geismar, Jacques Sauvageot et Daniel Cohn-Bendit.
Figure de mai 1968, Jacques Sauvageot est décédé samedi 28 octobre à l’âge de 74 ans à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris où il avait été admis le 12 septembre dernier, après avoir été percuté par un scooter. 

Jacques Sauvageot faisait partie du trio qui ébranla le pouvoir gaulliste au printemps 1968, avec Daniel Cohn-Bendit et Alain Geismar. Cette triste nouvelle intervient à quelques mois du cinquantième anniversaire du mouvement de contestation de Mai 68... 

28 octobre 2017

Suppression partielle de la taxe d’habitation : une réforme en trompe l’œil…

La taxe d'habitation est un impôt s’appliquant à chaque personne (propriétaire ou locataire) disposant d’un bien immobilier.
Impôt très injuste depuis  sa mise en application en 1974 par le gouvernement de Pierre Messmer et son ministre de l’Économie et des Finances, Valéry Giscard d'Estaing, la taxe d’habitation méritait d'être réformée mais il est regrettable qu’elle ne soit pas réaménagée de façon plus sérieuse.
 
Cette taxe va être supprimée sur une période de trois ans pour 80 % des ménages en compensation de la hausse de la CSG mais à rebours du discours officiel, cette réduction partielle ne va pas réduire les inégalités…

21 octobre 2017

Nicolas Hulot va-t-il avaler la nouvelle couleuvre du prolongement de la licence du glyphosate ?

La plupart des couleuvres appartiennent à la famille des Colubridae et des Lamprophiidae
Au printemps 2016, pour sortir de l'impasse et éviter un vide juridique, la Commission de Bruxelles avait temporairement prolongé de 18 mois la licence du glyphosate qui arrivait à expiration.
 
Cette autorisation de prolongation s'achève fin décembre 2017 et le renouvellement de la licence fait l'objet d'un nouveau débat à Bruxelles…

13 octobre 2017

Projet de suppression des AF pour les ménages les plus aisés : une économie budgétaire plutôt qu'une vraie réforme...

Les allocations familiales sont des sommes versées aux personnes ayant un ou des enfants à charge
La ministre de la Santé et des Solidarités, Agnès Buzyn, souhaite entamer avec le Parlement et l'ensemble des acteurs une réflexion sur la politique familiale en général. Dans ce contexte, le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a fait savoir qu'il n'était pas fermé à l'idée de ne plus verser les allocations familiales aux ménages les plus aisés.
 
Quant au président de la République, il désire prendre le temps de la réflexion mais pourrait être tenté de réaliser une économie budgétaire et en même temps casser l'image, qui lui colle à la peau, d'un « président de droite qui a bâti un budget 2018 pour les riches »…

30 septembre 2017

Pour la création d'un nouveau média citoyen

Dans les pays industrialisés, les médias se sont largement développés et sont majoritairement détenus par de grands groupes industriels
L'engagement d'une véritable réforme de l’impôt sur le revenu constitue aujourd’hui un enjeu fondamental aussi bien pour réduire les inégalités sociales que pour le rétablissement de finances publiques saines.

Emmanuel Macron a pourfendu récemment " ceux qui n'ont pas eu le courage de faire les réformes nécessaires " pendant plusieurs dizaines d'années en les qualifiant de " fainéants " mais lui-même n’envisage pas de réformer une fiscalité des revenus qui demeure très injuste, la seule mesure annoncée concernant un allégement de l'Impôt de solidarité sur la fortune pour les contribuables les plus aisés...