Après
son discours de Latran sur les instituteurs incapables de «transmettre les
valeurs de bien et de mal à nos enfants», après son discours exaltant de Riad :
«Dieu qui n’asservit pas l’homme mais qui le libère», Nicolas Sarkozy
continue de développer une inquiétante conception de la laïcité.
En
recevant aujourd’hui le pape Benoît XVI en tant que chef d'Etat, le président
de la République, chanoine de Latran, bafoue les principes de la loi de 1905 de
séparation de l’église et de l’Etat. Le Vatican, État non membre de
l'ONU où il a simplement le statut d'observateur, ne répond pas de
plus aux critères démocratiques traditionnels : pas d’élections, pas de
parlement, pas de pluripartisme.
Et en
écornant ainsi le plus élémentaire devoir de réserve laïque et républicain dans
une société pluri religieuse, Nicolas Sarkozy est à nouveau hors de sa mission
de chef d’Etat car il ne revient à aucune autorité civile de trancher une
question de conscience et de demander indirectement à la religion catholique de
fonder la morale du pays…
