12 mai 2007

Ségolène Royal : de la "bravitude" à la "déconfitude"...

Ségolène Royal
Ségolène Royal.
«C’est le peuple qui m’a faite…je suis la candidate des gens, la candidate de l’insoumission» déclarait Ségolène Royal après la primaire interne organisée par le parti socialiste, le 16 novembre dernier.

Mais le résultat du deuxième tour de l’élection présidentielle avec 46,94% des voix, comme celui du premier tour avec seulement 25,83% des voix, malgré le ralliement des Radicaux de gauche et des Chevènementistes, confirme que le PS peine toujours à reconquérir l'électorat populaire. Le basculement à droite dans 16 régions sur 22, du département du Nord ou de localités comme Martigues ou Istres dans les BdR, traditionnellement à gauche, est à cet égard significatif.

Après avoir puisé dans les sondages des propositions à même de plaire au peuple, Ségolène a séduit surtout une France paisible, semi-rurale et n’a finalement pas réussi à prouver que sa crédibilité n’était pas seulement celle de son image…



Bertrand Delanoë l’a énoncé comme une lapalissade au soir du deuxième tour mais c’est profondément vrai : “Quand la gauche n’est pas assez claire, on ne la comprend pas”.

Il est en effet étonnant que la candidate du PS n’est pas su exploiter le bilan d’une droite jugée en fâcheuse posture voici seulement un an, au moment des manifestations anti CPE ! Une droite dont les représentants, peu scrupuleux, ont présenté le contenu de leur programme comme si le président de la République n’était pas de droite depuis 12 ans ou comme si l’UMP avec ses 359 députés n’était pas majoritaire à l’assemblée nationale depuis 5 ans !

Mais si la candidate socialiste est largement responsable du score le plus bas fait par la gauche depuis 1965, lors d’un second tour d'une élection présidentielle, le PS n’est pas exempt de critiques.

Et d’abord, l’organisation de la primaire en vue de la désignation du candidat. Etait-il bien judicieux que les candidats à la candidature débattent et exposent leurs divergences devant les caméras, laissant ainsi des plaies plus ou moins ouvertes pendant la campagne.

Etait-il sain que le PS, en voulant faire du neuf, laisse les seuls adhérents socialistes maîtres du jeu. Quand on connaît la composition socio-économique des adhérents, la prépondérance des fonctionnaires, l’importance des adhérents de fraîche date, à 20 euros, ne connaissant souvent que le contenu des sondages du moment, le choix était pour le moins risqué…

Les commentateurs politiques en ont parlé comme s’il s’agissait d’un scrutin au suffrage universel. Or il n'y a pas de rapport mécanique entre les deux. Le Parti socialiste est une organisation à l'intérieur de laquelle, jusqu'à l'arrivée des nouveaux adhérents par Internet, 40 % des adhérents étaient des élus, et une proportion considérable des employés municipaux, intercommunaux, départementaux ou régionaux.
En fait, pour la majorité des 180 558 adhérents qui ont voté, la première préoccupation n'était pas de refléter les tendances profondes de la société, mais d'assurer la victoire électorale de leur camp en fonction des instituts de sondage qui avaient pronostiqué une victoire inéluctable de Ségolène Royal. Parmi les nouveaux adhérents se trouvaient aussi des classes supérieures, ­ tendance bobo, reflétant faiblement la réalité sociologique du pays.

Après le vote pour le Oui au TCE en 2005 alors que le Non était majoritaire à gauche, les adhérents socialistes se sont une nouvelle fois trompés en désignant sans doute le candidat le moins compétent des trois prétendants. Les partis de gauche italiens ont été plus prudents en la matière, organisant une consultation beaucoup plus large entre électeurs, qui a débouché sur le choix de Romano Prodi. Et dans la plupart des pays démocratiques, c’est le président ou le 1er secrétaire du parti qui se présente aux plus hautes fonctions, après une désignation en congrès extraordinaire.

La suite, on la connaît, la candidate désignée par le PS s’est cantonnée à ressasser des généralités, mettant à toutes les sauces le mot «ordre juste» tout en invitant les Français à déployer le drapeau tricolore dans leur appartement...

N'oublions pas que Ségolène Royal est, comme Jean-Pierre Raffarin, l'élue de la région Poitou-Charentes, qui n'est certainement pas la région où les problèmes de la société française se posent avec le plus d'acuité.

