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17 juillet 2018

Scandale au Congo : deux parcs naturels ouverts à l’exploitation pétrolière !

Parc de la SalongaAprès le Congrès américain qui a autorisé l’exploration pétrolière et gazière au sein de « l’Arctic National Wildlife Refuge » en décembre 2017, l’une des plus vastes réserves naturelles d’Alaska (78 000 km²), c’est au tour de la République démocratique du Congo d’envisager des activités extractives dans deux parcs naturels classés à l’Unesco… 


25 février 2018

Défendre les agriculteurs et non les accords de libre-échange…

2018
Le 55ème salon International de l’Agriculture, qui s'est ouvert à Paris le 24 février dernier, a vu le passage, dès le premier jour, du Président de la République visitant tous les stands et dégustant les spécialités régionales devant l'ensemble des micros et caméras.  

Emmanuel Macron a battu le record de présence avec plus de 12H30 passées au salon, record détenu précédemment par François Hollande avec 12H00, mais les questions essentielles n’ont reçu de sa part que des réponses évasives...  

11 décembre 2017

Quand l’Union européenne fait semblant de lutter contre l'évasion fiscale...

Chaque année, 60 à 80 milliards € échappent au budget de l’État   Le Conseil pour les affaires économiques et financières (ECOFIN), rassemblant les ministres de l’économie et des finances de l’Union européenne, s’est réuni le 5 décembre dernier à Bruxelles pour discuter notamment des politiques de lutte contre l’évasion fiscale et établir une liste des paradis fiscaux.

Mais curieusement, la liste est très incomplète et aucun Etat de l'Union européenne ne fait partie des 17 paradis fiscaux retenus…

20 novembre 2017

COP 23 : les négociations entre pays tournent à nouveau à la mascarade !

Il traduit une augmentation de chaleur retenue à la surface terrestre
A l'heure où le climat de la planète est en train de changer, on attendait des dernières COP qu’elle prennent enfin des décisions courageuses et visionnaires. 

Mais face à l’État d’urgence climatique, la COP 2017, à l'image de celles de 2016 et 2015, continue de proposer un bricolage constitué de la somme des égoïsmes nationaux, aussi bien en matière de financements que d’objectifs de réduction des émissions…

26 août 2017

Travailleurs détachés : quand Emmanuel Macron semble découvrir la lune…

L‘utilisation de travailleurs détachés est devenue courante au sein de l’UE
Emmanuel Macron souhaite réviser la directive sur les travailleurs détachés. Ancien secrétaire général adjoint de l'Élysée, ancien ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique, il ne semble découvrir qu’aujourd’hui les méfaits de cette législation européenne.

Au vu de ses déclarations récentes, on est en droit de s'interroger sur le véritable but recherché par le Président de la République car une nouvelle révision hypothétique de cette directive, datant du 16 décembre 1996, ne changera pas grand-chose à la course au moins-disant social et fiscal en vigueur en Europe depuis de nombreuses années...  

30 juillet 2017

Vénezuela : un point de vue plus éclairant de la situation...

Le Venezuela est situé dans la partie la plus septentrionale de l'Amérique du Sud
Les critiques pleuvent actuellement sur Nicolás Maduro Moros, président  du Venezuela, en fonction depuis le 8 mars 2013, accusé d’être la cause de tous les malheurs du peuple vénézuélien. 

Mais, comme hier au Chili (coup d’état du 11 septembre 1973 du général Pinochet, avec le soutien de la CIA, contre Salvador Allende) ou aujourd’hui en Syrie (guerre avant tout pour le contrôle des plus grandes réserves de gaz du bassin méditerranéen), la situation au Venezuela n'est pas forcément celle présentée chaque jour par les médias... 

19 juin 2017

Après les élections législatives du 18 juin 2017, un scrutin à la proportionnelle s’impose plus que jamais...

Le scrutin proportionnel vise à représenter fidèlement le vote des électeurs
Avec 32,3% des voix exprimées au premier tour des élections législatives du 10 juin 2017 et seulement 15,4% des électeurs inscrits, La République en marche et le Modem obtiennent au second tour 350 députés sur un total de 577, soit plus de 60% des sièges à l'Assemblée nationale. 

Un parti minoritaire dans le pays mais largement majoritaire dans l’hémicycle, la France continue de se distinguer depuis 1958 avec son scrutin majoritaire uninominal à deux tours, véritable aberration politique qui écarte de toute vraie représentation parlementaire plusieurs millions d’électeurs...

2 juin 2017

Accord de Paris : la décision de Donald Trump ne changera pas grand-chose à l’inconsistance de la COP 21…

La Conférence de Paris sur le climat a eu lieu du 30/11 au 12/12 2015 au Bourget
Après des semaines d’atermoiements, Donald Trump a finalement annoncé jeudi 1er juin que les Etats-Unis vont se retirer de l’Accord de Paris sur le climat.

Le président a abattu ses cartes en indiquant notamment que l’accord était trop coûteux pour les Etats-Unis et qu'il valait mieux en sortir pour protéger les intérêts des citoyens américains... 


9 mai 2017

Une journée de l’Europe au goût amer…

La Journée de l'Europe est une fête commémorant la Déclaration Schuman du 9/5/1950
Le 9 mai 1950, Robert Schuman présentait sa proposition relative à une organisation de l'Europe et un maintien de relations pacifiques entre les différents pays, proposition considérée comme l'acte de naissance de l'Union européenne.

Le 9 mai est devenu ainsi un symbole européen (journée de l'Europe) qui, aux côtés du drapeau, de l’hymne et de l’euro, identifie l'Union européenne en tant qu'entité politique.

Cet anniversaire est une nouvelle occasion pour tous les européistes de vanter les mérites de l’Europe telle qu’on la connaît depuis le traité de Rome en 1957. Mais ce plaidoyer, notamment de François Hollande et d'Emmanuel Macron, décrit en fait une réalité radicalement différente de celle que les citoyens vivent chaque jour...


25 mars 2017

60ème anniversaire du traité de Rome : toujours le même discours...

