19 novembre 2016

Emmanuel Macron candidat à l'élection présidentielle : et si cela faisait partie de la stratégie hollandaise ?

Emmanuel Macron est président de la République française depuis le 14 mai 2017.
Après avoir démissionné de ses fonctions de Ministre de l’Economie, Emmanuel Macron a présenté sa candidature à la prochaine élection présidentielle.

Tous les médias, presse écrite et chaînes d’infos ainsi que Les Républicains et le PS présentent cette annonce comme un second coup de poignard dans le dos du président de la République mais la réalité pourrait être toute autre et révéler demain une stratégie politique montée de toute pièce par François Hollande et Emmanuel Macron...


Le 15 mai 2012, Emmanuel Macron devient secrétaire général adjoint de l'Élysée. En secondant le secrétaire général, Pierre-René Lemas, il sera notamment à l'origine du pacte de responsabilité et de solidarité et du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi.

Le 10 juin 2014, l’Élysée annonce qu'il quitte le cabinet de François Hollande. Le secrétaire général de l’Élysée, Jean-Pierre Jouyet, indique alors qu’Emmanuel Macron s'en va « pour mener des projets personnels dans les domaines de l’enseignement et de la recherche ».

Le 26 août 2014, il est nommé ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique dans le gouvernement Valls II, en remplacement d'Arnaud Montebourg. Devenant ainsi le plus jeune ministre de l’Économie depuis Valéry Giscard d'Estaing dans le premier gouvernement de Georges Pompidou en 1962, il est qualifié par certains médias et acteurs politiques " d'anti-Montebourg " et de " symbole " d'un virage social-libéral de l'exécutif.  

Le petit protégé de François Hollande, deloriste bon teint comme lui, aurait donc trahi une première fois son tuteur en donnant sa démission de ministre de l'économie puis une seconde fois en annonçant le 16 novembre dernier sa candidature à l'élection présidentielle de 2017. Cette explication fait les beaux titres de la presse et des médias audio-visuels, Alain Juppé et les autres candidats à la primaire de la droite et du centre  parlent de traîtrise, les socialistes de même, etc. mais l’avenir pourrait leur donner tort car c’est mal connaître l'art du double langage et les contorsions politiques de François Hollande.

François Hollande et Emmanuel Macron seront-ils candidats tous les deux ?


Il y a quelques mois, un débat avait lieu à gauche à propos d'une éventuelle primaire pour désigner le futur candidat socialiste à l'élection présidentielle. Dans un premier temps, l’exécutif gouvernemental et le PS se montraient réservés, voire opposés à cette idée. Le président sortant, candidat naturel de la gauche, ne pouvait s’abaisser à passer par la case primaire.

Peu de temps après,  on assistait à un changement complet de pied de la part de Jean-Christophe Cambadélis, Premier secrétaire du PS et de Manuel Valls, Premier ministre, avec sans doute l’accord préalable de François Hollande. L'organisation d’une primaire du PS et de ses alliés radicaux de gauche et Verts pro-gouvernementaux, pour désigner le candidat de la gauche avait désormais toutes les vertus.

Que s’est-il passé entre ces deux épisodes ? Les sondages confirmant une dégringolade dans les intentions de vote, la chute de popularité de François Hollande est telle qu'elle le met à un niveau jamais atteint sous la Vème République. La possibilité qu'il ne puisse atteindre le deuxième tour de l’élection est très probable selon tous les observateurs de la vie politique. Certains sondages indiquent même qu’au premier tour, Jean-Luc Mélenchon pourrait dépasser François Hollande, ce dernier arrivant alors quatrième position (12 à 15 % de suffrages seulement), derrière Marine Le Pen, le candidat de droite et Jean-Luc Mélenchon.

Dans ces conditions, deux alternatives s’offrent à François Hollande : renoncer à être candidat dès maintenant, comme le suggère certains de ses proches, ou se présenter néanmoins en imaginant une stratégie originale. S'il décide vers la mi-décembre de se présenter à l'élection, il devra encore dire s'il passe ou pas par la primaire interne au PS car là aussi le danger d'être battu par Arnaud Montebourg est réel. C'est dans tous les cas un casse-tête pour le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, qui ne sait plus trop sur quel pied danser car on imagine mal un président sortant se présentant à une primaire en risquant d'être battu ou à l'inverse une primaire vidée de son sens sans François Hollande.

Si toutefois François Hollande était candidat en passant ou pas par la primaire, il développerait sans doute sa propre campagne tout en laissant Emmanuel Macron développer la sienne. Que pourrait-il se passer ensuite ? Quelques semaines ou quelques jours seulement avant le premier tour, en fonction des sondages qui vont se multiplier d’ici là, Emmanuel Macron pourrait alors se retirer en faveur de François Hollande ou inversement.

Mais il se peut que François Hollande ait déjà pris la décision de ne pas se représenter en ayant informé auparavant dans le plus grand secret son ancien ministre de l'économie. Dans cette hypothèse, Emmanuel Macron pourrait espérer être présent au second tour en captant une partie des électeurs potentiels du centre et de la droite, le candidat républicain se retrouvant alors à la troisième place à l’issue du premier tour en 2017.

Se présenter l'un et l'autre au premier tour de l'élection, voire l'un contre l'autre, serait suicidaire pour les deux ! Dans tous les cas de figure, il était important qu’Emmanuel Macron annonce sa candidature pour préparer la suite des événements... 


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1 commentaire:

Tahar a dit…

Beaucoup de ceux qui se décident à voter Macron ne donneront leur voix à personne d'autre. Que Macron se soit présenté en accord avec Hollande ne peut avoir un sens que si Hollande ne se présente pas à la primaire et peut être une machine anti-Valls et anti-Juppé. Face à Macron, Bayrou n'existe plus. L'engouement envers Macron ressemble à celui qu'a connu Bayrou après l'élection de Sarkozy sauf que Bayrou n'a pas eu l'intelligence de capitaliser cet apport de militants de sang neuf. Je ne serai pas étonné que parmi les militants du mouvement en marche ne se trouvent beaucoup de militants déçus du Modem et de son fonctionnement dépassé et peu démocratique.