Réformer Aujourd'hui

"Changement important, radical en vue d'une amélioration", il convient de redonner à la réforme son sens politique initial car le mot est galvaudé depuis bien longtemps...

jeudi 17 juillet 2008

Arrêt de la publicité : colère des salariés de France 3

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En décidant brusquement de l’arrêt de la publicité sur l’audiovisuel public, Nicolas Sarkozy a signé l’arrêt de mort du groupe France télévisions et plus particulièrement de France 3. Le 25 juin dernier, il a confirmé que l’estocade serait portée dès le 1er janvier 2009 : la télévision publique n’aura plus les moyens de se financer. Son président sera nommé par le pouvoir exécutif.

Avec ce projet de réforme, c’est l’avenir de la liberté de la presse sous toutes ses formes qui est remis en question, c’est aussi celui de la liberté d’expression (celle des journalistes mais également de l’ensemble de la population dont les journalistes se font quotidiennement l’écho), autant d’éléments indispensables au principe même de démocratie.

Et les téléspectateurs paieront deux fois : la redevance, et les taxes sur la téléphonie mobile et internet. Et surtout, ils auront le choix entre des télévisions privées gavées de publicité à la botte du pouvoir et des télévisions publiques privées de publicité, sous-financées, à la botte également du pouvoir.

C’est un retour à la propagande pure et simple et une attaque sans précédent contre la démocratie et le pluralisme de l’information !


Nous voulons faire part de notre colère.

Nous sommes en colère à cause du charcutage de notre entreprise, initié par l’annonce présidentielle du 8 janvier dernier proclamant sans concertation ni solution réelle la suppression de la publicité sur les chaînes de télévision publique.

Et nous sommes en colère contre nos dirigeants muets depuis 5 mois, incapables de se défendre, de nous défendre, et de dire qui nous sommes et ce que nous valons.

Voilà ce que nous avons à dire

Pour commencer nous dénonçons un mensonge.

Lorsque le 8 janvier dernier le Président de la République déclarait « Le service public, son critère, c’est la qualité », puis qu’il exigeait une suppression totale de la publicité sur ses antennes, la logique proclamée était claire : le but de la suppression de la publicité était d’obtenir une plus grande qualité sur les chaînes de service public.

Poudre aux yeux.

Il est vite apparu que cette annonce n’était pas préparée et que les pistes de compensation qu’elle traçait n’étaient que des impasses. La « taxe infinitésimale sur le chiffre d’affaire des nouveaux moyens de communication comme l’accès à l’Internet ou la téléphonie mobile » ne sera vraisemblablement pas acceptée par la Commission européenne pour cause de distorsion de concurrence, et la « taxe sur les recettes publicitaires accrues des chaînes privées » est minorée par celles qui doivent l’acquitter.

Il s’est surtout avéré que l’annonce présidentielle était la conséquence d’une toute autre logique: le siphonage programmé des fonds du service public au profit du secteur privé.

Depuis 5 mois toutes les annonces filtrent dans ce sens et forment un puzzle dont l’annonce de la suppression de la publicité pour le service public n’est qu’une pièce.

C’est dès octobre dernier à Cannes, lors du Mipcom –le Marché international des programmes audiovisuel de la communication- que Christine Albanel, la Ministre de la Culture et de la Communication, a fait part de ses projets. La refonte de l’audiovisuel public est envisagée, une loi globale sur l’audiovisuel sera soumise au Parlement, les décrets régissant les relations entre producteurs et diffuseurs seront revus, les règles anticoncentration adoucies de manière à créer des groupes multimédia privés de taille mondiale
(1).

Pourquoi ?

L’arrivée de la TNT, d’Internet et des opérateurs de téléphonie mobile a laminé les audiences donc les profits des groupes audiovisuels privés. "Les groupes audiovisuels français n'ont pas la taille critique au niveau international. Et si on les compare aux opérateurs téléphoniques, ce sont des nains", explique ainsi Christine Albanel dans un entretien publié le 3 juin par « Les Echos ». Il faut donc booster les profits de l’audiovisuel privé.

De 40% dans les années 90, la part d’audience de TF1 est tombée à 27,2% en mai 2008. L’action de TF1 a perdu 40% de janvier 2007 à février 2008. De 93 euros au 07 mars 2000, le cours de l’action TF1 est tombé à 13 euros au 1er juin 2008. Conclusion : « Nous sommes en guerre ! » a déclaré fin mai Nonce Paolini, le directeur général du groupe TF1, à ses salariés.

Où trouver l’argent de la publicité ? Dans la poche du service public.

On estime que de 300 à 550 millions d’euros de publicité arriveront sur les chaînes privées grâce aux mesures engagées. La nationalisation des pertes et la privatisation des profits entretiennent l’amitié.

Martin Bouygues, PDG du Groupe Bouygues, administrateur de Bouygues et TF1 ? Mon « meilleur ami », selon le Président de la République. Et Nicolas Sarkozy ? Un « frère », selon Arnaud Lagardère dont le groupe est centré sur les mendias. Les responsables des autres groupes de l’audiovisuel Français, Vivendi et Bertelsmann (M6) sont aussi des intimes du pouvoir. Leurs demandes obtiennent gain de cause avec les projets annoncés.

Et le service public ? Qu’il crève !

S’il ne s’agissait que de transvaser la publicité de l’un à l’autre, de cliver les téléspectateurs selon leurs attentes respectives, de promouvoir la culture en préservant un secteur public «de qualité», qui s’en plaindrait ? Mais à peine installée la commission Copé «pour la nouvelle télévision publique» a prouvé que tel n’était pas son but, en réduisant encore les fonds insuffisants qui font vivre le service public.

