7 novembre 2008

Après le résultat du vote des militants socialistes, Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez quittent le PS


Jean-Luc Mélenchon.
Marc Dolez.
Le résultat du vote des militants socialistes est connu. Les trois motions issues de la majorité sortante du parti obtiennent près de 80% des suffrages; Ségolène Royal arrivant légèrement en tête (29,5%) devant Bertrand Delanoë (25,3%) et Martine Aubry (24,6%).

Ce résultat est sans ambiguïté malgré le score honorable, environ 19%, de la gauche du parti animée par Benoît Hamon mais qui n'y change malheureusement rien...



Ainsi, les orientations qui dominent la social-démocratie européenne l'ont largement emporté alors qu’elles conduisent partout à l’échec en Europe. Elles avalisent notamment le OUI au TCE le 29 mai 2005, l’Europe du traité de Lisbonne ou l’abstention récente du PS face au plan de soutien aux banques proposé par Nicolas Sarkozy…

Ce vote cautionne indirectement aussi les déclarations ou les actes de plusieurs membres éminents du PS :

- François Hollande pour avoir inventé les adhérents socialistes «soldés» à 20 € qui ont dénaturé en partie le débat politique à l'intérieur du PS et fait le lit de Ségolène Royal.

- Ségolène Royal pour sa proposition d'alliance avec le Centre et l'inauguration d'un nouveau type de meeting politique, à mi-chemin entre spectacle de show-biz et réunion télévangélique…

- Bertrand Delanoë pour son «libéral et socialiste» en pleine crise des subprimes…

- Lionel Jospin pour son programme qui n’était pas socialiste et son record inégalé de privatisations faites (200 milliards), loin devant Edouard Balladur (seulement 90 milliards…)

- Martine Aubry pour son passage aux 35 heures dans des conditions très discutables : seulement une partie des entreprises concernées, création de 5 SMIC différents, désorganisation de l'hôpital public, blocage ou faible augmentation des salaires (toujours inférieure au taux officiel de l'inflation...), flexibilité accrue du travail, etc.

- Dominique Strauss-Kahn, patron du FMI, organisme qui a organisé, planifié et parfois même imposé à la hussarde la déréglementation des systèmes financiers. Et en pleine crise financière, un DSK qui vient de proposer aux dirigeants américains, britanniques et français, ravis, la théorie des «nationalisations provisoires»...

- sans oublier Pascal Lamy, directeur de l'OMC, institution internationale qui ruine et affame les pays du Sud. On frémit encore quand on se souvient qu'il était l'un des premier-ministrables (avec François Bayrou…) de Ségolène Royal.

Tirant les conclusions du vote des militants intervenu dans la nuit du 6 au 7 novembre, le sénateur Jean-Luc Mélenchon (PRS) et le député Marc Dolez (FM) ont donc annoncé leur décision de quitter le Parti socialiste et leur intention de créer une "force nouvelle".

La voie est ainsi ouverte à la seule option possible dorénavant, qui est de marcher dans les pas d'Oskar Lafontaine, avec la création d’un vrai parti de gauche, socialiste et réformiste au vrai sens du terme (Die Linke, la gauche) en Allemagne.

Les deux parlementaires se sont déclarés favorables également à la formation d'un "front de gauche" pour les prochaines élections européennes de 2009 avec le Parti communiste et éventuellement le futur Nouveau parti anticapitaliste (NPA) que doit lancer le porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire, Olivier Besancenot.

Jean-Luc Mélenchon a dit réfléchir pour savoir s'il rejoindrait ou non le groupe communiste et républicain de la haute assemblée. Marc Dolez a annoncé, quant à lui, qu'il allait rejoindre le groupe de la gauche démocrate et républicaine (GDR, PC, Verts et divers gauche).

Bonne chance à tous les deux car la France et les Français ont bien besoin d'un parti socialiste de gauche…



 
Communiqué de Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez

Le résultat du vote au parti socialiste est connu. Les trois motions issues de la majorité sortante du Parti arrivent en tête. Elles obtiennent 80% des suffrages. Et la motion de Ségolène Royal l’emporte avec sa proposition d’alliance au centre. Ainsi, les orientations qui dominent la social-démocratie européenne l'ont emporté alors qu’elles conduisent partout à l’échec. Elles avalisent l’Europe du traité de Lisbonne, les alliances changeantes, l’abstention face à la droite, et refusent de mettre en cause le capitalisme. Ce résultat est sans ambiguïté. Le score respectable de la gauche du parti n’y change rien malheureusement.

Pour nous, ça suffit comme ça !

Nous refusons de nous renier en participant à des complots et des combinaisons tactiques. Car quelles que soient les arrangements qui sortiront du Congrès de Reims, la future direction du PS appliquera l’orientation majoritaire en particulier quand viendront les prochaines élections européennes. Il faudrait alors accepter ce que nous refusons depuis toujours : le traité de Lisbonne et le Manifeste commun avec les partis sociaux démocrates qui gouvernent avec la droite dans leur pays. Non ! Pour nous, ça suffit comme ça !

