27 mars 2007

SMIC à 1 500 euros : les "oublis" de Ségolène...

La France compte plus de 7 millions de personnes pauvres au sens des critères retenus par l’union européenne - 60% du revenu médian, soit environ 780 € par mois - et 2 270 000 salariés étaient payés au SMIC en 2006. En incluant les entreprises agricoles et de travail temporaire, les particuliers et les administrations publiques, ce nombre s’élève à 3 340 000, soit 22% des salariés, hors apprentis !

De nombreux autres salariés vivent également de façon très précaire de leur travail : 30% des salariés à temps plein (hors intérim) touchent un salaire inférieur à 1,3 SMIC (moins de 1 630 € bruts). Moins mal lotis, mais loin d’être aisés, près de la moitié de l’ensemble des salariés, soit 8,5 millions de personnes, touchent entre 1,3 et 2 fois le SMIC (entre 1630 € et 2500 € bruts).

Si Nicolas Sarkozy et François Bayrou ne proposent pas grand chose concernant l'augmentation du SMIC, Ségolène Royal fait la proposition N°7 dans son pacte présidentiel : «Le SMIC sera porté à 1500 € le plus tôt possible dans la législature»…


Les personnes rémunérées au SMIC (1254 € bruts mensuels sur la base de 35 heures hebdomadaires) se retrouvent, pour plus de la moitié d'entre elles, dans les entreprises de moins de 20 salariés (34 % dans les entreprises de moins de 10 salariés, 18,6 % dans les entreprises de 10 à 20 salariés et 7,8 % dans les entreprises de plus de 500 salariés.

La loi Aubry 2 du 19 janvier 2000 laissait coexister cinq SMIC différents en fonction de la date de passage aux 35 heures et avait institué une garantie mensuelle de rémunération (GMR) assurant au salarié payé au salaire minimum une rémunération mensuelle au moins identique à celle qu'il percevait avant la réduction du temps de travail.

Puis un dispositif de «convergence» sur trois ans avait été mis en place par la loi Fillon du 17 janvier 2003 afin de revenir à un «salaire mensuel minimal» unique selon un mécanisme consistant à aligner progressivement l’ensemble des rémunérations minimales correspondantes au niveau de la garantie la plus élevée.

Ce dispositif s'est achevé le 1er juillet 2005 et depuis cette date, le SMIC unique a fait sa réapparition. Les règles de réévaluation, suspendues pendant trois ans, ont été rétablies et obéissent aux principes suivants :

- Relèvement annuel obligatoire, chaque 1er juillet, en fonction de l'indice des prix à la consommation (hors tabac) et de la moitié de l'augmentation du pouvoir d'achat du salaire horaire de base ouvrier (du premier trimestre de l'année précédente au premier trimestre de l'année en cours)

- Relèvement automatique dès que l'indice des prix à la consommation «hors tabac» des ménages urbains dont le chef de famille est ouvrier ou employé atteint un niveau correspondant à une hausse de 2 % par rapport à l'indice précédemment constaté.

- Relèvement possible, en cours d'année, pour porter le taux du salaire minimum à un niveau différent de celui atteint par les procédures précédentes, si le gouvernement le juge utile.
Depuis le 1er juillet 2006, en fonction de ces critères, le montant horaire brut du SMIC est de :

8,03 € (SMIC horaire au 1er juillet 2005)
x 1,019 (hausse des prix)
x 1,0085 (moitié du gain de pouvoir d'achat)
= 8,25 €
x 1,003 (coup de pouce)
= 8,27 € par heure

ce qui donne un SMIC mensuel brut de 151,67 h x 8,27 € = 1 254,28 € (base 35 h)

Dans son projet « Réussir ensemble le changement », le PS propose de porter «le SMIC au moins à 1 500 euros bruts le plus tôt possible dans la législature».

