21 mars 2008

Quel avenir pour la gauche après les élections municipales ?

Lourde abstention et forte poussée de la gauche : tels sont les deux principaux enseignements que l’on peut tirer du résultat du second tour des dernières élections municipales et cantonales des 9 et 16 mars 2008.

Dans les communes de plus de 3 500 habitants, la gauche recueille 49,34% et la droite 47,55% aux élections municipales (respectivement 51,28% contre 44,52% aux élections cantonales)

Les alliances du PS avec le Modem, prônées notamment par Ségolène Royal ou Manuel Valls, ont plutôt échoué (Jean- Noël Guérini à Marseille) alors que le Modem allié à l’UMP a plutôt réussi (Alain Juppé à Bordeaux).

Mais la défaite sévère de l'UMP au plan national et le fort taux d'abstentions dans les quartiers populaires des grandes villes comme Lyon, Marseille, Toulouse, etc. montrent à l’évidence que de nombreux citoyens continuent de ne pas trouver leur bonheur dans l’offre politique actuelle. Ainsi, Martine Aubry est élue à Lille avec 66,56 % des suffrages exprimés mais on dénombre 57,35 % d’abstentions, bulletins blancs et nuls sur les 124 106 électeurs inscrits... 


La faible participation à ces deux scrutins est soulignée par tous les observateurs. Pour les élections municipales, dans les communes de plus de 3500 habitants, le taux de participation en métropole s’élève à 61,66 % contre 62,18 % en 2001. Pour les élections cantonales : le taux de participation pour la métropole s’élève à 55,29 % contre 56,13% en 2001 pour la même série de cantons renouvelables. En moyenne, 41,53% d’abstentions pour les deux élections cumulées.

Le premier tour, le 9 mars, s'était déjà distingué par un taux d'abstention record sous la 5ème République et en 2001 le second tour s'était soldé lui aussi par un taux d'abstention historique.

Devant l'ampleur de ce malaise politique, la question posée est donc claire : quelle programmatique pour la gauche en général et le PS en particulier ? Quel avenir ? Quel projet social ?

S’agissant d’élections locales, il est une réforme en particulier comme celle de la fiscalité locale qui devrait être, plus que jamais, entreprise par les pouvoirs publics.

Car beaucoup de collectivités territoriales, afin de faire face au désengagement financier de l’Etat, vont être tentées par une augmentation des «impôts locaux». De nombreux maires, présidents de conseils généraux ou régionaux font appel aussi à la fiscalité locale lorsqu’ils veulent développer tel ou tel aspect de leur politique économique ou sociale.

Ces impôts représentent une part de plus en plus importante du total des impôts payés par les Français : 12 milliards € pour la taxe d’habitation (particuliers), 15 milliards € pour la taxe foncière (particuliers et entreprises).
Ils sont particulièrement injustes puisqu’ils ne sont pas payés en fonction des revenus des contribuables et frappent donc de la même façon les personnes aisées comme les plus modestes, même si quelques exonérations ou dégrèvements sont parfois possibles. Ils n’ont jamais été intégrés à l’impôt sur le revenu par aucun gouvernement de droite comme de gauche…

De plus, leurs bases, complètement archaïques, datent de 1961 (taxe foncière) et de 1970 (taxe d’habitation) et Il n’est pas rare aujourd’hui, pour la plupart des salariés, de «sortir» un mois de salaire pour payer la taxe d’habitation et la taxe foncière !

Dominique Strauss-kahn, ancien ministre des finances sous le gouvernement Jospin, avait bien annoncé lors de sa nomination, une réforme globale de ces impôts et leur intégration dans l’impôt progressif républicain mais il y renonça finalement au motif qu'il serait trop long de modifier les bases de calcul trop anciennes…

Son successeur, Laurent Fabius oublia, lui aussi, très vite ce projet et alla même à contresens en baissant l'impôt sur le revenu pour toutes les tranches mais toujours à l'avantage des tranches les plus élevées du barème...

Le PS reste toujours d’une grande timidité intellectuelle lorsqu’il s’agit de formuler des propositions claires de réforme fiscale au profit des salariés et des retraités. Proposera-t-il enfin, lors de son prochain congrès de novembre 2008, d’intégrer ces «impôts locaux» dans l’IRPP afin de les rendre plus justes et les redistribuer ensuite, selon des clés de répartition précises, à l’ensemble des collectivités locales, communes, inter-communalité, départements et régions ? Finalisera t-il un calendrier précis de mise en œuvre de cette réforme s’il accède à nouveau au pouvoir en 2012 ?

