7 décembre 2007

Sur le pont d’Avignon, les socialistes ne dansent pas tous en rond…

Le pont d'Avignon
Le pont d'Avignon.
La préparation des élections municipales est toujours une période délicate pour les partis politiques qui doivent rendre parfois des arbitrages douloureux.

C’est encore moins simple pour le PS qui est aujourd’hui aux abonnés absents, voire carrément à contre-courant en plein conflit sur les régimes spéciaux ou les universités, son premier secrétaire ne faisant guère entendre la voix de l’opposition face à la politique ultra-libérale de Nicolas Sarkozy... 


En prenant position en faveur du Oui au mini traité européen, lors du prochain congrès de Versailles, le bureau national du PS aide objectivement le président de la république. Ce nouveau Oui socialiste, malgré le vote populaire en faveur du Non au TCE le 29 mai 2005 et après avoir dit précédemment qu’un nouveau référendum était nécessaire, arrive au terme d’une «logique» qui n’est plus acceptée par une partie grandissante des militants.

Les socialistes de la cité papale n’échappent pas à ce débat sur l’absence de ligne politique claire et d’idées fortes de leur parti. Hasard du calendrier, le premier des trois forums nationaux inscrits dans le processus de rénovation du PS se tenait justement à Avignon 24 novembre dernier…

En vue des élections municipales du printemps prochain, deux des trois candidats socialistes à l’investiture : Yves Léonard et Cécile Helle viennent de jeter l’éponge au niveau local de sorte que les militants n’auront plus aucun choix possible, une seule personne restant en lice : Michèle Fournier-Armand, vice-présidente du Conseil Général de Vaucluse.

Cécile Helle appelle à une initiative citoyenne de gauche, en n’excluant pas de rejoindre le conseiller général communiste André Castelli, entrant ainsi en concurrence avec la liste socialiste officielle.

Mais ce débat politique est d’autant plus vif que, pour nombre de militants socialistes avignonnais, le fonctionnement démocratique de la section d’Avignon laisse plus qu’à désirer. Cette section comprend en fait deux sous-sections ; celle d’Avignon-ville et celle d’Avignon Montfavet. Ces deux communes, bien qu’ayant des codes postaux différents, constituent ensemble la section d’Avignon.

Dans l’une, Avignon-ville, milite la vice-présidente du CG de Vaucluse : Mme Michèle Fournier-Armand. Dans l’autre, celle de Montfavet, milite Cécile Helle, ancienne suppléante d’Elisabeth Guigou (reclassée par le PS dans une autre circonscription électorale plus clémente…)

La proximité équidistante des villes de Marseille et de Montpellier et les règles démocratiques internes très particulières qui y règnent, semblent avoir déteint fortement sur la section d'Avignon. On constate en effet qu’avant chaque vote important (congrès, référendum sur le TCE ou désignation des candidats aux diverses élections), le nombre d’adhérents de la section d’Avignon-ville augmente dans des proportions fulgurantes ! Sans doute l’opération des adhérents «soldés» à 20 € favorise-t-elle ces envies subites de prendre une carte au PS avignonnais…

Les partisans de Cécile Helle pointent du doigt également une convocation des adhérents dans le local appartenant à la section d’Avignon-ville (plutôt que dans un autre endroit «neutre»), à quelques mètres d’une rocade très bruyante et d’une capacité de quelques dizaines de personnes alors que les deux sections réunies en comptent plusieurs centaines…, des dates de réunion fixées au dernier moment de sorte que tous les adhérents ne puissent être convoqués, une mise à l'écart dans les préparatifs de débat de la secrétaire de la section d’Avignon-Montfavet, bref tout l’arsenal que l’on a déjà connu ou que l’on connaît encore aujourd’hui dans certaines fédérations départementales du PS…

Bien que cette histoire, digne des plus belles intrigues de l’ancien Palais des Papes, soit aussi une rivalité de personnes, elle porte en germe le débat qui pourrait voir le jour, dans les mois qui viennent, à l’approche du prochain congrès du PS, à savoir celui d’une scission éventuelle entre les sociaux-libéraux (la fédération de Vaucluse étant plutôt strauss-kazienne…) et les autres socialistes pour un dénouement à l’Allemande avec un regroupement de l’aile gauche du PS, du PC, d’écologistes, etc. dans un autre parti politique…

