29 janvier 2022

Le scandale de l’explosion du tarif de l’électricité

Tarif
Le marché concurrentiel devait faire baisser les prix de l'électricité mais a fait en réalité augmenter les prix de 60% entre 2006 et 2020. 

Les usagers sont ainsi volés suite à la mise en place de la concurrence européenne et des privatisations...


La dernière augmentation de 35% à 45% des tarifs d’électricité a obligé le gouvernement, en cette période électorale, à imposer une limitation à 4% en faisant payer EDF puis, plus tard, les consommateurs. 

Alors qu’il faudrait en fait : 

  • réserver la production d'EDF à ses clients au tarif réglementé, le tarif bleu diminué de la part du prix du gaz.  
  • retirer l'obligation faite à EDF de vendre l'électricité électro-nucléaire à de faux concurrents qui ne produisent rien. L’Union européenne oblige en effet EDF à vendre 25% de sa production à ses concurrents, qui ne l’achètent que si elle est moins chère que celle qu’ils peuvent produire, autrement dit si EDF vend à perte. Le prix unique est fixé sur le coût marginal, c’est-à-dire le coût de production d’un MWh supplémentaire. Or, les centrales à gaz sont souvent les plus efficaces pour assurer ce surplus momentané de production, ce qui revient à aligner le tarif de l’électricité sur les cours du gaz. Pour la France, dépendante à 70% du nucléaire et souvent exportatrice net, ce système est clairement défavorable.  
  • qu’EDF devienne une entreprise à caractère économique et social et qu’elle ne soit pas une société anonyme (SA) soumise au droit de la concurrence. 

Si concurrence il doit y avoir, elle doit se faire entre producteurs uniquement, dont les producteurs à base d’énergie renouvelable, comme Enercoop par exemple qui est un fournisseur français dont l’objectif principal est le développement des énergies renouvelables. Enercoop se démarque des autres fournisseurs par sa forme coopérative et son unique offre 100 % renouvelable en contrat direct avec les producteurs. 

Bref, il faut défaire méthodiquement tout ce qui a été fait depuis 2004, en particulier la loi NOME de 2010 qui oblige EDF à céder l'électricité produite à partir du parc nucléaire historique à ses concurrents. La loi NOME fixe ces conditions pour une période transitoire allant du 1er juillet 2011 au 21 décembre 2025. 

A ce sujet, le rapport de la Cour des comptes de décembre 2017, au début du quinquennat de Macron, critique sévèrement le mécanisme de l'ARENH (Accès Régulé à l'Electricité Nucléaire Historique) : 

  • obligation de vendre 100Twh d'électricité, porté récemment à 120 Twh, aux faux concurrents, quel que soit le niveau de production d'EDF. Cela représente entre 1/4 et 1/3 de sa production. 
  • le tarif de vente de 42 €/Mwh n'a pas bougé depuis 2012, sauf très récemment devant la hausse des prix. 
  • les faux concurrents ne participent aucunement aux investissements. 
  • le prix fixe ne peut refléter le prix de production en toute circonstance. 
  • pas d'obligation d'achat faite aux faux concurrents. Toutes les obligations sont supportées par EDF. 

L’électricité ne pourra donc redevenir abordable qu’à condition de sortir du marché absurde imposé par l’Union européenne... 


> Signer la pétition initiée par le Comité social et économique central d'EDF : ICI 


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