En 1992, l’UE a pris la suite de la CEE qui avait été créée en 1957
Le 25 mars 2017 était célébré le 60ème anniversaire de la signature du traité de Rome donnant naissance à la communauté économique européenne (CEE), devenue l’Union européenne (UE) le 1er novembre 1993.

A cette occasion, les chefs d’Etat, réunis  dans la capitale italienne pour rappeler leur vision commune du projet européen, se sont montrés globalement satisfaits du bilan. En fait, c’est toujours le même message angélique qui est délivré depuis 1957 mais ce 60ème anniversaire devrait être plutôt un jour de deuil européen, tant les méfaits de ce système sont désormais évidents, le « cas » grec en étant une preuve tragique...


1 janvier 2016

Retour sur 2015 et bonne année 2016

L'année 2016 est, dans le calendrier grégorien, une année bissextile commençant un vendredi. Après un début de quinquennat consacré principalement à des réformes sociétales, après les départs en 2014 de Claude Sérillon et Aquilino Morelle, respectivement conseiller à la présidence et responsable de la communication élyséenne, les nouveaux communicants de François Hollande, emmenés par  Gaspard Gantzer, se sont lancés en 2015 dans une communication politique tous azimuts.

Le chef de l'État a multiplié les apparitions médiatiques et les déclarations dans la presse en surfant sur des événements tragiques comme les attentats contre Charlie hebdo ou ceux plus récents du Bataclan et des terrasses de café à Paris mais cela ne saurait faire oublier l’absence de vraies réformes économiques et sociales depuis 2012...

18 décembre 2015

Manuel Valls bloque à l’assemblée nationale un outil législatif contre les paradis fiscaux !

Un paradis fiscal est un pays ou territoire à fiscalité réduite ou nulleIl y a dix jours, l’Assemblée nationale votait en faveur d’un amendement demandant aux entreprises de rendre public, une fois par an, dans chaque pays où elles sont implantées, le montant de leur chiffre d’affaires, le nombre de leurs employés, les profits réalisés et les impôts payés.
 
Le 15 décembre dernier, un deuxième vote parlementaire positif avait lieu mais à une heure trente du matin, le vote était annulé par une manœuvre indigne du gouvernement…

14 décembre 2015

Le flop de la COP 21

La Conférence de Paris de 2015 sur le climat a eu lieu du 30 novembre au 12 décembre 2015 au Bourget en France
A l'heure où le climat de la planète est en train de changer, on attendait de la COP 21 qu’elle prenne des décisions courageuses et visionnaires. 

Mais à l’État d’urgence climatique, l’accord de Paris oppose un bricolage constitué de la somme des égoïsmes nationaux, aussi bien en matière de financements que d’objectifs de réduction des émissions…


18 novembre 2015

Attentats à Paris : la sacro-sainte union nationale ne suffira pas à dédouaner François Hollande…

Stop est un mot d'origine anglaise possédant plusieurs significations dont la principale est l'arrêt d'un mouvement
Les attentats du 13 novembre à Paris sont dramatiques et hélas simples : une dizaine de terroristes kamikazes ont lâchement assassiné 129 citoyens innocents, en blessant 352 autres dont 99 qui sont dans un état très grave. Et nos pensées se dirigent naturellement vers toutes les victimes, leurs familles et leurs amis.

Mais après le deuil national, il est temps de réfléchir aux véritables causes de ces attentats pour agir correctement afin que ceci ne se reproduise plus...

2 août 2015

La voie de la sagesse en Grèce, c’est celle de la sortie de l’euro


Costas Lapavitsas est co-fondateur de Syriza, député au Parlement grec et professeur d’économie
Alexis Tsipras a-t-il trompé le peuple grec ? Pourquoi a-t-il fait un référendum qui n’a servi finalement à rien ? Est-il cohérent de dire que l'accord cadre, signé par lui-même le 13 juillet dernier à Bruxelles, est mauvais et n’aura aucun  effet ?

En fait, Alexis Tsipras a cru naïvement qu’il était possible de changer l’Europe de l’intérieur en s’appuyant sur le résultat du référendum pour faire pression sur la communauté européenne et l'Eurogroupe. Mais cette stratégie est largement crédule car elle ne prend pas en compte le poids écrasant des institutions européennes ou la règle de l’unanimité pour modifier tel ou tel traité. La volonté et la combativité ne suffissent pas dès lors que l’on est devant un mur infranchissable...

26 février 2015

Reprendre la main sur la finance et les banques

Le poing désigne la main avec les doigts refermés La fraude et l'évasion fiscales coûtent chaque année environ 1000 milliards d'euros aux pays membres de l'Union européenne, dont 60 à 80 milliards  pour la France. 

Mais les règles, les institutions et les individus qui ont permis de tels dévoiements de la finance n’ont pas été et ne sont pas pour l’heure vraiment remis en cause par l’Europe et la Commission de Bruxelles…


Aujourd’hui, ce ne sont ni la taille des Etats ni le montant des dépenses ou des avantages sociaux qui sont à l’origine de la crise mais au contraire la faiblesse des législations en matière de régulation et de lutte contre la fraude, aggravée dans certains cas par la corruption des oligarchies dirigeantes.
Dans de nombreux pays, les moyens pour lutter contre la fraude et l'évasion fiscales  s’amenuisent et les enquêteurs n’ont parfois même plus les moyens logistiques d’enquêter sur le terrain. Pour la première fois depuis vingt ans, les sommes récupérées par les différentes administrations fiscales européennes ont diminué bien que les alertes aient été nombreuses au cours de ces dernières années...
Aux Etats-Unis, la crise des subprimes était déjà en partie la conséquence d’une fraude gigantesque au crédit hypothécaire. 
En Islande, pays de 320 000 habitants, 100 milliards de dollars se sont volatilisés en 2009. La faillite par exemple de l’Anglo-Irish Bank a des origines frauduleuses : 70 milliards d’euros ont disparu dans un contexte marqué par la confusion des intérêts entre secteur bancaire et autorités publiques. Un cercle d’initiés aurait bénéficié de «prêts cachés» d’un montant considérable.
En Espagne, Bankia, une des principales banques du pays, dirigée par un ex-directeur du FMI, M. Rodrigo Rato, a vendu des produits toxiques à ses employés et même à ses retraités qui ont perdu ainsi 23 milliards d’euros !
En Grèce, la dette a été longtemps dissimulée par des moyens frauduleux avant sa révélation en 2010. 
A Chypre, ce n’est pas seulement la faillite de la Grèce qui a entraîné celle du système bancaire de l’île mais aussi l’absence de contrôle et de transparence sur l'ensemble des fonds détenus dont plus de la moitié appartenaient à des non résidents...