Contrairement à ce que l’on entend généralement, le choix à faire ne serait pas entre une orientation résolument à gauche et une orientation sociale-démocrate modérée mais entre une politique de gauche réformiste et une orientation démocrate résolument centriste incarnée par Ségolène Royal ou DSK pour le PS, François Bayrou pour le MODEM, Eric Besson, Bernard Kouchner ou autre Jean-Marie Bockel pour les transfuges du PS au gouvernement, etc.

Autant de dirigeants qui sont devenus au fil des années tout simplement démocrates, à l’Américaine, comme Tony Blair en Angleterre, Gérard Schröder en Allemagne, Romano Prodi en Italie, bref tous les partisans de la troisième voie et du vote Oui au TCE en 2005 ou à la constitution européenne bis en 2007.

Aujourd’hui, faire passer l’âge de départ à la retraite à 67 ans comme l’ont fait les sociaux-démocrates allemands, réduire de 80% en 25 ans le nombre de lits d’hôpitaux, comme l’ont fait les sociaux-démocrates suédois, ne pas assujettir les stocks-options aux cotisations sociales, comme l’ont fait les socialistes français lorsqu’ils étaient au pouvoir, c’est être «réaliste, moderne, vivre avec son temps et naturellement réformiste» !

Mais de nombreux socialistes n’acceptent plus ces reculs de société, qualifiées outrancièrement de «réformes». On peut d’ailleurs constater qu’en Allemagne, la création du parti Die Linke («La gauche»), à l’instigation d’Oscar Lafontaine (ancien dirigeant du SPD qui a démissionné en 2005 pour protester contre l’alignement de Gérard Schröder sur les politiques libérales), est un réel succès.

En effet, le SPD, après avoir perdu plusieurs élections locales dans les Lander, est en grande difficulté à cause de son alliance avec la CDU. Cependant, si la droite allemande obtient un meilleur score que le SPD, elle n’est pas majoritaire. L’existence de Die Linke a ainsi redonné à la gauche allemande la possibilité d’être majoritaire, à condition que le SPD renonce à ses alliances avec Angela Merkel.

Le prochain congrès du PS en 2008 pourrait être le moment idéal pour les vrais réformistes de faire ce qui paraît inévitable depuis le référendum du 29 mai 2005 : scinder le PS en deux partis distincts, un parti socialiste réformiste et un parti démocrate, ce qui n’exclurait pas d’éventuelles alliances électorales entre eux par la suite et ce qui réduirait sans doute les prétentions de François Bayrou à vouloir capter les voix des électeurs du centre-gauche…


Ci-après quelques extraits de la lettre de Cécile Helle, adressée à Jean-François Lovisolo, premier secrétaire du parti socialiste de Vaucluse : 


Avignon, le 5 novembre 2007

Monsieur le Premier Secrétaire Fédéral,

Je tiens par la présente à t’informer de ma décision, quelques jours après celle formulée par Yves LEONARD, de retirer ma candidature dans la cadre de la procédure d’investiture mise en place par notre parti pour désigner le ou la Premier(e) des socialistes sur la commune d’Avignon.

Cette décision, difficile à prendre mais mûrement réfléchie, s’explique pour de multiples raisons, notamment le fait que nombre de militants qui se reconnaissaient dans ma candidature m’ont fait part de leur choix de refuser de participer à ce vote. Je leur laisse le soin de t’expliquer plus en détails leurs motivations.

Pour ma part, je souhaitais profiter de cette décision difficile pour te dire un certain nombre de choses quant à la désignation qui se profile, mais également et surtout quant à la situation de la gauche avignonnaise dans la perspective des élections municipales de mars prochain.

Mais là n’est pas l’essentiel de mon propos. C’est ne faire offense à personne que de dire que la désignation militante qui se profile est loin de faire l’unanimité dans nos propres rangs, au niveau local comme au niveau fédéral, et plus largement encore au sein de la gauche avignonnaise.

