20 septembre 2018

Stopper la braderie des barrages hydroélectriques : une vraie réforme que ne fera pas Emmanuel Macron...

Electricité d’origine hydrauliqueLes barrages hydroélectriques français constituent la deuxième source d'électricité après le nucléaire, produisent chaque année 12,5 % de l’électricité et rapportent 1,25 milliard d’euros par an. 

Construits pour l’essentiel par nos aînés et financés par les impôts de nos parents et grands-parents, la privatisation des barrages est aujourd'hui malheureusement en marche…  


L'énergie hydraulique, 100% renouvelable, est produite grâce à des chutes d'eau qui entraînent des turbines produisant, sur le modèle de la dynamo, de l’électricité. En résumé tant qu’il y a de l’eau (dans le réservoir ou le long de la rivière) il y a de l’électricité. Cette énergie ne participe ni à l’augmentation de l’effet de serre ni à la pollution de l’air, n’émettant pas de CO2 et de gaz polluants. 

La France compte 399 barrages sous concession. 80 % d'entre eux sont exploités par EDF, 12 % par Suez via ses filiales Société Hydro Electrique du Midi (SHEM) et Compagnie Nationale du Rhône (CNR), le reste étant aux mains de petits exploitants. EDF reste le premier producteur d’électricité d’origine hydraulique de l’Union européenne, avec plus de 20 000 MW de puissance installée. 

Un peu d’histoire 


Le Conseil national de la Résistance (CNR), créé par Jean Moulin le 27 mai 1943 à Paris, réunissait dans le même combat de libération nationale les communistes et les gaullistes avec une volonté de recouvrer la souveraineté nationale et populaire. C’est dans ce cadre que les barrages hydrauliques furent construits et cette volonté a permis un essor économique sans précédent, la France se hissant au rang de 4e puissance économique mondiale. 

Mais avec la transformation d’EDF en société anonyme en 2004 et le vote en 2006 (à la demande de la Commission européenne) d’un amendement abrogeant le droit de préférence, le renouvellement des concessions a été ouvert à la concurrence « libre et non faussée ». En juillet 2008, le ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo, signait le décret de mise en concurrence des concessions des barrages hydroélectriques français.  

Les premiers appels d’offres pour le renouvellement des concessions devaient être ouverts fin 2010 mais ce dossier est resté bloqué par la France au grand dam des commissaires européens. 

En août 2015, la loi de transition énergétique a fixé un nouveau dispositif d’ouverture des concessions et a prévu le regroupement des barrages par grandes vallées (barycentres) et la création de sociétés d’économie mixte. Mais si cette tentative d’essayer de limiter les effets de la privatisation des ouvrages est louable, elle n’a pas mis fin à l’escroquerie qui consiste à transférer les gains d’une infrastructure, financée par les impôts des citoyens français, à des sociétés privées qui vont vite faire de la rapine légalisée.  

Mise en demeure de la commission européenne  


En octobre 2015, la Commission européenne émet une mise en demeure officielle ordonnant à la France d’ouvrir ce marché à la concurrence ou, à défaut, de justifier le quasi-monopole public d’EDF sur l'énergie hydraulique. Cette mise en demeure, qui n’est pas censée être publique (ce qui est, en soit, scandaleux), a été révélée par le site Mediapart.

En 2017, cette mise en demeure est renouvelée. Si la France ne fait rien pour régulariser sa situation, la Commission Européenne veut infliger une amende importante à la France. C’est l’argument utilisé aujourd'hui par le gouvernement pour justifier la privatisation inéluctable des barrages.  

La Commission agit au titre de l’article 106 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) : « En vertu de l’article 106 du TFUE, les Etats membres sont tenus de veiller, en ce qui concerne les entreprises publiques et celles auxquelles ils accordent des droits spéciaux ou exclusifs, à n’édicter et à ne maintenir aucune mesure contraire aux règles des traités, et notamment aux règles de concurrence ». 

Au nom du principe de “ concurrence libre et non faussée ”, la Commission européenne, entend s’attaquer à l’ensemble des monopoles publics. Dans le cas de la France, après avoir remis en question les monopoles de France Télécom, de Gaz de France, d’Air France, de La Poste et de la SNCF, elle entend “ouvrir à la concurrence” le marché de la production d’électricité hydraulique. 

Pour la Commission, il est impensable qu’une entreprise publique contrôle une si grande part d’un marché rentable comme la production d’hydroélectricité. 