Dans son pacte présidentiel, Ségolène Royal indique que «le SMIC sera porté à 1 500 euros, le plus tôt possible dans la législature». Mais la candidate du PS a précisé début mars à la télévision que ce plafond de 1500 € serait atteint qu’au bout de cinq ans, le SMIC passant ainsi de 1 254 € au 01/07/06 à 1 500 € à la fin de la législature.

Le premier constat qui s’impose, c’est qu’il s’agit d’un SMIC de 1 500 € «bruts» (précision importante, présente dans le projet du PS du congrès du Mans mais ayant curieusement disparue dans le pacte présidentiel de Ségolène Royal…)

Le deuxième constat, c’est que l’expression «le plus tôt possible dans la législature» dans le projet du PS a fait place à l’expression «à la fin de la législature» dans une émission télévisée avec Ségolène Royal face au public…

Afin de connaître le montant réel d’un SMIC à 1 500 € bruts, il convient bien sûr d’opérer un calcul concernant les taux de cotisations de droit commun à la charge du salarié, à appliquer sur les salaires bruts au 1er janvier 2007 :

- Sécurité sociale :
Risque maladie, maternité, invalidité, décès : 0,85 %
Risque vieillesse : 6,65 % (jusqu’à 2 682 €)

- Contribution au remboursement de la dette sociale
CRDS : 0,50%

- Contribution sociale généralisée
CSG : 7,5%

- Retraite complémentaire
ARRCO : 3% (jusqu’à 2 682 € pour les non-cadres)

- Prévoyance
Caisse de prévoyance différente selon les branches professionnelles : 1% en moyenne

- Association pour la gestion du fonds de financement de l’ARRCO
(cotisation destinée au financement du dispositif de retraite à 60 ans dans les régimes de retraite complémentaire):
AGFF : 0,80 %

- Chômage
ASSEDIC : 2,40 %

Après déduction du total des cotisations (22,70 %), un SMIC brut de 1500 € correspond en fait à un SMIC de 1160 € nets !

A ce stade, un deuxième calcul doit être fait, concernant le relèvement annuel obligatoire, le 1er juillet de chaque année, en fonction de l'indice des prix à la consommation et de la moitié de l'augmentation du pouvoir d'achat du salaire horaire de base ouvrier.

En considérant que le taux d’inflation en 2006 soit à peu près celui que nous connaîtrons de 2007 à 2012 (1,6% par an) et que la moitié de l'augmentation du pouvoir d'achat du salaire horaire de base ouvrier soit la même que celle prise en compte le 1er juillet 2006 (0,85% par an), le SMIC obtenu mécaniquement serait d’environ 1450 € bruts le 1er juillet 2012 (sans compter les traditionnels «coups de pouce» : + 0,3% le 01/07/06)

La différence entre le SMIC proposé et celui obtenu automatiquement à la fin de la prochaine législature est donc pratiquement nulle (50,00 € bruts, soit 39 € nets).

Un dernier petit calcul permet enfin de considérer que l’augmentation mensuelle, la première année, ne serait ainsi que de 39 € : 5 = environ 7,70 € nets, 15,40 € nets la deuxième année, etc..

Une misère pour tous les «smicards» !

Une insulte envers tous les salariés de ce pays !

Une véritable escroquerie intellectuelle !

En ayant occulté volontairement ces deux paramètres essentiels : indexation automatique au 1er juillet de chaque année et différence entre salaire brut et net, Ségolène Royal surfe sur l’imprécision et confirme sa volonté de chiffrer le moins possible son programme présidentiel…

Visiblement le PS et sa candidate n’ont pas encore intégré l’idée qu’il convient de revaloriser en priorité le SMIC et les bas salaires qui stagnent depuis 25 ans, en portant le SMIC à 1500 € nets le plus tôt possible au cours de la prochaine législature !

En effet, selon les dernières données de l’enquête publiée par l'INSEE, les conditions de vie des ménages continuent de se dégrader. Près d’un tiers d'entre eux ne peut se payer une semaine de vacances une fois par an. Autre source d’inquiétude, les grosses difficultés à se chauffer convenablement passent à près de 10% aujourd’hui, avec l’explosion du prix de l’énergie entre 1998 et 2004. Le taux de ménages connaissant des découverts bancaires fréquents progresse lui aussi, etc...