A défaut d’une réforme fiscale d’ampleur, aucune réduction sérieuse des inégalités, aucune augmentation du pouvoir d’achat des salariés et des retraités, aucun financement pérenne de projets sociaux significatifs ne pourront être entrepris par un gouvernement de gauche.

Cette réforme est d’autant plus indispensable à entreprendre que les recettes du budget de l’Etat sont déjà constituées à 83% par les impôts indirects et que le recours à la fiscalité indirecte constitue pour Nicolas Sarkozy et sa majorité présidentielle UMP-Nouveau Centre la principale solution pour régler les problèmes budgétaires. Il va falloir en effet compenser les effets du « paquet fiscal » dont l’essentiel des 15 milliards d’euros a bénéficié aux personnes les plus aisées ainsi que le manque à gagner dû à une croissance plutôt en berne et qui a été largement surévaluée par le gouvernement de François Fillon.

Outre le déficit du budget de l'état, c'est également cette technique de l’augmentation de la fiscalité indirecte qui est utilisée depuis le 1er janvier 2008, avec trois nouvelles franchises médicales, pour renflouer le budget de la branche maladie du Régime général de la Sécurité sociale. C’est enfin celle qui risque d’être utilisée pour compenser la fin des recettes publicitaires sur les chaînes publiques.

Comme la fiscalité locale, nous pourrions citer bien sûr d’autres exemples de réformes indispensables que la droite, pour des raisons idéologiques, ne fera jamais et que la gauche ne propose pas ou ne fait pas lorsqu’elle est au pouvoir.

Mais sur le constat général de la gauche, nous publions aujourd’hui l’excellente analyse faite par notre ami Evariste dans le numéro 581 de Respublica (http://www.gaucherepublicaine.org/accueil.htm)


On trouvera certainement très noir ce constat fait au lendemain des résultats de dimanche. On lui opposera les scores, les pourcentages, le nombre d'élus de gauche. En somme, on opposera « la remontée de la gauche ». Certes... mais osons la question : quelle gauche ?

Car si l'on entend par gauche l'acteur d'une programmatique de progrès, le promoteur d'une capacité de création, la matrice d'un projet social fort, alors on sera bien déçu. Car c'est davantage la dérive droitière qui a été à l'honneur ; dérive dont Ségolène Royal a encore été le pitoyable emblème (le mot est pesé ! ) en appelant de ces vœux l'alliance avec le Modem. Certes, la direction du PS a rapidement rectifié le tir en rappelant la donzelle à l'ordre, mais le réflexe tient lieu de révélateur du comportement pathologique des dirigeants du parti socialiste. Ouvrons les yeux, enlevons ces lunettes de soleil que l'on tente de nous imposer pour réfléchir sur le score, pour dépasser le sempiternel message médiatique « la gauche remonte ! ».

Regardons la programmatique et constatons le « rien ». Hormis l'opposition à la politique de Sarkozy, quelle alternative ? Quel fond ? Quel programme pour une autre société ? Alors le triste constat nous réveille et rend la « victoire » amère : la remontée de la gauche n'est pas signe d'alternative sociale, mais bien d'alternance. Dure réalité que voila... mais réalité véridique.

La gauche est à la dérive et cette dérive n'est pas que programmatique. Elle est dans la manière d'aborder la politique et de se positionner en tant qu'élus de gauche. Pourquoi ne pas laisser à la droite les postes majeurs : présidence de la République et majorité à l'assemblée nationale, et ne briguer sérieusement que les postes aux élections locales ? Celles-ci offrent davantage de postes, davantage de revenus et de situations bien plus tranquilles à l'écart des projecteurs des médias nationaux. Pourquoi les partis de gauche se risqueraient-ils à la direction du pays ? Pourquoi prendraient-ils le risque d'assumer la descente vers le libéralisme alors qu'ils peuvent préserver leurs élus en les tenant à l'écart de telles responsabilités ? À la droite le sale boulot des réformes libérales, à la gauche le vote contestataire garanti par la posture d'indigné qui siée si bien à François Hollande, ce fossoyeur du socialisme, cet accoucheur du phénomène Ségolène Royal. Car l'enjeu est là : le nombre d'élus. La professionnalisation de la politique est une tare qui coule notre démocratie et notre Pacte Républicain. L'objectif premier d'une personne qui vit depuis 10 ans de son activité politique est de garantir son indemnité. Et qui le lui reprocherait ? Quant on connaît les réalités du monde du travail, avoir passé 10 ans hors de toute activité professionnelle revient à une condamnation au chômage de longue durée. Dès lors plus de programmatique (c'est un risque ! ), plus de projet à long terme (l'élection peut arriver avant ! ), juste de petites touches, histoire de se teinter d'un «air de gauche» (et là encore l'indignation face à la politique libérale est un accessoire indispensable).