Le manque à gagner global à compenser pour le groupe France Télévisions est estimé à 1,2 milliard d’euros. Cette somme englobe à la fois le revenu publicitaire dont seront privées les chaînes publiques (830 millions, 30% de leur budget), et le coût de fabrication des programmes nécessaires au comblement du temps d’antenne laissé vide par la publicité (400 millions).

Mais la commission Copé minore le manque à gagner à 650 millions d’euros lorsque la publicité aura totalement disparu au 1er janvier 2012 (et 450 millions pour la période transitoire de suppression en soirée uniquement de la publicité, du 1er septembre 2009 au 31 décembre 2011), compte tenu de recettes annexes dont il crédite les Service Publics.

Il en manque la moitié !

Si les zéros disparaissent, l’idéologie apparaît. Ce que sous-entend ce menu pour gréviste de la faim, c’est que la télévision de service public c’est avant tout du service public, et qu’il convient de le traiter comme tel. Comme le parasite, le dépensier, le fainéant, le nid de fonctionnaires –inutiles, dispendieux sinon nuisibles- qu’il faut mettre au pas, sinon à bas. Qu’ils travaillent plus ! Qu’ils travaillent mieux ! Qu’ils rationalisent ! Et qu’ils ne fassent pas d’ombre au privé !

Nous n’y voyons qu’erreurs, sinon calomnies.

Car avec des budgets de fin de mois, le service de l’audiovisuel public prouve depuis des années qu’il gère bien, et à l’économie, ses ressources. 80 % de ses revenus proviennent de la redevance, qui n’a pas augmenté depuis 7 ans ! Mécaniquement chaque année les revenus de France Télévisions s’appauvrissent du montant de l’inflation. Le point d’indice qui fixe les salaires n’a pas évolué depuis 11 ans ! Mécaniquement les salariés s’appauvrissent chaque année du montant de l’inflation.

Chez nous la guerre aux coûts est depuis des années une constante. France3 Alsace ne fait plus d’émissions en extérieur. Trop chères, tout comme les émissions gourmandes en personnels. Les sports («Sportshow»), l’information (« les Dossiers de France3 »), la culture (« Nuit Blanche »), l’animation « Tout peut arriver » : nos programmes disparus sont un cimetière peuplé d’économies.

A force de rogner les budgets et presser les salariés, l’avenir a jusqu’ici été préservé. Les investissements très lourds dus au passage au numérique ont été effectués, même si l’on jongle souvent avec des bouts de ficelle et du bas de gamme. Cela ne se voit pas à l’antenne, mais chaque jour est une prouesse.

Et c’est cet audiovisuel de service public qui réussit l’impossible qu’on ponctionne encore ?

Parce que ses concurrents du privé n’ont pas su évoluer à temps !

Pourquoi est-ce lui qui est frappé ?

Nous sommes en colère.

L’audiovisuel public joue pourtant un grand rôle.

On le crédite encore de programmes de qualité, cet accès à la culture qu’on dit « de service public ». Ce n’est pas son seul mérite. L’audiovisuel public fabrique du lien social, bien plus que ses concurrents du privé qui exacerbent à longueur de jeux et de thématiques d’émissions la réussite individuelle et le triomphe de l’argent. Cette fabrique de lien social compte dans une société qui s’angoisse pour son avenir.

Les journaux du service public tentent également d’être différents.

Dans une société de l’immédiateté où chaque fait divers devient universel, fut-il exceptionnel, la course à l’audience engendre une permanence de la monstruosité. S’en repaître à longueur de JT, comme c’est souvent le cas sur les chaînes privées, c’est réduire le citoyen à cet électeur dont la peur fait le jeu des conservatismes. Tenter au contraire de prendre de la distance, comme le fait encore malgré ses moyens dérisoires le service public, c’est fournir au citoyen matière à libre arbitre. Est-ce trop ?

Il apparaît qu’on nous promet au mieux une laisse plus courte, au pire une corde pour nous pendre. Ainsi, les propositions du 11 juin dernier faites par la commission Copé préconisent le regroupement des 13 régions actuelles de France 3 en 7 grandes régions. Voilà d’une pierre 4 coups possibles. Supprimer la concurrence publicitaire pour l’audiovisuel privé ; adosser probablement l’information télévisuelle aux groupes de Presse Quotidienne Régionale, eux-mêmes en difficulté financière, en leur concédant des fenêtres de réclames dans les décrochages d’information, ce qui leur permettra de devenir des aspirateurs publicitaires multimédias ; diminuer les coûts d’échelle sur les nouvelles structures interrégionales ; accoler ces structures aux collectivités locales, afin vraisemblablement de leur en transférer la charge comme cela s’est fait dans tant d’autres domaines.

C’est habile, mais nos financements ne sont toujours pas assurés.

Et notre indépendance encore moins ! Car pas plus qu’on ne concentre les médias sans danger de Pravda, on ne les marie aux politiques locaux sans réveiller la télé-Préfet. Est-ce souhaitable ?

Nous constatons que la commission Copé arrive tout naturellement là où le chef de l’Etat voulait la conduire. Le démantèlement annoncé du service public ressemble en effet à celui dont le site Médiapart révélait dès le 25 janvier que l’Elysée et la Presse Quotidienne Régionale discutaient. Les démentis n’y ont rien changé : chargée de trouver des solutions pour financer « La nouvelle télévision publique », la commission Copé semble travailler comme dans un labyrinthe de magazine pour enfant. Il n’y a qu’une entrée, qu’une sortie, qu’une solution possible -le démantèlement !- toutes les autres sont des leurres.

Pourquoi ?

En interdisant à la commission Copé de préconiser une augmentation de la redevance, le chef de l’Etat place le service public en coma financier permanent, alors qu’il est déjà dramatiquement sous-financé. La redevance audiovisuelle française est l’une des plus faibles d’Europe. Elle coûte 116,50 euros, contre 161 euros pour la moyenne européenne, 195 euros en Grande-Bretagne, 204 euros en Allemagne, 324 euros en Autriche.

