14 décembre 2015

Le flop de la COP 21

La Conférence de Paris de 2015 sur le climat a eu lieu du 30 novembre au 12 décembre 2015 au Bourget en France
A l'heure où le climat de la planète est en train de changer, on attendait de la COP 21 qu’elle prenne des décisions courageuses et visionnaires. 

Mais à l’État d’urgence climatique, l’accord de Paris oppose un bricolage constitué de la somme des égoïsmes nationaux, aussi bien en matière de financements que d’objectifs de réduction des émissions…



L’accord de Paris intervenu à la fin de la COP 21 est présenté comme un succès par François Hollande et Laurent Fabius mais il sape en réalité les droits des communautés les plus vulnérables de la planète et ne comprend à peu près rien de contraignant qui garantisse un climat sain et vivable pour les générations futures.

Il y a des années, les États-Unis avaient fait du Protocole de Kyoto un accord inefficace. L’histoire se répète malheureusement à Paris, puisque les États-Unis, avec le soutien de l’UE et des autres pays riches, ont veillé à ce que les parties les plus importantes du traité soient dépouillées et édulcorées au point d’en devenir absurdes.  

Car il ne faut pas oublier l’essentiel : l’accord de Paris entérine un réchauffement climatique supérieur à 3°C, sans se doter des dispositifs pour revenir sur une trajectoire inférieure à 1,5°C ou même 2°C.

François Hollande souhaitait qu’on se souvienne de la COP 21 comme du moment déclenchant une « révolution climatique ». Par bien des points, l’accord de Paris tranche en faveur des options les plus conservatrices et les moins ambitieuses qui étaient présentes dans le texte de négociation. Il ne valide qu’une une chose positive : les 195 États de la planète sont d’accord pour maintenir un cadre international et multilatéral de gouvernance du climat pour véritablement changer la donne.

L’accord de Paris est-il ambitieux ?

En entérinant des contributions nationales (INDCs) qui conduisent vers un réchauffement supérieur à 3°C, la COP 21 se montre incapable de désamorcer la bombe climatique.

L’objectif d’1,5°C, qui n’est pas un objectif contraignant, ne saurait masquer l’absence d’engagements chiffrés de réduction d’émissions de GES pour les années à venir (art. 2)

Aucune date n’est mentionnée pour le pic des émissions et l’objectif de long terme, attendu pour 2050, ne concerne que la seconde partie du siècle. La formulation de l’objectif de long terme ouvre la porte à l’utilisation massive de techniques inappropriées telles que le stockage et la séquestration du carbone, la compensation carbone et la géo ingénierie.

Sans feuille de route clairement établie, sans mention des points de passage en 2020 et 2050 fixés par le GIEC pour revenir sur une trajectoire inférieure à 2°C, l’accord de Paris met en danger le simple droit à vivre de nombreuses populations à travers la planète.

L’accord de Paris est-il doté des moyens suffisants ?

Absence des 100 milliards de dollars comme plancher de financement dans l’accord de Paris, plancher renvoyé dans le texte de décision de la COP 21 et donc soumis à de nouveaux arbitrages futurs, sans force contraignante et sans amélioration par rapport à Copenhague.

Manque de transparence et de prévisibilité des financements pour l’après 2020 : aucune mention des termes « nouveaux » et « additionnels » pour évoquer les financements futurs, pas plus que les termes « adéquats » et « prévisibles ».

Après 25 ans de négociation, et alors qu’ils n’ont jamais débloqué les financements nécessaires, les pays riches historiquement responsables du réchauffement climatique tentent ainsi de se dédouaner de leurs responsabilités !

L’accord de Paris fait-il œuvre de « justice climatique » ?

Suppression des références aux droits humains et des populations indigènes, références renvoyées dans les préambules.

Très net affaiblissement du mécanisme de « Pertes et dommages » puisque tout ce qui concerne les responsabilités juridiques est retiré de cet l’accord. L’affaiblissement du mécanisme de pertes et dommages sonne comme un aveu de culpabilité des pays responsables du dérèglement climatique.

L’accord de Paris est-il universel ?