8000 milliards d’euros placés dans les paradis fiscaux

Tous les Etats européens souffrent d’une fraude endémique et selon l’ONG « Réseau pour la justice fiscale », 8000 milliards d’euros seraient placés dans les paradis fiscaux. Des banques comme la britannique HSBC, prise la main dans un gigantesque scandale de fraudes fiscales et de blanchiment aggravé, et UBS notamment ont contribué à soustraire à l’impôt des sommes considérables.

Le récent "Livre noir des banques", publié par Attac France, met également au jour les activités spéculatives de BNP Paribas, de la Société générale, du Crédit agricole et du groupe Banque populaire-Caisse d’épargne (BPCE), quatre mastodontes qui ont joué un rôle non négligeable dans la crise financière de 2008 et qu’il a fallu sauver avec de l’argent public. Très fragilisés, ces groupes privés n’ont pourtant rien changé à leurs activités, leurs filiales n’ont pas abandonné les paradis fiscaux, et aucune de ces banques ne s’est avisée de publier la liste de ses fraudeurs fiscaux. Pire, elles ont spéculé avec la dette grecque et sont impliquées dans de nombreux projets ayant un lourd impact sur le climat. 

L’UE a pris certes quelques résolutions solennelles mais les rares mesures concrètes restent très modestes. Et à l'heure actuelle, les pays de l'UE ne s'entendent toujours pas sur la définition des paradis fiscaux. La législation les concernant varie d'un pays à l'autre et par conséquent, les transactions impliquant des paradis fiscaux peuvent transiter par les pays ayant la réglementation la plus souple.

Si l'UE se dotait d'une approche harmonisée en ce qui concerne l'identification des paradis fiscaux et d’une attitude ferme à adopter à leur égard, les fraudeurs ne pourraient plus exploiter les différences entre systèmes nationaux. Au lieu de cela, l’UE préfère recruter des banquiers comme pompiers de l’Europe. 

Ainsi, le 1er novembre 2011, Mario Draghi, vice-président pour l'Europe de la banque d’affaires Goldman Sachs entre 2002 et 2005, puis gouverneur de la banque d'Italie entre 2006 et 2011, est devenu président de la Banque Centrale Européenne (BCE).

Or, la banque Goldman Sachs a été au cœur de la prédation financière en étant impliquée dans de nombreux scandales financiers : subprimes, tromperie de ses clients à qui elle recommandait d’acheter des produits financiers sur lesquels elle spéculait à la baisse, maquillage des comptes grecs qui a résulté principalement de la levée de fonds hors bilan par le biais d’instruments financiers mis au point par la banque qui a perçu 600 millions d’euros à cette occasion...

Ainsi, le 27 juin 2014, les dirigeants européens ont choisi l'ancien Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, un des champions du secret bancaire en Europe, pour être le nouveau président de la Commission européenne

Le Luxembourg est un paradis fiscal au sein même de l’Europe ! Jean-Claude Juncker a été personnellement mis en cause dans l'affaire Luxleaks qui révèle de manière détaillée l'organisation de l'exil fiscal de plus de 1000 entreprises avec l'approbation de l'administration luxembourgeoise des impôts...

La nomination de ces deux personnages à la tête des deux plus importantes institutions européennes, avec l’aval de François Hollande qui n’a pas osé mettre son veto, n’est sans doute pas étrangère au manque de volonté de l’Europe de lutter efficacement contre les paradis fiscaux et au renoncement partiel à la taxe Tobin…

C'est une anomalie démocratique grave à l'heure où il est nécessaire d'incarner une rupture pour redonner aux citoyens le goût de l’Europe et de la politique.

Mais aujourd’hui, aucun pays n'est condamné à une servitude économique et monétaire permanente. Rappelons qu’en d’autres temps, le président Roosevelt aux Etats-Unis avait défini un New Deal, en décidant notamment une politique de grands travaux et une forte augmentation des impôts sur les personnes les plus riches, les banques et les entreprises. Plus récemment, l’Islande a laissé tout simplement ses trois principales banques faire faillite avant de les nationaliser, refusé de négocier avec la Banque Mondiale et le FMI avant de réécheloner sa dette avec les créanciers privés à des taux d’intérêt modérés…


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14 mai 2014

Elections européennes du 25 mai : les sornettes de François Hollande et de Manuel Valls…

Blagues à mourir de rire
En vue des prochaines élections européennes, François Hollande  a publié le 8 mai dernier, dans le journal le monde, une longue tribune pour lancer la campagne européenne. Manuel Valls a pris le relais en s’exprimant 3 jours plus tard au journal du soir de TF1.

Le Président de la République et son Premier ministre ont déployé à cette occasion un tissu d’arguments plus faux les uns que les autres pour essayer de justifier le vote socialiste le 25 mai prochain… 


C’est sans doute un des "communicants" de François Hollande, énarque ou banquier, qui a pondu ce "plaidoyer" des élites pour l'Europe. Ce texte n'est en effet que bobards et contre vérités à la petite semaine, décrivant une situation radicalement différente de la réalité de l'Europe que nous vivons chaque jour.

Premier argument utilisé, celui de la paix. François Hollande utilise notamment l’anniversaire de la fin de la Seconde Guerre Mondiale pour démontrer que la construction européenne a apporté la paix en Europe.  