Depuis notamment la suppression de l’échelle mobile des salaires en 1983, dispositif protégeant le pouvoir d’achat des salariés, tous les gouvernements successifs, de gauche et de droite, ont leur part de responsabilité dans l’accroissement considérable des inégalités sociales et les difficultés financières que rencontrent aujourd’hui des millions de personnes.

Mais en proposant une augmentation dérisoire du SMIC pour les années 2007 à 2012, sous-estimant ainsi l’importance du pouvoir d’achat, le PS continue de jouer impudemment avec l’espoir des salariés…



Photo Flickr-cc : Smic par Micah Sittig



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20 commentaires:

Damien a dit…

D'un point de vue technique (mais bon je ne suis pas économiste, d'où peut être mon cynisme) la stagnation du SMIC que propose en fait Ségolène et la baisse généralisée des salaires est peut être la solution de ceux qui veulent lutter contre le grand capital.

Moins de consommation = moins de profits = moins d'exploitation par une classe dominante = moins de classe dominante.

Michel a dit…

Bien vu Albert sur l'argumentation : le SMIC devrait passer logiquement à 1500 € en 2012 de toute façon.

L'augmenter a certes un effet de trappe, mais ce n'est pas non plus l'unique proposition de S. Royal, qui a également proposé "une conférence nationale annuelle sur les salaires, les revenus et la croissance réunissant les partenaires sociaux qui serait organisée dès juin 2007" : peut-être un moyen de tendre vers une augmentation plus générale des salaires ?

Richard a dit…

Il est intéressant de noter que la nécessité d'augmenter les salaires est partagée par la plupart des candidats, y compris à droite !

Reste comme toujours à s'accorder sur le montant et sur le moment de cette hausse ...

Roland a dit…

Si l'on table également sur une augmentation de 3% de l’inflation chaque année, le niveau de 1500 euros bruts sera obtenu en 2012 sans coup férir...

La proposition de Ségolène mais aussi celle de la «gauche» du PS (notamment Laurent Fabius qui fait la même proposition que Ségolène…), le SMIC à 1500 € n'est donc pas très difficile à atteindre... à moins que la France entre dans une période de déflation ou de faible inflation... mais rien n'est moins sûr.

Nadège a dit…

Mes félicitations pour cette approche à la fois comptable et politique.

Que veut dire en effet amener le SMIC brut à 1500 euros en 2012 ? Si l'on fait un retour en arrière, on peut s'apercevoir que le SMIC augmente en moyenne d'au moins 2% chaque année, que le gouvernement soit de gauche ou de droite.

Un petit tableau permet de récapituler ces augmentations sur les dix dernières années (les chiffres sont disponibles sur le site internet de l'INSEE) .

De 1993 à 1996, la Droite l’a augmenté de 2,14%.

De 1997 à 2001, la Gauche l’a augmenté de 2,91%.

De 2002 à 2006, la Droite l’a augmenté de 4,39%.

Alain a dit…

Si l’on augmente le SMIC, par effet mécanique, certains se disent que tout va augmenter et que tout ce dont on a vraiment besoin sera toujours et encore plus cher.

C'est loin d'être vrai : ce n'est pas parce que l'on augmente le salaire minimum que l'inflation suit. Le mécanisme de l'inflation est beaucoup plus complexe que ça.

Mais comme Ségolène ne compte pas augmenter le SMIC plus que l’inflation, le patronat est rassuré…

Richard a dit…

Certains blogs de droite attaquent carrément les socialo-communistes (ce sont les mots qu'ils emploient) en disant que le SMIC actuel est déjà à 1900 euros bruts, puisque c'est ce qu'une entreprise débourse (salaire et charges) pour employer une personne au salaire minimum. Le problème c'est qu'on ne parle plus de la même chose : d'un coté ce que les salariés touchent et de l'autre ce que versent les entreprises, la différence se faisant sur les charges sociales (retraite, sécurité sociale, chômage...).

