Réformer Aujourd'hui

"Changement important, radical en vue d'une amélioration", il convient de redonner à la "réforme" son sens politique initial car le mot est galvaudé depuis bien longtemps...

16 novembre 2009

150ème anniversaire de la publication de l’Origine des Espèces : raison scientifique et foi religieuse restent inconciliables

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Dans quelques jours, sera célébré en France et partout dans le monde, le 150ème anniversaire de la première publication de L'Origine des espèces par le moyen de la sélection naturelle, ou la préservation des races favorisées dans la lutte pour la vie (traduction littérale du titre original en anglais).

Face à l'offensive des créationnistes, la célébration de cet évènement et «l'année Darwin» marquée en France par un grand nombre de publications, de manifestations, de conférences, d'expositions vont permettre de souligner toute l'importance et la modernité de l'œuvre de Charles Darwin.


C’est en effet le 24 novembre 1859, à Londres, que les 1250 exemplaires du premier tirage du livre de Charles Darwin étaient vendus dans la journée.

Il s'agissait d'un pas de géant dans l'histoire de l'Humanité, dans sa marche pour la connaissance scientifique - libérée des croyances et des idéologies - du mécanisme de transformation et de diversification adaptative des espèces dans leur milieu, désignée aujourd'hui comme la théorie darwinienne de l'évolution. Cette découverte, enrichie des apports ultérieurs de la génétique, constitue le seul socle scientifique d'explication de l'évolution des organismes vivants.

La publication de la théorie de la sélection naturelle

Malgré sa publication dans la précipitation - un de ses confrères, Alfred Russel Wallace, s'apprêtait en effet à publier une théorie similaire -, l'ouvrage de Charles Darwin suscite un vif intérêt dans le public, pour l'époque.

La première édition de 1250 exemplaires épuisée, une seconde de 3 000 exemplaires est sortie en janvier de l'année 1860. La théorie de Darwin sera exposée de façon simple dans l'introduction même de son livre :

« Comme il naît beaucoup plus d'individus de chaque espèce qu'il n'en peut survivre, et que, par conséquent, il se produit souvent une lutte pour la vie, il s'ensuit que tout être, s'il varie, même légèrement, d'une manière qui lui est profitable, dans les conditions complexes et quelquefois variables de la vie, aura une meilleure chance pour survivre et ainsi se retrouvera choisi d'une façon naturelle. En raison du principe dominant de l'hérédité, toute variété ainsi choisie aura tendance à se multiplier sous sa forme nouvelle et modifiée. »

Bien que Darwin soit soutenu par certains scientifiques (par exemple, Thomas Henry Huxley, Ernest Renan ou encore Ernst Haeckel qui le popularise très tôt en Allemagne), l'évolution par la sélection naturelle fut largement discutée, voire dénigrée, particulièrement dans les communautés religieuse et scientifique à cause notamment de la capacité inexpliquée des individus à transmettre leurs capacités à leurs descendants.

Darwin reprend en effet l'idée, très populaire à l'époque, de la transmission des caractères acquis et en propose même une théorie dans son ouvrage de 1868 mais le mécanisme sous-jacent restera un mystère jusqu'à ce que l'on découvre l'existence des gènes.

Le débat public le plus fameux a lieu à Oxford lors d'une réunion de l'Association britannique pour l'Avancement des Sciences. Joseph Dalton Hooker prend énergiquement parti pour Darwin tandis que Thomas Huxley se constitue comme le « bouledogue de Darwin ». Les deux partis se séparent en criant victoire chacun, mais Huxley reste célèbre par sa réponse. Comme on lui avait demandé s'il descend bien du singe par son grand-père ou par sa grand-mère, Huxley rétorque : « C'est Dieu lui-même qui vient de le livrer entre mes mains » et il réplique qu'il « préférerait descendre d'un singe plutôt que d'un homme instruit qui utilisait sa culture et son éloquence au service du préjugé et du mensonge »

L'Origine des espèces est traduit dans un grand nombre de langues et connaît de nombreuses réimpressions, devenant un texte scientifique de base accessible à tous.

La stratégie politique mondiale des créationnistes

Aujourd’hui, il y a lieu de s'inquiéter de l'offensive radicale du mouvement créationniste qui avance sous sa forme contemporaine du Dessein Intelligent (Intelligent Design - ID). On aurait bien tort de considérer ce mouvement comme une spécificité - un peu folklorique - des Etats-Unis, où fleurissent nombre de musées de la création faisant cohabiter sur le pont de l'arche de Noé des T-Rex et des hommes.

