2 septembre 2006

Désolés, « Là-bas si j’y suis » continue ! ...

Poste radio
Poste radio.
215 972 auditeurs ont signé la pétition de soutien à "Là-bas si j'y suis", l'émission de radio de Daniel Mermet sur France Inter.

Au delà de la défense de cette émission, c'est le signe d'une attente exigeante et d'un profond attachement à cette station de radio. C'est un contre-feu à la reprise en main et à la montée de l'insignifiance.

C'est une réaction de fond qui exige un vrai débat sur le contrôle des médias publics, sur le pluralisme de l'information, alors que le paysage médiatique est frappé d'alignement au seuil d'une année électorale.

La planche était bien savonnée, les peaux de bananes bien disposées, mais «Là-bas» continue !


Parce que 215 972 personnes ont répondu à l’appel du 18 juin «Sauvons Là-Bas... !».

Parce que cette pétition en ligne a reçu 10 000 signatures par jour pendant 20 jours, entre le 16 juin et le 09 juillet 2006, sans compter des milliers de soutiens par courrier.

Parce que l’équipe de Là-bas est plus remontée que jamais et parce qu’il y a déjà pas mal de monde à l’ANPE.

Parce qu’il se passe des choses encore plus importantes dans le monde.

Parce que c’est une année à ne pas aller à la pêche à la ligne…

Refusant tout dialogue et toute proposition, la nouvelle direction de France Inter a imposé le déplacement de LBSJS de 17 heures à 15 heures, ce qui revient à amputer cette émission de plus de la moitié de ses auditeurs, la tranche de15 heures étant traditionnellement beaucoup moins écoutée, quelle que soit la radio considérée.

Là-Bas n’est pas une émission neutre et cette relégation n’est pas neutre surtout au seuil d’une importante échéance électorale. La nouvelle direction de France Inter est offusquée par une telle calomnie. Innocente comme l’agneau qui naît, elle n’a pas l’ombre du début de la moindre arrière pensée de nature politique ou idéologique. Des élections ? Quelles élections ? Des pressions ? Quelles pressions ? La seule et unique mission des nouveaux maîtres est de redresser les chiffres d’audience, jurent-ils.

Soit. Mais alors pourquoi est-il si urgent de reléguer une équipe qui gagne ?

Jusque là, les explications médiatiquement de la direction n’ont pas entièrement convaincu les professionnels de la radio, ni les observateurs des médias qui, du Nouvel Observateur au Canard enchaîné, du Monde Diplomatique à Marianne dénoncent normalisation, climat de reprise en main et atteinte au pluralisme. (voir extraits de presse sur le site www.la-bas.org).

Pas dupes non plus les 215 972 auditeurs qui ont signé la pétition. Jamais une telle mobilisation n’aurait pu être imaginée, surtout dans une période de coupe du monde de football.

Mais, face à cette réaction de fond, la direction, droite dans ses bottes, a pris la responsabilité de ne pas entendre ces auditeurs intempestifs. Ce mépris ne manque pas de surprendre au moment où cette même direction affirme n’avoir aucune autre mission sur cette terre que la reconquête des auditeurs perdus.

Pourtant il s’agit tout simplement d’auditeurs vigilants et actifs qui sont la fierté de ceux qui chaque jour font France Inter, des citoyens et non pas des clients.

A travers ces réactions s’exprime la crise de confiance qui s’est développée entre France Inter et ses auditeurs, suite notamment au flagrant manque d’équité dans le traitement de la campagne pour le référendum de mai 2005. Depuis un an, 600 000 auditeurs ont quitté la tranche 7-9.

Plus généralement, dans un paysage médiatique de plus en plus contrôlé par les puissances d’argent, ils attendent que la radio publique affirme son indépendance envers tout pouvoir, économique, politique ou médiatique, en faisant entendre sa différence et non pas sa ressemblance.

Prendre le chiffre d’audience pour seul but c’est aligner France inter sur le système commercial des radios privées et c’est préparer sa privatisation. La dérive n’est pas nouvelle, voilà des années que France Inter est une « marque » et nos émissions des «produits».

Aucun autre horizon n’est évoqué, aucun projet, aucun souffle à la hauteur d’un tel Bien public, tout restant confiné dans les eaux glacées des calculs médiatiques comme si l’audiovisuel public n’était pas par nature, un terrain et un enjeu politique majeur.

L’exigence de ces auditeurs n’est ni de gauche ni de droite, elle appelle à une vraie information et à un vrai débat sur le contrôle des médias publics, sur les garanties de leur indépendance, notamment dans la campagne électorale qui s’ouvre.


«Là-bas si j’y suis » continue sur www.franceinter.fr

Et aussi sur www.la-bas.org








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