Les erreurs, les revirements inexpliqués ou la méconnaissance des dossiers n’ont pas manqué :


Les éléphants
Les éléphants sont chassés dans un premier temps par Ségolène puis reviennent par enchantement dans un comité comprenant treize d’entre eux, dont est absent Michel Rocard, puis sont à nouveau critiqués…

Eric Besson
Au-delà de la traîtrise d’Eric Besson qui n’est d’ailleurs pas le seul (Claude Allegre, Roger Hanin et autre Michel Charasse, etc.) , l’ancien secrétaire à l’économie du PS voulait néanmoins chiffrer le programme du PS à la différence de Ségolène Royal qui a donné trop souvent l’impression de ne pas vouloir rentrer dans le contenu des dossiers et l’aspect budgétaire…

François Bayrou
François Bayrou est qualifié d'homme de droite avant le premier tour puis comme un Premier ministre possible, en concurrence avec Dominique Strauss-Kahn, après le deuxième tour !

La proportionnelle
Le pouvoir doit être partagé et non dans les mains d’un seul parti, a-t-elle répété. Laissons de côté le fait que le PS promet depuis longtemps la proportionnelle sans la faire... Ségolène n’a jamais précisé la part exacte de proportionnelle contrairement à François Bayrou qui a opté pour 50% de sièges de députés élus au scrutin majoritaire et 50% élus à la proportionnelle dans le cadre de circonscriptions régionales.

La décentralisation
Je préciserai les responsabilités de chaque structure administrative» a-t-elle encore dit et notamment celles des communes, départements et régions alors que la véritable modernité consiste à faire disparaître purement et simplement au moins un échelon administratif, en l’occurrence le département. Sur ce point également, François Bayrou a été beaucoup plus clair : «Départements et régions doivent être administrés par les mêmes élus, qui délibéreront tantôt dans le cadre départemental, tantôt dans le cadre régional. Dans le cadre départemental, ils décideront, par exemple de solidarité ; dans le cadre régional, de stratégie économique. Mais ce seront les mêmes hommes, la même administration, le même budget, et tous les doublons seront évités».

Le Smic à 1500 €
Dans le programme du PS, on peut noter que «le SMIC sera porté à 1 500 euros, le plus tôt possible dans la législature». Mais Ségolène précise début mars à la télévision que ce montant ne sera atteint qu’au bout de cinq ans, le SMIC passant ainsi de 1 254 € au 01/07/06 à 1 500 € à la fin de la législature. Or, grâce à l’indexation automatique du SMIC au 1er juillet de chaque année, le SMIC atteindra de toute façon 1500 € en 2012 et ce quel que soit le candidat élu…

Les allocations familiales
En parlant uniquement de mise sous tutelle des allocations familiales pour les familles qui ne “tiendraient pas correctement leurs enfants”, Ségolène Royal a esquivé de fait le vrai débat concernant les modalités d’attribution de ces allocations.
Car, aujourd’hui, un jeune couple venant de débuter dans la vie, ayant un enfant à charge, voire un couple en difficulté financière (chômage, temps partiel subi, etc.), ne touche pas d’allocations familiales puisque celles-ci ne sont versées qu’à compter du deuxième enfant.

Ségolène Royal qui parle volontiers du droit des femmes en citant souvent le modèle social des pays scandinaves devrait savoir qu’en Norvège notamment, elles sont versées dès le 1er enfant…

Situation renversante à plus d’un titre car c’est justement Nicolas Sarkozy qui a proposé d’attribuer les allocations familiales dès le premier enfant !
Et les injustices ne s’arrêtent pas là. Pendant que ces familles, souvent modestes, ne touchent pas d’allocations familiales, celles ayant au moins deux enfants ou plus et vivant confortablement (cadres supérieurs, professions libérales, PDG, etc.) les perçoivent alors qu’elles n’en ont pas un besoin vital pour vivre !

La régularisation des sans-papiers
La proposition de régularisation des sans-papiers a été perçue, à tort ou à raison, comme une régularisation systématique dont ne veulent pas les Français. Ce sentiment s’est même renforcé après la régularisation massive des sans-papiers en Espagne par José Luis Zapatero, venu soutenir Ségolène lors d’un meeting commun. La Droite n’a jamais autant cité dans cette campagne la phrase de Michel Rocard : «On ne peut pas accueillir toute la misère du monde»…

Les droits de succession et la baisse d’impôts
Lors du débat télévisé avec Nicolas Sarkozy qui s’est prononcé pour une exonération totale des droits de succession et une nouvelle baisse d’impôts sur le revenu, Ségolène n’a pas vraiment répondu à son interlocuteur et a omis de préciser que la conséquence de ces mesures sera d’augmenter les impôts indirects, par définition injustes, car touchant les riches et les pauvres de la même façon. Supprimer toute imposition du patrimoine et réduire encore le volume de l’impôt sur le revenu sera un véritable bond en arrière dans un pays où 10% des ménages détiennent 46% du patrimoine et où 3% des ménages les plus riches détiennent 36% du patrimoine financier.