La redevance est le moyen naturel de financement d’un service public préoccupé de qualité et non pas de course à l’audience, celui-là même qu’appelle pourtant de ses vœux le chef de l’Etat. Cette redevance –si faible- assure malgré tout aujourd’hui 80% des revenus de l’audiovisuel public. Serait-elle correctement relevée qu’elle permettrait aux chaînes de travailler sans compromission et d’échapper à la compétition de l’audience publicitaire.

De plus, parce que son montant peut-être déterminé des années à l’avance, la redevance permet de fixer un cap et de s’engager sur le long terme. Elle est en même temps la coque du bateau, sa boussole, et ses cartes. Les programmes racoleurs que raillent les usagers du service public audiovisuel français ne sont rien d’autre que le produit d’une redevance trop faible.

On le voit, loin de donner à l’audiovisuel public les moyens de nouvelles ambitions,

l’annonce du chef de l’Etat l’a déboussolé, déstructuré, et même sabordé. Depuis le 8 janvier les annonceurs se sont retirés, anticipant sur la suppression prochaine de la publicité. 20% des recettes publicitaires de l’année se sont évaporées, creusant un trou de 150 millions d’euros qui n’a toujours pas été comblé malgré les promesses de l’Etat et les engagements du Président.

Patrick de Carolis, le président de France Télévisions en est aujourd’hui contraint à pratiquer ce qu’il appelle une « gestion de précaution ». Concrètement cela veut dire que le passage aux grilles d’été moins coûteuses est avancé, que les programmes sont compressés et les personnels gérés à flux tendu.

Nous sommes en colère parce cette paralysie financière hypothèque l’avenir de l’entreprise.

Faute de certitude, faute d’argent, depuis 5 mois les décisions ne se prennent plus, le futur ne se prépare plus. Les programmes de télévision ont beau être immatériels lorsqu’on les regarde, leur fabrication est concrète comme celle d’une automobile. Il faut les avoir conçus, il faut les réaliser, il faut les tester, les faire rouler et les vendre.

Or nous sommes aujourd’hui dans la situation d’une entreprise automobile à qui on supprime les bureaux d’études, et même les unités de fabrication : on vit sur les stocks. Imagine-t-on qu’un gouvernement ait fait la même chose à l’ex-régie Renault ? Tout le monde aurait réagi : «Vous êtes fous, vous faites crever l’entreprise !». Elle ne sera pas seule : 1300 sociétés privées -la production audiovisuelle française- attendent les commandes du service public.

L’audiovisuel public français représente des milliers de salariés. 11000 à France Télévisions. 6000 à France 3. Ce sont aussi des milliards d’euros qui sont en jeu, le produit de l’épargne de générations de français. C’est un patrimoine d’avenir, et une concentration de compétences.

Est-ce que ça ne vaut pas la peine d’en faire quelque chose de grand, et de fort ?

L’audiovisuel public, c’est à vous.

C’est votre propriété.

Défendez-la.

(1) actuellement les diffuseurs ne sont pas propriétaires des œuvres qu’ils diffusent, ils ne peuvent donc les rediffuser librement d’un support à l’autre (câble, internet, hertzien, mobile, satellite…) ; les chaînes doivent investir une part de leur chiffre d’affaire dans la production audiovisuelle et sont tenues de commander 2/3 de leur production à des producteurs indépendants pour les faire vivre. Il est annoncé que volume et calcul horaire de la publicité sur les chaînes de télévisions privées seraient modifiés afin de les faire passer de 6 à 9 minutes par heure en moyenne. Ils pourraient être comptabilisés en heure d'horloge (de 20h à 21h par exemple) et non plus sur une heure glissante (de 19h50 à 20h50 par exemple), il y aurait une 2ème coupure publicitaire par film. Enfin les seuils anticoncentration seraient doublement modifiés tant en ce qui concerne les médias (interdiction actuelle pour un même groupe de posséder à la fois un journal national, une télé et une radio) que les volumes (actuellement un opérateur ne peut posséder au maximum qu’une chaîne nationale en mode analogique, ou 7 chaînes nationales en mode numérique, et un actionnaire ne peut posséder plus de 49 % du capital ou des droits de vote d'une chaîne qui fait plus de 2,5% de l'audience totale des services de télévision)


Pour toute information complémentaire :

Anna-Déborah COHEN,Journaliste-Rédactrice

France3-Pays de Corrèze

Tél. : 05 55 18 07 36

Fax : 05 55 18 07 29

Courriel : Anna-deborah.cohen@france3.fr



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jeudi 10 juillet 2008

Elections européennes 2009 : Appel pour la constitution de listes communes du Non de gauche

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Le 29 mai 2005, le peuple français a rejeté le TCE et une clameur a ébranlé toute l'Europe libérale. Depuis ce soir là, de nombreux citoyens de gauche, confortés par le tout récent NON irlandais au traité de Lisbonne, espèrent toujours voir émerger une vraie gauche pour contrecarrer le dogme du libéralisme économique qui fait de plus en plus de ravages dans notre pays.

Mais lors des prochaines élections européennes de juin 2009, aucune des formations politiques de gauche ayant défendu le NON ne sera en mesure d'obtenir le moindre siège au parlement européen si elle ne franchit pas la barre fatidique des 5 %.

C’est pourquoi, à un an de ces élections, une pétition est lancée pour que tous les acteurs politiques de gauche qui ont œuvré, main dans la main, contre le TCE essaient de présenter partout un front commun et des listes unitaires sans exclusive. C’est là une opportunité de concrétiser ce formidable NON de gauche au libéralisme mais aussi de dire un grand OUI à une Europe sociale…


Nous, signataires de cet appel, sommes des citoyens de gauche, partisans d'une Europe sociale qui protège les peuples. Face au Traité Constitutionnel Européen qui entérinait le dogme du libéralisme économique, nous avons mené campagne et voté non au référendum du 29 mai 2005. Nous représentons 31,3 % des suffrages qui se sont exprimés lors de ce scrutin.

