18 juin 2012

Non à l’implantation d’une étable industrielle et d’un méthaniseur hors normes dans la Somme !

La méthanisation est le processus naturel biologique de dégradation de la matière organique en absence d'oxygène (anaérobie)
Depuis quelques mois, à Drucat et Buigny-Saint-Maclou, deux communes à 4 km d'Abbeville dans la Somme, un entrepreneur de BTP envisage d'implanter une étable de 1000 vaches laitières et 750 veaux ainsi qu’un méthaniseur hors normes afin de produire du biogaz, ensuite transformé en électricité, à partir des entrants multiples  en décomposition biologique.

Un projet à des fins purement financières, jamais vu en France et qui présente de nombreux risques pour la santé !


Une course effrénée à la productivité intensive s’est engagée avec ce projet d’étable industrielle et de méthaniseur émanant du groupe de BTP Ramery. Prétendument agricole malgré sa taille, ce méthaniseur sera exempté des normes de sécurité industrielle. 

Les entrants multiples (lisier, boues de station d’épuration urbaines, déchets alimentaires et organiques) seront récoltés dans un rayon de 110 km et il faudra 2700 hectares pour épandre les 40 000 tonnes annuelles de boues résiduelles. Avec un tel épandange, c'est risquer un air vicié, des cultures impropres à la consommation et des infiltrations dans les nappes phréatiques. 

La loi autorise bien de classer un méthaniseur comme exploitation agricole avec des avantages au niveau fiscal, du prix de vente du KW et des subventions. En 2011, 82 demandes d’exploitation ont été déposées pour 10 MW au total, soit une moyenne de 0,12 MW par méthaniseur d’après le Ministère de l'Agriculture mais le projet de M. Ramery est annoncé pour une puissance de 1,5MW, soit près de treize fois plus !

Des risques graves pour l’environnement et la santé 


Concernant le risque sanitaire pesant sur la population locale, aucune étude n’a été effectuée ni en France ni en Europe d’après l’INERIS (Institut national de l'environnement industriel et des risques) pour la simple raison que ce projet est inédit. 

Les rejets de ce méthaniseur sont bien déclarés «acceptables en termes toxiques et cancérigènes» mais il y aura dans cette concentration animale, épidémies, abattages en masse, mutation incontrôlable de virus, utilisation d'antibiotiques augmentant l' «antibio-résistance». 

Les risques concernant l’eau sont par ailleurs immenses au regard à la taille de l’usine, à la quantité importante des déchets produits et à la pollution potentielle du sol. 

Outre les odeurs probables, la production de gaz ammoniaque provoque en outre des irritations respiratoires et participe à la production de pluies acides.

Concernant le bruit, le promoteur n’est pas en mesure de donner une estimation des niveaux sonores du méthaniseur. Il ne donne que les chiffres de l'état initial du site déjà très élevés (65db le jour et 59db la nuit). Aucun vrai chiffrage de l'installation n'est donné alors que la loi l'exige. Notons qu’en Espagne par exemple la loi impose pour un méthaniseur de plus de 1 MW une distance minimum de 2 kms avec la première habitation. Or, celui-ci ne sera qu’à 600m des premières habitations !

Certains épandages étant prévus jusqu’à 40 km du site, c’est un nombre impressionnant de véhicules agricoles qui vont devoir s’insérer dans le flot déjà important de 7200 véhicules / jour de la D928. Les véhicules lourds, lents et boueux dans la circulation multiplieront les risques d'accidents et les routes vont se dégrader, ce qui entraînera des frais d’entretien des chaussées élevés pour la collectivité et des dépenses d’énergie accrues. 

Un mépris total pour le bien-être animal


Les bêtes enfermées, au régime alimentaire modifié pour produire au maximum, donneront lait puis viande de piètre qualité. Pour les nourrir artificiellement, au lieu des pâtures favorables à leur bien-être et à leur bon équilibre général, il faudra des aliments importés et/ou poussant avec engrais chimiques et pesticides.

Une production intensive de lait conduit la vache à manger davantage et à pousser son système digestif à ses limites. Cela conduit à des problèmes digestifs, une fermentation excessive dans le rumen, provoque des cas de fourbure et augmente les taux d’abattage de troupeaux. 

La sélection génétique de vaches à haut rendement est le facteur principal des problèmes de santé des vaches laitières, notamment concernant la fertilité, les problèmes digestifs, les maladies infectieuses, particulièrement la mastite.

Les risques concernant la tuberculose sont particulièrement élevés au vu de la taille et des conditions imposées par le projet. Récemment, 225 bovins ont été abattus à Hornoy le Bourg suite à une épidémie de tuberculose bovine. 

L'Allemagne donnée comme modèle par le promoteur connaît actuellement un nouveau scandale sanitaire. Le virus Schmallenberg, qui porte le nom de la ville allemande où il a été détecté pour la première fois en novembre 2011, touche 51 exploitations en Allemagne, principalement dans le Land de Rhénanie du Nord-Westphalie, selon l'Institut Friedrich-Loeffler ! 