La réforme des retraites
Au sujet des retraites, Ségolène a renvoyé, sur ce sujet également, à la discussion avec les partenaires sociaux. Pas un mot sur une éventuelle abrogation de la réforme Fillon 2003, voire celle de Balladur en 1993 qui a changé le mode de calcul des retraites (prise en compte des 25 meilleures années au lieu des dix meilleures avant 1993, provoquant ainsi une baisse importante du montant des pensions). Seule précision : si la croissance ne suffit pas à résorber le déficit du régime des retraites, une taxe sur les plus-values boursières sera envisagée…

Les handicapés
En ce qui concerne l’accueil des handicapés à l’école et au-delà de ses propos en partie contestables, elle a préféré surtout se lancer dans une dispute surfaite, destinée avant tout à donner l’image d’une femme montrant du caractère et attentive aux problèmes des handicapés. Mais parfois, trop, c’est trop…

et beaucoup d'autres sujets à caractère politique...

Après Le non à la Constitution européenne le 29 mai 2005, les émeutes ou les manifestations contre le CPE, un projet économique mettant clairement en cause le libre-échange, les délocalisations, le niveau trop faible des salaires, les mesures fiscales en faveur des plus riches aurait pu permettre à la gauche d'aller vers l’électorat populaire et de remporter cette élection.

Mais rien de tel dans le discours de Ségolène. Son féminisme a satisfait d’abord les classes supérieures, qui conçoivent le couple comme l'union de deux individus libres sans enjeu économique réel.

En réalité, qui veut fuir la réalité économique en activant les valeurs sociétales, la sécurité et les questions d'identité, finit toujours par faire le jeu de la droite… 




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14 commentaires:

parpascal a dit…

J'apprécie ton blog, mais pour l'analyse, je crois que les problèmes rencontrés par S.ROYAL ne sont pas seulement due à la candidate elle même.
Le PS erre depuis MAASTRICHT, depuis 15 ans... où il ne parvient pas à faire des choix,entre centralisation et décentralisation, entre libéralisme et antilibéralisme, entre europe ou non...
La synthèse des sensibilités du PS, était une pratique intéressante, lorsque ces sensibilités, n'étaient pas complètement antagonistes...
Aujourd'hui faire une synthèse entre un M.ROCARD et H.EMMANUELLI, revient à ne rester que dans le superficiel de la stratégie électorale, sans confronter le fond idéologique au corps électoral, et même aux militants....
Lorsque, par exemple, le PS lors du référendum sur la constitution européenne, FABIUS renverse la ligne du parti, contre le vote même interne des militants qui dans les urnes ont majoritairement déposé des bulletins non...
on peut se demander si les idées comptent finalement au PS, par delà les leaders...
le PS étouffe aujourd'hui du libéralisme politique, j'entends par là du professionnalisme, de l'ingénérie politicienne, qui tue la parole militante au sein de ce parti.
C'est cela qui met en déroute le PS, qui n'a même pas le réflexe en début de campagne de contester des institutions dont il fut le premier historiquement à en contester les fondements, alors même que la VEME REPUBLIQUE est véritablement en stade terminal...
Comment un parti socialiste, peut il espérer batir une social démocratie,avec des syndicats représentant 9% de la population active, sans que cela ne lui pose aucun problème.
Comment gagner lorsqu'on est totalement passé à côté de l'évolution de son adversaire, la DROITE qui non seulement a largué tous ses tabous hérités de l'occupation, mais qui en plus s'est aggloméré un réseau financié, médiatique, show bizz occupant le terrain de 80% de l'information en FRANCE !
Les germes de la défaite sont là.
Mais aussi dans la sociologie d'un parti qui n'a cessé de s'enfermer sur lui même, sur un même segment de la population française, se coupant à la fois des plus modestes, des ouvriers, des employés, pour ne garder qu'un nombre restreint de gens issus des populations intermédiaires, de plus de 40 ans et de moins de 60 ans...
En clair, le pendant de la ménagère de 50 ans du panel de TF1 !
Il est là le problème, et pas ailleurs.
Et la responsabilité du PS est terrible dans l'accession d'un SARKOZY, dont l'ascension, les idées les stratégies, les pratiques politiques de clan, d'influences...sont un réel danger pour notre démocratie.
Le PS a perdu le sens du réel..
et c'est pour cela qu'il n'a plus aucune efficacité !

bernard a dit…

Est-ce que Ségolène était la candidate légitime du PS ? J'ajouterai : n'était-elle pas la candidate idéale pour NS ?