Longtemps, je me suis cantonnée dans une attitude de réserve. Aujourd’hui tu l’auras compris, je ne m’y résous plus. Militante socialiste depuis vingt ans, élue avignonnaise depuis dix ans, il ne serait pas responsable à mes yeux de ne rien dire et de ne pas réagir. Au-delà en effet des considérations socialo-socialistes que je viens d’exposer, c’est bien de l’avenir d’Avignon et des attentes de ses 90 000 habitants dont il s’agit. A ce propos, il me semble bon de rappeler qu’Avignon est gérée depuis plus de 12 ans maintenant par une majorité UMP qui n’a eu de cesse au fil des ans (quoi qu’en dise Madame ROIG) de conduire une politique de droite profondément marquée par l’idéologie libérale et qui profite aux plus riches. Rappeler aussi les difficultés sociales et la grande précarité qui touchent nombre de familles avignonnaises pour lesquelles bien peu de solutions sont aujourd’hui apportées. Rappeler enfin les dénis de démocratie qui ont régulièrement ponctué la vie municipale et qui ont surtout laissé peu de place à la volonté citoyenne.

Ces enjeux, ces urgences, l’espoir aussi suscité par les 48% des voix enregistrés par Ségolène Royal au deuxième tour des élections présidentielles, enfin la situation préoccupante de l’ensemble des partis de gauche à l’issue de l’épisode électoral du printemps dernier me conduisent à en appeler à une initiative collective de gauche sur Avignon. En écho à l’initiative citoyenne et républicaine que tu as appelé de tes vœux, et c’est tout à ton honneur, sur Orange. En écho aussi au positionnement pris, il y a quelques semaines, par André Castelli, désireux de construire dans une logique de rassemblement un projet d’avenir ancré à gauche pour Avignon. En écho enfin, à l’absence de leader naturel pour conduire la gauche avignonnaise à la bataille des Municipales de mars 2008.

C’est là, il faut bien l’avouer, une situation inédite, notamment par rapport à 1995 et à 2001 qui peut de prime abord apparaître comme un handicap, mais qui peut tout aussi bien être une chance. D’abord parce que nous avons fait l’expérience que l’existence d’un leader n’assure pas forcément la victoire. Ensuite parce que face à l’extrême personnalisation à prévoir de la campagne du Maire sortant, cela peut être un atout pour la gauche d’avancer plusieurs visages, plusieurs personnalités. Enfin et surtout parce que cela oblige à construire collectivement un projet pour les Avignonnais sans hégémonie d’aucune sorte, à mettre en avant l’équipe qui sera chargée de le concrétiser, enfin à poser un réel partage des pouvoirs, c’est-à-dire à inventer une nouvelle gouvernance municipale où le Maire d’Avignon et le Président de la COGA seront deux personnes différentes, où les Adjoints se verront reconnaître de vraies délégations et où le Président de l’assemblée Municipale ne sera pas forcément le Maire.

Je compte avec un certain nombre de camarades socialistes, militants et sympathisants, mettre à profit le mois qui nous sépare de la validation définitive par les instances nationales du choix du Parti Socialiste sur Avignon pour travailler à cette alternative à gauche, seule gage de rassemblement et de réussite à mes yeux. Face au chaos qui caractérise la gauche nationale aujourd’hui et alors que la résistance sociale s’organise, je suis convaincue que le nécessaire renouveau idéologique peut émerger d’initiatives locales novatrices qui transcendent les appartenances partisanes. Dans chacune de nos villes en mars prochain, les élections municipales nous donnent l’occasion d’inventer cette nouvelle gauche.

Pour ma part sur Avignon, tu l’auras compris, j’ai décidé, avec d’autres, d’y travailler. Par-là, il s’agit de ne pas considérer comme irrémédiable la victoire de la droite. Par-là, il s’agit surtout de redonner espoir à toutes celles et ceux qui nous attendent.

Au regard de ce que tu as évoqué, il y a quelques jours, sur les investitures internes à propos d’une autre ville importante du département, je ne doute pas que tu accueilleras favorablement cette démarche.

