65 millions d’habitants ne feront plus partie de l'UE. Ce résultat porte la condamnation d’une forme du projet européen et le besoin de revenir à des formes plus respectueuses de la souveraineté dans le cadre des nations qui constituent l’Europe…
" Changement important, radical en vue d'une amélioration ", il est grand temps de redonner à la " réforme " sa vraie signification politique...
01 février 2020
Le Royaume-Uni quitte enfin l'Union européenne
65 millions d’habitants ne feront plus partie de l'UE. Ce résultat porte la condamnation d’une forme du projet européen et le besoin de revenir à des formes plus respectueuses de la souveraineté dans le cadre des nations qui constituent l’Europe…
11 décembre 2017
Quand l’Union européenne fait semblant de lutter contre l'évasion fiscale...
Le
Conseil pour les affaires économiques et financières (ECOFIN), rassemblant les
ministres de l’économie et des finances de l’Union européenne, s’est réuni le 5
décembre dernier à Bruxelles pour discuter notamment des politiques de lutte
contre l’évasion fiscale et établir une liste des paradis fiscaux. 11 avril 2016
Panama Papers : en finir avec le secret bancaire !
18 décembre 2015
Manuel Valls bloque à l’assemblée nationale un outil législatif contre les paradis fiscaux !
Le 15 décembre dernier, un deuxième vote parlementaire positif avait lieu mais à une heure trente du matin, le vote était annulé par une manœuvre indigne du gouvernement…
26 février 2015
Reprendre la main sur la finance et les banques
Mais les règles, les institutions et les individus qui ont permis de tels dévoiements de la finance n’ont pas été et ne sont pas pour l’heure vraiment remis en cause par l’Europe et la Commission de Bruxelles…
30 avril 2014
Pacte de responsabilité et de solidarité : la réforme fiscale vite oubliée par Manuel Valls…
Et dans son programme de stabilité budgétaire, voté par 265 voix, 232 contre et 67 abstentions (dont 41 députés socialistes), Manuel Valls a pris bien soin d’occulter la nécessité d’une réforme essentielle, celle de la fiscalité dans son ensemble pour rétablir une certaine justice fiscale et sociale…
04 avril 2009
Réunion du G20 à Londres : les vraies solutions à la crise attendront…
Rapports de force politique oblige, la City de Londres, le Delaware ou le Nevada aux Etats-Unis ne sont pas non plus pointés du doigt !
12 avril 2008
Les paradis fiscaux : un véritable péril pour la démocratie (2)

A la fin des années 1990, l'OCDE avait établi une liste noire de paradis fiscaux en Europe parmi lesquels figuraient Andorre, Campione, Chypre, Gibraltar, Guernesey, Ile de Man, Irlande, Jersey, Liechtenstein, Luxembourg, Madère, Malte, Monaco, Sercq et la Suisse.
Aujourd’hui, dans le cadre de la traque à la fraude fiscale, via le Liechtenstein, lancée par l’Allemagne, l’OCDE reproche notamment au Liechtenstein mais aussi à l’Andorre et Monaco de ne pas avoir adopté les règles communes contre les pratiques fiscales non-compétitives et de refuser de coopérer en échangeant des informations avec les autres pays membres.
Devant le grave problème des états qui ont une fiscalité conduisant à rendre la «fraude attractive», ces timides remontrances de l’OCDE masquent mal l’inaction de l’Europe qui reste toujours très conciliante en ne prenant pas un certain nombre de mesures d’urgence à l’encontre des pays qui pratiquent le secret bancaire et une certaine impunité juridique.
Et on
est encore fort loin de la mise en place d’une véritable entraide judiciaire,
voire de la création d’un corpus juris européen puis mondial qui permettrait
enfin de ne plus en être réduit à faire confiance aux rencontres discrètes et
incontrôlées de décideurs et de lobbies…
05 avril 2008
Les paradis fiscaux : un véritable péril pour la démocratie (1)
Commencée en Allemagne, la traque à la
fraude fiscale, via le Liechtenstein, a pris une dimension internationale et
touche désormais plus de dix pays, dont les Etats-Unis, la France, l’Italie, la
Suède et l’Australie.
Les informations bancaires
confidentielles, achetées pour plus de 4 millions d’euros par les services
secrets allemands à un informateur au Liechtenstein, ont en effet été
transmises à plusieurs pays dont la France.
Le ministre du Budget, Éric Wœrth, a reconnu
que quelque 200 Français seraient concernés et a bien promis d’aller «jusqu’au
bout» de cette affaire d’évasion fiscale mais, à la différence de l’Allemagne
et après plusieurs mois d’enquête, les choses ne semblent pas avoir beaucoup
avancées.
