30 septembre 2014

On veut brûler les forêts françaises à la centrale de Meyreuil en Provence !

Depuis octobre 2013, la contestation contre le projet de méga-centrale électrique à biomasse, près de Gardanne (Bouches-du-Rhône), ne cesse de s’étendre en Provence. 

Après avoir été approuvé par le gouvernement de Nicolas Sarkozy deux ans auparavant, les habitants et les élus locaux ont appris que leur territoire avait été désigné zone d’approvisionnement prioritaire pour du bois forestier par l’entreprise allemande E.On… 


Ce projet vise à convertir la tranche 4 de la centrale située à Meyreuil (à proximité de Gardanne) fonctionnant au charbon et au coke de pétrole pour une puissance électrique de 250 mégawatts (MW), en une unité de production utilisant la biomasse pour une puissance électrique de 150 MW. La société E.On annonce le démarrage de l'exploitation pour le début 2015.

Une aberration écologique et 1,4 milliard d’euros pour les contribuables…

Le 3ème groupe mondial du secteur de la distribution d’énergie y brûlerait 855.000 tonnes de bois par an, pour moitié en provenance des forêts du sud de la France, le reste étant importé, principalement des forêts anciennes du Canada et des États-Unis.

La conséquence prévisible sera une surexploitation des forêts les plus accessibles avec recours aux coupes rases et à la destruction d’habitats naturels. Les coupes de bois, notamment dans les Cévennes, augmentera encore les risques de ruissellement des eaux vers les départements du Gard et de l'Hérault qui sont déjà durement touchés ces temps-ci par des inondations importantes.   

Le projet nécessitera en effet 2.800 tonnes de bois par jour, soit un camion toutes les deux minutes (selon la commission biomasse de l’Assemblée Nationale). La future centrale brûlera aussi des bois de récupération pollués à hauteur de 11% !

La centrale existante au charbon de bois aurait dû être arrêtée selon les lois européennes mais il lui est possible de continuer partiellement son activité. Suite à sa conversion à la biomasse, la nouvelle centrale consommera pourtant plus de charbon de bois (13% du combustible total) que l’actuelle fonctionnant en sous-régime.

Autre aberration : avec un rendement énergétique de 35%, deux-tiers des arbres seront tout simplement brûlés pour rien. Cela veut dire que deux arbres sur trois brûlés chaufferont le ciel et les petites oiseaux et un seul produira de l’électricité !

De plus, une telle méga-centrale mettrait en danger l’ensemble de la filière bois locale et détruirait plus d’emplois qu’elle n’en créerait. Pourtant, l’Etat français a décidé en 2011 de subventionner la société E.On à hauteur de 70 millions € par an pendant 20 ans, soit 1,4 milliard € au total, l’argent devant être collecté discrètement par le biais des factures d’électricité...

Sur place, une grande coalition composée de militants écologistes, de citoyens, d’administrations et d’élus s’est formée afin de protéger les forêts et la biodiversité de la région, préserver la santé de la population locale dans une ville déjà très polluée et empêcher le gaspillage de l’argent public…


---> Grand rassemblement le dimanche 5 Octobre à 10h30 sur la place de la Mairie à Gardanne



A Mme Ségolène Royal, Ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, 
A Directoire d’E.On,


Madame la Ministre, 
Madame, Monsieur,


Le groupe allemand de distribution d’énergie E.On veut convertir la centrale à charbon de bois Provence 4 à la biomasse. En brûlant près d’un million de tonnes de bois chaque année, la centrale d’E.On serait une menace pour les forêts et pour la biodiversité de la région, mais aussi pour celles du Canada et des États-Unis.

En sus de la destruction des forêts du sud de la France, le projet de méga-centrale à biomasse d’E.On menace de nombreux emplois dans les filières du bois, de l’énergie et du tourisme dans ces régions. Et tout cela pour un bilan carbone pire que celui de la centrale précédente au charbon !

Je demande aux autorités françaises, et en premier lieu à la Ministre de l’Écologie Ségolène Royal, de retirer l'autorisation d'exploitation donnée à E.On et d’allouer les importants fonds publics qui lui sont incompréhensiblement destinés au soutien de projets énergétiques territoriaux lancés après une vaste consultation des citoyens.

Je demande au directoire d’E.On d’abandonner le projet néfaste et dispendieux de centrale à biomasse de Gardanne.

Je vous prie de croire, Madame la Ministre, Madame, Monsieur, à l'assurance de ma considération et de ma vigilance citoyenne.


Albert Ricchi




> Signer la pétition ICI



21 septembre 2014

Retour de Nicolas Sarkozy : à l’UMP, les convictions, c’est beau !

Nicolas Sarkozy a fini par mettre fin au suspense de son retour en politique par un message de trois pages sur Facebook qui confirme sa candidature à la présidence de l’UMP.

Depuis plusieurs semaines, c’était un secret de polichinelle et les partisans hier du droit d’inventaire sont devenus subitement des béni-oui-oui aujourd’hui…



Le retournement de veste chez certains dirigeants ou élus de l’UMP est tout à fait spectaculaire si l’on en juge par leurs déclarations passées mais néanmoins récentes et celles d’aujourd’hui. Quelques exemples parmi les plus croustillants...