Les secteurs de l’aviation civile et du transport maritime, près de 10 % des émissions mondiales sont exemptés de tout objectif.

De nombreuses contributions des États, notamment des pays les plus démunis, dépendent de financements additionnels pour mener à bien leur transition énergétique et politiques d’adaptation. Ces financements ne sont pas là et ne sont pas garantis pour le futur. 

L’Accord de Paris ne se donne pas les moyens d’être universel et refuse de s’attaquer à la machine à réchauffer la planète que constitue la globalisation économique et financière. 

L’accord de Paris est-il juridiquement contraignant ? 

L’accord ne transforme par les INDCs en des engagements contraignants et les mécanismes de révision des engagements sont faiblement contraignants.

Aucun mécanisme de sanction n’est mis en œuvre pour sanctionner les États qui ne mèneraient pas à bien leurs engagements ou qui refuseraient de revoir à la hausse leur ambition. Alors que les accords de libéralisation du commerce et de l’investissement sanctionnent les pays lorsqu’ils ne respectent pas les règles établies, encore rien de tel en termes de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. 

L’accord de Paris est-il dynamique ? 

Il sera impossible de rajouter dans les années futures tout ce qui n’est pas dans le texte de l’accord de Paris (100 milliards de dollars comme plancher…)

Des inventaires (stocktaking) sont prévus tous les 5 ans, mais la mise en œuvre des révisions à la hausse reste dépendante de l’interprétation du texte et de la bonne volonté des États. 

L’accord de Paris est-il différencié ? 

Avec la mise en œuvre des INDCs, les États ont accepté à Lima une autodifférenciation en matière de réduction d’émissions de GES : chaque pays met sur la table ce qu’il souhaite.

En matière de financements, alors que la Convention cadre prévoit que les pays historiquement les plus émetteurs débloquent les financements nécessaires à l’adaptation et la mitigation des pays qui en ont besoin, les États-Unis et leurs alliés ont essayé de poursuivre leur œuvre de démolition des principes de la Convention. 

L’accord de Paris est-il équilibré ? 

Aucun mécanisme clairement défini pour faciliter le transfert des technologies, notamment pour lever les barrières à l’accès générées par les droits de propriété intellectuelle.

Possibilité est laissée aux pays, notamment les plus émetteurs, d’utiliser des mécanismes de compensation carbone pour atteindre leurs objectifs, au détriment d’une réduction domestique des émissions.

Maintien de la référence à « la croissance économique » (art. 10)

Ce très pâle accord reflète donc l’impuissance des gouvernements à s’attaquer aux causes réelles des dérèglements climatiques. Rien d’étonnant : l’avidité des multinationales, les énergies fossiles et l’obsession de la croissance sont considérées comme des données intouchables.

Mais il devient urgent que les règles et principes d’organisation de l’économie mondiale et du commerce international soient soumises à l’objectif climatique. Plus que jamais, il convient de multiplier les initiatives et les alternatives venant du terrain pour sauver le climat et développer des modes de vie socialement justes et écologiquement acceptables… 

 

Photo Creative commons par Yahoo Images


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6 commentaires:

M de Sourcessure a dit…


En fait, il ne s’agit pas d’un accord, mais d’une déclaration d’intentions. Un accord est un contrat qui comporte des conditions, des contre-partie et des pénalités en cas de défaillance. Dans le texte concerné, non seulement rien n’est contraignant, mais de plus, l’article 28 permet à tous les signataires de se retirer au bout de trois ans, ce qui revient à ne pas signer :



Article 28

« À l’expiration d’un délai de trois ans à compter de la date d’entrée en vigueur du présent Accord à l’égard d’une Partie, cette Partie peut, à tout moment, le dénoncer par notification écrite adressée au Dépositaire. »


Dans trois ans, on verra bien qui dénoncera cette déclaration d’intentions.

christophe nicolas a dit…

Il faut tout de même rappeler que les moyennes des températures de l’atmosphère, là où l’effet de serre est censé produire son effet, ne sont plus en augmentation depuis 20 ans, comme l’a souligné John Christy devant la chambre US contre l’avis des conseillers de la maison blanche.