Et Bercy a rappelé que contrairement à l’Allemagne, la Direction générale des impôts ne «rémunère aucune information, quelle que soit leur nature», qui pourrait permettre d’épingler les fraudeurs, une façon de dire que la France agira à minima dans ce dossier, une habitude également réaffirmée plusieurs fois par Nicolas Sarkozy, lorsqu’il était ministre du budget…
Depuis une trentaine d’années le
capitalisme mondial a connu une extraordinaire mutation qui se caractérise par
deux phénomènes majeurs : l’accélération de la globalisation, aussi bien au
niveau de l’économie réelle (production et échanges) qu’au niveau financier, et
la tendance à la déréglementation totale. A partir de la fin de la période
allant de l’après-guerre au début des années 70 (les Trente Glorieuses), les
capacités de régulation politique, économique et sociale des gouvernements se
sont considérablement amoindries.
Ce qu'ils sont
Situés le plus souvent près des grands
pôles d’activité, les paradis fiscaux canalisent les flux financiers de
l’économie illicite : argent du crime, de la corruption et de la fraude
fiscale. Après retraitement, ces sommes colossales " travaillent " en
toute légalité dans les circuits financiers internationaux. Les sommes ainsi
mises en circulation chaque année représenteraient entre 15 et 30 % des dettes
publiques cumulées, qui s’élèvent à quelque 5 000 milliards de dollars.
Les paradis fiscaux attirent donc tous
ceux qui refusent la solidarité par l’impôt, laissant à leurs concitoyens le
soin d’en acquitter la charge. Les grandes fortunes et les multinationales en
font un usage massif. C’est une des explications de l’appauvrissement relatif
des Etats et de la diminution corrélative de leur capacité de régulation, voire
de sauvetage du système lui-même.
Dès lors que les capitaux circulent à la
vitesse de la lumière et en totale liberté, les grosses fortunes et les
multinationales vont chercher systématiquement à se soustraire à toute autorité
publique - nationale ou supranationale - pour échapper au fisc, au juge ou au
policier. Elles utiliseront d’abord les insuffisances de la législation fiscale
et sociale locale, puis, si cela ne suffit pas, les paradis fiscaux. D’une
manière générale, elles profiteront au maximum de l’absence totale de la loi
dans la plupart des relations économiques mondiales pour faire fi de toute
considération culturelle, écologique, sociale ou humaine.
Conséquence mécanique de cette inexistence
de règles, la criminalité économique et financière tend à "coiffer"
et fédérer toutes les grandes criminalités. Elle s’appuie sur le secret, le
silence et l’apathie des Etats. Les dégâts considérables qu’elle cause aux
sociétés sont en effet peu connus, peu mesurés, faute de victimes directes
apparentes. A ce jour, les services répressifs sont désarmés : face à un crime
mondial, quel juge, quel policier, quel droit ? L’économie licite s’en trouve
fragilisée et les Etats ne sont plus maîtres de leurs décisions. Surtout, la
criminalité tend à devenir le comportement normal des multinationales et des
très grandes fortunes, sous le paravent d’activités légitimes ou prétendues
telles, comme la grande spéculation internationale.
Fraude fiscale
En France, la fraude fiscale coûte chaque
année, selon le SNUI (Syndicat National Unifié des Impôts) une somme comprise
entre 40 et 50 milliards d’euros par an. Elle se double désormais d’une
compétition internationale, les Etats pratiquant un dumping suicidaire ne leur
laissant d’autre alternative que de s’amputer de leurs outils d’intervention et
de solidarité (santé, enseignement, retraites) et/ou de pressurer ceux qui ne
peuvent échapper aux impôts et aux cotisations (salariés et retraités,
principalement).
Corruption
La corruption est l’autre facette des
mêmes mécanismes. Chacun a pu en constater les ravages dans les domaines
politique et administratif. Les juges se sont trouvés en première ligne, les
dirigeants ne voulant pas voir le danger mortel qu’elle représente pour les
démocraties. Pour couronner le tout, la corruption transnationale a pris une
ampleur sans précédent : "commerce" avec l’Est, l’Afrique, l’Asie,
mais aussi détournements de subventions et de fonds internationaux. Là encore,
l’absence de contrôle citoyen des organisations internationales (FMI, Banque mondiale,
Banque des règlements internationaux, OMC) a eu un effet multiplicateur,
l’idéologie ultralibérale ayant légitimé l’affaiblissement programmé des lieux
démocratiques de décision. La corruption a pris une dimension telle que les
détournements de fonds publics conduisent certains Etats à une asphyxie lente
et ternissent l’image des institutions multilatérales. Et ce au bénéfice des
intérêts privés, notamment de ceux des acteurs de la corruption, qui ont tout à
gagner de l’impuissance étatique et de l’absence d’organes de régulation
mondiaux.
Privatisation des conflits
Il n’est que trop tentant pour les
multinationales de profiter de ces espaces sans loi et à la souveraineté à
vendre que sont nombre de paradis fiscaux pour y installer ou y favoriser
l’implantation d’officines sécuritaires destinées à assurer la protection de
leurs intérêts dans le monde, et d’abord le tiers-monde. Pour les Etats
habitués à intervenir hors de leurs frontières, ces espaces sont autant de
lieux privilégiés d’accueil de leurs basses œuvres, de bases d’appui de leurs
services secrets et de sous-traitance de certaines actions militaires. Ils
servent aussi à brouiller les pistes pour les exportations illégales
d’armements.