Xavier Bertrand

Député de la deuxième circonscription de l'Aisne, maire de Saint-Quentin depuis octobre 2010. Secrétaire général de l'UMP (de 2008 à 2010) et ministre de la Santé du gouvernement Dominique de Villepin (2005-2007) puis ministre du Travail des 3 gouvernements Fillon (2007-2012).

Chantre du fameux droit d’inventaire, Xavier Bertrand tirait au canon dans le JDD du 22 juin 2014 : « La rupture, c’était déjà la promesse de 2007… la politique menée n’a pas été à la hauteur de l’exigence de vérité et de résultat. »

Mais le 17 août, le très remonté Xavier revient à de meilleurs sentiments dans Corse-Matin : « Je n’ai aucun adversaire au sein de ma famille politique. Le seul à qui je m’oppose, c’est François Hollande. » !

Christian Estrosi

Député des Alpes-Maritimes, maire UMP de Nice, président de la métropole Nice Côte d'Azur. Ancien président du conseil général des Alpes-Maritimes, plusieurs fois membre de gouvernements.

Christian Estrosi encore candidat à la présidence de l’UMP déclarait à propos de Nicolas Sarkozy, au début de l’été, le 28 juin 2014, à Nice-Matin : « Je n’ai pas le sentiment, lorsque j’entends quelques-uns de ses commentaires, qu’il soit déterminé à laisser de côté le mode de gouvernance qui était le sien ».

Le 7 septembre, changement de pied au campus des Jeunes populaires : «  Ce matin, j’appelle ici, à Nice Nicolas Sarkozy pour qu’il reprenne la direction de notre mouvement. Je serai à ses côtés parce que j’ai la conviction qu’il peut mieux qui quiconque incarner nos idées ! »

Jean-Pierre Raffarin

Sénateur de la Vienne. Ancien Premier ministre de 2002 à 2005 sous la présidence de Jacques Chirac, ancien Président du Conseil régional de Poitou-Charentes de 1988 à 2002.

En 2014, après la démission de Jean-François Copé, mis en cause dans l’affaire Bygmalion, il est chargé, avec les anciens Premiers ministres Alain Juppé et François Fillon, de diriger, à titre provisoire, l'UMP jusqu'à la désignation, par les militants du parti, d'un nouveau président.

Celui-ci déclarait sur France-inter le 17 juin 2014 qu’il n’aimait : « pas beaucoup le culte du héros permanent et du superman qui va nous sauver »

Mais le 7 septembre chez Christian Estrosi, au campus des Jeunes populaires, virage à 180 degrés : «  Nos adversaires ne sont pas favorables à la candidature de Nicolas Sarkozy  ? C’est plutôt un bon signe qu’ils la craignent ! »

Laurent Wauquiez

Député de la Haute-Loire en remplacement de Jacques Barrot dont il était le suppléant. Ancien  ministre chargé des Affaires européennes en 2010, puis ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche en 2011.

Il y a moins d’un an, dans le journal Sud-Ouest du 6 décembre 2013, Laurent Wauquiez rayait d’une plume Nicolas Sarkozy de la carte : « Je suis convaincu que 2017 ne peut être la revanche de 2012. On ne peut revenir au pouvoir pour refaire la même chose. »

Mais dans Le Monde du 11 septembre, cela est devenu : « Je souhaite la candidature de Nicolas Sarkozy : son autorité et son énergie apporteront le nouvel élan dont on a besoin avec un cap clair. »  

Et puis, il y a quelques autres : 

François Baroin
Député de la troisième circonscription de l'Aube. Ancien ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie à la suite de la nomination de Christine Lagarde à la direction générale du FMI.

Cet ex-chiraquien historique et ex-filloniste, apportera « naturellement son soutien à Nicolas Sarkozy »

Nathalie Kosciusko-Morizet 
Députée de la quatrième circonscription de l'Essonne. Ancienne ministre de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement. Porte-parole de Nicolas Sarkozy lors de l’élection présidentielle de 2012.

NKM qui fustigeait hier la dérive extrême-droitière de l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle, frétille de nouveau sur RTL le 7 septembre : « Quand on est à la guerre, on a besoin d’un général, et Nicolas Sarkozy peut être cette incarnation forte de l’opposition dont on a besoin. »

Domique de Villepin
Descendu rapidement de son croc de boucher, il dit sur BFM le 12 septembre dernier : « Oui, Nicolas Sarkozy a changé. Je veux le croire. Il a tiré les leçons de l’expérience du pouvoir. »

De tels retournements de veste font froid dans le dos quand on imagine un possible retour au pouvoir de ces gens là. Cela décrédibilise un peu plus l’UMP mais aussi et surtout la classe politique en général.

Nicolas Sarkozy, le retour 2, ne fera sans doute pas oublier son lourd bilan 2007-2012, notamment les 600 milliards d'euros de dette supplémentaire ou les sept affaires judiciaires en instance le concernant. Le bilan de François Hollande, au bout de 2 ans et demi, n'étant pas très brillant lui aussi, Marine Le Pen peut voir l'avenir en rose...