Mais la paix de la 2ème moitié du 20ème siècle tient surtout à la menace de l’arme atomique, la fin de la guerre froide et un refus viscéral des instincts guerriers dans tous les pays du continent. Il serait d’ailleurs curieux que quelqu’un parvienne à démontrer qu’en absence de CEE, les pays européens seraient entrés en guerre. On peut rappeler aussi que d’autres pays hors UE (Suisse ou Norvège en Europe, mais aussi le Japon ou l’Australie) ne sont pas particulièrement belliqueux...

Deuxième argument traditionnellement évoqué à chaque échéance électorale : un autre modèle européen serait possible, François Hollande dénonçant une Europe qui ne serait « qu’un marché (…) à l’austérité aveugle ».

Pour ceux qui n’auraient pas bien compris, l’Europe souhaitable serait celle du PS, l’Europe actuelle serait celle de l’UMP et de l’UDI-Modem.  Mais ceci est grotesque car ces partis ont voté systématiquement ensemble, à 94%, tous les traités et directives européennes depuis de nombreuses années.

C’est toujours en fait le même leitmotiv depuis 1957, date du traité de Rome : l’Europe de demain sera plus sociale, plus protectrice, harmonisée fiscalement si les peuples votent social-démocrate ou socialiste à l’élection du parlement européen… Mais il faut se souvenir que rien n’a changé, même lorsque les partis sociaux-démocrates étaient majoritaires en Europe, dans les années 90... 

Qui tolère un euro fort au service quasi exclusif des pays du Nord et de l’Allemagne en particulier ?


Depuis plusieurs années, l'euro est surévalué par rapport aux grandes monnaies (dollar, livre, yuan, yen, etc.) et cela d'une façon durable.

Les gouvernements ne disposent plus de la politique monétaire en tant qu'arme pour intervenir sur le marché des changes. En effet, celle-ci est du ressort de la Banque Centrale Européenne (B.C.E) dont la mission, spécifiée par le Traité de Maastricht, consiste à contrôler l'inflation potentielle. Par conséquent, la BCE a tendance à augmenter les taux d'intérêt à court terme, dés que les prix à la consommation commencent à  s'élever ; ce faisant, ils favorisent une hausse mécanique de l'euro, en augmentant la rémunération implicite dont celui-ci va bénéficier, compte-tenu de la progression du taux d'intérêt.

Et il n'y a aucune raison que cela change prochainement, puisque les changements institutionnels dans l'Union Européenne provoquent toujours des oppositions, d'autant plus obstructrices que l'U.E comprend désormais 28 pays membres.

La monnaie unique établit donc des parités irrévocablement fixes et engendre ainsi une guerre féroce sur les coûts salariaux. L'Europe libérale poursuit le projet inavoué de dissolution des actuelles souverainetés politiques, pour mieux laisser jouer l'ordre du marché, c'est à dire les puissances privées et les banques.

Pire, on a recruté des banquiers comme pompiers de l’Europe avec le soutien des dirigeants européens, Angela Merkel en tête. Ainsi, Mario Draghi, promu président de la BCE est un ancien de la sulfureuse banque Goldman Sachs qui a aidé la Grèce à dissimuler des milliards d'euros d'emprunts d'Etat pendant des années...

François Hollande dénonce « le piège du déclin national » et critique la volonté d’abandonner la monnaie unique, qui aboutirait selon lui « au retour de l’inflation, (…) à une austérité implacable, (…) la disparition de la solidarité financière ». Il imagine « une Europe qui investit sur de grands projets (…), qui en termine avec la concurrence sociale et fiscale (…), qui protège ses frontières ». Le plus effarant est qu’il ose dire que " cette Europe, nous avons commencé à lui donner une réalité depuis deux ans" ...

Mais on peut construire l’Europe de plusieurs façons : la CEE d’avant l’Acte Unique avait une organisation monétaire souple et protégeait notre agriculture et notre industrie. Et il faut un sacré culot pour parler de solidarité au vu des horreurs produites par les plans européens notamment en Grèce. Enfin, les pays hors zone euro vont mieux que ceux qui y sont, avec la protection qu’apporte le contrôle de la banque centrale et une inflation à peine supérieure.

Qui tolère des paradis fiscaux au sein même de l’Europe et de la France ?


Situés le plus souvent près des grands pôles d’activité, les paradis fiscaux canalisent les flux financiers des grandes fortunes, des multinationalesde et de l’économie illicite : argent du crime, de la corruption et de la fraude fiscale (Andorre, Campione, Chypre, Gibraltar, Guernesey, Ile de Man, Irlande, Jersey, Liechtenstein, Luxembourg, Madère, Malte, Monaco, Sercq, Suisse)

Après retraitement, ces sommes colossales " travaillent " en toute légalité dans les circuits financiers internationaux. Les sommes ainsi mises en circulation chaque année représenteraient entre 15 et 30 % des dettes publiques cumulées, qui s’élèvent à quelque 5 000 milliards de dollars.

Les paradis fiscaux attirent donc tous ceux qui refusent la solidarité par l’impôt, laissant à leurs concitoyens le soin d’en acquitter la charge. C’est une des explications de l’appauvrissement relatif des Etats et de la diminution corrélative de leur capacité de régulation, voire de sauvetage du système lui-même.

Et la France ne s’honore pas à «fermer les yeux» sur certains mouvements de capitaux notamment dans deux micros états, dénoncés par l’ONU, l’Andorre et Monaco qui ont la particularité de se trouver pratiquement sur le territoire français et de compter pour l’un deux, à sa tête, un co-prince en la personne du Président de la République Française…

Qui s'enfonce dans la spirale de l’endettement sans réagir efficacement ?


La France est très endettée (4923 milliards € au total et 4640 € de plus par seconde…) mais elle emprunte actuellement à un taux assez bas, entre 0 et 1%. Il serait donc possible de renégocier l’ensemble de la dette, ou du moins une grande partie, au taux actuel et ainsi diminuer la charge globale de plusieurs dizaines de milliards d’euros. Pourquoi François Hollande ne le fait-il pas ? Une seule explication : faire plaisir aux banquiers qui pullulent dans son entourage et qui n’aiment pas recalculer des prêts à des conditions moins avantageuses pour les établissements bancaires !