Enfin, l’article 13 du Traité de Lisbonne (TFEU 2007) demande aux membres de l’union européenne de prendre en totale considération le bien-être animal dans l’agriculture reconnaissant les animaux comme des êtres sensibles dont les besoins doivent être respectés. On n'a pas le droit d'entreprendre n'importe où, n'importe comment, et à n'importe quel prix ! Chacun souhaite un avenir plus respectueux de la Nature et des hommes.

Le site est proche de la Baie de somme et du site Natura 2000 qui ont une vocation touristique évidente.  En Baie de Somme, on peut craindre également des algues vertes, comme en Bretagne. De plus, M. Ramery qui rachète les terres dans la région, va accélérer la disparition des exploitations agricoles en empêchant les jeunes agriculteurs de s'installer. 

La décision d'autoriser ce projet est maintenant entre les mains du Préfet de la Somme… 


> Signer la pétition ICI

 
 
Photo Creative Commons par Yahoo Images


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1 commentaire:

Jean-Marie Mathé a dit…

LES “DANGERS” DE L’ENERGIE VERTE : LA METHANISATION AGRICOLE.

Depuis Fukushima, sortir ou pas du nucléaire, les énergies renouvelables, les énergies vertes, le Grenelle II de l’environnement, la chasse aux gaz à effet de serre (GES) semblent à nouveau être à la “une” de l’actualité et de la campagne électorale.

Les "dangers" de l’énergie verte : la méthanisation agricole

Mais, qu’en est-il des énergies vertes et de la méthanisation agricole en particulier ?

Imaginez, sous vos fenêtres, 3 cuves de 21 mètres de diamètre et 6 mètres de haut, sous vos yeux, chaque matin !

C’est le “spectacle” qui attend les habitants du quartier de la “rue des huiliers” à Boulay-Moselle (à 25 km de Metz) où j’habite.

En effet, la construction d’une usine de biométhanisation est prévue à proximité des habitations.

* Ce projet (privé) serait séduisant par ses facettes écologiques (à voir) mais il est totalement inacceptable quant au lieu d’implantation envisagé : à quelques dizaines de mètres du quartier (une centaine d’habitants), à proximité d’une cité scolaire (1 600 élèves) et au coeur de la vallée de la Nied.

* Cette usine sera synonyme de pollutions et nuisances visuelles (les paysages de la vallée de la Nied, en bordure d’une zone Natura 2000, “détruits” à jamais), sonores (le ballet des tracteurs “livrant” fumier, lisiers, maïs et digestat), olfactives (odeurs d’”oeufs pourris” en plus du fumier et du lisier) sans oublier les risques biologiques, sanitaires et accidentels (de nombreuses études d’INERIS en attestent).

La méthanisation apporterait, aux dires de ses défenseurs, une réponse énergétique et écologique à la question du traitement et de la valorisation des déchets agricoles.

* Six agriculteurs du secteur de Boulay vont “fournir” fumier, lisier et maïs en plus des “restes” des grandes surfaces, soit 15 000t/an (seuil de rentabilité : 20 000t/an).

* Du biogaz sera obtenu à partir de la fermentation de ces matières d’origine végétale et animale.
Ensuite, ce biogaz, composé essentiellement de méthane, alimentera une turbine qui produira de l’énergie sous forme d’électricité et de vapeur.

* Les tarifs de rachat de l’électricité par EDF viennent d’être revalorisés : 0,20€ le kw (maximum) au lieu de 0,11€...soit un soutien de l’Etat de 300M€/an et + 1% sur la facture d’électricité.

* Quant à l’eau chaude, la communauté de communes du Pays boulageois s’en porterait acquéreur pour chauffer piscine, écoles et halte-garderie.

Ce modèle de développement industriel de l’agriculture (=”usine à gaz”) se fera en partie aux frais des contribuables avec de très nombreuses subventions : il s’agit en fait de subventionner des agriculteurs productivistes pour qu’ils éliminent des déchets dont personne ne veut et pour les intéresser avec d’énormes avantages.

La démarche des porteurs du projet est essentiellement économique et source de revenus, certainement pas écolo et durable.

* La rentabilité doit-elle passer avant la qualité de vie des riverains et la préservation de l’environnement ?

* Les risques biologiques, sanitaires et accidentels ne doivent surtout pas être occultés : une usine de ce type a “implosé” en 2007 en Allemagne.

Aussi, les “futurs” riverains de la “rue des huiliers”, les habitants de Boulay et de la vallée de la Nied se mobilisent-ils :

* une association : l’ADPN (association de défense du Pays de Nied) ;
* un site (www.adpn-asso.org), un blog (http://nonalusine-boulay.over-blog.com) ;
* une pétition (papier et internet) ;
* des manifestations en tous genres (réunions d’information, banderoles, etc...) ;
* une bonne couverture médiatique (presse écrite, télévision, radio et internet).

La cogénération (électricité + eau chaude) est une hérésie écolo-technico-économique !

Jean-Marie Mathé, président de l’ADPN