Pavillons de complaisance
L’immatriculation de navires marchands
dans des paradis fiscaux spécialisés, au travers de sociétés-écrans, permet
d’échapper aux obligations sociales et fiscales des Etats maritimes. Le droit
international de la mer est essentiellement un droit civil et non pénal.
Comment faire payer des sociétés fictives ? Le naufrage de l’Erika fournit
l’occasion de démonter la logique de ce système. Initiée au lendemain de la
deuxième guerre mondiale par les groupes pétroliers américains, la pratique de
la complaisance maritime a connu une vive accélération, au point de concerner
maintenant les deux tiers de la flotte mondiale. Elle a bénéficié de la
complicité généralisée des affréteurs, armateurs et Etats des pays dominants.
Les conditions de travail et la sécurité d’exploitation de la flotte sont, de ce
fait, tirées vers le bas : on peut dire que la "complaisance" a
pollué l’ensemble du transport maritime international. Ici encore, le phénomène
en vient à échapper à ses promoteurs et principaux bénéficiaires : il induit
des risques croissants et maintient les tarifs de fret à des niveaux qui ne
permettent plus le renouvellement normal de la flotte mondiale, dont l’âge
moyen devient préoccupant.
Blanchiment des capitaux
Les paradis fiscaux sont les lieux où la
finance sans lois, par le blanchiment d’argent, mélange et valorise fraude
fiscale, corruption, trafics et activités en tous genres. S’y ajoutent les flux
de la criminalité internationale organisée "classique" : drogue,
prostitution, vols, rackets et autres. Mais pour en écouler les profits, le
blanchiment est une opération préalable indispensable. Il consiste à multiplier
les opérations intermédiaires de telle sorte que, " à la sortie ",
l’argent puisse librement être réutilisé, investi, placé, géré en toute
légalité.
On distingue à cet égard le prélavage
(paradis fiscaux), le lavage (autres paradis fiscaux), et le recyclage
(intégration par des places financières fréquentables comme la Suisse ou le
Luxembourg). Il y aura donc multiplication de sociétés écrans et de transferts
très difficilement contrôlables de fonds d’une société à une autre. Chaque
échelon pourra aussi jouer son rôle en matière fiscale. Tout ce qui permet de
faire fructifier au passage l’absence de contrôle sera le bienvenu.
Le blanchiment se fait aussi dans l’autre
sens, par le "passage au noir" de recettes et bénéfices camouflés et
d’évasions fiscales afin d’alimenter les circuits de la corruption et des
trafics illégaux.
Voilà où nous a menés une génération
d’ultralibéralisme, qui a érigé en dogme la totale liberté de circulation des
capitaux, du commerce, de l’investissement et de la concurrence, en prétendant
que la "main invisible" du marché conduirait naturellement à l’équilibre
optimal entre les individus et les Etats, retirant ainsi toute raison d’être
aux réglementations économiques et sociales.
Cette concurrence fiscale déloyale de
certains pays aboutit à priver d’autres de ressources qui auraient pu être
affectées à des projets sociaux. Ils favorisent aussi l’opacité : une masse
importante de fonds qui transite par ces territoires provient de la corruption.
Ces détournements de fonds publics privent ainsi les États du Sud de recettes
qui auraient pu être affectées à leur développement.
Et la lutte contre la criminalité
financière constitue rarement une priorité nationale, pas plus en France
qu’ailleurs. Si les gouvernements se donnent les moyens de recenser les vols de
voitures (quelquefois même les vols de scooter…), ils se sont privés des
instruments de mesure de la grande délinquance de l’argent par une succession
de tolérances, de compromissions et de reculs.
La France ne s’honore pas non plus à
«fermer les yeux» sur certains mouvements de capitaux notamment dans deux
micros états, dénoncés par l’ONU, l’Andorre et Monaco qui ont la particularité
de se trouver pratiquement sur le territoire français et de compter pour l’un
deux, à sa tête, un co-prince en la personne du Président de la République
Française…
La liste noire des paradis fiscaux
établie par l’ONU :
Afrique et Océan indien : Libéria,
Maurice, Seychelles.
Asie, Pacifique et Moyen-Orient : Bahreïn,
Doubaï, Iles Cook, Iles Marshall, Labuan, Liban, Macao, Mariannes, Nauru,
Nioué, Région administrative spéciale de Hong Kong, Samoa, Singapour, Vanuatu.
Caraïbes : Anguilla,
Antigua, Antilles néerlandaises, Aruba, Bahamas, Barbade, Belize, Bermudes,
Costa Rica, Iles Caïmans, Iles Turques et Caïques, Iles Vierges britanniques,
Panama, Sainte-Lucie, Saint-Kitts-et-Nevis, Saint-Vincent-et-les Grenadines.
Europe : Andorre, Campione, Chypre,
Gibraltar, Guernesey, Ile de Man, Irlande, Jersey, Liechtenstein, Luxembourg,
Madère, Malte, Monaco, Sercq, Suisse.
Merci à Attac France pour un certain
nombre d’éléments d’information fournis : http://www.france.attac.org
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