24 juin 2006

Laurent Fabius, un passage déjà ancien aux affaires...

Laurent Fabius avait trente sept ans quand François Mitterrand, poursuivant l'abandon de la politique du gouvernement de Pierre Mauroy, décida d’en faire le plus jeune Premier Ministre donné à la France.

Aujourd'hui, en vue de la préparation de la présidentielle 2007, son passage au pouvoir, il y a plus de vingt ans déjà, constitue son principal handicap, tant auprès des militants socialistes que des électeurs.


Laurent Fabius poursuit en 1984 la «politique de rigueur» visant à redresser l'économie française et les comptes de l'État. Il fonde alors sa politique sur la maîtrise de l'inflation et du chômage et supprime l’échelle mobile des salaires dont l’abandon signa le début d’une baisse régulière du pouvoir d’achat des salariés qui continue encore aujourd’hui.

Ministre des Finances sous le gouvernement Jospin, il n’a guère brillé par un positionnement très à gauche en baissant les impôts sur le revenu plutôt que les impôts indirects qui frappent indistinctement les riches et les pauvres.

Dans une lettre du 28 septembre 2000, l’observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), confirmait que ces baisses d’impôts avaient profité surtout aux ménages aisés.

Les conséquences de ces mesures, par exemple pour un couple avec deux enfants, étaient très significatives et le gain total (gain IR, gain CSG et gain vignette) s’établissait à :

- 101 € pour un couple de smicards

- 2 561 € pour un couple gagnant 10 fois le SMIC

- 4 910 € pour un couple gagnant 20 fois le SMIC

- 6 726 € pour un couple gagnant 30 fois le SMIC

Pour Laurent Fabius, cette stratégie de baisse des impôts sur le revenu, disait-il à l’époque, devait faire gagner la gauche. On a vu le résultat le 21 avril 2002 !

Visiblement, le PS et ses éléphants n’ont pas encore intégré l’idée qu’il convient de baisser en priorité les impôts indirects plutôt que les impôts sur le revenu pour des raisons de justice fiscale.

Les impôts indirects au premier rang desquels la TVA, TIPP et autres taxes diverses représentent en effet environ 65 % des recettes budgétaires de l’état. Un record parmi les pays modernes qui fait de la France un des pays les plus injustes en matière fiscale !
Où s’arrêtera l’accroissement des inégalités si l’impôt progressif sur le revenu est baissé régulièrement pour des raisons bassement électorales ?

Pour n’avoir jamais fait une vraie réforme fiscale en faveur des salariés, la gauche a non seulement sa part de responsabilité dans l’accroissement des inégalités depuis le début des années 80 mais a perdu également une grande partie de son électorat naturel, celui des salariés, ouvriers et employés.

Mais plus récemment, c’est avec un certain courage que Laurent Fabius s'est prononcé pour le Non au TCE, traité écrit sous la houlette de Valéry Giscard d’Estaing et entériné par le PS. Cette prise de position, à un moment où tous les sondages donnaient le Oui gagnant à plus de 60%, fait dire à ses amis politiques que «Laurent a vraiment changé».

En vue de la présidentielle en 2007, il semblerait qu’il soit le plus apte à faire le plein des voix de gauche au second tour, car les électeurs de gauche et d’extrême gauche ont voté majoritairement Non à ce traité ultra-libéral, en mai 2005.

Sera-t-il suffisant pour s’imposer dans la primaire interne qui s'annonce au PS puis, le cas échéant, se qualifier pour le second tour de l'élection présidentielle et être élu Président de la République ?






1 commentaire:

Stéphane a dit…

J'ai adhéré au PS en 2006 (nouvelles adhésions à 20 €) pour désigner le candidat afin que la gauche ait une chance en 2007.

Je soutiens plutôt la candidature de Laurent Fabius car c’est le seul candidat du Non au TCE, tous les autres candidats ayant été pour le Oui.

J’écoute et je lis toutes les interventions des autres candidats et seule la candidature éventuelle d'Arnaud Montebourg, partisan lui aussi du Non, pourrait me faire changer d’avis.