Quel avenir pour la gauche ?

Dans une semaine les dirigeants du parti socialiste auront vite oublié leurs propos de campagne pour se concentrer sur ce qui est de loin le plus important pour la France et l'avenir de notre société : qui va diriger le parti à l'issue du congrès de cette fin d'année ? Au cas où le lecteur l'aurait oublié, c'est bien la question la plus importante de l'univers et pour la France (selon la direction du PS bien sûr...). Non seulement ceci confirmera que le PS n'est plus qu'un parti d'élus, mais qu'il ne vise rien d'autre ; d'où la concentration sur les postes aux élections locales, sans risques. Déjà les réunions de sections sont l'occasion de sélectionner qui parlent le mieux, qui s'exprime avec aisance, qui excelle dans l'art de la contorsion verbale qui assure de pouvoir un jour dire le contraire de ce que l'on a déclaré la veille. Pour preuve : Ségolène Royal en « rectifiant » un peu ses désirs d'alliance avec le Modem !

 La conclusion du parti socialiste au terme de ces élections ne sera pas la construction de la gauche, mais comment récolter encore davantage d'électeurs : l'alternance, plutôt que l'alternative ; la publicité plutôt que la position qui demande responsabilité et courage.

Au PCF, Buffet a pris les devants, en annonçant une semaine avant que la perte du conseil général de la Seine St-Denis ne serait pas un symbole fort, comme si la rupture de l'alliance entre le PS et le PCF dans 7 communes de Seine St-Denis n'était pas un signe des temps. Car ce n'est pas la droite qui chasse le PCF, mais bien le PS qui veut bouter le PCF hors du 93. N'en déplaise à Marie-Georges Buffet, le PS vient d'inaugurer la chasse aux élus communistes, c'est dire si l'avenir du parti communiste est sombre.

Sur le plan national, on pourra effectivement relever qu'il se maintient, voire progresse en nombre d'élus, mais on relèvera également que ce fait n'est en rien dû à une quelconque programmatique forte ou à un renouveau de la pensée au sein du PCF. On cherchera en vain un élan de cette sorte au PCF que les courants minent peut être davantage que le PS. Et de fait, le maintien du PCF n'est que le résultat de la politique de Sarkozy et de son désir toujours réaffirmé de faire basculer notre pays dans le mode de vie que lui assigne les libéraux anglo-saxons. Le meilleur élément programmatique du PCF est à l'Élysée, et c'est grave. Car si le PCF se berce de l'illusion de sa remontée, il ne verra pas son avenir politique aux européennes, il ne réalisera pas la rupture historique avec la politique d'union de la gauche dont la Seine St-Denis est aujourd'hui le premier témoignage. Le PS a objectivement choisi de mettre en balance le PCF avec le Modem dans la chasse aux électeurs et cette logique augure les pires nouvelles pour le PCF s'il ne s'ouvre pas à l'avenir au lieu de camper sur les positions qui ont fait sa force au sortant de la seconde guerre mondiale. Rappelons un fait : le score national du PCF n'a cessé de décroître depuis 1950. Aujourd'hui, n'en déplaise aux nostalgiques, l'avenir de l'hypothèse communiste est dans la construction d'une gauche nouvelle, non dans l'ancrage dans un passé dont toutes les conditions d'existences sont aujourd'hui inexistantes. Il y a un temps pour tout, aujourd'hui n'est plus le temps de la préservation mais bien celui de la construction de la gauche nouvelle.

Nous tournons enfin la page des municipales pour découvrir cette page qui sera peut-être l'avenir de la gauche : les congrès de cette fin d'année 2008. Nous aurons la possibilité d'avoir la confirmation de l'ancrage du PS dans le libéralisme, dans la « ligne de la gagne », dans le déni de programme, dans l'esbroufe et la « pub-politique » qui permet au vide de l'emporter momentanément sur le fond. Restera la prise de conscience des acteurs qui, ici et là, dans les partis de gauche et dans les associations veulent tendre à unir la gauche véritable. La fin de l'année 2006 avait mis cette gauche devant l'impasse de ses logiques d'appareils et de personnes. La gauche du non : ce parti qui n'existe pas encore. Après les élections municipales et cantonales, les militants de cette nouvelle gauche auront 6 mois pour œuvrer à faire comprendre aux dirigeants du parti communiste que son avenir solitaire, non collectif, aux élections européennes de 2009 sera bien sombre. Les militants auront 6 mois pour raviver ce que fût l'expérience de mai 2005 tout en rappelant quelles furent les erreurs de ceux qui se sont vu en haut de l'affiche et ont déchanté pitoyablement en 2007. L'avenir de la gauche est un collectif, de même que sa construction, ses fondements.


