19 juillet 2010

Les bobards économiques de Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa

Pinocchio
Pinocchio.
Conformément à son habitude, le Président de la république a multiplié dans son récent entretien télévisé avec David Pujadas, les contre-vérités dans le domaine économique. 

Jamais contredit par le présentateur du journal de 20 heures de France 2 qui a d’ailleurs reçu le prix de la «laisse d'or» destiné au «journaliste le plus servile», distinction attribuée par le Plan B, Nicolas Sarkozy a confirmé sa politique de rigueur.

Par son plan d'austérité, le gouvernement va donc faire payer aux plus modestes les cadeaux fiscaux dont ont été gratifiés les plus fortunés au cours de la décennie...


“La France est le pays qui travaille le moins” = FAUX
Les salariés français travaillent plus en moyenne par semaine (36,5 heures en 2008) que les Allemands (34,6 heures), que les Scandinaves (34,5 heures au Danemark, 35,6 heures en Suède et 33,2 heures en Norvège), que les Néerlandais (30 heures) et même que les Américains (33,9 heures). Il faut aller en Europe de l’Est pour dépasser les 40 heures.

“Les pays qui ont le plus réduit le chômage sont ceux qui ont augmenté le temps de travail” = FAUX
C’est exactement l’inverse : les pays qui ont le plus réduit leur temps de travail sont ceux qui ont le taux de chômage le plus faible. Les Pays-Bas (4,3 % en mai 2010) ; la Norvège (3,7 %), l’Allemagne (7,5 %), le Danemark (6 %) alors que le taux de chômage harmonisé approche 10 % en France.

“Les 35 heures ont détruit la compétitivité”= FAUX
Elle s’est améliorée de 1997 à 2002. Pendant toutes ces années la France avait un excédent du commerce extérieur compris entre 20 et 30 milliards d’euros. Depuis 2003 le solde extérieur n’a cessé de fondre, pour se transformer en un déficit croissant à partir de 2005, atteignant plus de 40 milliards en 2009.

“La France est le pays qui taxe le plus les hauts revenus” = FAUX
En raison de l’utilisation des niches fiscales par les titulaires des plus hauts revenus et de la faible taxation des revenus du capital, le taux effectif d’imposition du revenu est très loin du taux marginal de 40 %. Il est de 25 % pour les 1 000 plus hauts revenus et tombe à moins de 20 % pour les 10 plus hauts revenus.

“La France est le pays qui taxe le plus les entreprises” = FAUX
Là encore, en raison des niches fiscales (comme la niche Copé qui a coûté 20,5 milliards d’euros à l’Etat en 2008-2009) le taux d’imposition réel de sociétés est très éloigné du taux théorique de 33,3 %. S’il est proche de 30 % pour les PME de moins de 10 salariés, il tombe à 20 % pour les entreprises de plus de 500 salariés et est inférieur à 13 % pour les entreprises de plus de 2 000 salariés !

“Le bouclier fiscal évite de verser plus de 50 % de ce que l’on gagne à l’Etat” = FAUX
Ce n’est pas le revenu réel qui est pris en compte dans le bouclier, mais le revenu fiscal minoré des niches. Des contribuables possédant des revenus et des patrimoines élevés et déclarant un revenu fiscal très faible grâce aux niches, arrivent à se faire rembourser presque tous leurs impôts.
Rappelons que les 506 niches fiscales «officielles» représentent 70,7 milliards €, la cour des comptes estimant, quant à elle, le vrai montant de toutes les niches fiscales réelles à 146 milliards € ! Beaucoup plus que le déficit record du système de retraites estimé à 40 milliards € en 2018 !

“Même l’Allemagne a fait le bouclier fiscal”= FAUX
Le bouclier fiscal allemand n’a jamais existé. En 2006, la cour constitutionnelle fédérale a rappelé au contraire que, « ni du dispositif, ni des attendus de l’arrêt du 22 juin 1995 ne se dégage un quelconque principe de partage par moitié comme limite maximale d’imposition ayant valeur constitutionnelle»

“Le collectif “Sauvons la recherche ne s’exprime plus, les chercheurs ne font plus grève parce qu’ils ont des moyens comme jamais malgré la crise” = FAUX
Il y a eu le mouvement des directeurs de laboratoires en 2008, le mouvement contre la loi LRU, puis celui de 2009 qui est le plus long de l’histoire des universités. Sauvons la Recherche, comme d’autres organisations, n’ont cessé de contester les réformes de Nicolas Sarkozy et Valérie Pécresse, qui sont mauvaises. Quant à l’intensité de recherche, elle est en baisse en France depuis 2002, y compris sous la présidence de Nicolas Sarkozy.


Merci à Pierre-Alain Muet, député du Rhône, ancien président délégué du Conseil d’analyse économique (http://muet2007.blogspirit.com/)
 


Photo Creative Commons par Yahoo Images  


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3 commentaires:

sauveur a dit…

Merci pour cette mise au point lucide.

Chacune des prestations télévisées de Sarkozy est émaillée de mensonges.

Mais Sarkozy n’est pas seulement menteur, il est également manipulateur et mesquin.

Un chef d’état qui laissera à coup sûr une trace indélébile dans l’histoire de notre pays, celle d’un aventurier sans scrupules et préoccupé seulement de lui-même et d’un petit cercle d’amis fortunés.

Anonyme a dit…

Pour ma part, lors de sa prestation télévisée, j’ai décroché au bout de 10 minutes !

Et c’était déjà trop!

Qu’a-t-il dit d'autre ? Qui s’en souvient ? Personne, c’était du vent, rien que du vent.

Un président néolibéral pour un Etat néolibéral...

jmv a dit…

Si le mensonge en politique n'est pas nouveau, il est, depuis quelques années, érigé en système parfaitement assumé et affiché.

Pourtant les menteurs sont rarement mis face à leurs mensonges et le mensonge public rarement vilipendé.

Par exemple, le rapprochement des déclarations de Monsieur Woerth : "je n'ai jamais rencontré Monsieur de Maistre" face aux déclaration dudit de Maistre emporterait la conviction de 95% des citoyens.

Le mensonge fait parti de la vie.
Mais lorsqu'il devient la base affichée du système politique il faut s'en inquiéter encore plus que des dérives autocratiques car c'est le fondement même de la société qui est menacé.