Je m'explique, Ségolène a construit sa popularité chez les sympatisants et plus grave, chez les adhérents qui l'ont finalement désignée, sur base des sondages d'opinion et notamment sur un fantasque sondage qui la donnait devant NS au moment de la campagne pour la désignation du candidat socialiste.

Question : ces sondages étaient-ils fiables ? qui avait intérêt à faire émerger Ségolène ? le PS ? Non au vu du résultat et ses conséquences, l'UMP ? ah ... pourquoi pas l'UMP ? tiens les medias, l'UMP les as dans sa poche, non? et qui commande les sondages ? qui les publie ? un sondage en appelle un autre, puis un autre etc ... ça ressemble à une manipulation, non ?

Autre question : qui a su tirer profit de la désignation de Ségolène ?
NS, qui ne pouvait rêver pire candidate pour l'affronter, d'autant que la gauche était très divisée derrière elle, de par sa popularité fabriquée peut-être (voir les résultats sur les départements des fédérations les plus "pro" Ségolène…; Bayrou, qui sans les voix apportées par les déçus de la non-désignation de DSK, aurait plafonné à 8 % comme d'habitude.

Et les perdants ? Hollande, plus ridicule que jamais, le PS qui a encore loupé l'occasion de faire sa rénovation post-mitterrandienne, la gauche anti-libérale épuisée par le vote utile (il fallait bien trouver quelque chose pour que Ségo arrive au deuxième tour !), le centre gauche aux lendemains qui déchantent et les Français qui n'ont pas eu de vrai choix au second tour, qui a tourné au referendum.

Quel gâchis! Notre pays a un besoin immense de social-démocratie et c'est le libéralisme le plus vil qui passe ! La Social-démocratie avait un boulevard devant elle, mais ses idées n'ont pas trouvé de candidat : dommage ...

Cécilia a dit…

Contribution d'une de ces crétines qui ont fait le choix de la mauvaise candidature à la primaire socialiste...Ma fédération, c’est les B D R et ma ville, c'est Marseille où la droite UMP et FN règne sans partage. Dans ce contexte, Ségolène s'en est tirée honorablement. Plus précisément, dans ma section qui a doublé son nombre d'adhérents, nous avons obtenu un 47% mérité. Il faut dire que toutes et tous nous avons beaucoup milité. Ceux qui nous ont mis des bâtons dans les roues, ce ne sont pas les cadres socialistes de base mais les Besson, Rocard,
Kouchner, ainsi que DSK qui regardait si ostensiblement ailleurs. Nous allons régler nos comptes en famille. Je paie ma nouvelle cotisation (chère, celle-là!) pour soutenir Hollande et Ségolène. Si d'autres tiraient les marrons du feu alors que Ségolène a entrepris le grand ménage nécessaire, je "me casserais" et je ne serais pas la seule…

Laurence a dit…

Ségolène s'est beaucoup appuyée sur les sondages et sur des analyses sociologiques. Il y avait ainsi auprès d'elle un sémiologue, Alain Mergier, auteur d'un livre remarqué, Le Descenseur social, qui a été l'un des architectes de sa campagne et notamment du thème qui est devenu un gimmick : le "donnant/donnant". Elle a aussi beaucoup compté sur les conseils de la publicitaire Natalie Rastoin, experte en marketing, qui lui a notamment imaginé cette campagne, et enfin sur Sophie Bouchet-Petersen, une très imaginative conseillère. Mais cela n’a pas suffit. Face à la désorganisation, se sont ensuite greffés Jean-Pierre Chevènement, qui a beaucoup appuyé le côté autoritaire et nationaliste de Ségolène Royal, et, à l'inverse de Bernard-Henri Lévy, qui l'a aidé dans ses interventions médiatiques. Mais cela ne suffit pas à élaborer une ligne. Elle n'avait pas d'experts véritables pour bâtir sa politique fiscale, notamment, ou même pour élaborer sa critique en demi-teinte des 35 heures. Du coup, elle a souvent donné le sentiment de pointer avec justesse les problèmes, mais de ne pas suivre derrière, de ne pas proposer de solutions ou d'analyses plus étayées.