L'idéologie du dessein intelligent ne nie pas frontalement ni le temps géologique, ni le principe de l'évolution des espèces. Elle les admet même volontiers, mais l'évolution qu'elle retient n'est pas celle qui est définie dans la théorie darwinienne qui repose sur le hasard, la variation indéterminée des traits héréditaires, et la sélection naturelle par adaptation au milieu.

Au nom d'une démarche prétendument expérimentale, accréditée par des « spécialistes » de la génétique ou de la paléontologie, les idéologues de l'I.D. se concentrent sur des exemples particuliers, comme certains systèmes biologiques considérés par eux comme trop complexes pour être le résultat de l'évolution (thèse de la « complexité irréductible », des flagelles cellulaires et système immunitaire par exemple), afin d'insinuer le doute sur l'ensemble de la théorie darwinienne.

Là se trouve l'argument central de l'I.D. : si un seul exemple de système biologique observé vient à échapper à la théorie darwinienne de l'évolution, alors c'est bien sûr l'ensemble de la théorie qui s'effondre. La brèche est alors ouverte pour d'autres explications, impliquant une intervention divine ou intelligente dans la création et l'évolution de la vie. Cette thèse, qui tient beaucoup du sophisme et repose sur beaucoup d'approximations dans les exemples décrits, est rejetée par l'immense majorité du monde scientifique.

Aux Etats-Unis, les tentatives d'introduire l'idéologie du dessein intelligent dans les programmes de l'enseignement public comme une alternative à la théorie darwinienne se heurtent d'ailleurs - jusqu'à présent (procès de Dover en 2005) - à une résistance forte. Mais sur le terrain pseudo scientifique, des fondations et institutions privées pullulent et débordent aujourd'hui très largement les frontières des Etats-Unis.

En Europe, des théologiens des trois religions monothéistes - juive, chrétienne et musulmane - la relaient ouvertement en trouvant dans l'I.D. un argument redoutable pour imposer la réintroduction des religions dans le domaine public.

Sous l'impulsion de Benoît XVI, le Vatican s'implique de plus en plus dans les débats concernant la science. Des responsables politiques et des personnalités célèbres de la communauté scientifique y apportent leur caution. Au sein même des institutions de l'UE, ses promoteurs ont déjà provoqué des incidents multiples, notamment sur la place de la thèse créationniste et de la théorie darwinienne de l'évolution à égalité dans l'enseignement. Des ministres européens en fonction ont pris position dans ce sens. Berlusconi a tenté un passage en force pour modifier les programmes scolaires.

En France aussi, ce mouvement s'est implanté, avec notamment l'Université interdisciplinaire de Paris (UIP), principale officine de l'I.D. à la française, largement financée par la Fondation Templeton « pour le progrès de la Religion ».

C'est pourquoi, 150 ans après la première publication de L'Origine des espèces, il convient de combattre énergiquement cette nouvelle entreprise politique qui n’a rien de scientifique et dont l'objet clairement affiché est de favoriser les convergences entre science et religion.


Les créationnismes. Une menace pour la société française ?

Cyrille Baudouin et Olivier Brosseau,

Editions Syllepse, mai 2008, 138 p., 7 €


Photo Flickr-cc :Charles darwin par Colin Purrington (http://www.flickr.com/photos/cpurrin1/2775765597/)

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5 novembre 2009

Tony, Président de l' UE, Non merci !

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Depuis le résultat positif du référendum irlandais et la signature par le président tchèque, Vaclav Klaus, du traité de Lisbonne, celui-ci est désormais approuvé par tous les États membres de l'Union européenne.

Dès lors, la décision de nommer les deux plus hauts responsables des nouvelles institutions européennes, le Président et le responsable de la politique étrangère pourrait intervenir rapidement...


La presse britannique s’est lancée dans une campagne présentant la nomination de Tony Blair à la présidence du Conseil de l’Union Européenne comme inéluctable. Le nom de l'ancien Premier ministre britannique a même été mis en avant par Nicolas Sarkozy, ne serait-ce que pour créer un peu plus d'embarras à gauche…

Le fondateur du « New Labour » a certes bénéficié un temps d'une image de marque moderniste, celle du social-démocrate qui a su réinventer la gauche. Mais qu'en reste-t-il aujourd'hui ?

A 56 ans, Tony Blair présente l'avantage, pour une Union européenne qui redoute d'être tenue à l'écart du trilogue Etats-Unis/Chine/Russie, d'être connu et charismatique mais il a aussi l’inconvénient d'avoir dirigé un pays très eurosceptique, à l'écart de l'euro ou de la zone Schengen et d'avoir soutenu la guerre en Irak.

