23 août 2011

Il faut sauver la forêt amazonienne du Brésil

forêt amazonienne
Forêt amazonienne.
On savait la forêt amazonienne en grand danger depuis de nombreuses années à cause notamment d’une déforestation outrancière et du récent feu vert donné par l’institut brésilien de l’environnement à la construction du barrage hydroélectrique de Belo Monte sur la rivière de Xingu.

Mais le pire est à venir. Le lobby agricole a remporté en effet une importante victoire au Brésil car les députés ont approuvé une modification du code forestier qui assouplit les mesures de protection de l'Amazonie.

Indispensable à la vie sur terre, cette magnifique forêt regorge d’une très grande variété de plantes médicinales et produit 20% de l’oxygène et de l'eau douce de toute la planète…


Le Brésil a fait un pas en arrière dans la lutte contre la déforestation de l'Amazonie. Après deux ans de débats houleux, les députés ont finalement approuvé la révision du code forestier datant de 1965. Jusqu'alors, ce code limitait l'usage agricole des terres, contraignant les propriétaires de forêts à en préserver une partie pouvant aller jusqu'à 80% en Amazonie.

Le texte vise bien à protéger certaines zones telles que les rives des fleuves, les sommets ou les coteaux des collines mais il légalise les zones illégalement déboisées jusqu'en juillet 2008, de même qu'il autorise l'activité agricole dans certaines zones sensibles.

Il s'agit d'un véritable "passeport pour la déforestation et l'expansion débridée de l'agriculture et de l'élevage", s'insurge l'association écologiste Greenpeace pendant que les agriculteurs et éleveurs "célèbrent les progrès obtenus". "Ce qui est en jeu, c'est la production d'aliments au Brésil, qui soutient l'économie nationale", se réjouit la présidente de la Confédération nationale de l'Agriculture, Katia Abreu.

Alors que le Brésil abrite aujourd'hui 5,3 millions de kilomètres carrés de forêts, il est à la fois l'un des principaux producteurs et exportateurs du monde de soja, de céréales et de viande et le cinquième plus grand émetteur de gaz à effet de serre.

Cette menace sur la forêt amazonienne a provoqué la colère générale parmi la population et des manifestations ont lieu actuellement dans tout le pays. Mais pour faire taire tout détracteur, des voyous armés suspectés d'avoir été embauchés par des exploitants forestiers, ont assassiné des défenseurs de l'environnement. Le nombre de menaces de mort et d’assassinats de leaders paysans qui luttent pour une utilisation durable des forêts est croissant. Entre 1985 et 2010, 1186 cas d’assassinats ont été enregistrés…

Ces événements confirment les menaces qui continuent à peser sur tous ceux qui s’opposent à la mise en coupe réglée de l’Amazonie au profit des grands propriétaires latifundistes de bétail ou plus récemment de la production mécanisée de soja, en enrichissant au passage les entreprises qui pillent la forêt en produisant du bois illégal.

Mais la mobilisation redouble et de courageux militants indigènes organisent de gigantesques marches pour demander des actes concrets au gouvernement. 79% des Brésiliens soutiennent un veto à ces changements de la part de la présidente du Brésil Dilma Rousseff. Cette pression intérieure a déjà conduit certains membres de son gouvernement à appuyer à leur tour cette option, comme la ministre de l'Environnement, Izabella Teixeira.

Dans ce contexte, une action internationale en solidarité avec le peuple brésilien et les défenseurs de la forêt équatoriale est plus que jamais nécessaire pour forcer la main de la présidente du Brésil à opposer son droit de veto, au moins sur certains points de la loi…



Nous vous appelons à prendre des mesures immédiates pour sauver les précieuses forêts du Brésil en opposant votre veto aux amendements au code forestier. Nous vous demandons également d'empêcher d’autres meurtres de militants écologistes et de travailleurs en durcissant les poursuites à l'encontre des exploitants forestiers illégaux et en renforçant la protection des personnes menacées d’agression ou de mort. Le monde a besoin du Brésil comme leader international sur l’environnement, une action forte de votre part aujourd'hui sauvegardera la planète pour les générations futures.


Photo Créative Commons par Arria Belli



Cet article publié sur AgoraVox a été repris par Yahoo France Actualités et vous pourrez prochainement le lire sur : http://fr.news.yahoo.com/faut-sauver-for%C3%AAt-%C3%A9quatoriale-br%C3%A9sil-072453065.html


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4 commentaires:

Ariane a dit…

Tristesse et dévastation...

Les fous sont au pouvoir, fous de fric et fous de progrès qui ne mène nulle part.

Et nos enfants risquent de ne plus avoir de monde...

Gabriel a dit…

Encore une fois l’aspect financier l’emporte sur la protection de l’environnement. Cette forêt amazonienne est connue pour être le principale poumon de la planète, ne parlons pas ici des milliers d’espèces animales ou végétales qui disparaîtront avec une exploitation agricole ou forestière intensive. L’énergie que mettent certains hommes à détruire l’écosystème pour un peu de bien matériel et une illusoire richesse personnelle est impressionnante. Ils mettraient la même énergie au bien communautaire, on vivrait dans une société pacifiée. Nous pourrons malheureusement bientôt répéter les paroles de Moustaki : « Il y avait un jardin qu’on appelait la terre … »

Le Yeti a dit…

Il faut bien abattre des arbres pour pouvoir faire des chèques en bois ...

Désormais, tout s’achète à crédit alors pourquoi pas notre avenir ?

Actias a dit…

Faut arrêter de blaguer et de maudire les conséquences dont on chérit les causes cher Albert.

La forêt primaire, unique et irremplassable, est exterminée pour une raison majeure : on veut manger de la viande tous les jours à petits prix.

Ils sont là les restes de la forêt primaire, transformée en tourteaux de soja pour nourrir les "fermes" industrielles du monde occidental.

Personnellement c’est une raison majeure pour laquelle je n’achète plus ces produits et je ne m’en porte pas plus mal.

Si on n'est pas prêt a faire ce petit effort alors la forêt primaire et ses habitants millénaires sont perdus mais j’ai bien peur que ce soit déjà le cas...