Amitiés Socialistes

Cécile Helle




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13 commentaires:

Thierry a dit…

Ca fait un bail que j’attends la scission du PS.

Maintenant, je suis au PC dans l’espoir de voir le prochain congrès voter la dissolution du PC et la création d'un parti de rassemblement avec les socialistes de gauche.

Si rien ne bouge, j'irai faire de l'élevage de chèvres en Ardèche...

enzo d'aviolo a dit…

je n'aime pas ce terme de réformiste quand on voit ce qu'il cache dans la réalité du pouvoir.

être réformiste ne suffit de toute façon plus pour lutter eficacement contre le libéralisme installé.

la réformette est un compromis qui a le goût d'une nouvelle trahison des gens de gauche et des plus démunis.
Si un parti de gauche n'est plus en mesure d'aller contre le laisser faire capitaliste, il n'a aucune utilité d'existence!
toutefois, la scission est non seulement inéluctable mais la seule voie pour réellement changer les choses.

Albert a dit…

Salut Enzo,

Effectivement, le terme est réellement ambigu et il n'est pas facile de s'y retrouver entre tous ceux qui se prétendent réformistes : socialistes actuels, Bayrou, Fillon, Besson, Sarko, Bockel, Balladur, etc...

Mais il faut mener également la bataille des mots en revenant à la définition initiale du mot réforme et en se posant la question chaque fois qu'une proposition est faite ou votée : est-ce un changement en vue d'une amélioration ou pas ?

C'est parce que le PS n'a jamais fait de véritables réformes, au sens noble du terme, au premier rang desquelles une réforme fiscale en faveur des salariés et une défense réelle du pouvoir d'achat que les classes populaires lui tournent le dos depuis si longtemps.

Cordialement

Albert

le comte a dit…

Diviser le PS en combien de mini-partis ?

Le problème actuel du PS ne consiste pas en une une question d’idéal politique,d’orientation idéologique ou de programme socio-économique.

Le problème du PS réside dans l’absence d’un leader rassembleur, respecté et écouté de tous.

Ce qui manque au PS, c’est un homme de la stature de François Mitterand...

Albert a dit…

Salut Lecomte,

Un chef écouté de tous? pourquoi pas ?

Mais de là à dire que l'orientation politique n'est pas un problème, il y a des lignes jaunes à ne pas franchir...

enzo d'aviolo a dit…

d'accord avec toi Albert. réformer ce doit rimer avec avancée ou progtès social, sinon ça n'a pas de sens.

quant au chef à suivre qui sauvrait la gauche, ça c'est le leurre de ceux qui n'ont rien à proposer sur le plan idéologique et surtout l'arbre qui pemet de cacher la forêt pour éviter de réfléchir.

Gilles a dit…

Tout a fait d’accord avec cet article. Il faut à nouveau proposer au citoyen une alternative crédible de transformation de la société pour sortir progressivement du neolibéralisme.

Le PS et François Hollande pour dirigeant ont passé sous silence toutes les fractures présentes dans le parti.

Aucun réel choix n’a été fait. Le seul but de Hollande étant, par la manoeuvre politicienne de maintenir une unité de façade sans se préoccuper du contenu.

Il est temps de choisir une orientation claire pour le PS. En fonction de cette dernière, un autre parti peut être créé par ceux qui ne se reconnaitront plus dans la ligne choisie.

Mais, quand on entend Ségolène dire qu'elle veut créer un parti allant du Modem à la LCR, ça fait peur...

Françoise a dit…

Créer un vrai parti socialiste de gauche est une idée originale qui mériterait d’être mieux explorée mais attendons tout de même la suite des évèmements en Allemagne...

mako a dit…

Voilà pourquoi le parti de la gauche caviar doit disparaître: (d’ailleurs il est presque invisible voire déjà mort !)

Peut-être n’êtes-vous pas informé des dégâts que l’ex-candidate a fait à l’éducation nationale dans son ensemble et plus largement à tous ceux qui sont en contact professionnel avec des enfants.

La Circulaire Royal est un désastre pour tous les enseignants, des centaines d’entre eux ont été accusées à tort et leur vie détruite, sans parler de dizaines de suicides d’enseignants...