Une autre solution consisterait à emprunter directement à la BCE ou à la banque de France à taux zéro comme cela se faisait avant 1973 (système supprimé par Georges Pompidou, ancien de la banque Rothschild…) mais Bruxelles et l’Europe n’en veulent pas, là aussi pour faire plaisir aux banques qui prêtent aux états avec intérêt et qui engendrent ainsi des super profits sans faire grand-chose.

C'est semble-t-il plus facile pour Manuel Valls de faire un plan d’économies de 50 milliards d’euros et de tailler dans les dépenses publiques, de geler le point d’indice des fonctionnaires, baisser les pensions de retraite, multiplier les déremboursements d’assurance maladie, etc…et d’appliquer le bon vieux principe « mieux vaut prendre aux pauvres, ils sont plus nombreux que les riches »…

Qui s’accommode de la directive européenne sur les travailleurs détachés ?


Avec le soutien de plusieurs États candidats à l’adhésion, soucieux de bénéficier de leurs avantages comparatifs en matière de fiscalité, de salaires et de conditions de travail (au point de blâmer leurs organisations syndicales pour leur opposition à la directive), la Commission de Bruxelles a délibérément renoncé à l’harmonisation au profit du principe du pays d’origine.

Le chantier naval des Constructions Mécaniques de Normandie a décroché récemment un contrat de construction de 6 navires. Ainsi, à Cherbourg une centaine d’embauches de salariés lettons et roumains seront réalisées au détriment d’une main d’œuvre locale qui existe et qui est au chômage !

Il en est de même de toutes les activités, que se soit le bâtiment, l’agriculture, l’industrie ou les les services. L’abattoir breton Gad qui a fermé employait une centaine de roumains… Sur le chantier du TGV Rennes-Le Mans, on emploie des ouvriers ukrainiens payés 585 euros mensuels pour 40 heures de travail par semaine, etc...

Qui a proposé de créer une taxe Tobin ultra-light ?


La taxe européenne sur les transactions financières (TTF) verra le jour en Europe au 1er janvier 2016 et ne concernera que les actions et quelques produits dérivés. 

Ce n’est en fait qu’une pâle copie de ce qu’il faut faire. C’est seulement un retour de l’impôt de bourse, qui existait au 19ème siècle et que Londres avait encore. L’union bancaire ne protège rien avec son fond de 55 milliards en 2025 pour toute l’UE, qui ne couvrirait même pas les besoins des banques espagnoles… Au lieu de freiner fortement la spéculation et de rapporter 35 milliards d’euros, la TTF européenne n’aura quasiment aucun effet et rapportera dix fois moins.

De tous les renoncements accumulés depuis son élection, celui-ci est le plus symptomatique de la dérive ultralibérale du président de la République. Car c’est le seul dossier économique sur lequel il n’a pas hésité à s’opposer très fermement à l’Allemagne et à la Commission, qui désiraient au contraire taxer l’ensemble des produits dérivés. 

Qui a assuré vouloir aller vite pour mettre en œuvre le traité de libre échange transatlantique ?


La confiance mutuelle a été "restaurée", selon François Hollande déclarant en février dernier à  Washington, qu'il fallait aller vite concernant l'accord d'échanges entre les Etats-Unis et l'Europe. "Faisons plus de choses ensemble", s'est écrié Barack Obama. Parmi celles-ci, il y a notamment le Grand Marché Transatlantique mais qui n'est rien d'autre que la mainmise des multinationales américaines sur le continent européen.

Une déclaration plutôt curieuse de François Hollande car les conditions dans lesquelles les négociations ont été lancées entre l’Europe et les Etats-Unis, sans publicité ni débat préalable, auraient mérité de suspendre toutes les discussions en cours.

Aujourd’hui, si cette négociation aboutit, le traité qui en résultera provoquera un bouleversement total du modèle de société qui prévaut dans les nations européennes. Ces négociations ont commencé sans que les peuples d’Europe aient donné à leur gouvernement le moindre mandat pour procéder à un tel reniement de nos valeurs fondamentales et des orientations profondes auxquelles nous sommes attachés.

Il est vrai que dans un autre domaine aussi, celui d’une intervention militaire éventuelle en Syrie, on avait déjà vu un François Hollande plus impatient que Barack  Obama lui-même !    

Finalement, sur tous les points pré-cités, François Hollande a adopté les politiques de droite les plus bêtes et c’est pourquoi le PS veut une campagne européenne la plus courte possible.

Ce faisant, il alterne entre mensonges et contradictions, la principale contradiction bien sûr, étant de parler de mettre fin à la course au moins-disant social et fiscal alors même que la baisse du coût du travail est devenu sa priorité numéro 1 !

Et comme l'explique Jean Lassale, député du Modem, au terme de son voyage à pieds sur tout le territoire, c’est sur le terrain que l’on voit le divorce, le fossé immense entre l'européisme béat des élites, et l'euro-scepticisme des ouvriers et des employés.

Gageons que les citoyens enverront un message clair et négatif au PS-PRG, EELV, UDI-Modem et UMP, partis qui font miroiter depuis plusieurs dizaines d’années une Europe sociale et protectrice mais qui n’ont jamais rien fait concrètement pour la faire avancer…



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21 août 2013

Désormais, les enfants grecs trinquent aussi…

De nombreux enfants grecs sont abandonnés pour des raisons économiques
Après le choix de la monnaie unique à tout prix fait par la Commission de Bruxelles, la BCE et le FMI, c’est toute la population grecque qui a été prise en otage. Aujourd’hui, la crise touche désormais les enfants qui payent eux aussi la note pour que l’euro puisse survivre. 

Et comme au bon vieux temps de l’Union Soviétique, les médias européens et grecs ne parlent surtout pas de cette nouvelle tragédie…


Les dernières coupes budgétaires pour obtenir le déblocage d’une nouvelle tranche d’aide financière des trois institutions ont provoqué la colère des Grecs car le renflouement mis en œuvre par l'UE repart majoritairement vers l'Union, vers les banques, pour éponger la dette et les nouveaux taux d’intérêt. Ainsi les banques encaissent encore des intérêts copieux et les créances sont à la charge des contribuables. 

