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11 octobre 2015

Air France : les voyous ne sont pas ceux qu’on croit…

Air France Airbus A320-200
Cinq jours après l'interruption du comité central d’entreprise d’Air France par une manifestation de salariés, les négociations ont repris discrètement entre la Direction et les syndicats, certains évoquant l’hypothèse de la nomination d’un médiateur.

Si la chemise déchirée de Xavier Broseta, directeur des ressources humaines,  a fait le bonheur des médias nationaux et internationaux, les salariés restent très choqués par le plan de licenciements et les propos du 1er Ministre qui s'est  dressé en justicier pour dénoncer les voyous de la République…


L’attitude de la Direction d’Air France pose toujours de graves problèmes à l’ensemble des salariés inquiets à juste titre de la survie de l’entreprise, d'autant que Manuel Valls a  conforté ceux qui veulent jeter à la rue les personnels avec leurs familles et qui jouent de la concurrence sauvage imposée dans l'aéronautique, notamment par les princes des monarchies du Golfe, par ailleurs financiers de l'intégrisme rétrograde… 

Les récents propos délirants d’Alexandre de Juniac, président-directeur général d’Air France-KLM, n'arrangent rien à l'affaire.  Lors des rencontres patronales de Royaumont, fin 2014, il n'a pas hésité à s'interroger sur une remise en question du droit du travail, des 35 heures, de l'âge de la retraite et même de l'interdiction du travail des enfants ! Ces propos auraient mérité qu’il soit démis de ses fonctions car d’autres l’ont été pour moins que ça !

Comment croire alors dans ces conditions au « dialogue social », d’autant que de graves erreurs ont été commises dans un passé récent ?

La lourde addition de la privatisation


Le 10 février 1999, le gouvernement de Lionel Jospin privatisait partiellement Air France. Le 22 février 2002, la compagnie était introduite en bourse au prix de 14 € l’action. Le 10 juillet 2003, l'assemblée des actionnaires entérinait la privatisation totale de la compagnie aérienne qui devenait effective le 6 mai 2004.

Depuis cette privatisation, les salariés d’Air France paient cher la politique de financiarisation de leur direction : externalisations, réductions d’effectifs, gel des salaires et des embauches, casse des acquis sociaux, etc. Depuis 2004, 6430 départs n’ont pas été renouvelés auxquels il convient d’ajouter le plan de 1 800 départs volontaires organisé en 2010.

La première phase du plan Transform 2015 (lancé progressivement depuis janvier 2012) a liquidé près de 5 600 postes. L’acte II du plan accentue encore la diminution des effectifs avec la liquidation de quelque 2 900 postes supplémentaires (300 pilotes, 900 hôtesses et stewards, 1700 personnels au sol). « En l’espace de quatre ans, on a perdu entre 12 000 et 15 000 personnes et ça commence à faire beaucoup », s’alarme Didier Fauverte, secrétaire général de la CGT Air France.

Pour faire face à l’endettement d’Air France-KLM, aggravé par la crise de 2008, qui atteignait en janvier 2012, 6,5 milliards d’euros, la direction a misé sur un vaste plan de restructurations concernant ses activités court et moyen-courriers et son activité cargo marginalisée de plus en plus au profit du fret en soute. Or, privilégier les long-courriers, très rentables jusqu’en 2008, au détriment des court et moyen-courriers, cumulé au développement des vols low-cost sur petites distances, a contribué à creuser le déficit des vols courts.

Aujourd’hui, le plan « Perform 2020 » prévoit une réduction de voilure sur le long-courrier en deux phases : cinq avions en moins en 2016, des réductions de fréquences et la non-entrée dans la flotte de Boeing 787. Puis en 2017, la sortie de neuf autres appareils et la fermeture de cinq lignes en Asie.

L’histoire des Rafale


En mai dernier François Hollande est arrivé à Doha, au Qatar, accompagné des ministres des affaires étrangères et de la défense, Laurent Fabius et Jean-Yves Le Drian, pour assister à la signature officielle de deux contrats de vente de 24 avions de combat Rafale.

Le Qatar avait mis une condition à l’achat de ces avions : obtenir des droits de trafic supplémentaires vers la France pour sa compagnie aérienne, Qatar Airways. L’émirat a eu finalement gain de cause et ses avions qui desservent déjà Paris, pourront désormais atterrir à Lyon et à Nice, vraisemblablement trois fois par semaine.

En agissant ainsi, François Hollande aiguise de fait la concurrence avec Air France poussant cette dernière à de nouveaux licenciements. Mais de cela ni Valls, ni Hollande ni les médias n’en disent mot ! 

Air France, en difficulté, a déjà du mal à résister à la concurrence des compagnies du Golfe. Cette fois, ce sera encore plus difficile car en s’installant dans des aéroports régionaux français, les avions quataris risquent de détourner le trafic vers le hub de Doha, au détriment de Paris.

Cette décision pénalise donc la compagnie au moment même où elle tente de se redresser. Elle pourrait même aggraver la situation car Air France sera peut-être contrainte de revoir ses vols. Or, quand un avion long-courrier est retiré de la flotte, ce sont 300 emplois directs en moins !