Nous sommes aujourd'hui inquiets : alors que ce désir d'une véritable Europe sociale est la plus importante force d'opinion qui se soit exprimée en mai 2005, il y a fort à craindre qu'elle ne soit pas représentée au parlement européen qui sera élu lors des prochaines européennes en Juin 2009.

La tentative de rassemblement des collectifs du 29 Mai, fin 2006, a été un échec : elle nécessitait en effet la désignation d'un candidat unique pour l'ensemble des tendances de notre front. La conséquence de cet échec a été l'absence de traduction politique à la hauteur de notre mouvement : les deux candidats au second tour de l'élection présidentielle soutiennent la construction libérale de l'Europe. Pire ! Le 4 février 2008, loin d'entériner le résultat du référendum, Nicolas Sarkozy et les parlementaires soutenant l'Europe libérale bafouent la souveraineté populaire en adoptant un traité identique sous une forme prétendument « simplifiée ».

Nous ne voulons pas ajouter à ce déni de démocratie une absence de représentation au parlement européen à l'issu des élections européennes de Juin 2009.

Rappelons les faits :

Pour le scrutin des européennes de Juin 2009, la France sera divisée en 8 grandes circonscriptions où il faudra déposer des listes de candidats. Le nombre de sièges par circonscription, fixé par le décret n°2004-396 du 6 mai 2004, est de 12 pour le Nord-ouest, 10 pour l'Ouest, 10 pour l'Est, 10 pour le Sud-ouest, 6 pour le Massif central-Centre, 13 pour le Sud-est, 14 pour l'Ile-de-France et 3 pour l'Outre mer. Soit un total de 78 sièges de députés européens pour la France.

Il se trouve que les élections européennes sont des élections proportionnelles à seuil. Ce qui veut dire que Les candidats ne peuvent espérer obtenir un siège s'ils ne franchissent pas la barre fatidique des 5 %.
Mais ce n'est pas tout. Ces élections sont aussi des élections à la proportionnelle. Ce qui veut dire que le nombre de sièges obtenus dépendra du nombre des votes exprimés en fonction du nombre de sièges disponibles dans une circonscription. Il y a donc un second seuil qui dépend, quant à lui, du calcul de proportionnalité. Ce pourcentage minimum de voix nécessaires pour espérer obtenir un seul siège varie de 7% des suffrages dans la circonscription d'île de France, à plus de 9% dans celle du Massif central-Centre !
Pour exemple : dans le Massif central-Centre, lors des dernières européennes en 2004, la dernière liste a avoir obtenu un unique siège avait reçu 9,96 % des suffrages exprimés. Sur les 18 listes présentées, seules trois ont obtenu des sièges !
Or, aux présidentielles, les résultats obtenus par les candidats dispersés, défendant le non au TCE, sont, à gauche, de 4,1 % pour la LCR, 1,9% pour le PCF, 1,3% pour José Bové et LO et 0,3% pour M. Schivardi. Les conclusions sont implacables :
aucune des formations politiques défendant l'Europe sociale n'est en mesure d'obtenir le moindre siège aux prochaines européennes si la dispersion est encore de mise.

Que les candidats représentant le non de gauche fassent ce rapide calcul : ils s'apercevront très vite que désunis, ils n'ont aucune chance. Tout le monde sera perdant, alors que rassemblés au sein de listes communes, 31,3 % des suffrages correspond à un minimum de 24 sièges de députés sur les 78 auxquels la France a droit.

Notre appel n'est pas un énième appel à la recomposition des partis politiques de gauche. Sa finalité est beaucoup plus modeste : il s'agit d'un appel à représenter l'Europe sociale dans les instances européennes. Comme toute force d'opinion, nous avons le droit d'être représentés au niveau européen ! Nous appelons solennellement toutes les forces politiques qui, en mai 2005, ont dit non au TCE et oui à l'Europe sociale de constituer dès à présent des listes communes que nous pourrons défendre comme nous l'avons fait lors que la campagne de 2005.

Nous demandons la formation d'un front unitaire entre toutes les tendances politiques qui ont mené conjointement la grande campagne populaire face au TCE et aux défenseurs de l'Europe Libérale. Le peuple du non de gauche ne peut accepter l'idée qu'il ne sera pas représenté au prochain parlement européen alors que le non au TCE l'a emporté et que ce non était majoritairement un non de gauche !

Pour signer la pétition :

http://www.gaucherepublicaine.org/petition/index.php?petition=3&signe=oui


Premiers signataires (par ordre alphabétique):

