31 janvier 2015

Monsieur François Hollande, encore un effort pour abroger le délit de blasphème partout en France !

La notion de blasphème a été supprimée du droit français par la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse.
L’attentat contre Charlie Hebdo n’a pas seulement tué douze personnes mais s’est aussi attaqué à la liberté d’expression et à la démocratie. 

En France, cette liberté fon­da­men­tale implique le droit de cri­ti­quer les reli­gions et de les tour­ner en déri­sion. 
Ce que les dogmes religieux appellent « blasphème » concerne en fait les seuls adeptes d’un culte donné et ne sau­rait donc s’appliquer à l’ensemble des citoyens… 

Le blas­phème est un droit de la Répu­blique, légi­time et auto­risé. Seules sont inter­dites et sanc­tion­nées péna­le­ment les attaques contre les per­sonnes ou les groupes de per­sonnes, quand elles revêtent un carac­tère dif­fa­ma­toire, raciste, anti­sé­mite, xéno­phobe ou dis­cri­mi­na­toire.
Mais il existe toujours en France, dans les dépar­te­ments d’Alsace et de Moselle, un « délit de blas­phème », ves­tige dans le « droit local des cultes » de l’occupation bis­mar­ckienne de 1870. Il est tou­jours prévu et réprimé par l’article 166 du droit pénal local !
Et si après l’attentat contre Charlie, le gouvernement de François Hollande a promis de prendre un certain nombre de  mesures d’ordre administratif, juridique ou policière, il n’a pas annoncé de mettre fin au délit de blasphème en Alsace-Moselle !
Pourtant, une telle abro­ga­tion ne por­te­rait pas atteinte au libre exer­cice des cultes, puisque celui-ci est garanti par­tout en France par la Consti­tu­tion et la loi du 9 décembre 1905. Ce serait même un acte hau­te­ment sym­bo­lique, un devoir mini­mal du Par­le­ment et du Gou­ver­ne­ment fran­çais, à l’égard de la mémoire des vic­times de la liberté d’expression, saluée le 11 jan­vier par des mil­lions de per­sonnes qui ont défilé dans la rue. 
Mettre fin à cette déro­ga­tion locale poten­tiel­le­ment meur­trière aurait en même temps la valeur d’une réaf­fir­ma­tion, pour l’ensemble du ter­ri­toire, de la por­tée des liber­tés républicaines et un signal fort à l’égard de toutes les religions dont l’Islam qui a pris un sérieux retard sur la nécessaire conversion laïque.
Si François Hollande s’était engagé pendant la dernière campagne présidentielle à « ins­crire les prin­cipes fon­da­men­taux de la loi de 1905 sur la laï­cité dans la Consti­tu­tion » le pro­gramme du can­di­dat, publié le 26 jan­vier 2012, faisait appa­raître hélas une pro­po­si­tion numéro 46, sour­noi­se­ment anti-laïque : « La Répu­blique assure la liberté de conscience, garan­tit le libre exer­cice des cultes et res­pecte la sépa­ra­tion des Églises et de l’État, confor­mé­ment au titre pre­mier de la loi de 1905, sous réserve des règles par­ti­cu­lières appli­cables en Alsace et Moselle. »
Avec cette phrase et sous cou­leur de défendre la laï­cité, François Hollande voudrait ainsi graver dans le marbre le Concor­dat napo­léo­nien en Alsace-Moselle et par voie de conséquence aujourd'hui le délit de blasphème. 
Mais donner des gages aux religions n’est sans doute pas la meilleure réponse à apporter pour défendre la laïcité. C’est pourquoi, il convient d’exiger de la part du gouvernement l’abrogation immé­diate, par voie légis­la­tive, de ce délit de blas­phème déro­ga­toire aux lois de la Répu­blique et lié à la prétendue jus­ti­fi­ca­tion de meurtres barbares...


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