4 décembre 2015

Le scandale de la vente des barrages hydroélectriques

Un barrage est un ouvrage d'art construit en travers d'un cours d'eau et destiné à en réguler le débit et/ou à stocker de l'eau
La commission européenne a adressé récemment une mise en demeure à la France afin qu’elle lance, sans plus tarder, le processus de mise en concurrence des concessions hydroélectriques françaises, en gestation depuis 2008.

L’Europe, dans sa grande bienveillance, exige la privatisation de ces barrages, pour l'essentiel construits par nos aînés et financés par les impôts de nos parents et grands-parents… 


En juillet 2008, le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, signait le décret de mise en concurrence des concessions des barrages hydroélectriques français. EDF bénéficiait jusqu’à cette date d'un droit de préférence sur le renouvellement des concessions mais avec la transformation de l'électricien en société anonyme en 2004, et le vote en 2006 (à la demande de la Commission européenne)  d'un amendement abrogeant ce droit de préférence, le renouvellement des concessions a été ouvert à la concurrence «libre et non faussée»…
 
Les premiers appels d'offres pour le renouvellement des concessions devaient être ouverts fin 2010 mais ce dossier est resté jusqu'ici bloqué par la France, au grand dam des commissaires européens.
 
La Commission européenne agit  donc au titre de l'article 106 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE) : "En vertu de l'article 106 du TFUE, les Etats membres sont tenus de veiller, en ce qui concerne les entreprises publiques et les entreprises auxquelles ils accordent des droits spéciaux ou exclusifs, à n'édicter et à ne maintenir aucune mesure contraire aux règles des traités, et notamment aux règles de concurrence".
 
"L'envoi d'une lettre de mise en demeure ne préjuge pas de la conclusion finale de la procédure. Par contre, la procédure crée une structure claire pour que la Commission puisse à présent entamer un dialogue actif avec les autorités françaises à ce sujet", a indiqué le porte-parole de la Commission.
 
Prenant les devants, la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, a précisé que les premiers appels d'offres pour sélectionner les actionnaires seront lancés dès 2016. La loi de transition énergétique d'août 2015 fixe en effet un nouveau dispositif d'ouverture des concessions et prévoit le regroupement des barrages par grandes vallées (barycentres) et la création de sociétés d'économie mixte, afin d'essayer de limiter la privatisation des ouvrages.
 

Vendre les barrages hydroélectriques, c’est se priver de la seule source d’électricité décarbonée

 
Le Conseil national de la Résistance (CNR), crée par Jean Moulin le 27 mai 1943 à Paris, réunissait dans le même combat de libération nationale les communistes et les gaullistes dans une volonté de recouvrer la souveraineté nationale et populaire. C'est dans ce cadre que les barrages hydrauliques furent construits.
 
Cette volonté a permis un essor économique sans précédent, la France se hissant au rang de 4ème puissance économique mondiale.
 
Aujourd’hui, EDF reste le premier producteur d’électricité d’origine hydraulique de l’Union européenne, avec plus de 20 000 MW de puissance installée en France. La France compte 399 barrages sous concession. Environ 80% d'entre eux sont exploités par EDF, 12% par Suez via ses filiales Société hydro électrique du midi (Shem) et Compagnie nationale du Rhône (CNR), le reste étant aux mains de petits exploitants.
 
L'hydraulique représente 12% de la production totale d'électricité française. Respectueuse de l'environnement, l'hydroélectricité ne participe pas à l'augmentation de l'effet de serre ni à la pollution de l'air, n'émettant ni CO2, ni gaz polluants. 
 
La première escroquerie est de transférer les gains d’une infrastructure, financée par les impôts des citoyens français, à des sociétés privées qui vont vite faire de la rapine légalisée, exactement comme c’est le cas pour les péages d’autoroutes.
 
La deuxième escroquerie évidente, c’est qu’au moment même où François Hollande, avec l’agenda de la COP 21, désire taxer fortement les émissions de carbone, la valeur de l’énergie «décarbonée» va finir par faire des bonds si on la laisse aux mains d’entreprises privées comme ce fut le cas en Californie avec l'entreprise Enron de sinistre mémoire...
 