En trois ans au total, sur 206,9 milliards d'euros effectivement versés, 58 milliards ont servi à recapitaliser les banques grecques, 101 milliards sont allés dans les poches des créanciers de l'Etat grec. Dans cette catégorie, on trouve à la fois les représentants de l'oligarchie du pays et des fonds spéculatifs. Seuls 43,7 milliards ont atterri dans les caisses du budget de l'Etat. sans que l'on sache vraiment à quoi ils ont été affectés, hormis les 10 milliards consacrés à l'armée... Il n’y a donc pas d’argent pour les réformes structurelles !

L’Etat-providence grec s’atrophie et toute une génération voit ses attentes, ses revenus et sa qualité de vie rétrogradés. Cette même génération, qui avait pris l’habitude d’accéder à des crédits pas chers après l’entrée de la Grèce dans la zone euro en 2001, s’efforce maintenant d’apprendre à vivre avec bien moins.

Dans le secteur privé, les salaires ont diminué de plus de 30% depuis 2010, de 22% pour le salaire minimum mensuel et de 32% pour les salaires des moins de 25 ans ! Pourtant, les prix ont été maintenus à des niveaux élevés par le manque de concurrence, les comportements oligarchiques et la hausse des taxes.

Le taux de chômage devrait dépasser les 26% en 2014, selon la Banque de Grèce, voire les 31% selon l’Institut de Kiel pour l’économie mondiale, un centre de recherche allemand. Si ces prévisions sont justes, on dépassera donc les 24% atteints au pire moment de la grande dépression américaine !

Plus de 60% des chômeurs grecs sont sans travail depuis plus d’un an. Le chômage des jeunes, qui pointe à 55%, est déjà supérieur à celui de la plupart des pays ayant des taux similaires de participation au marché du travail.

En attendant de voir la lumière au bout d’un tunnel malheureusement sans fin, des pères de famille s’immolent devant les banques car celles-ci n’acceptent pas une prolongation des délais de remboursement des prêts consentis initialement. Ces trois dernières années, les statistiques concernant les suicides et les maladies mentales ont fortement augmenté.

Des familles entières se trouvent ainsi à la rue, ne pouvant plus payer leur loyer. Comment en effet peut-on vivre avec 300 à 500 euros qui est la tranche moyenne mensuelle des salaires d’une famille grecque ?

La famine commence à toucher une partie de la population qui n’a plus aucune réserve financière. Pendant la nuit, de nombreuses personnes, âgées pour la plupart, sortent pour ne pas être vues et recherchent dans les poubelles des voisins s’il ne reste pas quelque chose à manger…D’autres attendent sagement la fin des marchés dans les villages pour pouvoir ramasser les fruits et légumes périmés…

Selon les services de santé publique, les niveaux de sécurité alimentaire du pays sont désormais en dessous de ceux de certains pays africains...

La crise fait maintenant de nouvelles victimes


Les enfants aussi sont nombreux à piocher dans les poubelles pour tenter de trouver un peu de nourriture. Et certains parents ont décidé de les abandonner dans des orphelinats puisque c'est pour eux le seul moyen qu'ils puissent manger à leur faim. 

Les établissements comme celui d'Athènes voient ainsi des enfants abandonnés pour des raisons économiques. Un organisme de la ville estime qu'ils sont plusieurs centaines concernées par ce problème alimentaire. La majorité des enfants ont été déposés par les familles qui ne peuvent plus subvenir à leur besoin. Certains arrivent avec un état de santé dégradé et n'arrivent plus à parler.

La majorité des familles aux abois continuent naturellement d’envoyer leurs enfants à l’école mais comment un enfant peut-il étudier le ventre vide ? Comment peut-il mémoriser sans peine alors que son organisme est très affaibli ?

Pendant l’année scolaire, des enfants se sont évanouis car n’ayant plus correctement mangé depuis plusieurs mois. Pour la plupart d’entre eux, au bout du rouleau, ils n’ont plus la force de lutter… Certains même tombent au sol pendant les récréations, quelques-uns se sont même suicidés !

Dans la région d’Athènes, on a compté plus de 2500 enfants qui se sont évanouis lors des cours. A Thessalonique, deuxième ville grecque,  plus de 600 enfants se sont retrouvés dans un état lamentable, ceux-ci n’ayant plus eu de petit déjeuner avant d’aller à l’école depuis des mois.

Devant cette situation, l’état grec prévoit dans chaque école une distribution de soupe populaire afin de donner un minimum aux enfants. Plus de 300 établissements scolaires ont déjà prévu une distribution de soupe !

Certains professeurs des écoles qui ont encore des salaires de l’ordre de 600 à 800 euros par mois, essayent d’acheter des compléments de nourriture (pâtes et pain principalement) pour leurs élèves. A l’heure actuelle, ils estiment qu’il y a 25% des enfants qui ne sont plus nourris correctement depuis des mois, les enfants étrangers étant les plus atteints par la crise.

Et de surcroît, ne pouvant plus régler leurs dépenses de chauffage, plusieurs écoles, surtout celles du Nord, ne seront plus chauffées. Quand on sait que 43 % des communes grecques sont situées au-dessus des 800 mètres d'altitude où la température peut descendre jusqu’à - 20° l’hiver, alors cela devient dramatique pour les enfants.

Pour couronner le tout, les écoles publiques ne reçoivent plus de manuel scolaire. L’Etat ayant accumulé d’énormes dettes auprès des maisons d’édition, les livraisons ne sont plus effectuées. Les élèves reçoivent désormais des CD et leurs parents doivent acheter des ordinateurs pour leur permettre de suivre les cours.

Voila donc ce qui se passe dans un pays qu’on laisse volontairement dans un délabrement total pour ne pas mettre la zone euro en danger alors que la Grèce aurait besoin de sortir de l’euro et de dévaluer sa monnaie pour faire respirer puis repartir son économie.