Mais alors que l'Allemagne ou la Slovénie par exemple ont refusé le diktat de l'UE, Emmanuel Macron accepte et se soumet. Dans les rails de son tuteur François Hollande, il continue la vente à la découpe de la France. Et comme pour les autoroutes en son temps, les barrages hydro-électriques vont devenir une nouvelle poule aux œufs d'or pour les lobbys privés investisseurs...   



Photo Creative Commons 



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12 septembre 2018

Lettre ouverte à Emmanuel Macron sur les affaires

Emmanuel Macron est président de la République
Michel Onfray est philosophe et essayisteDans la tradition littéraire des pamphlets et de la satire politique, le philosophe et essayiste Michel Onfray  a réagi à la nomination de Philippe Besson, ami du couple Macron, au poste de consul de France à Los Angeles.

Cette affaire, ainsi que d'autres abordées également dans cette lettre, révèle une nouvelle fois la dérive des institutions de la 5ème République du 4 octobre 1958, à caractère monarchique, qui accordent trop de pouvoir au président de la République et qu'Emmanuel Macron amplifie un peu plus chaque jour... 

5 septembre 2018

Prélèvement de l'impôt à la source : une usine à gaz et toujours pas de vraie réforme fiscale...

Un usine à gaz
Adresser une lettre ou un email à 35 millions de personnes pour annoncer le prélèvement de l'impôt à la source au 01/01/2019 et dans le même temps songer publiquement à y renoncer, on ne peut que s’interroger sur cette tragi-comédie gouvernementale qui a duré une dizaine de jours et dont le but pourrait être de faire diversion après l'affaire Benalla et la démission de Nicolas Hulot.

Pâle copie de systèmes fiscaux étrangers où l'impôt sur le revenu est infiniment plus simple qu'en France, Emmanuel Macron et Edouard Philippe ont finalement confirmé le 4 septembre dernier la mise en place du prélèvement à la source, initié sous le quinquennat de François Hollande… 

28 août 2018

La France ne sait pas quoi faire de ses déchets nucléaires mais prend ceux des autres…

Nicolas Hulot vient de démissionner ce jour de son poste de ministre de la Transition écologique et solidaire, souffrant d'une indigestion de couleuvres avalées depuis son entrée au gouvernement le 17 mai 2017 :  
 
  • absence de toute transition énergétique, 
  • accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada (Ceta),
  • accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Japon,  
  • centrale à biomasse de Meyreuil-en- Provence, 
  • compteurs communicants Linky,
  • développement des fermes-usines amplifiant la précarisation du monde paysan,
  • déversement des boues rouges dans le parc national des calanques,  
  • glyphosate, 
  • grand contournement ouest de Strasbourg, destructeur de terres agricoles,
  • hydrocarbures à partir d'huile de palme au profit de Total qui accroit la déforestation,  
  • liaison ferroviaire Lyon-Turin,
  • lobby élyséen de la chasse, 
  • lobby de la FNSEA, 
  • loi alimentation,
  • loi Egalim qui ignore la souffrance animale,
  • perturbateurs endocriniens,
  • projet "Eridan", gazoduc reliant les départements des Bouches-du-Rhône à la Drôme,
  • Projet "Erscia" de méga-scierie qui détruit la forêt du Morvan,
  • projet minier dit de la "Montagne d'or" qui détruit la forêt en Guyane,
  • etc.
 
Parmi les dernières couleuvres ingurgitées par le Ministre d'Etat figure un décret signé en plein été par Emmanuel Macron, Edouard Philippe, Jean-Yves Le Drian et l’ambassadeur de France en Australie qui vient d’autoriser l’importation de 4 tonnes de plutonium et d’uranium australiens…

19 août 2018

Benalla : l'arbre qui cache la forêt des affaires...

L'arbre cache la forêt
Un peu plus d’un an après son élection à la présidence de la République, l’affaire Benalla illustre parfaitement la façon dont Emmanuel Macron exerce sa gouvernance.   

Largement médiatisée, cette affaire révèle une nouvelle fois la dérive des institutions de la 5ème République, à caractère monarchique, qui accordent trop de pouvoir au président de la République. 

La France reste ainsi un des rares pays au monde où un seul homme peut décider à peu près de tout mais cet évènement n'est  finalement que la énième affaire depuis 1958 et tout particulièrement depuis le 7 mai 2017...