Echec au Proche et Moyen-Orient

Tony Blair pourra-t-il faire oublier qu'il a été l'allié servile de l'administration Bush dans toute cette désastreuse expédition, y compris dans sa phase préparatoire de mensonge aux opinions publiques sur la réalité des armes de destruction massives de Saddam Hussein ?

Il en a hérité le surnom de "caniche » de Bush", qui lui colle à la peau dans son propre pays comme dans son propre parti.

Son combat également contre toutes les avancées sociales dans l’Union, notamment la Charte des Droits Fondamentaux le disqualifient pour un poste où il serait chargé de définir l’agenda du Conseil et de représenter l’Union Européenne.

Tony Blair occupe une autre fonction (peu connue) : il représente le Quarter des grandes puissances (Etats-Unis, Russie, Union européenne et ONU) au Proche-Orient.

Depuis deux ans, c'est comme si ce poste n'avait pas existé. Seule la réception d'un grand hôtel de Jérusalem où Blair et ses collaborateurs occupent des chambres à l'année le savent…

Le résultat de cette mission est proche de zéro ("le très modeste bilan", titrait récemment Le Monde), même depuis que les Etats-Unis, sous l'égide de Barack Obama, a tenté de relancer le processus de négociation.

Bref, si on ne change pas une équipe qui gagne, on ne promeut pas un leader qui échoue.

Quant aux autres candidats potentiels, ils ne sont guère plus enthousiasmants :

- Jean-Claude Juncker, Premier ministre luxembourgeois, doyen des dirigeants en exercice de l'UE.

- Jean Peter Balkenende, Premier ministre néerlandais, considéré comme un président potentiel de compromis.

- Paavo Tapio Lipponen, Ancien chef du gouvernement finlandais, social-démocrate,

- Mary Robinson, ancienne présidente de la République d'Irlande, souvent citée comme candidate potentielle.

- Tarja Halonen, présidente finlandaise, 65 ans, sociale-démocrate

- Vaira Vike-Freiberga, ancienne présidente lettone, ouvertement candidate de son pays pour le poste.

Finalement, le plus extraordinaire dans ce processus de désignation, c'est la discrétion dans laquelle il s'effectue. Certes, on sait que les institutions de l’UE sont loin d’être démocratiques.

On n'en est pas encore à élire le président de l'Europe au suffrage universel mais on apprécierait un peu plus de lumière et de transparence dans la désignation de celui qui, au bout du compte, parlera au nom de toute l'Europe avec une autorité inégalée jusqu'ici.


Pétition contre la nomination de Tony Blair comme "Président de l'Union Européenne"

Nous, citoyens européens de toutes origines et de toutes tendances souhaitons exprimer notre totale opposition à la nomination de Tony Blair à la présidence du Conseil de l'Union Européenne.

Le traité de Lisbonne prévoit la création du poste de président du Conseil de l'Union Européenne élu par le Conseil pour un mandat de deux ans et demi, renouvelable une fois. Selon les termes du traité : « Le président assure la préparation et la continuité des travaux du Conseil européen » et « Le président préside et anime les travaux du Conseil européen ». De même, « le président du Conseil européen assure, à son niveau et en sa qualité, la représentation extérieure de l'Union pour les matières relevant de la politique étrangère et de sécurité commune ».

Le futur président du Conseil de l'Union Européenne aura donc un rôle essentiel dans la détermination des politiques de l'Union et dans ses relations avec le reste du monde. Cette première présidence aura aussi un poids symbolique majeur aussi bien pour les citoyens de l'Union Européenne que pour l'image de l'Union dans le reste du monde. Dans cette perspective, il nous paraît essentiel que le premier président incarne l'esprit et les valeurs du projet européen.

Depuis quelques temps, des articles de presse font état de l'intention de certains de faire de Tony Blair le premier président du Conseil de l'Union Européenne. Cette nomination, si elle devait advenir, serait en totale contradiction avec les valeurs portées par le projet européen.

En violation du droit international, Tony Blair a engagé son pays dans une guerre en Irak, guerre à laquelle une vaste majorité des citoyens européens étaient opposés. Cette guerre a fait des centaines de milliers de victimes et entraîné le déplacement de millions de réfugiés. Elle a constitué un facteur majeur de la profonde déstabilisation actuelle du Moyen-Orient et fait reculer la sécurité dans le monde. Pour entraîner son pays dans la guerre, Monsieur Blair a utilisé de manière systématique la manipulation de l'information et fait usage de preuves fabriquées. Son rôle dans la guerre en Irak pèserait lourdement sur l'image de l'Union dans le monde s'il advenait qu'il en soit nommé président

Les mesures que le gouvernement de Tony Blair a prises et sa complicité avec l'administration Bush dans le programme illégal d'enlèvements « extraordinary renditions » ont amené un recul sans précédent des libertés civiles en contradiction avec les termes de la Convention Européenne des Droits de l'Homme qui fait partie intégrante du traité.