Yamina ABED , Bernard ALBERICI (Enseignant- briey 54) , Jean-louis ALBIGES (Retraité médico-social) , Hocine ALI BENALI (Enseignant paris) , Jean-michel AMIOT , David AMMAR (Conseiller municipal -morsang-sur-orge (91)) , Alain ANTOINE (Retraité education nationle bonnieres sur seine) , Hakim ARABDIOU , Bruno ARFEUILLE , Bertrand AUCOUTURIER (Formateur 44) , Georges AUDRAS (Ingénieur, attac) , Thierry BARAS (Professeur) , Philippe BARBANCEY , Laure BARGUILLET , Philippe BARIOL (Délégué régional parti humaniste rhône alpes) , Pierre BARNOUX , Bernard BARON (Retraite de l'enseignement) , Robert BARRAUD (Enseignant 86) , Denise BARTHÉLEMY (Coordinatrice culturelle (13)) , Dominique BAUDOIN , Philippe BAYEUX (Retraité) , Jean-gwénolé BECAM (Retraité - paris) , Gérard BELET , Djamal BENMERAD (Ecrivain) , Michel BERNARD (Technicien sav) , Guy BERNARD (Cadre retraité 44) , Franck BERNARD (Militant socialiste et républicain 91) , Simone BERNILLON (Professeure) , Laurent BERNIS (Enseignant chartres) , Régis BESSE (Ingénieur, cergy) , Lorenzo BIAGI (Sculpteur bois) , Roger BLANCHARD (Retaité saujon) , Baptiste BLOCH , Chantal BOCHARD , Françoise BOISSÉ (Enseignante 40130 capbreton) , Jacques BOLIS (L'europe sera sociale ou n'existera plus) , Yvan BOMMART (64100 - bayonne) , Rémi BONATO (Retraité "&,chemin de la garrigue 3o34o saint privat des vieux) , Philippe BONATO (Directeur d'école laïque) , Alain BONET (Enseignant, yvelines) , Janine BOREL , Jean-claude BOTTERO (Agriculteur) , PascalPascale BRUN (Professeure paris) , Albert BRUN (Retraité air france 13 vitrolles) , Marie-claude BRUSSELLE , Chip BUCHHEIT (Historienne - strasbourg) , Ludovic BUFKENS (Ouvrier) , Marie-laure BURDIN (Loire atlantique) , Mireille CABANE (Retraitée ed.nat le rove) , Jean.paul CAGNE (Retraité en, caluire rhone) , Guillaume CAMPIONI (Chercheur, militant républicain laïque, paris) , Romain CAMPIONI (Homme au foyer, lambesc) , Jean-jacques CARLIER (Retraité de l'orientation) , Catherine CARLIER (Vendeuse) , Michel CARMONA (Militant associatif) , Derek CARVALHO (Aisne) , Nicole CASTERA (Retraitée) , Alain CAU (Retraité) , Lysiane CAVALLO (Enseignante 48) , Françoise CAZALS (Enseignante perpignan) , Luc CAZALS (Enseignant perpignan) , André CERUTTI (Retraité ayze 74) , Marie-christine CHAMBON (Yerres 91330) , Elsa CHAMBOREDON (Etudiante) , Mona CHANCHUS , Gaëlle CHARDON (Architecte dplg, saumur) , Charlery CHARLEC (Retraité dom) , Pierre CHAVANT (Retraité e.n. 69400) , Monique CHICOT (Retraitée) , Julien CHONÉ , Jeanpierre COISMAN (Enseignant retraitémeslin 22) , Huguette COISMAN (Enseignante meslin 22) , Alain COLBERT (Enseignant retaraité) , Denis COLLIN (Philosophe - animateur de "la sociale") , Josette COMBES (Isle sur sorgue (84)) , Hervé CONNANGLE (Enseignant contractuel) , Jean-marc CONSTANTIN , Claude COQUARD (Chercheur en histoire) , Martine COSTE , PascalPascaline DOCKX (Citoyenne) , Danielle DOELLO (Institutrice retraitée) , Jean-marc DOLLET (Médecin hospitalier (saint-dié-france)) , Patrice DOUILLARD , Jean louis DOULIERY (Ingénieur) , Frédéric DRESSLER (Colombes, france) , Renaud DUBULLE (Dijon) , Michel DUCHATELET (Cheminot 72 coulaines) , Michel DUCROT (Assistant d'éducation - champagnole) , Yvan DUPONT (Mars-gr 50100 cherbourg) , William DUPRÉ (Membre du parti humaniste) , Geraldine DUTHEIL (Chef d'entreprise) , Michel D'ALVERNY (Retraité) , Marie ESTRIPEAUT-BOURJAC (Enseignante) , Boris FAGES (Agent de production courrier la poste) , Renée FAVRO (Retraitée) , Anita FERNANDEZ (Cinéaste/paris) , Mickaëlla FERRAND , Annie FESTAS (Enseignante orange) , René FIORE (Cadre protection sociale, avignon) , Alain FRÉNOIS (Enseignant 02) , Patryck FROISSART (Proviseur à la réunion) , Claude GAMBIN (Agent e>df) , Georges GARIÉ (Retraité et maire) , Helene GASULLA (Enseignante) , Henri GASULLA (Retraité) , Christian GAUDRAY (Bordeaux) , Pierrre GAUTHIER (Professeur retraité) , Camille GAUTIER (Etudiante) , Marie-france GAUTIER (Créhen) , Nicolas GAVRILENKO (Président des "amis de respublica") , Serge GAZANHES , Claude GEBHARDT (Artiste) , Michèle GÉLENNE (Orthophoniste-psychologue) , Anna GENARD (Artiste textile) , Andre GENISSIEUX , Valerie GERARDIN (Professeur des ecoles) , Frederic GIBRAT (Grenoble) , Rémy GILLET-CHAULET (Principal de collège - 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LIENARD (Prêtre) , Alex LINGENHELD (Retraité education nationale drôme) , Marie LOHRER (Chargee de mission 33) , Jérôme LOPEZ (Graphiste) , Anne-marie LUSTIN (Bordeauxprof. retraitée) , Thierry MADEC (Sizun) , Françoise MAERTENS (Enseignante) , Pedro MAGALHÃES , Christian MAHIEU (Professeur) , Mickaël MAISTRE (Instituteur laïque (74)) , Martine MANGIONE (Infirmière) , Arno MANSOURI (Editeur, demi-lune, paris) , Rimsky MARCHAND (Agent edf) , Méryl MARCHETTI (écrivain) , Didier MARIN-MATHOLAZ (Enseignant) , Ricardo MARRO DAUZAT (Educateur le puy ste reparade) , Georges MARTEL (Retraité 