La racine du mal, c’est la Circulaire Royal, qui prend les enseignants pour des boucs émissaires, sans cette circulaire, créée sans aucune concertation, rien de dramatique ne serait advenue.

Extrait d’un article mis en lien:

[ "Reçus au cabinet de Ségolène Royal en février dernier, nous avons donné à son conseiller, le juge Hayat, des exemples de graves violations de la présomption d’innocence, et de comportements, que nous jugeons irresponsables, de certains chefs d’établissement. Il n’a pas contesté les faits ; mais nous nous sommes entendu répondre que les ministres estiment que si un enfant peut être préservé au prix de neuf enseignants accusés à tort, l’objectif est rempli ! [...] le conseiller précisait que ces propos n’étaient pas de lui mais devaient être attribués à "ses" ministres ! Comment douter, dès lors, qu’il s’agissait d’un choix politique..." ]

Lire "L’école du soupçon" de Marie-Monique Robin, édition La Découverte 2006. Excellent livre qui fait la genèse de la circulaire Royal, une enquête très complète avec de nombreux témoignages par une journaliste professionnelle ayant eu le prix Albert-Londres.

http://www.editionsladecouvert...

Consulter le site du Collectif JAMAC pour lire de nombreux cas de mise en cause:

http://jamac.ouvaton.org/misen...

Bernard Hanse:

http://bernardhanse.canalblog....

Blog des Innocents Injustement Accusés:

http://blogdesinnocents.canalb...

Wikipédia:

http://fr.wikipedia.org:80/wik...

ARTICLES AGORA:

Outreau, le monde politique et la mort d’un enseignant:

http://www.agoravox.fr/article...

Chabichou, pédophilie et charentaises...:

http://www.agoravox.fr/article...

Politique gagne-pain:

http://www.agoravox.fr/article...

10 juin 1997, suicide de Bernard Hanse.

http://www.agoravox.fr/article...

Les leçons oubliées d’Outreau.

http://www.agoravox.fr/article...

Circulaire Allègre-Royal de 1997: 10 ans et une copie à revoir

http://www.agoravox.fr/article...

Détention provisoire injustifiée: demain, à qui le tour ?

http://www.agoravox.fr/article...

Extrait: CV Ex-candidate: http://bernardoffmann.blog.lem... [ Se voulant en pointe dans le domaine de la lutte contre la pédophilie, elle signe en 1997 une circulaire contre les violences sexuelles, à laquelle son nom restera attaché. Ce texte rappelle l’obligation légale faite à toute personne de signaler aux autorités judiciaires tout crime ou délit dont elle aurait eu connaissance. S’agissant des fonctionnaires qui, dans l’exercice de leurs fonctions, acquièrent la connaissance d’un crime ou d’un délit, l’article 40 du Code de procédure pénale leur fait particulièrement obligation d’en aviser sans délai le procureur de la République. Dans les cas où c’est un fonctionnaire qui est mis en cause, la circulaire indique qu’une mesure de « suspension » doit être prise sans délai, à titre conservatoire et « afin d’éviter des polémiques inutiles sur l’éventuelle inertie de l’Administration ». Dans un contexte marqué par l’augmentation du nombre des affaires voyant des enseignants mis en cause sur le plan pénal, ce point de la « circulaire Royal » sera critiqué et lu comme une incitation à porter des accusations, qui se révèlent fausses dans la grande majorité des cas (73% selon l’Autonome de solidarité réf. nécessaire). Si d’authentiques coupables sont confondus, nombre d’innocents voient leur réputation, voire leur vie, brisées. À la suite du suicide de Bernard Hanse, un enseignant d’éducation physique qui sera reconnu ultérieurement innocent, Ségolène Royal est ainsi l’objet de sévères critiques de la part de certains syndicats d’enseignants et de JAMAC (association de collègues et d’amis des mis en cause, spécialement créée pour les aider à faire face). Mais jamais elle n’exprimera de doutes ni de regrets quant au bien-fondé de son initiative, prise au nom de l’écoute de la parole de l’enfant. ]