A gauche, la plupart des commentateurs crient au scandale : 1500 euros en 2012 ce n'est pas assez. Partant du constat que la simple augmentation due à l'inflation attendra l'objectif, ils réclament un plus grand coup de pouce, traitant au passage Ségolène et Fabius de démagogue (ce qui n'est pas forcément faux sur ce coup là). La CGT réclame même l'application de la mesure dès 2007. On en trouve même qui sont prêts à porter le SMIC à 2000 euros dès 2007 ou 2008...

Denise a dit…

En amenant le SMIC à 1500 euros en 2012, on ne fera que suivre l'inflation. Si le niveau de 1500 euros en 2012 est satisfaisant pour Ségolène, c’est qu’il est satisfaisant aujourd’hui…

La gauche et le PS doivent se réveiller avant qu’il ne soit trop tard…

Edmond a dit…

Salut Albert,

Je vois que tu as fait encore une fois très fort dans l’analyse. C’est vrai qu’en s’en tenant strictement à l’inflation, Ségolène ne donne même pas un coup de pouce au SMIC à la fin de la législature !

L'augmentation du SMIC est une mesure gouvernementale, qui suit généralement l'inflation. La plupart du temps, les gouvernements, même de droite, donnent un coup de pouce aux smicards en augmentant le salaire minimum plus vite que les prix à la consommation.

Et contrairement à ce que j'ai pu lire dans les commentaires de certains blogs, ce n’est pas la hausse du SMIC qui crée l'inflation (en tout cas, l'impact n'est pas aussi important que ça).

L'inflation est un processus économique beaucoup plus large, qui apparaît même dans les pays qui n'ont pas de salaire minimum.

Cette histoire de revalorisation du SMIC me fait douter de mon vote pour Ségo au premier tour…

Perlion a dit…

2 choses :

1/ Bien sûr ! Personne ne cracherait sur 3,5% d'augmentation mais la question n'est pas de savoir ce que l'on préfère mais ce qui pourrait aider la France. Or 3,5% d'augmentation lissée sur 5 années...ce n'est pas ca qui
va faire avancer le schmilblik !

2/ C'est Royal elle-même qui a transformé son "le plus tôt possible" annoncé au départ en "d'ici 5 ans" lors d'une émission.

La démagogie m'écoeure, mais si elle est présente dans chaque discours, de droite comme de gauche en passant par le centre, force est de constater que
Mme Royal remporte la palme d'or, et de loin !

Damien a dit…

Les très petites entreprises comme la nôtre (1 salarié), vont encore être pénalisées car notre ouvrier est déjà à 1500 € bruts. Ce n'est pas le fait de l'augmenter (car nous le faisons à chaque revalorisation du SMIC), mais les charges qui en découlent. Le pacte présidentiel de Ségolène comporte de bonnes idées mais qui va les payer : ENCORE NOUS !!! Et il y en a marre....

François a dit…

Vous avez tort et raison à la fois :

l'entreprise profite de l'inflation si elle y contribue elle-même en augmentant ses tarifs, sachant que l'inflation utilisée dans le calcul de
la revalorisation du smic est bien sur distincte de l'augmentation faite par chaque entreprise.

Mais l'entreprise est pénalisée par l'inflation intervenant dans la
revalorisation du smic, car cette inflation représente pour elle une
augmentation de ses charges (salaires).

En résumé, les entreprises vont faire un calcul simple : "on m'oblige à augmenter mes charges ? tres bien, j'augmente mes prix pour compenser... ! (voire +)"

Tout dépend donc de chaque entreprise, mais globalement, il y aura + de pme pénalisées que de grands groupes, pour 2 raisons :

les smicards sont surtout dans les petites boites

les grands groupes ont la capacité de limiter leurs charges par plusieurs biais (délocalisation, sous-traitance, automatisation, investissement en
bourse, montages fiscaux, aides publiques...), les pme n'en ont souvent pas les moyens (temps, argent, ressources humaines)

Remarque par rapport à l'article (très bon) : il faut actualiser la devise sur la période de la législature. 1 euro n'a pas la meme valeur aujourd'hui et dans 5 ans. en conséquence, la différence de salaire entre le smic actuel et celui à 1500€ est plutôt de 30€ actualisés (= à la valeur
d'aujourd'hui)

Christian a dit…

Comment, Ségolène a des oublis, avec tous ces éléphants pleins de
mémoire qui la soutiennent?

