8 février 2010

Une peau fraîche et hydratée avec Ahava… Non merci !

Lyse R
Modèle Lyse R.
La campagne internationale de boycott des produits de beauté Ahava s’est développée ces derniers mois aux Etats-Unis, Canada, Royaume-Uni, Irlande, Pays-Bas et même en Israël en raison de la complicité de cette société avec l’occupation israélienne des territoires palestiniens.

La campagne Beauté Volée est organisée par le mouvement pacifiste Codepink, à travers tous les Etats-Unis grâce aux "brigades Bikini" et des actions associées ont lieu notamment à Londres, Paris, Vienne, Montréal et Amsterdam…


Les laboratoires Ahava sont une entreprise israélienne de produits de beauté fabriqués à partir de minéraux et de boue de la Mer Morte. L’usine principale est située dans la colonie israélienne de Mitzpe Shalem en Cisjordanie occupée.

37% des actions de l’entreprise sont aux mains de la colonie du kibboutz Mitzpe Shalem, 37% sont détenus par Hamashbir Holdings (fonds d’investissement de B. Gaon Holdings et de la famille Livnat), 18% sont la propriété de Shamrock Holdings (fonds d’investissement de la famille Roy E. Disney) et 7% reviennent à la colonie du kibboutz Kalia en Cisjordanie.

Les colonies de Mitzpe Shalem et de Kalia sont des coopératives possédées par les colons qui y vivent et possèdent ensemble 44% d’Ahava. Ces deux colonies sont à l’intérieur du territoire palestinien, respectivement à environ 9 et 30 kilomètres de la ligne verte. Les bénéfices d’Ahava subventionnent donc ces colonies illégales et leurs habitants.

Quelle que soit sa nationalité, quiconque peut installer une usine dans n’importe quel pays, mais il doit généralement payer des impôts au gouvernement local et respecter les lois. L’usine Ahava est dans le territoire palestinien occupé mais elle ne paye pas d’impôts à l’Autorité palestinienne et n’a pas obtenu de permis d’exploitation auprès de ladite Autorité.

Non seulement elle profite de l’occupation en implantant son usine et ses magasins principaux dans une colonie israélienne illégale mais elle incorpore de plus dans ses produits de la boue de la Mer Morte excavée dans une zone occupée, dont elle exploite les ressources naturelles à des fins commerciales. La boue qui est employée dans les produits Ahava est prise sur un site, à côté de la colonie de Kalia.

Or ce «pillage» est illégal en vertu du droit humanitaire international, notamment l’article 49 de la Quatrième Convention de Genève : “ « La Puissance occupante ne pourra procéder à la déportation ou au transfert d’une partie de sa propre population civile dans le territoire occupé par elle ».

Les produits d’Ahava sont étiquetés «fabriqué en Israël» mais selon ce droit international et les résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU, la Cisjordanie ne peut pas être considérée comme faisant partie de l’État d’Israël. Et à cause de cet étiquetage trompeur, il est difficile aux consommateurs d’identifier la source réelle des produits achetés. Beaucoup de consommateurs qui achètent un produit israélien, ne les achèterait pas s'ils savaient qu’il a été fabriqué dans les colonies israéliennes illégales de Cisjordanie.

Aux Pays-Bas, le parlementaire Van Bommel, s'est déclaré favorable à des initiatives dans les autres pays de l’Union européenne pour que le problème soit soulevé dans leur parlement.

En Israël , le groupe pacifiste Gush Shalom a envoyé une lettre ouverte à la direction d’Ahava, pressant la société à transférer ses fabrications hors des Territoires palestiniens occupés. Gush Shalom déclarait : «Votre décision de vous implanter en territoire occupé et de faire usage de ressources naturelles qui n’appartiennent pas à Israël fut un pari erroné qui a déjà nuit à vos intérêts et qui pourrait même leur nuire encore davantage. Tôt ou tard, vous devrez quitter ce lieu préjudiciable et illégal et le plus tôt sera le mieux ».

La ministre palestinienne au Tourisme, Khouloud Daibes, a manifesté son désaccord avec les pratiques d’Ahava en Cisjordanie. Pour protester contre l’ambition d’Israël de proposer la Mer morte comme Septième Merveille naturelle du monde, la ministre est intervenue auprès de son homologue israélien pour exprimer son opposition à la «promotion de la Mer morte dans la compétition, à côté de produits comme ceux d’Ahava qui sont fabriqués illégalement dans une colonie israélienne sur les terres palestiniennes occupées ».

Cette campagne internationale de boycott des produits de beauté Ahava pourrait être considérée comme une question secondaire mais elle est importante en tant qu’exemple d’entraves israéliennes à la réalisation économique d’un Etat palestinien. 


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2 commentaires:

sauveur a dit…

Le principal problème au Moyen-Orient, c'est le sionisme !

Boycottons tous les produits israéliens et surtout ceux provenant des colonies établies sur une terre volée aux Palestiniens !

julien a dit…

C'est bien gentil tout ça mais si l'on commence à boycotter des produits, on a pas fini car les pays qui n'ont pas les mains propres, il y en a un paquet...