Nous prenons nos responsabilités. Dans la crise du capitalisme, notre pays a besoin d’une autre voix à gauche. Nous voulons lui être utiles. Nous voulons reprendre l’initiative, formuler une alternative, faire reculer et battre Sarkozy. Par fidélité à nos engagements, nous prenons donc notre indépendance d’action. Nous quittons le Parti socialiste. Nous allons porter publiquement notre conception du combat républicain et socialiste, sans concession face à la droite, au capitalisme et leur irresponsabilité destructrice contre la société humaine et l’écosystème. Nous allons la proposer au suffrage universel. Ainsi que nous l’a montré en Allemagne Oskar Lafontaine avec Die Linke, nous décidons d’engager avec tous ceux qui partagent ces orientations la construction d’un nouveau parti de gauche et nous appelons à la constitution d’un front de forces de gauche pour les élections européennes. Nous savons qu’une énergie immense dans notre peuple est disponible pour le changement. Il faut aller de l’avant.

Jean-Luc Mélenchon, sénateur de l’Essonne
Marc Dolez, député du Nord


Pour la République sociale (PRS)
PRS est une association politique d'éducation populaire, fondée en mai 2004, ayant vocation à replacer les valeurs républicaines au cœur de l'union des gauches.

Ce n'est pas un courant du PS, puisqu'il fédère aussi des membres d'autres partis politiques (PCF, Verts, LCR, PRG, etc.)

PRS s'est fortement impliquée dans la campagne du Non au référendum sur la constitution européenne en 2005 au côté des collectifs unitaires pour le Non.


Forces Militantes (FM)
Rassemblés en assemblée générale le 31 janvier 2004 à Paris, les militants de «Forces Militantes» ont adopté leur «Manifeste fondateur» fruit de leur réflexion collective (plus de 150 pages de contributions écrites). Il résume simplement mais concrètement les valeurs et les idées qui animent les hommes et les femmes de «Forces Militantes»… pour que vive la Gauche !




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9 commentaires:

nicolas a dit…

Bravo ! Depuis 2005, j’attendais avec impatience cette décision courageuse.

Il faut désormais oeuvrer à un rassemblement de l’ensemble des forces de gauche qui contestent l’orientation libérale de l’UE et critiquent radicalement le système capitaliste.

Encore bravo et merci !

manu a dit…

Bravo Jean-Luc et Marc !

Maintenant regardez ce qui se fait à gauche et pourquoi pas discutez avec le futur NPA et/ou un autre parti ?

Que va faire Benoît Hamon maintenant?

guillaume a dit…

BRAVO et MERCI à Jean-Luc et Marc

J’attendais ce moment depuis tellement longtemps.

Marre d’avoir un parti socialiste de droite.

Enfin des gens qui prennent leurs responsabilités, et qui ne se trahissent pas !

Je rejoins ce futur mouvement dès qu'il sera fondé !

Merci Albert pour cet article et la vidéo
A bientôt.

Anonyme a dit…

Mélenchon ose risquer sa carrière politique pour faire avancer le smilblick.

C'est déjà un geste à saluer car peu commun

j’espère juste, et je pense que lui aussi, qu'il sera suivi par une partie du PS.

Ca ne veut pas dire que je suis d’accord totalement avec lui, ses idées, loin de là, mais le geste est remarquable.

sauveur a dit…

Je me félicite aussi du départ de Mélenchon.

Voici longtemps quil faut une clarification au sein du PS : d’un côté les tenants de ce qu’on appelle l’antilibéralisme et de l’autre les sociaux-démocrates.

La logique serait de voir un éclatement, avec d’un côté le PC, le NPA enrichi par la gauche du PS, et de l’autre les ouiouistes du PS enrichis par le Modem.

On aurait enfin un paysage politique plus clair. Mais il y a trop d’élus au PS, qui ne veulent pas quitter une machine qui marche pour les élections locales...

hugues a dit…

Strauss Kahn et Lamy sont encore au PS ?

Pourtant ils sont aussi peu démocrates que Ségolène…

jean-marc a dit…

A écouter certains, il faudrait laisser le PS continuer sa dérive droitière et surtout ne rien faire.

Certes, depuis la création de la vielle SFIO, les claquements de porte et les tentatives de créations de partis ont souvent fait un flop mais là le contexte est différent.

A gauche du PS, le vide politique est sidéral.

Le NPA dans son refus de toute union n’ira pas bien loin, le PC est presque mort.

Alors pourquoi ne pas tenter ? Je pense que la mayonnaise peut prendre cette fois.

bernard a dit…

Bravo car comme il le dit si bien, il faut respecter le choix des adhérents.

Mélenchon a plus de classe que Hollande qui n'était pas parti après l'échec de son Oui au TCE en 2005 !

romain a dit…

Le PS a été le grand absent le mois dernier alors que la colère gronde au sujet de la crise et de sa gestion.
Il était occupé à gérer ses affaires (qu’il aurait dû régler tout de suite après les législatives).
Tant pis pour lePS (il ya des gens supers ) mais l’effet du vote utile (peur de LePen au deuxième tour) ne fonctionnera pas la prochaine fois.
Ils n’ont pas compris la leçon au PS

Je pensais il y a six ans qu’il y avait de la place pour un parti de gauche entre le PC et le PS, j’y aurais bien vu Montebourg, Peillon, Lienneman, Mélanchon). Je pense qu’il aurait permi aux deçus de ces deux partis de trouver une alternative.
Mélenchon part seul ou presque mais il s’est grillé à mes yeux depuis qu’il s’est positionné contre l’indépendance du Tibet.

on avait besoin du PS pour aller manifester dans la rue le mois dernier. Ils avaient d’autres chats à nourrir, et bien nous nous passerons d’eux.