Tout le monde a entendu parler des éléphants de Ségolène , qui sont les meneurs des courants d'opinion au sein du parti socialiste , des dirigeants de grosses fédérations , des figures historiques ou emblématiques ou des membres du bureau national .

Les pachydermes les plus connus sont DSK, Laurent Fabius ,Jack Lang, Henri Emanuelli, Bertrand Delanoe, Lionel Jospin, Martine Aubry , Pierre Mauroy et on a des éléphanteaux qui sont les
jeunes socialistes montant en influence comme Arnaud de Montebourg et je connais même un vieux mammouth grincheux aux sourcils laineux du nom de
Claude Allègre.

Il n'est pas facile de manœuvrer ce troupeau de pachyderme , et dans le grand cirque socialiste , à défaut de Monsieur Loyal on a un monsieur Royal en la personne de François Hollande qui a peine à maintenir la discipline
dans son cheptel.

Ségolène est le cornac officiel dans cette élection ,mais a-t-elle conscience que c'est l'un des métiers les plus dangereux au monde ? Yann Arthus Bertrand , le célèbre photographe soutenant la candidate socialiste a déclaré que les troupeaux d'éléphants sont toujours dirigés par une femelle.

Il est conseillé de se tenir à distance de l'animal dont un simple coup de trompe fait d'un uppercut de Mike Tyson une vulgaire pichenette .Pour leur
donner à manger , les cornacs ne leur apportent la nourriture que sur le côté ou par derrière , se tenant toujours à distance respectueuse . Est-ce donc là la raison pour laquelle notre Ségolène préfère effectuer seule ses déplacements de campagne électorale , nos éléphants socialistes étant en période de musth en cette période d'intense activité militante ? De fait on
voit très peu Ségolène avec tout le troupeau et si certains l'accompagnent parfois pendant ses meetings de campagne électorale , d'autres tel Lionel Jospin font la campagne seul comme au meeting du 17 mars à Lens .

Ségolène doit elle se méfier aussi des déclarations des uns et des autres risquant de porter atteinte à son image de présidentiable ? on parlera alors d'éléphants dans le magasin de porcelaines. On se souviendra de la déclaration de Arnaud de Montebourg "le seul défaut de Ségolène , c'est
son compagnon !". François Hollande n'est pas mal non plus , avec son "il faut voter Royal , sinon on sera elle risque d'être exclue du second tour". On aura du mal à trouver plus convaincant pour l'électeur ! On apprécie
aussi les commentaires de Jack Lang «ce couple a privatisé le parti à son profit ;c'est un déni de démocratie". Ségolène elle-même est victime de cette tendance pachydermique à briser les porcelaines , entre la bravitude
qui a déclanché l'hilarité et ses déclarations lors de son déplacement au proche orient.

Autre sujet d'inquiétude à propos des éléphants , sachant qu'un éléphant, ça trompe énormément , combien lui seront fidèles jusqu'au bout. Déjà, Claude Allègre ne la soutiendra pas , la décrivant comme dévorée d'ambition, sans pensée politique construite, mais seulement quelques solutions
pratiques aux problèmes des petites gens . Y aura-t-il d'autres défections,
en direction de Bayrou ou au contraire vers la gauche plus radicale ? ce qui est certain , c'est que les éléphants suivent Ségolène en trainant les pattes...

un point positif, les éléphants sont réputés pour leur mémoire
exceptionnelle et on peut espérer que certains se feront un plaisir de rappeler à notre candidates ses promesses de campagne .Mais pour la plupart des électeurs ,un éléphant c'est lourd et poussif et l'expression renvoie
au passé et la droite l'utilise pour railler les personnages d'une gauche qu'elle juge complètement dépassée . On entend beaucoup parler du cimetière des éléphants , et souvent nos proboscidiens se font un plaisir de ressortir les anciennes gloires Jaurès , Blum et Mendès France dont ils saupoudrent leur discours pour faire oublier la dérive clairement libérale de l'orientation du parti.