19) , Thomas MARTI (Technicien) , Claude MARTIN (Enseignat 65) , Jacques MARTINEAU (Pessac 33600) , Michel MATHELIN (Retraité) , Martial MAUGER (Retraité fontenay sous bois 94120) , Michel MAUGET-GIRARD (Retraité 87350) , Pascal MAUGIS , Michel MAURIÈS , Odile MAURIN (Resp assoc défense droits handicapés et malades) , Andrée MEEHAN , Patrick MELLUL (Militant ps de sannois, val d'oise) , Jean MENVILLE (Mcf sc eco toulouse 3) , Philipe MEVELEC (Ingénieur tours) , François MEYNET (Instituteur) , Claire MICHARD , Brigitte MIGNOT (Professeur) , Jean-jacques MONOT (Ingénieur, prévessin-moëns) , Thierry MONTAGU (Ingenieur chercheur) , Bernard MOREAU , Jean-philippe MOREAU (Luisant 28) , Christian MORETTO (écrivain non ogm toulouse) , Catherine MOULIN , Henri MOULINIER (La rochelle) , Eric MOUVEAUX (Militant associatif, pcf, roubaix) , Clément MUSARD (Ingénieur arts-et-métiers, 77) , Pierre NAUDIN (Annonay) , Pierre NICOLAS (26 divajeu) , Jean-claude NICOLAY , Soizic NOEL (Ethnologue) , Vincent OLLINGER (Etudiant, nancy) , Azzedine OUMOUHAND (Journaliste) , Jean marie PARENT (Retraité educ nation) , Claude PATAUX (Enseignant retraité) , Michel PEDOUSSAUT (Enseignant chercheur nozay) , Michel &nicole PELISSIER (Libres penseurs 71) , Michel & nicole PELISSIER (Libres penseurs 71) , Pierre PEREZ (Artisan bâtiment retraité) , Marie PERRET , Erik PERRET , Franck PETIOT , Carmen PETIT (Enseignante, départ.du lot) , Louis PHILIPPE (Retraité) , J luc PIAU (Mécanicien aisne) , Simone PICART (Professeur retraité ardèche) , Jean michel PISANI (Gerant de societe) , Isabelle PISANI (Assistante sociale) , Philippe PLANTIER (Animateur saint - grégoire 35) , Edouard POCHARD (Retraité en bretagne) , Jean POMMIER (Ingénieur) , Serge POYROUX (Retraité, le croisic) , Francine PROTAT (Retraitée) , Pierre PRUNET (Enseignant, élu local rural) , Danielle PUTERO (83910) , Francine QUENET (Villeneuve/yonne) , Catherine QUIGNON (Comptable retraitée 44220) , Emile RABIN (Informatitien) , Pascale RAHVAR (Educatrice scolaire) , Pierre-jean RAUGEL (91) , Fabien REBIFFÉ , Jean francois REMOND (Saint omer) , Daniel RENE (Retraité, 72300 precigne) , Christian RENOU (Retraité) , Albert RICHEZ (Membre du conseil scoentifique d'attac) , André ROBETTE , Micheline ROBETTE , Josiane ROMERO (Retraitée journaliste. saint-etienne-du-rouvray) , Jean RONY , Huguette ROSELIER (Citoyenne retraitée) , Jean claude ROSELIER (Citoyen retraité 04300 st maime) , Liliane ROSSIGNOL (Retraitee paris) , Martine ROUJET , Hubert ROUSSEL , Roland ROUZEAU (Metz, professeur d'eps) , Thierry ROYER (Fonctionnaire en voie d'extinction) , Henri SABY , Jean-serge SAINT-AVIT (Père au foyer 64500 ciboure) , Bernard SARLANDIE (Conseiller municipal délégué aux relations internationales, 33185 le haillan) , Jean jacques SATRE (84) , Jean-louis SAUVAGE (Chatillon 92) , Jean-marc SEGAY (Technicien) , Jean-claude SOISSONS (02100 saint-quentin) , Alain SOLA (83130 la garde) , Danielle SOULARD , Claude STENGER (Alsace) , Jean-luc STRBA (Agent sncf sens 89100) , Hubert&henriette SUMIAN (Retraité métalurgie 13) , Pierre TAPIN (Retraité 37250 montbazon) , Bernard TEPER (Responsable associatif) , Thierry TERNISIEN D'OUVILLE (Citoyen, orléans) , Joanne TEXTORIS (Professeur d'anglais avignon) , Sylvie THIRARD (Magasinier des bibliothèques) , Claude THOMAS (Retraité ,arques la bataille) , Olivier THOMAS (Chef magasinier .morigny-champigny) , Marie-reine TILLON (Conseillère générale des côtes d'armor) , Alain TOLLARI (Elecricien-pierrevert 04860) , Francis TONIN (Retraite) , Nicole TONNEAU (Cinéaste - bruxelles) , Christian TOULLEC (éclairagiste) , Olivier TOURNIER (Enseignant et conseiller municipal st eutrope de born 47210) , Hugues TRACHET (Dessinateur dans l'industrie mécanique) , Catherine TROADEC (Sizun) , Annie TROADEC (Lesneven) , Yvon TROADEC (Retraite lesneven) , Demetrio TRUNFIO (Retraite) , Jimmy TUAL (Professeur d'histoire-géographie) , Patrice URVOY (Consultant lyon) , Jean-charles VALETTE (Ingénieur de recherches, inra, avignon) , Jo VARÉA (30560- st hilaire de brethmas) , Julie VERDIé (Professeur,montpellier) , Michel VERDIER (Granville) , Jean-charles VESCOVO (Président de prs bas-rhin) , Myriam VIDAL (Secrétaire, déléguée syndicale, présidente d'association) , Maryse VIDAL , Régine VILAIN (Assistante parlementaire paris) , Marc VILLARD (Retraité, adjoint maire mane) , Michel VITREBERT (Retraité ste marie-aux-mines) , Etienne VOGT (Ingénieur informaticien au cnrs) , Stéphane WOLF (Orthophoniste,dden90) , BOUALI , Odile BOUCHET , Huguette BOUCHET -KRAIEM (Française vivant au magreb en retraite) , Jean-paul BOUCHOUX (Professeur retraité) , René BOUGUES (Enseignant-chercheur) , Claudine BOUIN (Enseignante spécialisée 50) , Gilles BOULIN (Président du comité gavroche 22) , Yves BOUREILLE , Laurent BOUVIER (Professeur aubrives) , Hervé BOYER (Cadre de santé - 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samedi 28 juin 2008