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14 commentaires:

Loïc a dit…

Il n’y a pas 36 solutions sachant que le PS a largement gagné ces élections :
1/ soit c’est un vote sanction envers le gouvernement
2/ soit les maires de droite ont des bilans globalement catastrophiques

philippe a dit…

Encore une fois, les sondages sur les réformes, sans plus de précision sur leur nature, selon moi, c'est du pipi de chat pour construire un débat dessus...

Les Français sentent au fond d'eux qu'il va falloir des réformes, voire des sacrifices, mais ils veulent que ceux-ci soient partagés et justes, et qu'on ne les mène pas en bateau...

Nicolas Sarkozy s'est agité sur le gouvernail, mais il faut maintenant qu'il montre le cap...

vivarais a dit…

Le PS prend la posture du parti majoritaire qui serait investi par le peuple pour imposer au Président une nouvelle politique.

Le mandat des municipales est strictement local, avec des attributions importantes, via les cantonales sur la gouvernance des départements.

Avec 40% d'abstention, le PS sait bien que cette élection sonne plus une sévère défaite de la Droite qu'une victoire de la Gauche.

L'électorat de droite ne s'est pas mobilisé. Une victoire arithmétique du PS, oui, mais pas une victoire politique qui lui donnerait quitus.

chatel a dit…

Il reste que contrairement aux Régionales 2004, les municipales 2008 ont connu moins de participation que le scrutin précédent de 2001.

Difficile donc de parler de vote sanction, effectivement, ni même de faire le parallèle entre 2004 et 2001.

Le débat municipal me semble avoir plus d'emprise sur les électeurs que le débat régional.

Certains commentateurs sur certaines chaînes TV devraient faire gaffe....

oncle archibald a dit…

D’accord avec vous : le résultat de ces élections municipales a simplement démontré qu’une partie de ceux qui avaient voté Sarkozy aux Présidentielles soit sont restés chez eux, dépités, soit ils ont changé d’opinion au vu des premières mesures prises par le gouvernement.

Les villes qui ont été prises ou reprises par des maires socialistes à des maires UMP ou a des maires sans étiquettes penchant à droite, l’ont été avec un galimatias de voix totalement hétéroclites allant du Modem aux communistes inclus, ce qui avec la faible participation rend l’analyse du scrutin quasiment impossible sauf sur un point, celui que je rappelais plus haut : un grand nombre d’électeurs sont déçus par ce qu’à fait le Président au pouvoir depuis un peu moins d’un an.

Le paysage politique ne pourra pas s’éclaircir tant que le parti socialiste n’aura pas décidé ce qu’il veut faire et avec qui. Avec Besancenot and co ou avec Bayrou et le Modem ?

Contempteur a dit…

J'ai été intéressé par l'explication des impôts locaux...

Quant à la question au PS, elle est totalement inopportune, voire malhonnête.

Le PS n'est plus un parti de gauche dans l'ensemble de ses directions, comme dans son idéologie qui n'a qu'une seule colonne vertébrale : l'accompagnement du marché, sans le dire.

Etre de gauche, aujourd'hui, c'est vouloir rompre avec la logique du marché, c'est vouloir la subordonner et la tourner en sens inverse pour que ls satisfaction des besoins prime le profit, qui serait une conséquence non primordiale de cela.

C'est aussi et surtout placer la culture et la convivialité, la sociabilité et la solidarité AVANT le marché.

ludo a dit…

Bon, la droite a perdu, c’est clair. De là à dire que la gauche a gagné... Je ne pensais pas que la gauche pouvait perdre les présidentielles après la vague rose de 2004, et malheureusement, ça a fini sur l’échec.

Certes, il y a la preuve qu’au niveau des collectivités locales, les élus de gauche font plutôt du bon boulot (car vote sanction ou pas, on ne reconduit pas forcément des buses...).

Maintenant, il reste à savoir si rue de Solferino, on va enfin débrancher la machine à conneries…

Albert a dit…

Bonjour Contempteur,

Tout à fait d'accord avec vous sur le jugement du PS et le constat d'Evariste qui suit le petit billet sur les impôts locaux est d'ailleurs très sévère pour François Hollande.

Cette question de la réforme fiscale est une question fondamentale pour la gauche si elle veut mener à bien certaines réformes sociales.

Et il y a peu d'espoir qu'un jour le PS fasse demain ce qu'il n'a pas fait hier au pouvoir mais il faut lui poser à nouveau la question car en 2012 ça se jouera encore entre l'UMP et le PS.