La décision apparaît d’autant plus incompréhensible qu’elle est prise par l’Etat, qui est actionnaire de la compagnie aérienne à 17 %. Les Émirats arabes unis, qui sont, eux aussi, intéressés par des avions de combat, pourraient faire la même demande auprès des autorités françaises pour leur compagnie aérienne Etihad !

Dans un communiqué, le syndicat national de pilotes de ligne d’Air France (SNPL) s’inquiète donc de la « mort à terme » de l’ensemble du secteur : « Le seul élément qui protège encore les compagnies aériennes européennes au sein d’une compétition absolument faussée, c’est la non délivrance d’autorisations de desserte supplémentaire des aéroports européens aux compagnies non respectueuses des règles de concurrence ». Le  syndicat dénonce « la concurrence déloyale des compagnies du Golfe, qui touchent de la part de leur gouvernement des subventions colossales, estimées à plus de 40 milliards de dollars ces dernières années. »


Entre :


l'ex-premier ministre socialiste, Lionel Jospin, qui a privatisé Air France en 1999 (l'ensemble des privatisations sur la période 1997-2002 ayant rapporté 210 milliards de francs en cinq ans, un record absolu !),

les actionnaires qui veulent maximiser les profits,

le PdG d'Air France, Alexandre de Juniac, qui aurait augmenté son salaire de 70 %, selon plusieurs sources syndicales,

le DRH, Xavier Broseta, qui aurait provisionné une cagnotte de 150 millions € pour les retraites chapeaux des principaux dirigeants, selon les mêmes sources syndicales,

le président de la République, François Hollande,  qui  autorise la desserte supplémentaire des aéroports français aux compagnies non respectueuses des règles de concurrence,

le 1er ministre socialiste, Manuel Valls,  qui a déjà privatisé partiellement l’aéroport de Toulouse-Blagnac (49,9% au consortium sino-canadien SNC Lavalin et Symbiose), malgré près de 10 millions de bénéfices annuels, 

le Ministre de l'économie, Emmanuel Macron, qui veut privatiser les aéroports de Lyon-Saint Exupéry et Nice-Côte d’Azur,`

et les salariés qui veulent défendre leurs emplois,

les voyous ne sont pas ceux qu’on croit...


   
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12 octobre 2011

N’offrons pas encore gratuitement l’argent des contribuables aux banquiers !

La monnaie scripturale figure dans les comptes des banques Bien qu’il s’en défende, le gouvernement français est inquiet pour ses banques. L’aggravation et la propagation possible de la crise à d’autres pays de la zone euro, comme l’Italie, entretiennent le doute sur la solidité des établissements du pays.

Va-t-on renflouer encore les banques et les spéculateurs grâce à l'argent des contribuables ? On connaît déjà le mauvais exemple du plan de sauvetage de la Grèce, rédigé en liaison étroite avec les banquiers, qui va laisser les Grecs et la Grèce à sec…

10 mai 2010

La Grèce au bord du gouffre mais les banques " s'engrècent "…


La Grèce est un État d’Europe du Sud
En Grèce aujourd’hui, demain au Portugal ou en Espagne, les fanatiques de l'euro ont fait leur choix : la monnaie unique à tout prix. Le plan d'aide à la Grèce s’inscrit ainsi dans un dispositif contrôlé de A à Z par la Commission, la Banque Centrale Européenne et le Fonds monétaire international, conformément aux exigences allemandes.

La loi votée à main levée, comme un seul homme, par les députés UMP et PS fixant la participation financière de la France (16,9 milliards €) ne comporte pas une seule fois le mot solidarité ! Ceux qui l'ont approuvé devraient marcher la tête basse, en particulier le PS dont son porte-parole Benoît Hamon a prétendu hypocritement que les députés socialistes avaient voté «l'aide» mais pas le plan d'austérité qui en est la condition explicite et absolue… 

24 octobre 2008

Plan de crise financière : les copains d’abord…

Banquier
Le plan européen de sauvetage des banques reste d’une ambiguïté totale. On aide de manière considérable les établissements bancaires mais on cherche en vain les contreparties. 

La commission de Bruxelles et Nicolas Sarkozy, président en exercice de l'UE ont ainsi refusé, de toutes leurs forces, par pure idéologie, les véritables solutions à mettre en œuvre. Cette complaisance à l’égard du système est avant tout une faute économique car, comme l’a dit très bien Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, «une transfusion sanguine ne sert à rien si on ne guérit pas l’hémorragie interne»...

19 octobre 2008

En terminer avec les crises financières et l’économie «casino»


Scénario de crise
Au gré de l’annonce de nouvelles faillites et interventions musclées de l’Etat fédéral américain ou des banques centrales (Réserve Fédérale, Banque Centrale Européenne, Banque d’Angleterre, Banque du Japon) qui offrent des centaines de milliards d’euros de crédit aux banques, la crise qui sévit dans le monde depuis plus d’un an révèle peu à peu ses multiples aspects qui se renforcent mutuellement : crises d’ordre financier, alimentaire, social, énergétique, écologique.