Jean a dit…

Ségolène Royal doit réfléchir à ses erreurs et corriger ses propres défauts si elle veut réussir en 2012...

Michel a dit…

Excellente analyse d'un parti qui est perdu

Excellente analyse, car moi-même apres la défaite de mars 1986,j'avais rejoins la cellule du PS de ma ville et je dois dire que je ne suis pas resté longtemps.

On peut voter socialiste sans être militant

Il y avait l'entrepreneur du BTP local qui avait tous les marchés de la ville (une autre époque !)

Il y a avait que des fonctionnaires
, mairie, instituteurs.

Il est à constater, 20 ans après, que cela n'a pas changé sur la composition sociologique du "militant"

Encore bravo pour votre analyse qui explique bien les erreurs d'analyses de Mr ROYAL qui n'a fait que personnaliser sa candidature sur sa personne de femme,mère de famille... et qui à fait fuir des millions d'électeurs vers
Sarkozy car Sarkozy, en lisant bien son programme ,rien ne fait peur,il n'y a que de la logique et du bon sens (même si je n'aime pas les PV !)

Guy a dit…

Très bon article qui analyse assez clairement la situation après la
Présidentielle, qui d'après certains caciques du PS était
imperdable...Heureusement, qu'est ce que cela aurait été dans le cas
contraire !!!....

Après les législatives, la bagarre s'annonce assez dure pour l'investiture du prochain ou prochaine Secrétaire du Parti Socialiste, car cela m'étonnerait beaucoup que François Hollande le reste, au dire de DSK :

La bataille est ouverte au sein du PS.

Dominique Strauss-Kahn a affirmé lundi que François Hollande était "le principal responsable" de la défaite présidentielle, qui crée "évidemment une crise" au Parti socialiste.

"Le PS, depuis 2002, a été incapable de se renouveler" et François Hollande en est "le responsable principal", a-t-il dit sur RMC et BFM-TV.

Le député du Val-d'Oise a ironisé sur la proposition de François Hollande d'organiser "des assises pour refonder un grand parti de la gauche". "C'est un aveu (...)

Cela veut dire qu'on n'est plus un grand parti de la gauche", a-t-il dit,en déplorant "la tendance à fuir, dans des manoeuvres institutionnelles, la réalité".

Cela va être difficile de concilier les idées "tout à gauche" de
Fabius/Mélenchon/Emmanuelli et plutôt "gauche-centre" de DSK/Royal et, bien entendu, la volonté de Ségolène Royal dont le rêve secret reste de faire le coup de Mitterrand, au congrès d'Epinay, en comptant sur les militants,
pour mettre hors course ses concurrents comme lors de son investiture.

Roche a dit…

Cet article est d'une clarté absolue et d'une modération exemplaire, avec lui on comprend pourquoi on a été séduit. Et comme dans toute séduction,finalement, nous avons été Bernés.

Le rêve a été "Beau", mais ce n'était qu'un mensonge prestigieux. On a voulu artificiellement et au niveau du seul "label"... obliger le temps à l'alternance sans avoir rien de profond ni d'original à proposer.

Catastrophe qui pouvait être prévisiBle !

(Pensez que la démocratie demeure toujours et à tous les niveaux, même celui des communes, "représentative"... sans jamais aucune responsaBilité réelle d'aucun élu... devant les citoyens mandataires... et que, de plus..., au lieu d'être évoquée par les plus éclairés,la plus grosse aberration demeure : c'est celle qui fait qu'avec 50% des voix + une seule,
on peut faire un coup d'état et gouverner comme si les 49,99% restants n'existaient pas du tout ! En cela la France toujours bi-partite reste bien la France !

Nous n'avons pas assisté à une déconfiture mais à l'effondrement d'une super-mayonnaise par simple incapacité imaginative des prétendus "leaders" de la Gauche qui n'ont été que des escamoteurs ou des bateleurs. Le mal
vient de ce que le Parti Socialiste, finalement, après Mitterrand, ne fut
que la chose et l'outil de conquête de Lionel Jospin... désignant alors son ami Hollande pour le diriger, avec pour seule vocation de bien lui garder cet outil, cette chose...

Le mal vient de ce que ce monsieur Hollande, dans un tel contexte, ne
pouvait être à la hauteur d'un Parti du Peuple !