Tunisie : répression accrue dans le bassin minier de Gafsa

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Alors que de nombreux touristes français et des milliers de Franco-Tunisiens s’apprêtent à traverser la Méditerranée pour aller bronzer tranquillement sur les plages de la “douce Tunisie”, manger du couscous à l’harissa, boire du thé à la menthe à Sidi Bou Saïd et respirer l’odeur du jasmin, le Général Ben Ali réprime dans le sang les “révoltes populaires” dans le Sud du pays et tout ça dans une quasi-indifférence de la communauté internationale en général et de la France en particulier.

Certes la Tunisie n’est ni le Tibet, ni le Darfour ni la Colombie d'Ingrid Betancourt mais il est néanmoins très choquant de voir cette i
ndignation sélective, d’autant plus, qu’après la mort le 6 juin dernier, du jeune Ben Ridha Bel Hafnaoui, au seuil de ses vingt ans, la répression continue dans le bassin minier à Redeyef…


La police tunisienne vient d’arrêter Adnane Hajji, syndicaliste et animateur du mouvement du bassin minier à Redeyef.

Sa femme, Jomâa Hajji, s'est déplacée au poste de police pour demander de ses nouvelles et lui apporter des médicaments car Adnane Hajji souffre d'une insuffisance rénale. Mais la police a nié son arrestation et refusé de lui remettre ses médicaments.

Plusieurs dizaines de syndicalistes et animateurs du mouvement à Redeyef sont également activement recherchés par la police.

Durant la nuit du 21 au 22 juin dernier, la police a effectué une descente au domicile du syndicaliste Béchir Labidi. Ce dernier n'étant pas chez lui, elle a arrêté son fils Ghassen pour l'interroger sur le lieu où pouvait se trouver son père. Il a été relâché après un tabassage en règle.

Le domicile de Tarek Hlaïmi a subi le même sort, la police a arrêté son frère puis l'a libéré.

Toujours au cours de la même nuit, des opérations similaires ont eu lieu aux domiciles de Adel Jayar, Taeïb Ben Othmane et d'autres syndicalistes et militants du mouvement.

Depuis la répression dans le sang du mouvement à Redeyef qui s'est soldée par un mort et 27 blessés, des arrestations et des enlèvements ont lieu quotidiennement. 21 personnes ont déjà comparu devant le juge d'instruction à Gafsa. Parmi elles se trouvaient des personnes dont on était sans nouvelles depuis plusieurs jours. C'est le cas du photographe Mahmoud Raddadi disparu depuis le 9 juin.

Par cette nouvelle vague d'arrestations, le pouvoir tunisien semble décidé à en finir avec le mouvement social du bassin minier à Redeyef qui s'est étendu récemment à Fériana, ville limitrophe de Kasserine.

Malgré la répression, le mouvement rencontre de plus en plus de soutien dans le pays. Une réunion publique a été organisée par le comité national de soutien à Tunis. Des rassemblements de syndicalistes ont eu lieu devant le siège de l'UGTT.

Des femmes de Redeyef ont tenté à plusieurs reprises de se rassembler, elles ont été dispersées par la police mais ont réussi finalement à se rassembler pour protester contre les forces de l'ordre.

Après les émeutes de la faim dans le sud du pays, après l’effondrement sans précédent de la classe moyenne, l’arrogante richesse des classes dirigeantes, la désespérance d’une jeunesse qui ne rêve que de partir, même sur le bateau de la mort, ces derniers épisodes montrent, si besoin était, que le système Ben Ali est avant tout un régime policier qui cherche à en finir par la force et par la répression avec un mouvement de lutte populaire qui témoigne des graves problèmes sociaux de la Tunisie comme des autres pays du Maghreb.

Depuis le coup d’Etat du 7 novembre 1987, promettant un processus démocratique et des réformes, s’est mis en place en fait inexorablement, sous le prétexte fallacieux de la lutte contre l’islamisme, un autre processus lent et insidieux de dictature maffieuse et policière de la pire espèce.

Ce système n’a pas simplement affaibli le système bancaire, ruiné d’honnêtes commerçants, bradé pour une bouchée de pain les entreprises nationales. Il a perturbé également l’image du travail en tant que valeur et gangrené deux systèmes qui faisaient la fierté des Tunisiens : le système de santé et surtout le système éducatif.

Et le soutien total apporté par Nicolas Sarkozy au général Ben Ali qu’il voit comme une pièce maîtresse dans son projet d’Union méditerranéenne, est aujourd’hui catastrophique pour le peuple tunisien et les pays du pourtour méditerranéen.


Le comité de Paris de soutien aux habitants du bassin minier de Gafsa :

- dénonce les arrestations et les procès visant à criminaliser les luttes pacifiques de ces populations pour leur droit au travail et à une vie meilleure.

- exige la libération immédiate de Adnane Hajji et de toutes les personnes emprisonnées pour leur participation au mouvement, et l'arrêt des poursuites contre tous les autres animateurs.

- appelle les organisations syndicales, politiques et associatives à accroître leur solidarité avec les luttes de la population du bassin minier en participant aux différentes initiatives qui seront organisées les 5 et 10 juillet à Paris.

