21 janvier 2016

Des sourds et aveugles à Davos...

Le forum économique mondial (World Economic Forum) est une fondation à but non lucratif dont le siège est à Genève.
En cette année 2016, Manuel Valls et Emmanuel Macron représentent la France au Forum de l’oligarchie mondiale à Davos pour y vanter leur réalisme économique.

À l’image des lois sur le travail du dimanche et autres « plans d’urgence sociale » rétrogrades comme la proposition de «  fixer la majoration des heures supplémentaires à zéro »  faite à Davos par Emmanuel Macron, les membres du Forum se disent inquiets des migrations internationales mais n’ont vu venir ni la récession chinoise ni la crise boursière et financière qui commence…



 
Depuis 1971 le Forum économique mondial de Davos s’est donné pour mission « d’améliorer l’état du monde ». Depuis 2007, il réalise une enquête, le «  Global Risks Perception Survey  », auprès de 750 « global leaders » (experts, décideurs économiques, universitaires) afin d’identifier les risques majeurs susceptibles d’affecter la planète dans la décennie à venir.
L’analyse des perspectives, très peu réjouissantes, faite par le rapport 2016 décrit « un monde où les risques deviennent plus pressants ». 2015 a connu " l’année la plus chaude depuis qu’on mesure les températures ", " le plus grand nombre de réfugiés depuis la 2éme guerre mondiale ", des " attaques terroristes au coût humain croissant ", " des sécheresses en Californie et des inondations en Asie ".

Quant à la " 4e révolution industrielle ", le président du Forum, Klaus Schwab, redoute qu’elle " ne provoque des millions de licenciements qui menacent l’existence de la classe moyenne, base de nos démocraties ".

Ils ont peur mais ne voient rien venir et ne veulent rien changer

En 2007, parmi les risques identifiés comme les plus probables pour les 10 ans à venir, la crise financière ne venait qu’en 5e position, loin derrière le risque d’effondrement d’Internet.
De 2008 à 2010, le risque de krach est venu au premier rang au moment même où il était devenu réalité...
Même chose de 2012 à 2014, au moment de la vague mondiale (Printemps arabe, mouvement des Indignés, mouvement Occupy), les inégalités de revenu sont érigées en risque principal pour le futur alors que des millions de gens ont déjà occupé les places et les rues dans le monde entier pour cette raison...
La crise écologique monte en puissance parmi les principaux risques identifiés : les « tempêtes et cyclones » sont no 1 dans le rapport de 2011, et les « événements climatiques extrêmes » no 2 en 2014, 2015 et 2016.
Pour cette année 2016, loin du triomphalisme officiel post-Cop 21, les leaders à Davos ont peur des « évènements climatiques extrêmes » (no 2) et de « l’échec de la maîtrise et de l’adaptation au changement climatique » (no 3).
Mais prendre conscience des risques et agir efficacement pour les réduire sont deux choses totalement différentes. Malgré le séisme de 2008, le monde est entré en 2015 dans une nouvelle période d’instabilité financière majeure que les décideurs n’ont ni prévenue (aucune restriction du pouvoir de nuisance de la finance n’a été décidée depuis 2008), ni prévue (le risque de crise financière mondiale n’est même pas évoqué dans le Rapport sur les risques globaux 2016).
Pourtant, depuis plusieurs mois, Robert Schiller, prix Nobel d’économie 2013 et  spécialiste des bulles financières, tout comme plusieurs autres économistes, anticipaient un proche effondrement boursier. Mais comme à chaque fois, les décideurs - et avec eux les commentateurs - préfèrent fermer les yeux tant que persiste l’euphorie de la bulle financière.
Ils n’anticipent pas non plus l’entrée de la Chine en récession et sa contagion mondiale. Pourtant, démentant formellement les 6,9 % de croissance du PIB affichés par le régime chinois, les chiffres beaucoup plus fiables de la production d’électricité par exemple ont chuté en 2015, pour la première fois depuis 1968 et la Révolution culturelle. Pour conjurer la crise de 2008, les autorités chinoises ont laissé flamber la bulle immobilière et la dette privée (de 116 % du PIB en 2007 à 230 % en 2014).
L’instabilité touche aujourd’hui l’ensemble des pays émergents ainsi que les marchés du pétrole et des matières premières. Mais les pays riches ne sont pas en reste, avec leurs banques centrales qui ont inondé de liquidités les marchés financiers et gonflé la bulle spéculative.

Le système est à nouveau entré dans une crise financière et monétaire majeure qui risque d’être bien pire que celle de 2007-2008, parce qu’elle reflète de plus en plus l’impasse d’un système productif tourné vers l’accumulation du capital sans limite, au détriment des êtres humains et de la nature.
Si les membres du forum de Davos évoquent le risque majeur que constitue la profonde instabilité sociale et politique du monde, Ils ne veulent rien changer. Ils ont même perdu tout lien avec le monde réel, jusqu’à payer de 200 000 à 500 000 dollars par participant pour se retrouver entre eux une fois par an dans l’Est de la Suisse, à Davos…


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1 commentaire:

Jean-Marc Sanchez a dit…

Il n'est pire sourd que celui qui ne veut entendre...