Le fait est que Ségolène a été écrasée par toutes ses meilleures
intentions pour compenser cela. On ne pouvait compenser un mal dont la
racine était trop profonde : l'abominaBle Jospin d'une part, (pétri d'orgueil) et ses homologues parfaitement à son image : les
"Eléphants".......... dont l'impéritie plomba sans vergogne toute la campagne électorale.

La Gauche morte... ne trouvait de vie qu'au travers du rêve Ségolène.
Mais, cette extraordinaire personne au sourire impérissaBle, infiniment
trop seule, peu soutenue par ses aides et ses fumeux conseillers ou
conseillères, peu portée par un parti vieilli, sclérosé et figé..... a dû s'accrocher aux seules basques de Sarkozy et, ainsi, toujours à sa traîne,
elle n'a jamais réussi à sortir de son sillage qui fut son ornière.

Aujourd'hui la Gauche a même perdu son rêve, notamment avec cet article lumineux auquel nous venons de répondre. Merci à cet article ! Jeanne d'Arc, côté quartier latin, c'est fini !

joseph a dit…

C'est bizzare cette science infuse après coup.
Les nouveaux adhérents portés par les sondages, les éléphants......
Bref, depuis dix jours, tout le monde sait tout.
Je ne vois qu'une seule évidence: Sarkosy a été meilleur que Ségolène.
Point final.
Maintenant, en 2012, le candidat ou la candidate qui portera les couleurs du PS sait à quoi s'en tenir.
Seul François Mitterrand a su battre la droite, même si on dit aujourd'hui que c'est Chirac qui a fait perdre Giscard.
Balivernes!En 81, Mitterrand a été meilleur que Giscard.
Le peuple a toujours raison lorsqu'on lui donne la parole.
Peut-être est-ce pour cela qu'on la lui donne peu.
Joseph

Nathalie a dit…

Ségo a perdu parce que :

1) Le PS n’a plus d’idéologie. C’est le NI NI, ni capitaliste ni anticapitaliste

2) Ségolène en refusant d'être plus précise sur ses propositions a donné l'image d'une personne incompétente ou du moins insuffisamment compétente, et insuffisamment préparée.

3) Elle a souffert des nombreux sujets tabous à gauche tandis que Sarko faisait exploser ceux de droite.

Si le PS continue à mettre son nez dans le sable, il n’est pas sorti de l'auberge.

Patrick a dit…

Et Arnaud Montebourg qui commence à y croire , tout ça pour faire troisème
derrière SarkoII et Bayrou III mais juste devant Marine, tu parles , c'est trop tard pour jouer les Kennedy du nivernais, il ne ramassera que les ruines du PS pour figurer.

Mais bon , qui sait, il a peut-être raison d'y croire un petit peu... pour 2017.

Jacques a dit…

... de la bravitude à la déconfitude...

Jacques a dit…

... il faudrait surtout que la gauche française se réveille de son
imbécillitude.

Royal-Hollande démission !

Vive Bayrou-DSK ! Vive la sociodémocratie moderne !

A bas les énarquiens "plan de carrière socialo" qui comptent leurs € sur le dos des militants !

Le peloton d'exécution pour ce "couple" stupide et
ringard !

Julienne a dit…

Mme Royal est un personnage politique "atypique",très culottée,n'ayant aucun scrupule,à mon avis.Tous les moyens ont été bons pour se faire élire.Mais,son programme incohérent,n'était pas crédible. Elle a brillé par son incompétence,son amateurisme, son improvisation,sa versatilité,ses
colères "saines". Les Français n'étaient pas dupes de sa supercherie. Le Peuple a tranché,a fait preuve d'une maturité intellectuelle.Mme Royal vise,de nouveau,la conquéte du POUVOIR en 2012.La défaite sera assurée.. !!
"L'erreur fatale du PS serait de choisir Ségolène Royal". Les socialistes seront rayés de la carte politique pendant au moins une dizaine d'années.Les Français sont exaspérés, écoeurés des calculs du PS,dans le but de prendre le POUVOIR,sans se soucier des attentes,des problèmes,des
souffrances du peuple(délocalisations,chomage,précarité, explosion des impôts locaux,paupérisation du peuple etc..) Avec les socialistes au
pouvoir(depuis 1981 avec Mr Miterrand)les Français ont connu une politique laxiste, d'assistanat,de matraquage fiscal.. !!Le peuple commence à déserter le PS,méme Mr Krouchner,un personnage respectable l'a fait.Que Mme
Royal analyse les raisons de sa défaite. Oui,le titre :"Ségolène :de la "bravitude à la déconfiture" a bien décrit la situation. Sa défaite a été très bien méritée.