Le mandat de Nicolas Sarkozy a servi à détruire une partie de ce que le CNR avait mis en place à la libération. On pouvait penser ensuite que François Hollande, "l'ennemi de la finance" aurait à cœur de revenir aux fondamentaux et de préserver ce patrimoine commun. Mais la trahison continue et la vente à la découpe de notre pays se poursuit conformément aux diktats de la commission européenne et des lobbys investisseurs…
 

 
Photo Creative commons par Yahoo Images

 

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7 commentaires:

M de Sourcessure a dit…

« Mais la trahison continue et la vente à la découpe de notre pays se poursuit conformément aux diktats de la commission européenne et des lobbys investisseurs… » qui ne sont élus ni les uns ni les autres, mais détiennent tous les leviers.

Leypanou a dit…

"La première escroquerie est de transférer les gains d’une infrastructure, financée par les impôts des citoyens français, à des sociétés privées qui vont vite faire de la rapine légalisée, exactement comme c’est le cas pour les péages d’autoroutes. " : de toute façon, F Hollande et sa clique ne vont pas s’arrêter tout seuls, il faut les chasser du pouvoir et ne pas remettre Sarkozy et sa clique.

CN46400 a dit…

Ouais 12% de la production française mais bien plus en terme de valeur, puisque cette électricité est essentiellement utilisée aux heures de pointe, quand sur le marché européen le prix du Kw est au taquet !




Cette vente va, immanquablement, générer un hausse des tarifs EDF.

Microf a dit…

Bienvenu au club Francais.

Dans les années 70 en Afrique sur recommandation des pays Occidentaux parmi lesquels la France, tout a été privatisé.
La France a achèté nombreuses de ces sociétés qui faisaient le bonheur et la fierté des Africains. Des travailleurs Africains en masse ont été mis á la porte, la misère s´est installée, et lorsque nous nous plaignions, il nous était répondu en Occident que c´était parceque nous ne savions pas gèrer, que les nouvelles sociétés qui allaient reprendre ces sociétés le feraient mieux, nous attendons encore jusqu´á aujourd´hui car ces sociétés privatisés et achêtées par les sociétés Occidentales se trouvent toujours entre leurs mains, sans que rien ne se soit amélioré pour nous les Africains.
Je disais á un ami Francais á cette époque que ce que nous subissons aujourd´hui, vous allez le subir plus tard, non jamais me répondait-il, nous y sommes, car lorsque l´ogre a fini de manger les enfants des autres, il se met á manger ses propres enfants, encore une fois, bienvenu seulement au club.

Malko a dit…

Ce n’est pas un scandale, c’est normal avec l’UE.


L’UE a été créée par et pour le capital avec la complicité généreusement rémunérée de politiciens lobbyisés ( ne dites plus ripoux, c’est ringard ) dont le job est de retirer progressivement aux Nations tout ce qui est en leur pouvoir.


Et tant que les peuples continueront de voter comme des veaux, ça continuera.

Gaston Lanhard a dit…

Les barrages privatisés c’est la perte de la gestion de la force hydraulique depuis les retenues du Haut, jusqu’à celles du Bas auprès de la méditerranée.

Une gestion responsable qui produit au moment opportun et retient quand cela n’est pas nécessaire. Depuis les barrages EDF jusqu’à ceux de la CdR c’est toutes une gestion intelligente et combinée.

Privatiser c’est produire au moment ou le cours du MWh est au plus haut, ce qui reviendra à dire que les barrages seront à sec dès juillet.

Privatiser c’est s’interdire de réguler les centrales nucléaire en production base.

Privatiser c’est s’interdire les STEP qui pourront lisser la production ENR.

Encore une fois l’Europe Bureaucratique et technocratique fiche tout en l’air selon une idéologie libérale mortifère. Vite il faut en changer.

oncle bin’s a dit…

C’est clair que nos dirigeants seraient bien inspirés de distinguer à qui ils doivent obéir : aux commissaires européens non élus et qui n’ont aucune légitimité ou bien au peuple français qui les ont élus ???

Au 1er tour, le Gouvernement a eu le pistolet sur la tempe, va-t’il falloir appuyer sur la détente au second tour pour qu’ils comprennent qu’ils n’ont de comptes a rendre qu’aux citoyens français et à aucun autre ?

DEHORS L’UE, DEHORS L’EUROPE DU CAPITAL : dimanche votez bien : votez UPR pour que le cauchemar cesse et que la France quitte cette prison et cette dictature qu’on appelle « Union Européenne » !