Cette situation devrait pourtant alerter tous les pays de la vieille Europe car on ne peut accepter de voir des enfants mourir à cause de coupes budgétaires dans les dépenses sociales pour réduire une dette qui s’apparente de plus en plus à un génocide financier. Mais il y a peu d’espoir que les européistes béats, Angela Merkel et François Hollande en tête, proposent aux Grecs autre chose que le menu servi par les représentants de la troïka…


Cet article publié sur AgoraVox a été repris par Yahoo France Actualités et vous pourrez prochainement le lire sur : http://fr.news.yahoo.com/archive/


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13 mars 2013

Hugo Chavez : 50 vérités bonnes à rappeler

Hugo Rafael Chávez Frías, né le 28 juillet 1954 à Sabaneta, dans les Llanos, au sud du Venezuela et mort le 5 mars 2013 à Caracas
Décédé le 5 mars 2013 à l’âge de 58 ans des suites d’un cancer, le président Hugo Chavez marquera à jamais l’histoire du Venezuela et de l’Amérique latine.

Il restera aussi comme l’homme politique le plus détesté des médias d’Occident en général, et de France en particulier. Les journaux Le Monde et Libération en ont fait leur cible préférée, instruisant à son encontre des procès perpétuels. Alors que le président du Venezuela a toujours eu contre lui l’immense majorité des médias de son pays, possédés par des équivalents locaux de Dassault, on l’a systématiquement suspecté de mettre la presse au pas.

Bref, dans un monde médiatique fonctionnant sur le mode binaire - les bons contre les méchants - Chavez était d’office classé dans le camp du mal. Le Venezuela devait être mis au banc de la civilisation, à la différence du Qatar ou de l’Arabie Saoudite, par exemple, ces pays amis de l’Occident, forcément respectueux des droits de l’homme, du citoyen et surtout de la femme…

Pourquoi les Etats-Unis se sont-ils opposés à Chavez ? Pour le pétrole bien sûr ! Mais si les Etats-Unis sont habitués à gagner les guerres du pétrole, on leur a tenu tête au Venezuela. Il a été démontré qu’il est possible d’employer l’argent du pétrole de façon intelligente et utile. Pas comme à Dubaï où l’on construit des hôtels à vingt mille euros la nuit au milieu d’un monde arabe sous-développé. Pas comme au Nigeria où la faim tue chaque jour alors que ce pays est un des plus gros exportateurs mondiaux de pétrole. 

Dès lors, on l’a accusé de tous les péchés : « populiste », « dictateur », « antisémite », etc… Mais que s’est-il passé sur le terrain ? Dans un hommage au président disparu, Salim Lamrani, Maître de conférences à l’Université de la Réunion, a rappelé 50 bonnes vérités à dire ou à redire… 



1. Jamais dans l’histoire de l’Amérique latine, un leader politique n’avait atteint une légitimité démocratique aussi incontestable. Depuis son arrivée au pouvoir en 1999, seize élections ont eu lieu au Venezuela. Hugo Chavez en a remporté quinze, dont la dernière date du 7 octobre 2012. Il a toujours battu ses opposants avec un écart allant de dix à vingt points.

2. Toutes les instances internationales, de l’Union Européenne à l’Organisation des Etats américains, en passant par l’Union des nations sud-américaines et le Centre Carter, ont été unanimes pour reconnaître la transparence des scrutins.

3. Jimmy Carter, ancien président des Etats-Unis, a déclaré que le système électoral vénézuélien était le « meilleur au monde ».

4. L’universalisation de l’accès à l’éducation élaborée depuis 1998 a eu des résultats exceptionnels. Près de 1,5 million de Vénézuéliens ont appris à lire, écrire et compter grâce à la campagne d’alphabétisation, nommée Mission Robinson I.

5. En décembre 2005, l’UNESCO a décrété que l’illettrisme avait été éradiqué au Venezuela.

6. Le nombre d’enfants scolarisés est passé de 6 millions en 1998 à 13 millions en 2011 et le taux de scolarité dans l’enseignement primaire est désormais de 93,2%.

7. La Mission Robinson II a été lancée afin d’amener l’ensemble de la population à atteindre le niveau du collège. Ainsi, le taux de scolarité dans l’enseignement secondaire est passé de 53,6% en 2000 à 73,3% en 2011.

8. Les Missions Ribas et Sucre ont permis à des centaines de milliers de jeunes adultes d’entreprendre des études universitaires. Ainsi, le nombre d’étudiants est passé de 895 000 en 2000 à 2,3 millions en 2011, avec la création de nouvelles universités.

9. Au niveau de la santé, le Système national public de santé a été créé afin de garantir l’accès gratuit aux soins à tous les Vénézuéliens. Entre 2005 et 2012, 7 873 centres médicaux ont été créés au Venezuela.

10. Le nombre de médecins est passé de 20 pour 100 000 habitants en 1999 à 80 pour 100 000 habitants en 2010, soit une augmentation de 400%.

11. La Mission Barrio Adentro I a permis de réaliser 534 millions de consultations médicales. Près de 17 millions de personnes ont ainsi pu être soignées, alors qu’en 1998, moins de 3 millions de personnes avaient un accès régulier aux soins. 1,7 millions de vies ont ainsi été sauvées entre 2003 et 2011.

12. Le taux de mortalité infantile est passé de 19,1 pour mille en 1999 à 10 pour mille en 2012, soit une réduction de 49%.

13. L’espérance de vie est passée de 72,2 ans en 1999 à 74,3 ans en 2011.

14. Grâce à l’Opération Milagro lancée en 2004, 1,5 million de Vénézuéliens atteints de cataractes et autres maladies oculaires, ont retrouvé la vue.

15. De 1999 à 2011, le taux de pauvreté est passé de 42,8% à 26,5% et le taux de pauvreté extrême de 16,6% à 7%.

16. Au classement de l’Indice de développement humain (IDH) du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le Venezuela est passé du 83ème rang en 2000 (0,656) au 73ème rang en 2011 (0,735), intégrant ainsi la catégorie des nations à l’IDH élevé.

17. Le coefficient de GINI, qui permet de calculer les inégalités dans un pays, est passé de 0,46 en 1999 à 0,39 en 2011.

