28 juin 2012

Jean-Jacques Rousseau : une référence en France et dans le monde

La philosophie politique de Rousseau est bâtie autour de l'idée que l'homme est naturellement bon et que la société le corrompt
Il y a 300 ans, le 28 juin 1712 à Genève, naissait Jean-Jacques Rousseau, une des figures les plus emblématiques du Siècle des Lumières. 
 
Il est de ces auteurs rares dont les écrits traversent les siècles et influencent encore le cours de l’Histoire. Il a incontestablement inspiré plusieurs des acteurs de la Révolution et par la suite les défenseurs de l’idéal républicain…

 

Comment ne pas s’arrêter un instant et marquer cet anniversaire d’une invitation à relire J. J. Rousseau ? Même si l’esprit critique auquel il nous a invité doit aussi s’appliquer à son œuvre. 

Trois livres sont à revisiter en premier lieu :

- Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes (1755)

- Du contrat social (1762)

- Emile ou de l’éducation  (1762)

Pour aller plus loin dans la connaissance de son oeuvre, on relira aussi La Nouvelle Héloïse (1761) et les deux livres posthumes : les Confessions (1782) et les Rêveries d’un promeneur solitaire (1782).

Au terme d’un choix difficile, voici quelques-unes de ses formules les plus célèbres :

L’homme est né libre et partout il est dans les fers.

Les peuples une fois accoutumés à des maîtres ne sont plus en état de s’en passer.

Renoncer à sa liberté c’est renoncer à sa qualité d’homme, aux droits de l’humanité, même à ses devoirs.

L’ordre social ne vient pas de la nature. Il est fondé sur des conventions.

Il n’est point d’assujettissement si parfait que celui qui garde l’apparence de la liberté. On captive ainsi la volonté même.

Les usurpateurs amènent ou choisissent toujours ces temps de trouble pour faire passer, à la faveur de l’effroi public, des lois destructrices que le peuple n’adopterait pas de sang froid. 

Le choix du moment de l’institution est un des caractères les plus sûrs par lesquels on peut distinguer l’œuvre du législateur d’avec celle du tyran.

Généralement, les gens qui savent peu parlent beaucoup, et les gens qui savent beaucoup parlent peu.

Sur la propriété, Jean Jaurès, à l’occasion d’une conférence prononcée à la Faculté des Lettres de Toulouse en 1889, rappelait la phrase célèbre du Discours sur l’inégalité :

« Le premier qui ayant enclos un terrain s’avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères et d’horreurs n’eût point épargnés au genre humain celui qui arrachant le pieux ou comblant les fossés eut crié à ses semblables : Gardez-vous d’écouter cet imposteur; vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n’est à personne ! »

Et Jaurès d’ajouter ce commentaire : « Eh bien ! Messieurs, malgré tout cela ; Jean-Jacques ne conteste pas la nécessité de la propriété individuelle à un moment des révolutions humaines. Il n’en conteste pas non plus la légitimité. Aussitôt à la suite de ce passage, il déclare que la constitution de la propriété individuelle était inévitable et qu’elle est légitime lorsqu’elle est fondée, sur le travail. Ce qu’il à voulu dire, c’est que d’abord dans l’institution, dans l’origine de cette propriété individuelle, il y a un mélange de droit et d’usurpation, de force, de hasard et de travail, et ensuite que les hommes n’étaient pas capables d’entourer cette propriété de telles garanties qu’elle ne dégénérât pas en instrument de tyrannie et de spoliation. C’est une force bonne et salutaire en soi, mais qui, insuffisamment maîtrisée, se déchaînera et aboutira aux plus monstrueuses inégalités. »

Loin de retourner dans le passé, lire ou relire Rousseau - et avec lui les autres philosophes des Lumières - c’est se nourrir utilement pour les débats d’aujourd’hui et  de demain…


Merci à notre ami Raoul Marc Jennar 
 
  
Photo creative Commons par Children of the Concrete

 
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