Petite bibliographie non exhaustive des conséquences de la Circulaire Royal:

« L’école du soupçon: les dérives de la lutte contre la pédophilie » de Marie-Monique Robin chez La Découverte

« Papa a fait mal: le cauchemar judiciaire d’un couple ordinaire » de Sirvent Anne & Philippe chez Calmann-Lévy

« Journal d’un instituteur en garde à vue » d’Antony Bernabeu chez Calmann-Lévy

« La dictature de l’émotion, la protection de l’enfant et ses dérives » de Paul Bensussan & Florence Rault chez Belfond

« J’ai menti » de Virginie Madeira chez Stock

« L’enfant témoin, une analyse scientifique des témoignages d’enfant » de Stephen J. Ceci & Maggie Bruck chez De Boeck

« Ces experts psys qui fabriquent des coupables sur mesure » de Marc Lamaire & Stéphane Lewden chez L’Harmattan

« Que dieu ait pitié de nous » de Dominique Wiel chez Oh Edition

« Chronique de mon erreur judiciaire » d’Alain Marécaux chez Flammarion

Albert a dit…

Merci Mako pour ce dossier très complet et assez bouleversant.

Cordialement
Albert

Forest a dit…

Entièrement d’accord avec cet article.

Le principal obstacle, c’est les "cadres" du PS, les appartchiks, pensent presque tous à droite, du côté de leur portefeuille. Le transfert instantané de certains joueurs au club adverse montre que ce ne sont pas les idées qui les guident.

Pour arriver à un poste "en vue" dans un parti, il faut avoir acquis une certaine notoriété. Pour cela, il faut être relayé par les médias, il faut du buzz. Pour cela, il faut donner des gages aux médias et à leurs propriétaires. Et ceux-ci penchent tous du côté du portefeuille.

On ne peut donc avoir d’hommes politiques éligibles que soutenus par Bouygues, Arnault, etc.

Tony Blair, en quittant son poste, a mentionné le sujet et ses relations avec Murdoch à mots à peine couverts. Le soutien à l’expédition irakienne a-t-il été le prix à payer pour le soutien de la presse ?

Internet offre une opportunité d’alléger la pression des médias. Pour cela, il faudrait abroger la DADVSI. Justement, la commission Olivennes vient de proposer de la renforcer, et d’ajouter du flicage partout.

Olivennes est le patron du groupe FNAC, sous-groupe du groupe Pinault, célèbre copain de Chirac qui lui a évité pas mal d’ennuis dans l’affaire Executive Life aux frais du contribuable.

Olivennes est membre du ... PS.

Il fait partie du "groupe des Gracques", dont ont fait partie aussi Jouyet, ex-PS, actuellement secrétaire d’état d’un gouvernement UMP, et de Margerie, PS, un des patrons du Crédit Agricole. De Margerie est cousin du patron de Total, qui bénéficiera bien de la privatisation de GdF et de la libéralisation du marché de l’électricité. La femme de Jouyet, Mme Taittinger, a hérité du groupe Baccarat, et est aussi cousine de de Margerie.

Le secrétaire général de LVMH, Jamet, est un ancien dircab de Fabius. Le directeur général, Bazire, est un acien dircab de Balladur et collègue de Sarkozy. La patron de LVMH est Arnault, homme le plus riche de France, et ami personnel de Sarkozy.

Ce ne sont que des exemples. Il y en a des centaines comme ça...

Christine RS21 a dit…

En attendant le congrès 2008 du PS, il va falloir encore subir ces pseudo-alliances avec le MODEM sur bon nombre de villes.
Ca devient difficile de rester dans ce parti !! Mais tenons bon jusqu'au congrès, et continuons à mener nos batailles...

Albert a dit…

Bonsoir Christine,

On va essayer de tenir bon jusqu'au prochain congrès mais ça va être très dur quand on sait que l'UMP, le MODEM et le PS s'apprêtent à soutenir, tous ensemble, ce cher Nicolas lors du prochain congrès du Parlement, en vue d'avaliser la constitution européenne bis...

Plusieurs camarades avignonnais ne résisteront pas à ce nouveau choc...

A +
Albert