18. Selon le PNUD, le Venezuela, qui dispose du coefficient de GINI le plus bas d’Amérique latine, est le pays de la région où il y a le moins d’inégalités.

19. Le taux de malnutrition infantile a été réduit de près de 40% depuis 1999.

20. En 1999, 82% de la population avait accès à l’eau potable. Ils sont désormais 95%.

21. Durant la présidence de Chavez, les dépenses sociales ont augmenté de 60,6%.

22. Avant 1999, seules 387 000 personnes âgées recevaient une pension de retraite. Elles sont désormais 2,1 millions à en bénéficier.

23. Depuis 1999, 700 000 logements ont été construits au Venezuela.

24. Depuis 1999, le gouvernement a remis plus d’un million d’hectares de terres aux peuples aborigènes du pays.

25. La réforme agraire a permis à des dizaines de milliers d’agriculteurs de posséder leurs terres. Au total, plus de 3 millions d’hectares de terres ont été distribués.

26. En 1999, le Venezuela produisait 51% des aliments qu’il consommait. En 2012, la production est de 71%, alors que la consommation d’aliments a augmenté de 81% depuis 1999. Si la consommation de 2012 était similaire à celle de 1999, le Venezuela produirait 140% des aliments consommés au niveau national.

27. Depuis 1999, le taux de calories consommées par les Vénézuéliens a augmenté de 50% grâce à la Mission Alimentation qui a créé une chaîne de distribution de 22 000 magasins alimentaires (MERCAL, Casas de Alimentación, Red PDVAL), où les produits sont subventionnés à hauteur de 30%. La consommation de viande a augmenté de 75% depuis 1999.

28. Cinq millions d’enfants reçoivent désormais une alimentation gratuite à travers le Programme d’alimentation scolaire. Ils étaient 250 000 en 1999.

29. Le taux de malnutrition est passé de 21% en 1998 à moins 3% en 2012.

30. Selon la FAO, le Venezuela est le pays d’Amérique latine et de la Caraïbe le plus avancé dans l’éradication de la faim.

31. La nationalisation de l’entreprise pétrolière PDVSA en 2003 a permis au Venezuela de retrouver sa souveraineté énergétique.

32. La nationalisation des secteurs électriques et de télécommunications (CANTV et Electricidad de Caracas) ont permis de mettre fin à des situations de monopole et d’universaliser l’accès à ces services.

33. Depuis 1999, plus de 50 000 coopératives ont été créées dans tous les secteurs de l’économie.

34. Le taux de chômage est passé de 15,2% en 1998 à 6,4% en 2012, avec la création de plus de 4 millions d’emplois.

35. Le salaire minimum est passé de 100 bolivars (16 dollars) en 1999 à 2047,52 bolivars (330 dollars) en 2012, soit une augmentation de plus de 2000%. Il s’agit du salaire minimum en dollars le plus élevé d’Amérique latine.

36. En 1999, 65% de la population active touchait le salaire minimum. En 2012, seuls 21,1% des travailleurs disposent de ce niveau de salaire.

37. Les adultes d’un certain âge n’ayant jamais travaillé disposent d’un revenu de protection équivalant à 60% du salaire minimum.

38. Les femmes seules et les personnes handicapées reçoivent une allocation équivalente à 80% du salaire minimum.

39. Le temps de travail est passé à 6h par jour et à 36 heures hebdomadaires sans diminution de salaire.

40. La dette publique est passée de 45% du PIB en 1998 à 20% en 2011. Le Venezuela s’est retiré du FMI et de la Banque mondiale en remboursant par anticipation toutes ses dettes.

41. En 2012, le taux de croissance au Venezuela a été de 5,5%, l’un des plus élevés au monde.

42. Le PIB par habitant est passé de 4 100 dollars en 1999 à 10 810 dollars en 2011.

43. Selon le rapport annuel World Happiness de 2012, le Venezuela est le second pays le plus heureux d’Amérique latine, derrière le Costa Rica, et le 19ème au niveau mondial, devant l’Allemagne ou l’Espagne.

44. Le Venezuela offre un soutien direct au continent américain plus important que les Etats-Unis. En 2007, Chavez a alloué pas moins de 8,8 milliards de dollars en dons, financements et aide énergétique contre seulement 3 milliards pour l’administration Bush.

45. Pour la première fois de son histoire, le Venezuela dispose de ses propres satellites (Bolívar et Miranda) et est désormais souverain dans le domaine de la technologie spatiale. Internet et les télécommunications sont disponibles sur tout le territoire.

46. La création de Pétrocaribe en 2005 permet à 18 pays d’Amérique latine et de la Caraïbe, soit 90 millions de personnes, d’acquérir du pétrole subventionné à hauteur de 40% à 60%, et d’assurer leur sécurité énergétique.

47. Le Venezuela apporte également son aide aux communautés défavorisées des Etats-Unis en lui fournissant de l’essence à des tarifs subventionnés.

48. La création de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA) en 2004 entre Cuba et le Venezuela a jeté les bases d’une alliance intégratrice basée sur la coopération et la réciprocité, qui regroupe huit pays membres, et qui place l’être humain au centre du projet de société, avec l’objectif de lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale.

49. Hugo Chavez est à l’origine de la création en 2011 de la Communauté des Etats d’Amérique latine et de la Caraïbe (CELAC) qui regroupe pour la première fois les 33 nations de la région, qui s’émancipent ainsi de la tutelle des Etats-Unis et du Canada.

50. Hugo Chavez a joué un rôle essentiel dans le processus de paix en Colombie. Selon le président Juan Manuel Santos, « si nous avançons dans un projet solide de paix, avec des progrès clairs et concrets, des progrès jamais atteints auparavant avec les FARC, c’est également grâce au dévouement et à l’engagement de Chavez et du gouvernement du Venezuela ».


Salim Lamrani est Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris IV-Sorbonne, Maître de conférences à l’Université de la Réunion et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. 
Son dernier ouvrage s’intitule État de siège. Les sanctions économiques des Etats-Unis contre Cuba, Paris, Éditions Estrella, 2011 (prologue de Wayne S. Smith et préface de Paul Estrade).



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