La Charte Européenne des Droits Fondamentaux formalise les valeurs fondatrices du projet européen et constitue un des piliers du nouveau traité. Tony Blair en a combattu l'intégration dans le traité de Lisbonne pour finalement obtenir que la Charte ne s'applique pas au Royaume-Uni.

Plutôt que de faire avancer l'intégration européenne, l'ancien premier ministre britannique a imposé un certain nombre de « lignes rouges » au cours des négociations du traité de Lisbonne, avec pour but d'empêcher tout progrès sur les questions sociales et l'harmonisation fiscale ainsi qu'en matière de politique étrangère et de sécurité commune.

Enfin, il nous paraît inenvisageable que le premier président du Conseil de l'Union Européenne soit l'ancien chef d'un gouvernement qui a maintenu son pays en dehors de deux éléments clefs de la construction de l'Europe : la zone Schengen de libre circulation des personnes et la zone Euro.

A l'heure où l'une des priorités des institutions européennes est de renouer avec les citoyens, il nous paraît essentiel que le président du Conseil de l'Union Européenne soit une personnalité en qui une majorité de citoyens puissent se reconnaître, plutôt qu'une personne rejetée par la majorité. C'est pourquoi nous affirmons notre totale opposition à cette nomination.


Signer la pétition :

http://www.gopetition.com/petitions/stopblair/sign.html


Photo Flickr-cc : Tony Blair par Myglesias (http://www.flickr.com/photos/myglesias/888317560/)



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28 octobre 2009

Taxe sur les indemnités d'accidents du travail : gagner moins et payer plus !

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La France ne taxera pas les bénéfices des banques officiant sur son territoire mais le gouvernement a confirmé qu’il envisageait de fiscaliser les indemnités journalières perçues par les salariés à la suite d’un accident du travail.

Voilà une illustration parfaite de la philosophie politique de Nicolas Sarkozy. Après la taxe carbone, c’est une nouvelle taxe qui, comble du cynisme présidentiel, est présentée comme une mesure de “justice fiscale” !

Il faut méconnaître totalement le monde du travail pour croire que l’on s’enrichit en étant victime d’un accident du travail…


Aux traumatismes liés à l'accident et à la diminution des revenus (les accidentés du travail sont indemnisés à 80% du salaire journalier de base), s'ajoutera désormais une imposition dès 2010 !

Nicolas Sarkozy feint ainsi de lutter contre le déficit de la Sécurité sociale avec des mesures injustes et à courte vue, tout en sachant que cela ne résoudra en rien le problème financier. Car ce type de remède est déjà utilisé, sans résultat, depuis plusieurs décennies : multiplication des franchises médicales, forfaits ou taxes de toute sorte, majoration des taux de cotisations, diminution des prestations servies, déremboursements de médicaments, etc.

Lorsqu’on ne sait gouverner qu’avec une obsession fiscale, toutes les «réformes» prennent alors souvent la forme d’un prélèvement obligatoire supplémentaire. Une nouvelle fois, on préfère taxer les salariés et les malades plutôt que de toucher au mode de financement de la Sécurité sociale.

Le système actuel est basé principalement sur le recouvrement de cotisations sur salaires qui a relativement bien fonctionné pendant les «trente glorieuses» mais qui a atteint aujourd’hui ses limites. Les cotisations assises sur les salaires ne permettent plus à elles seules de faire face aux besoins de l’Assurance maladie mais aussi des autres branches de la Sécurité sociale, Famille et Vieillesse.

Les différentes prestations maladie ou familiales étant accessibles à tous les citoyens, salariés ou pas, actifs ou inactifs, le principe de solidarité nationale voudrait que soient mis à contribution l’ensemble des revenus des personnes physiques et que l’actuelle CSG soit fusionnée avec l’impôt progressif sur le revenu. Cela s’inscrirait dans une autre logique de financement à la fois plus juste et d’un rendement beaucoup plus élevé (tous les revenus, notamment autres que salariaux, participant au financement)

Cette taxe sur les indemnités des accidents du travail montre à nouveau que Nicolas Sarkozy, toujours partant pour diminuer le volume des impôts sur le revenu, en particulier des plus riches, continue d’augmenter en fait les impôts indirects de l’ensemble des salariés et des ménages.