Résumons la théorie de d’Henrik Svensmark : l’activité solaire baisse, son champ magnétique baisse, il arrive donc beaucoup d’astroparticules qui fabriquent des nuages qui favorisent l’albédo ce qui fait baisser la température. La quantité est piloté par l’activité du soleil tandis que le champ magnétique terrestre les canalise vers les pôles magnétiques.



La théorie de Svensmark n’est pas prouvée mais c’est une cause externe, c’est donc plus sérieux. Il a un souci de corrélation depuis 2005 parce que le pole nord magnétique bouge et qu’il est idéalement positionné en ce moment sur le pôle géographique. Tout le monde sait que l’air froid est plus sec tandis que la glace libère peu de vapeur d’eau, Jean-Louis Etienne explique bien tout cela sur son site. Le mécanisme de fabrication des nuages est donc ralenti si le pole nord magnétique est juste au dessus du pole géographique donc Henrik Svensmark doit intégrer ce phénomène à son modèle et ça roulera pour lui.




Dans 10 ans le pole nord magnétique sera en limite de banquise en été du coté de la sibérie, tous les paramètres seront dans le rouge pour un refroidissement, les étés seront pourris surtout du coté Chinois puisque les vents vont vers l’est.



Vue la position géographique des deux pôles et leur évolution, étant donné le phénomène el nino, étant donné l’activité du soleil, voici le bulletin météo planétaire qui n’est pas au mois près à cause de l’inertie et des phénomènes régulateurs :- 2016 : clément
- 2017 : frais,
- 2018 -19 : grand frais
- 2020 -24 : redoux
- 2025 : fin définitive du redoux
- 2030 : refroidissement généralisé des étés, début d’une petite ère froide. Après avoir mis COP21 à la poubelle en 2017, il restera 7 ans pour prévoir des stocks alimentaires et un éventuel protocole d’aide alimentaire des pays du sud vers les pays nordiques pour 2030

JL a dit…

On remarquera que c’est aux États que l’on demande de s’engager à prendre des mesures pour ne pas polluer alors que ce sont les entreprises qui polluent.


Cette façon de faire n’est pas une erreur, elle est diabolique, et c’est ce que j’ai essayé d’expliquer dans mon article récent : TAFTA+COP21, le marteau et l’enclume

Daniel Roux a dit…


Daniel Roux 17 décembre 13:01


Il paraît que seuls les espèces qui s’adaptent survivent. Hélas, les consciences des hommes évoluent plus lentement que le climat qu’ils dérèglent.

Un accord qui n’est pas contraignant n’engage personne en réalité. Sur la base de la bonne volonté et du volontariat... Ah ! Ah !..

Les comiques arrêteront de faire de la politique quand les politiciens arrêteront de nous faire rire.

En attendant, quelques milliards de pauvres et de malchanceux vont griller ou tenter de migrer.

La communication remplace l’information. Les financiers remplacent les journalistes. Le mensonge remplace la vérité qui dérange.

Que dit madame météo ? Bonne nouvelle ! Le week-end sera doux. Les températures sont 7° au-dessus des normales et il ne pleuvra pas.

Comme quoi, l’inconscience des uns.. font le malheur des autres.

Astus a dit…

Le climat a toujours eu pour caractéristique de changer constamment depuis toujours. Durant l’hiver 1788 la Seine est resté gelée deux mois durant, et les mauvaise récoltes suivantes furent une des causes de la Révolution Française. En revanche les Vikings ont bénéficié au Moyen Âge de températures très chaudes pour découvrir le Groenland (le vert pays).

Je ne nie pas qu’actuellement la température moyenne semble en hausse sur une grande partie de la planète mais penser que l’on peut réguler celle-ci comme si l’on agissait sur le thermostat de son radiateur pour faire varier celle-ci de quelques degrés n’est qu’une croyance, qui comme toutes les croyances, religieuses ou scientifiques, est fausse.

Mohammed MADJOUR a dit…

La France a fait marché le monde, les milliardaires apatrides qui gèrent l’Empire financier mondial se réjouissent mais et les populaces payeront les conséquences des crises nationales et de la crise mondiale !




La pollution des esprits et de la Nature a de l’avenir !