On peut le regretter mais c'est hélas la triste réalité...

Salutations républicaines

Albert

ulysse a dit…

La droite dit n'importe quoi !

Si les français souhaitaient vraiment que les "réformes" s'accélèrent ils n'auraient jamais massivement voté à gauche à ces municipales.

La gauche est passée parce que beaucoup d'électeurs ayant voté NS se sont abstenus parce que déçus, dupés par celui là même qu'ils ont élu en 2007.

S'ils croyaient encore un tant soit peu à NS c'est à dire s'ils voulaient l'encourager à faire plus de "réformes" ils seraient mobilisés comme en mai 2007.

Or ils ne l'ont pas fait, voire même ils ont voté pour le camp adverse.

Donc on a bien une sanction de la politique menée.

johan a dit…

Le nombre de villes perdues par la droite est très important.

Mais ne pas oublier que parmi ces villes, beaucoup avaient voté Royal l'an dernier. La gauche ne fait donc qu'y confirmer ces positions. Ne pas oublier non plus que beaucoup de ces villes ont basculé de peu. Il convient donc de relativiser, non pas de nier, mais de relativiser, le vote sanction qui vient d'avoir lieu.

S'agissant de l'appréciation que les Français portent sur le bilan Sarkozy, j'ai entendu une analyse assez fine et intéressante de Roland Cayrol sur France 2. Selon lui, les études montrent qu'il se trouve une majorité de Français pour approuver chacune des principales mesures prises par le gouvernement (paquet fiscal, régimes spéciaux, service minimum, franchises médicales, etc.). C'est quand même assez logique, quand on sait que la plupart de ces mesures avaient annoncées pendant la campagne.

Néanmoins, il se trouve aussi une majorité de Français pour estimer que ces mesures ne répondent pas à la question principale, au souci principal des Français, qu'est le pouvoir d'achat. A quoi s'ajoute la confusion sur les objectifs réels du gouvernement, le sens réel de sa politique.

D'où un appréciation générale plutôt négative sur son bilan. D'où également une addition de mécontentements entre d'une part, les plus libéraux de la majorité qui estiment que le gouvernement ne va pas assez loin et qui, pour certains d'entre eux, se sont abstenus hier, et d'autre part, une partie de l'électorat populaire qui avait été séduit par Sarkozy l'an dernier, qui ne voit rien venir en termes de pouvoir d'achat, et qui, soit s'est abstenue, soit a voté à gauche.

Cependant, ne pas oublier que le "style" Sarkozy, l'idée qu'il n'est pas à la hauteur de sa fonction, a pu également indisposer nombre d'électeurs et a pu peser sur le scrutin.

jacques a dit…

Les élections municipales et cantonales ont été perdues par Nicolas Sarkozy lui-même.

Alors qu'il était en chute libre dans les sondages, il a été présomptueux au point de les déclarer "test national", et d'annoncer qu'il allait s'y "impliquer à fond".

Ses interventions médiatisées à Périgueux et à Pau ont donné les résultats que l'on sait.

Allez maintenant expliquer aux Français que des réformes sont nécessaires !

ben a dit…

1/ la gauche ne totalise pas 50 % des suffrages dans l’analyse des villes où l’on peut faire la distinction droite/gauche

2/ sur les grandes villes on peut dire que la gauche l’emporte et qu’il y sanction

3/ ne pas oublier les communes rurales n’ont pas ou peu de liste politique, il y a donc une énorme inconnue, généralement la campagne vote à droite, donc il y a un réservoir important pour la droite

4/ en 1983 aussi la gauche a pris une pile... elle n’en a pourtant pas tenu compte dans sa gestion. Donc pourquoi demander à la droite de faire différemment, ça n’a pas empêché Mitterrand de faire deux mandats...

Christine RS21 a dit…

Le PS se complairait-il à remporter les élections locales ? à défaut d'essayer sérieusement de gagner les élections nationales. J'avoue que la question mériterait d'être posée sérieusement et pourquoi pas à l'occasion du prochain congrès !
En tout cas merci pour cette analyse sur la fiscalité Albert.
Bien à toi

Albert a dit…

Bonsoir Christine,

Pour pouvoir changer un jour les modalités de la fiscalité locale, il faudra que la gauche gagne les élections nationales et qu'elle ait le courage ensuite de faire rapidement cette réforme.

Mais fera t-elle demain ce qu'elle n'a pas fait hier au pouvoir?

En attendant, il est impératif que dans les municipalités, les départements et les régions qu'elle dirige, elle n'augmente pas une fiscalité indirecte qui creuse déjà fortement les inégalités sociales.

A + sur RS 21

Albert