Contre la mesure annoncée qui vise à taxer les indemnités des accidentés du travail

Il y a quelque chose d’obscène dans la mesure annoncée qui vise à taxer les indemnités des accidentés du travail. C’est s’en prendre aux salariés dans leur chair.

Alors que, subordonnés à l’employeur, ils viennent d’être brutalement vulnérabilisés par un accident survenu au travail.

Alors qu’ils ne touchent déjà que 80 % puis 60 % du salaire journalier de base.

Alors qu’ils sont frappés par les franchises médicales et les déremboursements.

Alors que, très souvent, leur avenir est devenu incertain du fait du handicap qu’ils subissent.

La justice serait, au contraire, que les accidentés touchent davantage que la totalité de leur salaire, à titre de réparation.

Ne pas imposer jusque-là les indemnités journalières des accidentés du travail n’était qu’une frêle compensation.

La supprimer serait scandaleux. D’autant que le total des accidents du travail vient d’augmenter de 0,4 % depuis 2 ans. Et que les suicides à cause du travail, et pas seulement à France Télécom, ne sont pas reconnus légalement comme des accidents.

Il faudrait aller exactement dans la voie inverse et mieux prévenir, protéger, réparer les accidents et les victimes. Car il y a 2 morts par jour au travail dans le seul secteur privé, 16 % de plus entre 2006 et 2008. On dénombre 720 150 accidents du travail avec arrêt par an, 46 436 accidents avec incapacité permanente, 37 millions de journées d’indemnisation AT. Les rapports officiels reconnaissent, d’autre part, que le chiffre de 43 832 maladies professionnelles, avec 8, 7 millions de journées d’IT, est largement sous-déclaré.

Ce sont des chiffres ? Non, ce sont des vies. Des dizaines de milliers de vie que l’organisation du travail brise.

Nous appelons à la mobilisation pour réagir, alerter, rassembler tous celles et ceux qui sont scandalisé-e-s, de façon à faire reculer, catégoriquement, cette mesure inique, intolérable, inhumaine.


Signer la pétition :

Signer http://www.non-taxation-at.net/?petition=2&signe=oui


Premiers signataires :

Pouria Amirshahi (Secr Nat du PS)

Nathalie Arthaud (Lutte Ouvrière)

Clémentine Autain (Fédération Alt soc et ecol)

Olivier Besancenot (NPA)

Gérard Berthiot (1er VP Région Champagne-Ardenne PS)

Eric Beynel (porte-parole solidaire)

Michel Bianco (Collectif le travail tue…)

Martine Billard (députée écologiste)

Jean-Jacques Boislaroussie (Alt)

Luc Boltanski (sociologue EHESS)

Gilles Caron (F.O. Banques)

Leila Chaibi (exécutif NPA)

Jean-Christophe Cambadélis (Secr. Nat du PS)

Annick Coupé (Solidaires)

Claude Debons (secr nat PG)

Sandra Demarcq (executif NPA)

Gérard Filoche (CN PS, inspecteur du travail)

Jacqueline Fraysse (députée PCF 92)

Laurent Garrouste (juriste du travail)

Razzy Hamadi (Secr Nat du PS)

Benoit Hamon (Porte-parole du PS)

Charles Hoareau (CGT Marseille)

Michel Husson (économiste)

Régis Juanico (député PS, Loire, Trésorier national du PS)

Bernard Lacroix (professeur de science politique, membre de l’Institut Universitaire de France)

Arlette Laguiller (Lutte Ouvrière)

Pierre Laurent (coordinateur national du PCF)

Frédéric Lebaron (professeur de sociologie, membre de l’Institut Universitaire de France)

Hervé Le Fiblec (BN Snes-Fsu)

Marie-Noelle Lienemann (ancien ministre du logement, députée européen) Noël Mamère (Député Les Verts)

Philippe Marliére (Universitaire)

Caroline Mécary (Fondation Copernic)

Jean-Luc Mélenchon (Parti de Gauche)

Catherine Mills (économiste spécialiste de la protection sociale)

Roland Muzeau (député PCF)

Willy Pelletier (Fondation Copernic)

Christian Picquet (Gauche unitaire)

Jean-Baptiste Prévost (président de l’Unef)

Violaine Roussel (professeur de sociologie, université Paris VIII)

Bob Siné (Siné Hebdo)

Annie Thébaud-Mony (sociologue Inserm)


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