7 septembre 2006

Parvis Notre-Dame de Paris : au nom du PS, de l’UMP et de l’UDF…

Parvis Notre-Dame
Parvis Notre-Dame.
Un des lieux les plus prestigieux de Paris, le parvis de Notre-Dame, au cœur de l’île de la cité, porte désormais le nom du pape Jean Paul II, mort le 2 avril 2005. Ce site du Paris historique, face à sa Cathédrale, s'appelle maintenant " Parvis Notre-Dame - Place Jean Paul II ".

En décidant d'honorer ainsi l'ancien pape, Karol Wojtyla, Bertrand Delanoë a fait un choix arbitraire en dérogeant à une règle qui s’impose d’ordinaire : attendre 5 ans entre le décès d’un personnage illustre et le fait de donner son nom à une rue ou une place parisienne. 


Le baptême a eu lieu le dimanche 3 septembre et a donné lieu à une manifestation d’opposants devant la cathédrale, manifestation vite réprimée par la police.

Il faisait suite à une décision d’une majorité inhabituelle d'élus municipaux parisiens : socialistes et UMP, pour une fois d'accord, auxquels se sont joints les UDF. Tous les autres partis de la majorité de gauche (Verts, PCF, MRC, PRG) ont voté contre cette décision lancée par Bertrand Delanoë, sur proposition initiale de l'UMP.

Sylvain Garrel, écologiste, a rappelé que le souverain pontife, s'il était vivant, devrait être "traduit devant le Tribunal pénal international pour complicité de crimes contre l'humanité". Il a déploré la "trop longue carrière" du pape émaillée de prises de positions "anti-avortement et anti-contraception".

Dans une lettre adressée à Bertrand Delanoë, Georges Sarre remarquait, quant à lui, que le principe de laïcité impose une stricte séparation entre l’Etat et les religions.

Certes, d’autres lieux portent, à Paris, le nom de religieux. Certaines de ces appellations sont fort anciennes et l’on peut admettre qu’il soit fait exception à la règle mais il faut, à ce moment-là, que la personne concernée ait rendu au pays, et à la République, des services éminents et indiscutables. Mais cela doit rester l’exception.

Il y a une autre raison qui justifie le refus de cette initiative. Le parvis de Notre-Dame est connu sous ce nom depuis des siècles, par les Parisiens et les étrangers. C’est un lieu qui est donc associé à l’image de Paris dans le monde.

Il n’y a aucune raison pour que cet endroit central de la capitale soit désormais connu sous le nom d’une personnalité qui n’a aucun lien, de près ou de loin, avec la ville de Paris et avec la France, et dont certaines options ont été particulièrement controversées car profondément rétrogrades. Pour un endroit aussi important, le choix de la personne doit faire l’unanimité.

La laïcité est un des fondements de la République. Elle est bien plus qu’une simple juxtaposition de communautés, fussent-elles religieuses. Elle suppose une stricte séparation entre l’espace public et l’espace privé, la religion ayant toute sa place dans le second, mais aucune dans le premier.

Or, qu’est-ce que le parvis de Notre-Dame, sinon un espace public que foulent chaque année des millions de visiteurs pour admirer la façade de Notre-Dame ?

Le Maire de Paris, en faisant ainsi une entorse au principe de laïcité fait preuve de faiblesse, entérine un recul des principes républicains et donne l’impression désagréable de penser avant tout aux prochaines élections municipales…



3 commentaires:

Pierre a dit…

Comment interpréter une telle décision de la part du Maire de Paris ?
Est-ce que vraiment, on serait devenu si pieux d’un seul coup en France ?
Même certains chrétiens de gauche ont critiqué Jean-Paul II pour ces prises de positions, notamment contre le préservatif.
Est-ce que l’UMP n’en avait pas fait assez en mettant en berne les drapeaux français lors de l’annonce de la mort du Pape ?
Alors que 12000 professeurs de l’école publique vont disparaître faute d’être remplacés, est-ce qu’on désire à nouveau faire appel à l’église pour éduquer les petits enfants ?
Des curés pour apprendre la Marseillaise à l’école ?
Pourquoi pas renommer la tour Eiffel "Tour Louis XVI" ? Grand homme également, très célèbre...
En plus, Notre Dame, quel symbole, si on connaît le roman d’Hugo, dont l’héroïne était victime de l’intégrisme religieux.
Bien sûr, on peut rétorquer que c’était un homme connu du monde entier, qui a marqué l’histoire.
On aurait pu donc tout aussi bien choisir "Karl Marx", ou "Che Guevara" comme idée de nom. Ces noms ne sont pas moins célèbres, et ils divisent autant.
Bref, après Ségo, je crois que Delanoë va lui aussi à la pêche aux voix de droite…

Amandine a dit…

Déjà, on avait vu fleurir sur les murs de Paris une campagne publicitaire annonçant le partenariat de la Mairie de Paris avec le Secours Catholique.
Aujourd'hui, c'est la parvis de Notre-Dame que l'on rebaptise place Jean-Paul II .
Delanoë ne séduira peut-être pas l'électorat de droite avec ses manoeuvres grossières, mais au moins espérons que cela servira à son salut.
Quant à l’ultra gauche et les verts qui voudraient faire de Jean-Paul II un criminel contre l'humanité, ils devraient également s'offusquer que les noms de nombreux criminels communistes fleurissent encore les rue des banlieues rouges…

Anonyme a dit…

salut et bravo pour ton blog. Je viens de te noter +5. Si tu désires faire pareil pour moi, ce serait sympa...
A+ et encore bravo
http://masternounours.boosterblog.com