Comité de Paris de soutien aux habitants du bassin minier de Gafsa

Courriel : bassin.minier@hotmail.fr

C/o FTCR, 3 rue de Nantes 75019 Paris


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mercredi 18 juin 2008

L'interminable combat de l'eau potable

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L’eau se situe aujourd’hui à la convergence d’enjeux économiques, sociaux, territoriaux et environnementaux qui sont indissociables. A l’échelle mondiale, la pénurie et la dégradation de la qualité de l’eau affectent plus de deux milliards d’êtres humains et provoquent plus de 30 000 morts chaque jour.

Si la France n’est pas touchée heureusement par ce désastre, le quasi-monopole exercé par quelques opérateurs privés depuis près d’un demi-siècle sur un service public essentiel est de plus en plus contesté en raison de dérives multiples.

Au problème de la surfacturation pratiquée la plupart du temps s’ajoute celui des gaspillages faramineux de l’eau dont la principale raison réside dans le manque d’entretien des réseaux, un manque d’entretien qui serait responsable de 50% de pertes d’eau dans certaines régions…


C’est en 1828 que les collectivités se sont vues attribuer la compétence d’assurer l’alimentation en eau. Auparavant, la France était gérée au niveau des districts, c’est à dire des cantons, avec des conseils de districts qui avaient tous les pouvoirs en matière de gestion de l’eau.

En 1848, Louis Philippe, voulant imposer une gestion industrielle, a scindé la France en 38 000 communes de plein exercice, que leur taille comme leur absence de maîtrise budgétaire allaient rendre vulnérable à nombre d’appétits.

Par un décret du 14 décembre 1853, la Générale des eaux fut portée sur les fonds baptismaux. Grâce à ses actionnaires, barons d’empire et autres banquiers, la Générale va obtenir très vite des concessions à Lyon, Nantes, Paris (1860), une partie de la banlieue parisienne (1869).

En 1880, La Lyonnaise est créée et va copier le modèle mis en place par la Générale.

Après la guerre 14-18, plusieurs autres entreprises vont connaître des faillites retentissantes suite à une inflation très forte car les contrats passés par ces entreprises ne comportaient pas de clauses de révision des prix. Dès lors nombre d’entreprises furent pour l’essentiel reprises par des collectivités.

Dans les années 30, la Générale et la Lyonnaise échapperont à la grande vague de nationalisations issue du programme du conseil national de la résistance, qui verra Marcel Paul, nationaliser l’électricité.

En 1954, on compte 9608 régies simples et 181 régies autonomes, pour 817 services concédés ou affermés, essentiellement dans les grandes villes, ce qui représente déjà 30% de la population desservie.

Dans les années 60, c’est l’époque de la reconstruction et de la grande saga gaullienne. Comme EDF va très vite devenir le plus important gestionnaire des ressources d’eau françaises, la nécessité de se doter d’une législation spécifique entraînera la promulgation de la première grande loi sur l’eau de 1964.

Aujourd’hui, la délégation du service public de l’eau (DSP) et de l’assainissement confiée à des entreprises privées a placé la France dans une situation singulière alors que moins de 10% seulement des services d’eau, dans le monde, sont confiées à des opérateurs privés.

Savoir comparer ce qui est comparable

Comparer le prix du m3 d’eau potable d’une collectivité à une autre est un véritable casse-tête car le prix est essentiellement fonction de la configuration géographique dans laquelle se situe la collectivité à desservir.

Dans le cas de la ville de Grenoble par exemple, l’agglomération est implantée dans une vallée et l’habitat y est resserré. La ville dispose en amont de sources importantes produisant une eau de grande qualité. Les frais consécutifs au traitement, au stockage et à l’acheminement de l’eau sont donc assez faibles pour chaque habitant.

Il en va différemment d’un service qui récupère l’eau brute en rivière pour la faire parvenir, par un système de pompes électriques multiples et de réservoirs à un ensemble de villages éloignés les uns des autres ou situés en altitude. Toujours rapporté au nombre d’habitants, les kilomètres de réseaux et d’équipements indispensables sont alors très coûteux.

Ce qui explique que le prix d’un m3 d’eau diffère fortement d’une collectivité à l’autre, même gérée de la même façon et il est très intéressant de connaître également, la répartition des divers montants qui constituent le prix final.

Tous les éléments détaillés concernant le coût du traitement, du renouvellement du réseau, des frais de personnel, de la facturation et du bénéfice encaissé par la société privée, lorsqu’il y a affermage, permettent alors de comparer utilement les différents systèmes de gestion. Si l’on examine attentivement les moyennes nationales de ces divers coûts, c’est l’eau en régie qui est la moins chère, environ 25% de mois que coût de l’eau en affermage.

Un autre élément important mais méconnu est celui des pertes d’eau sur les différents réseaux. Selon la vétusté du réseau, les pannes et les casses sont plus ou moins fréquentes et chaque année, les collectivités doivent procéder en général au nettoyage complet des réservoirs ou rincer abondamment les conduites lors des travaux de remplacement des réseaux.

Le combat exemplaire du collectif de l’eau du Vaucluse

Tout a commencé sous la municipalité Jean-Pierre Roux (UMP) de 1983 à 1989 avec la privatisation du service de l’eau. Jusque là gérée en régie municipale, l’exploitation du service de l’eau rapportait 7 millions de francs chaque année, sans faire de vagues particulières.

Depuis cette époque et au fil de quatre mandats municipaux successifs de droite ou de gauche, l’Union fédérale des consommateurs de Vaucluse n’a cessé de contester les factures d’eau, leur augmentation, modulation, application devant les tribunaux avec l’espoir de voir un jour revenir le service de l’eau en régie municipale.

En 1994, la société avignon