Michel a dit…

Voila la démonstration avec éclat de la démagogie populisme de soeur
Ségolène de la compassion sociale.

S'il fallait démontrer qu'elle n'a aucun projet de société eh bien ! il suffit de lire ce qu'a écrit note ami Albert de Marseille.

Le PS est bien arrivé à la fin d'une histoire qui a commencé avec TONTON à Epinay et qui se referme en faillite morale et intellectuelle.

JE JE JE ,Soeur Ségolène de la compassion ne sait dire que cela ,un peu comme Jeanne d'Arc.

Le "JE" n'a rien d'un projet socialiste.

Il conviendra de voir,après cette élection tous les BRUTUS qui, au sein de cet ex-grand parti, auront contribués à assasiner le père.

pipo a dit…

Bravo pour votre analyse.

Sègolène prend les gens pour des abrutis, alors elle n'aura qu'à s'en prendre à elle-même au soir du 22 avril (qui promet d'être un séisme politique encore plus fort que le 21 avril 2002), lorsqu'elle ne sera pas au deuxième tour.

NB : Je ne vote pas Sarko non plus.

Maxime a dit…

Belle démonstration de l'article...

Belle démonstration aussi de l'incohérance des promesses electorales à l'emporte pièce de Royal.....

et s'il n'y avait que celles là...

calmos a dit…

Arrétez d'accabler cette pauvre Ségolène !!!

Elle n'a fait que répéter ce que lui ont dit de dire les "Conseillers en Economie" qui font florès au PS.

Ils lui auraient dit de dire : "Le SMIC à 2000 euros" ; on avait le SMIC à 2000 euros !!!

La "politique" c'est si simple !!!

Un peu comme Ségolène d'ailleurs...

jack a dit…

Bravo de démontrer l'arnaque de S.Royale.

Cela dit le vrai problèmes des salaires, c'est notre modèle social qui est a bout de souffle, mais soyons sûr que la gauche et son extrême empêcherons toutes les réformes obligatoires pour un redressement économique.

Le seul moyen à leur disposition est l'écroulement complet du système qui leur permettraient de
faire enfin la révolution.

Rémi Z a dit…

D'accord avec vous pour dire que cette mesure est de la poudre aux yeux.

De nombreux analystes en avaient deja fait la remarque a l'epoque du pacte.

Au moins, on ne peut pas dire que ca coûtera cher a l'Etat !

Personnellemet, je me dis que ce n'est pas la sa mesure phare. Reste en effet un effet d'annonce assez mauvais esprit. Politique, quand tu nous tiens...

Stéphan a dit…

Moi, je vous trouve très dur avec Ségolène... Certes ces 1500 euros ne représentent pas la panacée mais peut elle promettre plus ? Ce serait malhonnête de sa part...

La démonstration est un tout petit malhonnête par ailleurs car lors de la fameuse émission télévisée, elle a indiqué que ce serait à la fin de la législature au plus tard mais que ce serait avant si elle en avait la possibilité mais qu'il fallait être réaliste... Si la conjoncture lui permet d'atteindre 1500 euros en 3 ans... Est ce qu'on tiendra toujours le
même discours ou est ce que cela constituera une avancée plus significative que la simple augmentation automatique pronée par les autres candidats... ?

Et puis le programme socialiste est plus large que cela avec des
propositions très concrètes sur l'emploi des jeunes, sur le soutien à la recherche, sur une distribution des aides publiques, sur la lutte contre les délocalisations... ? Bref, il y a matière à débattre et il ne faut
considérer que cette simple proposition sur le SMIC ?