10 juin 2006

Appel pour une télévision au service de la démocratie


Ecran de télevision
Ecran de télévision.
Face à des émissions de politique spectacle, à des journaux télévisés présentés par des épouses de ministre en exercice et traitant presque exclusivement d’agressions sur les personnes, de disparition d’enfants, d’accidents de la route ou de météo assortis tantôt des risques de verglas en hiver et de noyade en été, tantôt des embouteillages les veilles de fêtes, etc., il est devenu urgent de faire évoluer notre système médiatique.

Lancé initialement par le député Arnaud Montebourg, un appel destiné à secouer le CSA, pour une télévision au service de la démocratie, est signé par plusieurs parlementaires.



«Etre téléspectateur et citoyen est devenu incompatible. Ces dernières années, malgré les problèmes considérables que le pays doit affronter et régler, les émissions de télévision consacrées à la vie de notre démocratie et à l’action publique et aux décisions politiques que la Nation doit assumer, ont connu une évolution dangereuse.

La disparition ou la relégation sur des cases horaires ou sur des chaînes confidentielles des émissions destinées à éclairer les citoyens dans leur choix, à les aider à participer aux grandes décisions nationales et européennes, émissions pourtant nécessaires à la vie démocratique de notre pays, a conduit peu à peu la plupart des élus ou responsables politiques de ce pays à accepter de participer à des émissions de « divertissement » diffusées à des heures de grande écoute ou touchant un public plus vaste, où, il faut bien le dire, les vraies questions touchant à l’état du Monde, de l’Europe et de la France ne sont jamais abordées. L’acceptation de ce phénomène par toutes les parties concernées a conduit à l’établissement d’une situation qui n’est plus acceptable, pour ne pas dire dangereuse pour la démocratie.

Le résultat est en effet accablant : ne subsistent désormais que des morceaux d’émissions politiques reléguées en fin de journal de 20 heures, entre publicité et météo, de très rares émissions spéciales à grand spectacle en période électorale, des rendez-vous plus ou moins réguliers débutant peu avant minuit sur le service public, et quelques émissions récurrentes sur des chaînes à vocation culturelle à l’auditoire malheureusement restreint. La récente suppression d’émissions régionales d’actualité sur une antenne dont c’est pourtant la vocation, est la dernière preuve du désintérêt des télévisions pour le débat public. Une majorité de citoyens français est ainsi privée de son droit d’accès légitime à une information politique de qualité.

A l’heure où notre pays connaît une crise de confiance sans précédent avec son système politique, nul ne peut se satisfaire de cette situation dégradante.

Il est urgent de remédier à une situation qui ne respecte pas les citoyens français, leurs élus et responsables politiques et qui n’honore pas les chaînes de télévision elles-mêmes. Nous demandons le retour aux heures de grande écoute sur les chaînes du service public comme celles relevant du secteur privé d’émissions politiques appropriées à la démocratie politique : émissions de débats contradictoires et approfondis ; émissions respectueuses de ceux qui s’y expriment et de ceux qui les regardent ; émissions représentatives de tous les courants d’opinions de la Nation. Des émissions qui soient dignes, enfin, des téléspectateurs et citoyens de ce pays.

Nous saisissons le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel afin qu’il rappelle toutes les chaînes à leurs obligations de service public et nous lui demandons que soient appliquées en ce sens les dispositions contenues dans les cahiers des charges et conventions des chaînes hertziennes publiques et privées.

Les citoyens ont besoin de politique, la télévision le leur doit. Les élections de l’année prochaine et l’avenir du pays qui en découle ne peuvent plus échapper aux citoyens soucieux d’être éclairés dans leur choix»



Premiers députés et sénateurs signataires :

Jean-Marie AUBRON (PS), Jean-Paul BACQUET (PS), Gérard BAPT (PS), Jacques BASCOU (PS), Patrick BLOCHE (PS), Jean-Paul CHANTEGUET (PS), Michel FRANCAIX (PS), Jean GAUBERT (PS), Nathalie GAUTIER (PS), Alain GOURIOU (PS), Georges HAGE (PCF), Serge JANQUIN (PS), Jean-Christophe LAGARDE (UDF), Jean LAUNAY (PS), Thierry LAZARO (UMP), Gilbert LE BRIS (PS), Jean-Yves LE DEAUT (PS), Marylise LEBRANCHU (PS), Michel LEFAIT (PS), Jean-Claude LEROY (PS), Martine LIGNIERES-CASSOU (PS), Lionel LUCA (UMP), Philippe MARTIN (PS), Didier MIGAUD (PS), Arnaud MONTEBOURG (PS), Jacques MYARD (UMP), Christian PAUL (PS), Gérard ROUJAS* (PS), Pascal TERRASSE (PS).
 

Signer cet appel ou voir la liste complète des signataires --> ICI





1 commentaire:

Alain a dit…

Mais oui, le résultat est consternant : les médias recherchent ce qui va plaire mais pas ce qui peut informer, ce qui va séduire mais pas instruire.
Maintenant, il est temps de prendre sa tisane de tilleul et d'aller se coucher…