12 février 2010

Hommage à Howard Zinn


Howard Zinn
Howard Zinn.
Une grande figure de la gauche américaine s’en va. L’universitaire américain Howard Zinn, est décédé à l’âge de 88 ans, lors d'un séjour à Santa Monica en Californie. Il était notamment l'auteur d'une magistrale "Histoire populaire des Etats-Unis de 1492 à nos jours". Cette œuvre majeure, traduite dans de nombreuses langues, a fait l'objet d'une série exceptionnelle d'adaptations.

Howard Zinn aura fait paraître une trentaine de livres, recueils d'entretiens et d'articles et ouvrages collectifs et reçu de nombreuses distinctions dont l'American Historical Association's Beveridge Prize, l'Eugene V. Debs Award et le prix des Amis du Monde diplomatique.


Dans les années 1930, jeune ouvrier dans la réparation navale, à New York, faisant son éducation politique et syndicale avec la lecture des classiques du communisme et de l'anarchisme, sa première rencontre avec la liberté d'expression réelle prend la forme d'une matraque policière lors d'une manifestation.

C'est alors la période du New Deal, véritable « mythe familial » de sa famille d'immigrants : il en fera, vingt plus tard la critique, celle des limites de l'État-providence et de l'ordre social et économique inspiré par les classes dirigeantes et promues par leurs officines médiatiques.

En 1943, il anticipe son engagement dans l'US Air Force pour se battre contre le fascisme, le racisme et pour la démocratie ; il en reviendra pacifiste convaincu.

Au milieu des années 1950, diplômé en histoire à la Columbia University, il enseigne au Spelman College (Atlanta) à des jeunes Noires de la classe moyenne du Sud. Engagé aux côtés des militants dans la lutte pour les droits civiques, il prône l'action directe non-violente et devient l'un des historiens des groupes militants radicaux comme le SNCC (Student Nonviolent Coordinating Committee).

Dans les années 1960, licencié de son poste d'enseignant pour insubordination, il trouve un emploi à la Boston University. Jusqu'au milieu des années 1970, sa vie sera rythmée par les luttes contre la guerre du Vietnam. Le discours qu'il propose (en vain) au président Lyndon Johnson, afin d'expliquer au peuple américain pourquoi les États-Unis doivent se retirer du conflit, atteint rapidement une dizaine d'édition.

Les années 1980 sont marquées par la parution de son livre A People's History of the United States, dont le succès démultiplie ses interventions publiques ; qui s'ajoutent aux nombreuses qu'il mène à titre d'historien des traditions de désobéissance civile et de spécialiste de la constitution américaine dans des procès intentés aux amateurs d'action directe ou aux côtés des étudiants, dans des batailles pour la liberté d'expression et la justice sociale. Sa carrière d'enseignant se termine en 1988 ; mais il mènera jusqu'au dernier moment son activité d'inlassable conférencier contre la guerre et pour la défense d'une société sans classes où le racisme ne serait plus qu'un mauvais souvenir. Aussi le retrouve-t-on aussi bien au cœur des mobilisations contre la politique de « guerre contre le terrorisme », avec les interventions militaires des États-Unis en Afghanistan puis en Irak, que contre la réponse si impudiquement partisane que l'État a donnée à la crise bancaire de 2008.

En 2009, son enthousiasme pour l'élection de Barack Obama s'arrêtait à la nécessité, pour que cette élection ne soit pas une nouvelle source de désespérance, d'une mobilisation populaire sociale et politique. Un diagnostic confirmé, au moins pour la politique étrangère américaine par son analyse de l'attribution du prix Nobel de la Paix au nouveau Président...


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2 commentaires:

sauveur a dit…

Howard ZINN décrit dans "L'histoire populaire des États-Unis" une Amérique qui a peu à voir avec celle des séries télévisées...

Où l'on voit mieux ce qui nous pend au nez si on continue à suivre le modèle et le "rêve américain".

Pour beaucoup, ça ressemble plutôt à un cauchemar!

jean a dit…

Ce sont les ouvriers américains qui ont arraché :

-le premier mai
-le week-end
-la journée de huit heures
- et plein d'autres choses

Jusque dans les années 30, le plus gros parti communiste au monde était le parti communiste US.

Mais pour laminer le mouvement social américain, la finance US a notamment inventé le FBI dont on oublie trop souvent que le premier rôle fut, dés les années 30, la chasse aux communistes.

C'était une police politique au même titre que la securitad et elle s'est rendu coupable d'illégalités, d'assassinats, de fabrication de preuves.

Son patron Hoover, n'avait rien à envier à Beria...